Auteur/autrice : Info Cuba

  • L’Amérique latine a changé de cap, dit-on. En fait, les Chávez et autres Morales ne sont pas de gauche.
    A eux tous, ces pays comptabilisent plus des trois quarts de la population et de la richesse de la région. En ce sens, on pourrait dire que l’Amérique latine vire majoritairement à gauche. Mais cette affirmation est exagérée et superficielle. Ce qu’on voit se former n’est ni un nouveau bloc ni une entité de gauche au sens traditionnel du terme. Aucune des différentes gauches latino-américaines ne ressemble à celle du Cuba de Fidel Castro.

    Mais elles ne ressemblent pas non plus à celles de Salvador Allende [socialiste élu président du Chili le 4 novembre 1970, renversé par le coup d’Etat militaire du 11 septembre 1973] ou du premier gouvernement de Daniel Ortega [sandiniste, président du Nicaragua de 1985 à 1990]. L’effervescence politique que l’on observe dans la région correspond à un rejet calme et partiel de l’ordre établi par le “consensus de Washington” dans les années 1980 et 1990.

    Cet ordre – ou plutôt ce système – résulte de l’intégration de l’Amérique latine dans le processus de la mondialisation ; une mondialisation qui, certes, a créé beaucoup de richesses (quoique mal réparties) dans la région, mais qui a aussi engendré un fort mécontentement parmi les majorités populaires.

    Les mesures prescrites par le consensus de Washington ont laissé des traces : ouverture commerciale et financière des pays, acquisitions massives de banques et d’entreprises de services et d’énergie par des acheteurs étrangers. Ces acquisitions ont eu pour conséquence une augmentation considérable de la présence des multinationales dans la région. Cependant, la réaction de la population ne traduit pas une volonté d’implanter le socialisme – ni dans sa version plus dure, le communisme, ni sous sa forme plus douce, la social-démocratie.

    Les gens acceptent l’économie de marché avec la même neutralité – ou la même résignation – que celle qu’ils affichent face à la démocratie parlementaire. L’agitation politique du moment ressemble plus à une lutte, quelque peu spontanée et désorganisée, pour une meilleure répartition des avantages de la mondialisation, un désir qu’exprime la devise : “Une autre mondialisation est possible”.

    Agir dans le cadre de la démocratie parlementaire

    Dire que des mouvements populaires comme ceux des sans-terre, des producteurs de coca ou d’ethnies longuement ignorées, dirigés par des caudillos qui se croient élus non pas par les citoyens mais par la Providence, dépourvus de toute conception d’ensemble cohérente de la société qu’ils veulent créer, dire que de tels mouvements sont “de gauche” revient à dire que le soulèvement de Spartacus [révolte des esclaves contre l’Empire romain, 71-73 av. J.-C.], la révolte des paysans allemands à l’époque de Luther ou encore la révolte des Sioux étaient “de gauche”. Etre de gauche ne signifie pas monter les pauvres contre les riches et les impuissants contre les puissants, pas plus que cela ne signifie semer la haine et le désordre dans la société.

    En politique, être de gauche repose sur le respect de la dignité humaine, sur une conception de l’Etat solidaire, et sur la priorité accordée par les dirigeants à l’égalité de tous devant la loi et à la juste répartition des biens et valeurs créés par le travail et le capital. Et même si, dans la pratique, la défense de ces principes implique la limitation des privilèges des riches et des puissants, la gauche moderne doit agir dans le cadre de la démocratie parlementaire, c’est-à-dire en respectant les autres partis politiques qui lui disputent le pouvoir et en condamnant avantages, manœuvres politiques et abus.

