Auteur/autrice : Info Cuba

  • À La Havane, depuis des semaines, des fonctionnaires de santé publique inspectent les logements et des voies publiques et coordonnent les tâches de fumigation, effectuées par des avions de tourisme qui survolent la ville, pulvérisant de l’insecticide.

    Dans les zones touchées, comme le secteur de Playa (quartier résidentiel situé à l’ouest de La Havane), les avions de tourisme ont repris leur activité après la pause obligée des 11 jours à l’occasion de la conclusion du sommet des Non Alignés.

    Entretemps, les brigades sanitaires armées avec « bazucas », comme on nomme populairement l’équipement de fumigation qui est utilisé dans l’offensive contre le moustique, n’ont pas cessé leur programme d’assainissement et d’inspections, qui comprend la visite « maison par maison », au moins une fois par semaine.

    Les autorités sanitaires ont déclaré une offensive contre le moustique nuisible avec l’adoption de mesures de prévention pour éviter la prolifération de la maladie, dont les principaux foyers ont été reportés à La Havane et dans les villes orientales de Ciego de Avila et Santiago de Cuba, selon des sources médicales.

    Les media de communication prennent part aussi activement à la campagne et demandent à la population de se rendre immediatement chez un médecin en présence des symptômes de la dengue: éruption cutanée, haute fièvre, douleurs musculaires, abdominales, de tête et dans des articulations, et vomissements.

    Dans sa version la plus grave, la dengue provoque des hémorragies et peut être mortel.

    Ceux qui sont susceptibles d’avoir contracté la maladie sont soumis à des analyses de sang et, avant de connaître le résultat, les médecins recommandent d’être maintenu au domicile et de dormir sous une moustiquaire, pour éviter la contagion d’autres personnes.

  • Le 16 septembre 2006, le journaliste Odelín Alfonso a été arrêté chez lui par la Sécurité de l’Etat. Le 13 septembre, Alberto Gil Triay Casales, détenu à la prison de Valle Grande (ouest de La Havane), a entamé un grève de la faim pour protester contre la peine de sept ans de prison qu’il encourt pour « propagande subversive ».

    « Nous condamnons fermement la détention arbitraire d’Odelín Alfonso, déjà retenu par la Police nationale révolutionnaire en mai dernier. Nous sommes très inquiets du sort d’Alberto Gil Triay Casales, dont l’état de santé s’aggrave.
    Après avoir fait plusieurs infarctus, le journaliste souffre d’hypertension et d’un sérieux problème aux hanches qui risque de le laisser invalide s’il ne prend pas de traitement adapté.
    Nous demandons aux autorités cubaines de libérer ces deux journalistes, conformément aux engagements qu’elles ont pris en matière de droits de l’homme à l’issue du dernier sommet des non-alignés », a déclaré Reporters sans frontières.

    Odelín Alfonso a été arrêté à son domicile de La Havane par des agents de la Sécurité de l’Etat le 16 septembre. Le correspondant du site Cubanet (publié à Miami) avait déjà été retenu par la police politique en mai dernier et sommé de mettre fin à ses activités journalistiques. Odelín Alfonso s’est vu également interdire de poursuivre son travail de technicien en électronique pour son propre compte, sous peine de prison. Le journaliste a expliqué qu’il ne céderait pas à ces exigences.

    Alberto Gil Triay Casales, 55 ans, a débuté, le 13 septembre, une grève de la faim pour protester contre la peine qu’il encourt. Fondateur du centre d’information La Estrella Solitaria, il publiait chaque semaine ses articles sur le site Payolibre, basé à Miami.

    Arrêté le 9 novembre 2005, le journaliste avait d’abord été détenu vingt jours dans un Département technique d’investigation. A la suite de plusieurs infarctus, il avait été hospitalisé, puis transféré début décembre à la prison de Valle Grande. Son procès a eu lieu le 22 juin 2006 sans aboutir à l’énoncé d’un jugement. Il risque une peine de sept ans de prison pour « propagande subversive ».

  • Hugo Chavez estime que les «révolutions» vénézuélienne et iranienne «se donnent la main», mais dément vouloir une coopération sur le nucléaire.

    Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, l’homme qui a promis de «rayer Israël de la carte», réaffirma que le programme nucléaire de Téhéran n’avait été lancé qu’à «des fins pacifiques». La Corée du Nord, pays stalinien où la paranoïa est reine, justifia la possession de la bombe nucléaire au titre de la «dissuasion».
    Le Vénézuélien Hugo Chavez tint, comme à son habitude, un discours d’où il ressortait, semble-t-il, que «l’impérialisme américain est en déclin».

    Voila pour le show médiatique. Pendant ce temps des centaines de millions d’ infortunés habitant de ces pays Non-alignes continuent d’endurer la misere et le répression. Parmi eux 11 millions de Cubains dont la voix a été une fois de plus absente.

    Cuba, qui a pris lors du sommet la présidence du Mouvement des Non-Alignés jusqu’en 2009, a « l’occasion de changer de cap en s’ouvrant à sa propre diversité et pluralité et au respect des droits de l’homme », a indiqué le porte-parole de l’Arc progressiste (dissidence modérée) Manuel Cuesta Morua, dans un communiqué.

    Ce mouvement social-démocrate, qui plaide pour une transition graduelle, a dénoncé par ailleurs l’agression « verbale et physique » samedi de membres d’un groupe qui lui est affilié, et de trois personnes venues leur rendre visite, dénonçant « un acte de terrorisme d’Etat ».

    Les autorités cubaines qualifient régulièrement les dissidents de « mercenaires » financés par les Etats-Unis pour déstabiliser le pays.

    L’Arc progressiste a souligné que la veille de l’agression, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, avait prononcé à La Havane un discours appelant les 118 Non-Alignés à en « finir avec la répression des groupes d’opposition » et à respecter les libertés individuelles.

    L’opposant Oswaldo Paya du Mouvement Chrétien Libération, auteur du projet Varela de démocratisation de Cuba présenté en 2002 au parlement cubain, a au passage accusé M. Annan de n’avoir « pas voulu rencontrer à Cuba les représentants des organisations de défense des droits de l’homme ni les familles de prisonniers politiques ».

    M. Paya a estimé dans un communiqué que les 118 Non-Alignés avaient démontré « être alignés sur le pacte qui justifie, pour un bon nombre des membres du Mouvement, la possibilité d’écraser leurs peuples et de comprimer cruellement ceux qui élèvent la voix pour défendre les droits de l’homme ».

    Miriam Leiva, épouse du dissident Osvaldo Espinosa Chepe, 75 ans, en liberté provisoire et membre du mouvement des Dames en Blanc (épouse, soeur et mère de dissidents emprisonnés), a regretté que les Non-Alignés ne se soient pas « intéressés davantage à la situation des droits de l’homme et des prisonniers politiques » à Cuba.

    Pour Mme Leiva, c’est dû au fait qu’ »une grande majorité des participants (au sommet) enfreignent eux-même ces droits » tandis que les pays démocratiques « viennent uniquement pour parler des dossiers à l’ordre du jour sans causer de problèmes à leur hôte ».

    Cette Dame en blanc, dont le mouvement a marché silencieusement dimanche à la fin du sommet, a dénoncé « une grande répression à La Havane et à l’intérieur du pays », appelant le gouvernement à « libérer ces innocents ».

    Son époux a qualifié d’ »unilatérales » les analyses faites lors du sommet. « On rejette la faute sur les pays développés sans examiner les problèmes (de ceux du) Sud: corruption, dépenses militaires, bureaucraties inefficaces, pas plus que les problèmes de droits de l’homme », a-t-il souligné.

    L’économiste Martha Beatriz Roque, opposante virulente du régime, a estimé que le sommet n’avait eu « aucun effet » pour les dissidents car les problèmes de droits de l’homme et libertés étaient « absents des discussions ».

