Cuba met fin à la coexistence de ses deux monnaies, un système unique au monde

Cuba met fin à la coexistence de ses deux monnaies, un système unique au monde

Monnaie cubaine. (PHILIPPE TURPIN / MAXPPP)
Les 11 millions de Cubains ont surnommé ce 1er janvier 2021 « El dia zéro » (le jour zéro). À la fois le Jour J et le jour à partir duquel tout va repartir sur de nouvelles bases. Depuis 26 ans, l’île communiste des Caraïbes vit avec deux monnaies : le peso convertible, aligné sur le dollar, et le peso cubain, utilisé dans la vie de tous les jours et d’un niveau beaucoup plus bas. À partir de demain, c’est fini. Cette mesure, appelée la « unificacion monetaria » (l’unification monétaire), était annoncée depuis 2013. C’est dire s’il y a eu des hésitations et des atermoiements.
Concrètement, le peso convertible va totalement disparaître d’ici juin prochain et il n’y aura donc plus qu’une monnaie, le peso cubain. Taux de change de départ : 24 pesos pour un dollar. Le calendrier retenu peut surprendre : Cuba va très mal économiquement, entre embargo américain et chute du tourisme avec la pandémie de Covid-19 : le Produit intérieur brut a reculé de 8% cette année. Mais le pays a tellement besoin de devises qu’il ne pouvait plus repousser cette réforme, même si elle est financièrement risquée.  
Le prix du pain multiplié par 20, le salaire minimum par cinq
Concrètement, cela va tout changer sur les prix et sur les salaires et dans des proportions inouïes ! Quelques exemples : le pain, dont le prix n’a pas varié à Cuba depuis 40 ans, va coûter 20 fois plus cher ! Le riz, le lait, l’essence, les transports, l’eau, le gaz, l’électricité, tout va augmenter de façon vertigineuse. Puisque tout était artificiellement subventionné par l’Etat. Pour faire face à cette situation, les salaires et les retraites, fixées par les pouvoirs publics, vont également augmenter : retraites multipliées par six, salaire minimum multiplié par cinq. Pas sûr que ça suffise, notamment pour les plus pauvres, à un moment où le pays souffre en plus de nombreuses pénuries. Les files d’attente devant les magasins sont souvent très longues. Et puis nul ne sait vraiment jusqu’à quel point l’inflation sera…

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