    Par définition, les caudillos ne sont pas de gauche. La gauche latino-américaine a appris pendant la “décennie perdue” des années 1980 que la stabilité économique, sans inflation galopante, assortie d’une monnaie crédible au niveau international, d’un équilibre budgétaire raisonnable et d’un environnement favorable aux échanges commerciaux est une condition sine qua non d

  • Voici donc un journaliste cubain « officiel », parmi les meilleurs : Manuel David Orrio, que j’ai rencontré plusieurs fois lorsqu’il travaillait pour la police politique cubaine, déguisé en journaliste. Son « témoignage » a permis d’envoyer en prison pour 20 ans des intellectuels, de vrais journalistes et poètes mondialement reconnus comme Raul Rivero. Bien sur, après son « témoignage », M.Orrio a du se reconvertir. Devinez en quoi ? En journaliste : quelle déchéance pour un flic qui avait quand même le grade de capitaine de « seguridad del Estado ».

    Cuba, son économie, la CIA

    par Manuel David Orrio

    Décidément, Cuba est un étrange pays. Un curieux pays qui a vécu plus de 40 ans victime de mesures économiques unilatérales imposées par les Etats-Unis lesquelles, selon des économistes cubains, ont dores et déjà causé à l’économie de l’île des préjudices d’un montant total de plus de 86,1 milliards de dollars et de 4 milliards rien que pour l’année 2005. Peu importe qu’à l’O N U désormais cela soit devenu une routine que de condamner une telle politique ; peu importe que Jean Paul II ait qualifié cette même politique d’« éthiquement inacceptable » et, apparemment, il importe encore moins qu’ici et là on avance des considérations sur le développement économique de Cuba qui prennent très peu en compte cette donnée incontournable ou qui, tout simplement, n’en font qu’une boule de papier tout juste bonne pour la corbeille.

    Le rapport présenté au Président Bush le 20 juillet dernier par la Commission pour l’Aide à une Cuba Libre est un exemple parfait d’une telle désinvolture. Ce rapport assène avec une tranquillité qui laisse pantois :

    « Le potentiel économique du peuple cubain a été trop longtemps étouffé, otage qu’il est d’un système économique qui a échoué, lequel soutient le régime mais ne fait rien pour apporter la prospérité au peuple cubain. Un Gouvernement Cubain de Transition devra faire face à des situations critiques, depuis stabiliser les conditions macroéconomiques jusqu’à créer une structure microéconomique qui permettra la croissance des entreprises privées. Seulement 62% de la population cubaine a un accès suffisant à l’eau potable ».

    Cuba est loin d’être une société parfaite, le journaliste que je suis vous le répète pour la énième fois. Mais il y a loin de là à affirmer que l’économie cubaine est un échec et qu’elle est incapable de garantir au peuple cubain une croissance stable et équitable pour tous. Même des économistes pas forcément bienveillants envers Cuba, reconnaissent que durant ces cinq dernières années un des plus importants succès de l’économie cubaine a été, précisément, le fait d’avoir pu créer des conditions « macro-économiques » capables d’établir des bases pour un développement soutenu, et cela en dépit même de ces dés pipés avec lesquels on joue cette partie que certains appellent « embargo » et d’autres « blocus ». Au passage, signalons que dans le Programme des Nations Unies pour le Développement il est dit que plus de 90% de la population cubaine a accès à l’eau potable.

    L’économie cubaine a terminé l’année 2005 avec une croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) de 11,8% si on s’en tient aux chiffres officiels qui sont encore l’objet d’une mise au point en raison de l’application d’une nouvelle méthode de calcul destinée à mieux prendre en compte la valeur ajoutée présente dans des services gratuits mis à la disposition de la population tels que l’éducation et la santé, méthode qui, à l’heure actuelle, n’a pas encore convaincu certains organismes comme la Commission Economique pour l’Amérique Latine (CEPAL) laquelle, pour cette raison, n’a pas inclus Cuba dans ses dernières statistiques.

    Dans la presse même de Cuba, certains auteurs semblent cautionner ces interrogations du moins dans un secteur aussi important, à Cuba, pour les dépenses publiques que la santé. Comme on peut le lire dans une dépêche de l’Agence Nationale d’Information datée du 26 mai 2006 : « Actuellement on progresse dans la caractérisation de la valeur de nombreux services sociaux et autres, réévaluation qui sera progressivement étendue à toutes les unités du secteur social de niveau primaire, secondaire et tertiaire, et qui entrera pleinement en vigueur en 2007 »

    Cela revient à dire d’une certaine façon qu’on n’a pas encore clairement défini la méthode statistique qui permettrait d’affirmer catégoriquement que, conformément à la nouvelle méthode de calcul, la croissance du PIB de Cuba est de tant ou de tant.

