Hugo Chavez estime que les «révolutions» vénézuélienne et iranienne «se donnent la main», mais dément vouloir une coopération sur le nucléaire.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, l’homme qui a promis de «rayer Israël de la carte», réaffirma que le programme nucléaire de Téhéran n’avait été lancé qu’à «des fins pacifiques». La Corée du Nord, pays stalinien où la paranoïa est reine, justifia la possession de la bombe nucléaire au titre de la «dissuasion».
Le Vénézuélien Hugo Chavez tint, comme à son habitude, un discours d’où il ressortait, semble-t-il, que «l’impérialisme américain est en déclin».
Voila pour le show médiatique. Pendant ce temps des centaines de millions d’ infortunés habitant de ces pays Non-alignes continuent d’endurer la misere et le répression. Parmi eux 11 millions de Cubains dont la voix a été une fois de plus absente.
Cuba, qui a pris lors du sommet la présidence du Mouvement des Non-Alignés jusqu’en 2009, a « l’occasion de changer de cap en s’ouvrant à sa propre diversité et pluralité et au respect des droits de l’homme », a indiqué le porte-parole de l’Arc progressiste (dissidence modérée) Manuel Cuesta Morua, dans un communiqué.
Ce mouvement social-démocrate, qui plaide pour une transition graduelle, a dénoncé par ailleurs l’agression « verbale et physique » samedi de membres d’un groupe qui lui est affilié, et de trois personnes venues leur rendre visite, dénonçant « un acte de terrorisme d’Etat ».
Les autorités cubaines qualifient régulièrement les dissidents de « mercenaires » financés par les Etats-Unis pour déstabiliser le pays.
L’Arc progressiste a souligné que la veille de l’agression, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, avait prononcé à La Havane un discours appelant les 118 Non-Alignés à en « finir avec la répression des groupes d’opposition » et à respecter les libertés individuelles.
L’opposant Oswaldo Paya du Mouvement Chrétien Libération, auteur du projet Varela de démocratisation de Cuba présenté en 2002 au parlement cubain, a au passage accusé M. Annan de n’avoir « pas voulu rencontrer à Cuba les représentants des organisations de défense des droits de l’homme ni les familles de prisonniers politiques ».
M. Paya a estimé dans un communiqué que les 118 Non-Alignés avaient démontré « être alignés sur le pacte qui justifie, pour un bon nombre des membres du Mouvement, la possibilité d’écraser leurs peuples et de comprimer cruellement ceux qui élèvent la voix pour défendre les droits de l’homme ».
Miriam Leiva, épouse du dissident Osvaldo Espinosa Chepe, 75 ans, en liberté provisoire et membre du mouvement des Dames en Blanc (épouse, soeur et mère de dissidents emprisonnés), a regretté que les Non-Alignés ne se soient pas « intéressés davantage à la situation des droits de l’homme et des prisonniers politiques » à Cuba.
Pour Mme Leiva, c’est dû au fait qu’ »une grande majorité des participants (au sommet) enfreignent eux-même ces droits » tandis que les pays démocratiques « viennent uniquement pour parler des dossiers à l’ordre du jour sans causer de problèmes à leur hôte ».
Cette Dame en blanc, dont le mouvement a marché silencieusement dimanche à la fin du sommet, a dénoncé « une grande répression à La Havane et à l’intérieur du pays », appelant le gouvernement à « libérer ces innocents ».
Son époux a qualifié d’ »unilatérales » les analyses faites lors du sommet. « On rejette la faute sur les pays développés sans examiner les problèmes (de ceux du) Sud: corruption, dépenses militaires, bureaucraties inefficaces, pas plus que les problèmes de droits de l’homme », a-t-il souligné.
L’économiste Martha Beatriz Roque, opposante virulente du régime, a estimé que le sommet n’avait eu « aucun effet » pour les dissidents car les problèmes de droits de l’homme et libertés étaient « absents des discussions ».