  • “L’arrestation d’Ahmed Rodríguez Albacia nous fait craindre de nouvelles détentions sans jugement après celles d’Oscar Mario González Pérez et de Roberto de Jesús Guerra Pérez, en juillet 2005, et d’Armando Betancourt, en mai 2006. Ahmed Rodríguez Albacia et sa famille ont été la cible de harcèlements continuels depuis plusieurs semaines.
    Nous demandons aux autorités de le libérer au plus vite. Cuba, qui assure la présidence du Mouvement des non-alignés, s’est engagée à veiller au respect des droits de l’homme et des libertés publiques dans les pays concernés à l’issue du Sommet de La Havane des 11 au 16 septembre”, a déclaré Reporters sans frontières.

    Le 15 septembre, Ahmed Rodríguez Albacia a été arrêté alors qu’il se présentait, pour des raisons personnelles, à l’unité de police « Dragones » dans le vieux centre de La Havane où il réside. Le jeune journaliste a été suivi par deux officiers de la Sécurité de l’Etat (police politique), qui ont procédé sur place à son arrestation. Selon Margarita Albacia, sa mère, le chef de la police a refusé de lui donner des explications et de la laisser voir son fils, l’informant seulement qu’il était interrogé et qu’il serait de retour dans quelques jours.

    Le matin même de son arrestation, Ahmed Rodríguez Albacia avait rapporté à la Fondation cubaine des droits de l’homme (FCDH) que des membres des Comités de défense de la révolution (CDR), des Brigades de réponses rapides et de la Sécurité de l’Etat avaient encerclé sa maison et menacé sa mère et lui-même de leur “casser la tête”.

    Le 4 août dernier, le journaliste et sa famille avaient déjà été victimes d’une opération similaire de la Sécurité de l’Etat, des CDR, de la Fédération des femmes cubaines et du Parti communiste dont une soixantaine de membres avaient entravé l’accès à la maison et averti que toute réunion “contre-révolutionnaire” qui s’y tiendrait ne serait plus tolérée. Ahmed Rodríguez Albacia avait alors crié “Vive les droits de l’homme !”, attisant la colère des assaillants.

    Créée en septembre 2005 par de jeunes journalistes, Jóvenes sin Censura subit depuis le début les pressions de l’Etat. Le 29 décembre 2005 à Holguín (Est), la directrice de l’agence, Liannis Meriño Aguilera, 21 ans, avait été sommée par deux agents de la Sécurité de l’Etat d’arrêter ses activités.

    Depuis l’hospitalisation de Fidel Castro et le transfert des pouvoirs à son frère Raúl le 31 juillet, le régime n’a desserré l’étau ni sur la presse indépendante ni sur la presse étrangère. Certains journalistes issus de pays non-alignés se sont vu refuser leur visa pour couvrir le Sommet de La Havane.

  • Est ce vraiment le rôle d’une ONG de s’ériger en soutien d’une des dernières dictatures communistes du monde ? La question est posée à la lecture de ce texte publié par OXFAM et qui apporte un soutien inconditionnel au régime de Fidel Castro.

    Les donataires d’OXFAM risquent de pas bien comprendre que leur argent soit employé à financer de la propagande au service d’un pays qui est tout sauf un modèle de démocratie et de défense des droits de l’homme.

    Depuis l’annonce d’un transfert provisoire du pouvoir de Fidel Castro à son frère, les médias focalisent leur attention sur Cuba. La plupart des commentateurs mettent en lumière la volonté affichée des Etats-Unis et de l’Union européenne de mettre fin à la “dictature communiste”. Les préjugés et le “wishful thinking” prennent souvent la place d’analyses sérieuses, et beaucoup oublient de donner la parole au premier intéressé : le peuple cubain.

    On appreciera les guillemets autour de « dictature communiste » : il est clair que pour Oxfam, Cuba est une « autre forme de démocratie » comme il est ecrit plus loin dans le texte. Ensuite le fait que le peuple cubain n’ait pas eu la parole depuis 50 ans (le seul autorisé à parler librement, c’est Fidel Castro), n’est evidemment pas un problème, cela va de soi pour OXFAM.

    La pensée d’OXFAM rejoint bien celle d’une certaine gauche française qui méprisent les droits de l’homme en dehors de l’Europe. Ils considèrent en général Cuba comme une sorte de zoo : les Cubains sont a peu près convenablement nourris (en tout cas ils ne meurent pas de faim) et soignés gratuitement, alors pourquoi se plaindre ? Pourquoi se jeter à la mer par centaines de millers dès que l’occasion se présente ?