    Néanmoins des économistes cubains interviennent dans ce débat, pas tellement académique, et réfutent les rapports étatsuniens comme celui de la Commission pour l’Aide à une Cuba Libre en appliquant la méthode toute simple qui consiste à calculer le PIB en considérant, selon la bonne méthode classique, ces services gratuits à la population seulement comme des « dépenses du gouvernement ».

    C’est ainsi que l’académicien Juan Triana Cordoví, du Centre d’Etudes pour l’Economie de Cuba, a déclaré au cours d’une conférence que, sur cette base, la croissance du PIB de Cuba, en 2005, a été au moins de 5% .

    Bien entendu on peut accuser Triana Cordoví de partialité pro-gouvernementale. Mais, pour démontrer combien sont mensongères ses affirmations, s’il y a bien quelqu’un à qui on peut faire confiance, c’est bien à la Central Intelligence Agency des Etats-Unis.

    Or, la CIA, la CIA elle-même, a estimé que le PIB cubain s’est accru de 8% ! en 2005 ; elle relève que le taux de chômage a été inférieur à 2 % et que le taux de l’inflation a été de 7% environ. Elle a aussi calculé que les réserves financières de Cuba s’élevaient à plus de 2,618 milliards de dollars, soit approximativement 6,6% du montant du PIB estimé par la dite Agence pour l’année en question.

    Ce n’est pas seulement sur ces indicateurs que la très célèbre « Compagnie » offre une vision de Cuba très éloignée du discours que l’Administration Bush tient sur la patrie de José Martí et sur les soit disant échecs du gouvernement de Fidel Castro. Elle reconnaît avec la totale froideur qui sied à un Service de Renseignements le succès de Cuba dans toute une série d’objectifs économiques et sociaux, comme par exemple le fait d’avoir stoppé le développement d’un fléau tel que le sida ou le fait d’avoir réussi à rebâtir un réseau d’alliances géopolitiques bien nécessaires à la sécurité du pays dans tous les secteurs. C’est la CIA qui le dit, oui, la CIA[1]

    Assurément, un observateur instruit doit normalement se demander comment peuvent exister, à propos de la situation à Cuba, de telles contradictions entre le discours officiel nord-américain et les évaluations de son principal service d’espionnage : C’est très simple, la réponse est extrêmement simple : Cuba est un pays étrange.

  • Le président Fidel Castro se remet de son opération intestinale et n’est pas mourant, a assuré son frère Raul Castro, répliquant semble-t-il aux récentes informations selon lesquelles le numéro un cubain serait atteint d’un cancer en phase terminale.

    « Il n’est pas mourant, contrairement à ce qu’une certaine presse de Miami rapporte », a ajouté Raul, en précisant que les délégués étudiants tiendraient une session spéciale avec Fidel Castro en décembre.

    Raul a indiqué que lui et d’autres dirigeants avaient eu une longue réunion avec son frère au cours des dernières 48 heures, au cours de laquelle ils ont discuté de diverses « affaires de l’Etat » et Castro leur a donné des instructions.

    Le magazine Time écrivait ce week-end que pour les responsables gouvernementaux américains, Fidel Castro, qui est âgé de 80 ans, avait un cancer en phase terminale.

    Castro a publié un communiqué le 31 juillet affirmant qu’il cédait à titre temporaire le pouvoir à son frère cadet Raul, 75 ans, parce qu’il devait subir une opération après une hémorragie intestinale et qu’il lui faudrait des semaines pour se remettre.

    Depuis lors, les médias nationaux ont diffusé des reportages vidéo et des photos de Castro recevant dans sa chambre d’hôpital des amis et des dignitaires. La dernière fois remonte à plus de deux semaines, lorsqu’il a reçu le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, et d’autres dignitaires présents à La Havane à l’occasion du sommet du Mouvement des non alignés.