    Toujours en train de se plaindre les Cubains alors qu’ils vivent dans  » une autre forme de démocratie », avec le même type formidable depuis 50 ans.
    L’oppression quotidienne, l’absence totale de liberté, la dictature de la propagande communiste qui tient lieu d’éducation : tout ca ne compte face aux « acquis » du socialisme.

    Ensuite OXFAM parle à propos de Cuba d’ une « inacceptable réussite » et mieux encore de la « légitimité populaire du parti communiste » dans un passage proprement ahurissant.

    La légitimité populaire du parti communiste cubain est bien plus importante que celle en vigueur dans l’ancien bloc de l’Est, et Cuba n’a donc ni besoin des Etats-Unis, ni de l’Union européenne pour assurer son développement.

    Mais OXFAM garde le meilleur de sa pensée pour la fin avec cette déclaration incroyable au Cuba est qualifié comme une « autre forme de démocratie ».

    La question se pose : admettons-nous qu’un pays puisse expérimenter une autre forme de démocratie, avec une autre forme d’organisation économique ? Et si ce pays connaît un succès dans ses objectifs de développement, l’asphyxierons-nous sous prétexte qu’il inspire d’autres pays ?

    L’intégralité de ce pamphlet pro castriste signé Xavier Declercq, Directeur Mobilisation, Oxfam-Solidarité et
    Marc Ingelbrecht, Représentant d’Oxfam-Solidarité à La Havane est consultable ici:
    http://www.oxfamsol.be/fr/article.php3?id_article=797

  • « Nous commençons une nouvelle étape », a dit le directeur de CUPET, Fidel Rivero Prieto, en signant l’exploitation de deux blocs dans les eaux cubaines avec la division d’outre-mer indienne de l’India Oil and Naturel Gaz Corp ONGC Videsh.

    La compagnie publique de Malaisie, Petroliam Nasional Berhad, la norvégienne Norsk Hydro et une compagnie non identifiée, probablement du Vénézuéla ou de la Chine, ont été également admis cette année à faire des recherches dans les eaux territoriales cubaines.

    « C’est un grand pas en avant. Personne ne sait comment travailler dans des eaux profondes comme les norvégiens », a affirmé le professeur de l’Université du Nebraska Jonathan Benjamin-Alvarado.

    Benjamin-Alvarado, qui a beaucoup écrit sur les questions d’énergie cubaines, a indiqué que l’annonce faite la semaine passée par Chevron, d’une importante découverte prévue au minimum de 3.000 millions de barils dans le Golfe du Mexique, « donne davantage de crédibilité aux prétentions de Cuba ».

    Il a ajouté que « les signatures récentes indiquent que le gouvernement cubain est désireux d’ouvrir et de diversifier ses partenaires ».

    « Si Cuba trouve des quantités importantes de pétrole, il pourrait attirer d’importantes quantités d’investissement américain, mais d’abord ils doivent se décider à lever l’embargo», a dit dans une conférence de presse le ministre cubain d’Économie, José Luis Rodriguez.

    Les compagnies américaines sont interdites d’explorer à la recherche de pétrole à Cuba. Mais la possibilité de trouver du brut à seulement 144 kilomètres des côtes américaines a fait que des groupes de pression exhortent Washington à alleger l’embargo imposé en 1962 contre Cuba.

    Le président de l’Association de Commerce États Unis – Cuba, Kirby Jones, a déclaré qu’il y a en suspens des projets de loi au Congrès américain pour permettre aux compagnies américaines « d’entrer dans des discussions avec des fonctionnaires cubains dès que possible ».

    La zone économique exclusive de Cuba dans le Golfe du Mexique, de 112.000 kilomètres carrés, a été parcellée en 59 blocs pour l’exploration étrangère en 1999.

    l’Enquête Géologique des Etats-Unis a estimé que le bassin du nord de Cuba pourrait contenir quelque 4.600 millions de barils de pétrole, avec un potentiel maximal de 9.300 millions de barils et près d’un milliards de pieds cube de gaz naturel (environ 13 million de mètres cube).

    l’Espagnol Repsol-YPF a pris les droits en 2000 sur six blocs dans les eaux cubaines. Dans 2004 la compagnie a foré un puit d’essai, en trouvant des indications de pétrole de bonne qualité, bien que non dans des quantités commerciales.

    La compagnie canadienne Sherritt International a ensuite opté pour quatre blocs.

    Repsol-YPF, Norsk Hydro et ONGC Videsh ont formé un consortium pour perforer dans les six blocs de Repsol au plus tard en 2008.

    Des études séismiques sont en cours ou commenceront dans 10 autres blocs contractés par des signatures étrangères, en accord avec des sources de l’industrie.

    La portion cubaine du Golfe du Mexique a été tracée à travers des traités avec les Etats-Unis et le Mexique dans la décennie des années soixante-dix, avec des droits de pêche, et avant que soient développées des technologies pétrolières pour eaux profondes.

    Cuba produit autour de 70.000 barils par jour de pétrole de basse qualité et importe autour de 98.000 barils quotidiens à des prix préférentiels de son allié Vénézuéla.

  • Depuis l’ouverture du sommet des non-alignés lundi, tout le monde attendait l’apparition du líder máximo. Mercredi soir, la télévision nationale cubaine a diffusé des photographies de Fidel Castro, amaigri et en pyjama. Le président cubain apparaît en compagnie de l’émissaire argentin au sommet des non-alignés, le député et écrivain Miguel Bonasso.

    Fidel Castro a profité de cet entretien pour apporter son soutien à Hugo Chavez et à sa bataille pour obtenir un siège au Conseil de sécurité des Nations unies. Chavez, fils spirituel de Castro est selon lui un « leader mondial en train de créer un modèle indestructible ».

    Raul Castro, qui assure l’intérim de son frère Fidel à la tête de Cuba, a fait jeudi sa première apparition officielle lors d’un événement international à l’occasion d’une réunion du Groupe des 15 pays en développement, à la veille de l’ouverture du sommet des pays Non-alignés à la Havane.

    Il en a profité pour salué l’Iran et d’autres pays en développement pour leur action en vue d’un « monde meilleur et plus juste ».

    Le président vénézuélien Hugo Chavez était également invité à se joindre au groupe.
    Selon lui, Fidel Castro, toujours en convalescence après son intervention chirurgicale aux intestins, « marche et chante », et il est pratiquement en assez bonne forme pour « jouer au base-ball ».

    Même malade et absent, Fidel Castro a toujours le don de concentrer l’actualité sur lui. La grande inconnue du sommet des Non-alignés reste de savoir si Fidel Castro participera en personne aux activités.

    Reste que pour la première fois, Cuba est dans l’incertitude sur le réel détenteur du pouvoir : Fidel Castro demeure invisible depuis son opération, et son successeur désigné Raul Castro brille pas son absence.

    Si Fidel Castro se décidait à mourir aujourd’hui, la veillée funèbre serait peuplée de gens plus nerveux qu’affligés. Pour Raúl Castro, son frère et héritier désigné, la prise de pouvoir ne serait plus aussi facile. Et encore moins l’exercice réel du pouvoir. Les témoignages selon lesquels Raúl Castro aurait été très lié au cartel de Medellín dans les années 1980 viennent de refaire surface. La nouvelle a éclaté il y a quelques semaines, par le biais d’une dépêche de Televisión Española : John Jairo Velásquez, surnommé Popeye, le bras droit et le chef de la sécurité de Pablo Escobar – le baron du cartel de Medellín, tué par balle en 1993 –, est passé à table. Depuis la prison de Bogotá, où il est détenu pour assassinat, il a donné toutes sortes de détails sur les étroites relations existant entre Raúl Castro et les barons de la drogue colombiens.

    Les militaires, le Parti communiste, le ministère de l’Intérieur et d’autres instances gouvernementales cubaines en sont convaincus : après la mort du Líder Máximo, l’île aura désespérément besoin d’une personnalité qui confère une légitimité internationale à un régime impopulaire et chancelant, totalement anachronique.

    Aussi ne peuvent-ils voir d’un bon œil la désignation à la tête de l’Etat d’un homme ayant trempé dans le trafic de cocaïne. Ce serait même dangereux, comme on a pu l’observer à Panamá, après l’invasion qui a renversé Noriega en décembre 1989. Personne au monde n’avait alors remué le petit doigt pour le défendre.

  • «Il est regrettable que la question des droits de l’Homme ne soit pas la réelle et véritable priorité du Mouvement des Non-alignés», a affirmé Elizardo Sanchez, président du Comité cubain pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN), illégal, mais toléré par les autorités.

    Le dissident a fustigé les pays membres du Mouvement des Non-alignés comme appartenant «aux pires et coutumiers violeurs des droits civils et politiques à l’échelle mondiale», citant outre Cuba, la Corée du nord, l’Arabie saoudite, la Syrie ou le Zimbabwe.

    Les chefs d’État et de gouvernement des 118 pays membres du MNA, qui se réunissent vendredi et samedi au plus haut niveau, sont appelés à défendre «tous les droits de l’Homme et les libertés fondamentales pour tous», selon le texte de la résolution finale. Toutefois, cette déclaration ne précise pas la définition des droits de l’Homme.

    «La majorité des délégations des membres à part entière (des Non-alignés), notamment ceux d’Afrique et d’Asie, représentent les régimes dictatoriaux ou les autorités touchées par la corruption, le népotisme», dénonce un rapport de la CCDHRN, diffusé mardi.

    Elizardo Sanchez a accusé le gouvernement cubain, qui occupera la présidence des Non-alignés durant trois ans à l’issue du sommet, de «violer, comme il l’a fait depuis des décennies, tous les droits civils, politiques et économiques».

    Le dissident a souhaité que les Non-alignés «montrent une meilleure volonté politique sur ce sujet» et de promouvoir des «programmes d’action pour l’amélioration de la situation des droits de l’Homme dans tous les pays».

    Selon la CCDHRN, quelque 300 prisonniers politiques sont actuellement détenus à Cuba.

    De son cotéReporters sans frontières entend rappeler à cette occasion que plusieurs chefs d’Etat connus pour leur mépris de la liberté de la presse et du pluralisme, comme l’Iranien Mahmoud Ahmadinejad, le Pakistanais Pervez Musharraf ou le Vietnamien Nguyen Minh Triet feront le déplacement à La Havane où les recevra un autre prédateur de la liberté d’expression en la personne de Fidel Castro.

    Ce sommet ne doit pas servir de paravent à des gouvernements pour qui les déséquilibres Nord-Sud justifient la dictature, l’oppression et l’absence d’Etat de droit. L’organisation souligne également que « la protection et la promotion des droits de l’homme » comptent parmi les objectifs fixés dans le projet de document final qui sera soumis à l’approbation des pays membres au cours du sommet.

    On peut malheureusement s’attendre à ce que des pays comme l’Iran, l’Ouzbékistan, le Zimbabwe, la Libye ou le Bélarus paraphent une promesse qu’ils ne sont pas près d’honorer, sans oublier Cuba qui, en tant que président du Mouvement, devra veiller à ce qu’elle soit tenue. La référence à la charte des Nations unies et aux lois internationales dont se parent ces pays les oblige logiquement vis-à-vis de l’Onu et de la communauté internationale. Nous espérons que le sécrétaire général de l’Onu Kofi Annan saura le leur rappeler.

    Un très mauvais signe a déjà été donné à la veille du sommet par les autorités cubaines qui ont tout fait pour limiter la couverture de l’événement en expulsant des journalistes étrangers. Cuba demeure la deuxième prison du monde pour les journalistes après la Chine avec 23 prisonniers issus de la profession.

    Le Mouvement des non-alignés est né en septembre 1961 à Belgrade sous l’impulsion du maréchal yougoslave Tito, dont le but était de rassembler des pays refusant, à l’époque de la guerre froide, de se rallier aux Etats-Unis ou à l’URSS.