  • Hugo Chavez, « représente une bouée de sauvetage qui a prolongé l’existence du régime, mais il ne pourra pas le sauver, car la situation à Cuba est terrible, tout est en train de s’effondrer », a-t-il affirmé lors d’un entretien avec l’AFP.

    La passation de pouvoir temporaire entre Fidel et son frère Raul, qui assume depuis fin juillet la présidence de Cuba, sonne « le début de la fin », « c’est une question de mois », a estimé le dissident cubain, en visite à San José.

    « Nous n’avons pas suffisamment d’éléments pour savoir si Fidel est condamné à mourir, mais il est mal en point, et je crois que son frère Raul n’est pas en mesure de lui succéder car c’est un incapable, c’est un éternel second », a-t-il affirmé.

    Par ailleurs, Huber Matos a regretté la division des groupes d’opposants cubains en exil, notamment à Miami, qui sont entrés dans un combat « à feu et à sang, au lieu d’unir leurs efforts pour être prêts lors de la chute du régime ».

    Le commandant Huber Matos a été un des principaux protagonistes de la révolution cubaine, aux cotés de Che Guevara, de Camilo Cienfuegos et de bien d’autres, qui ont lutté avec Fidel Castro pour jeter dehors Batista et rétablir la démocratie à Cuba. Car tel était bien le projet initial qui regroupait des hommes venus souvent d’horizons très différents : or comme l’immense majorité des membres de la guerilla, Huber Matos n’est pas communiste.

    Commandant de la région de Camaguey, Huber Matos commence à prendre ses distances avec Fidel Castro qui esquive ses questions sur la dérive communiste de la Révolution. Lassé de ne pas être entendu, il remet sa lettre de démission à Castro, qui est publiée en annexe de son livre. Ce sera d’ailleurs son seul crime. Une trahison inacceptable pour Castro qui le fait condamner à 20 ans de prison au cours d’un « procès », monté de toutes pièces, et qui ne sera pas le dernier de la sinistre histoire judiciaire de la révolution cubaine.

    Lorsqu’on demande à Huber Matos de porter l’uniforme des détenus de droit commun, il refuse. On lui confisque ses vêtements et il reste plus d’une année en caleçon dans sa cellule où les murs suintent l’humidité. Pour récupérer son uniforme il entame une grève de la faim : on le frappe et l’alimente de force avec un tuyau dans lesquels on verse de la soupe bouillante. Au bout de six mois de ce traitement , il pèse 55 kg et est à moitié sourd. Alors qu’il est en train de mourir , un « médecin » du G2 (la police politique cubaine) est chargé de le « soigner ». Pour s’assurer qu’il est encore en vie il lui enfonce régulièrement le talon de sa chaussure dans l’estomac, ou lui casse quelques cotes pour voir s’il a encore la force de crier. On lui arrache une dent en mauvaise état sans anesthésie, et autres traitement médical « de faveur ». A la suite d’un des nombreux tabassages dont il est victime, son bras est à moitié paralysé : on commence à le soigner au bout d’un an.

    Huber Matos a récemment publié ses mémoires dans un livre intitulé « Et la nuit est tombée » . Un livre bouleversant, par ce qu’il contient d’horreurs et d’espérances déçues ; il est aussi un document unique sur l’une des figures majeures de notre temps, Castro, dont Matos nous trace un portrait au quotidien, sans haine, et une exceptionnelle leçon de courage comment survivre au goulag cubain.

  • «Le temps est venu de constater que le mandat renouvelé d’année en année conduit à une forme d’impasse en raison du refus des autorités cubaines de tout contact», a déploré Mme Chanet, qui présentait pour la 4ème année consécutive un rapport faisant état de violations des droits de l’homme à Cuba.

    Mme Chanet a préconisé que le Conseil fasse usage des nouvelles prérogatives qui lui ont été dévolues, notamment en matière de «revue périodique universelle» du respect des droits de l’homme. Selon les règles instaurées pour le Conseil des droits de l’homme, installé cet été, les États membres du Conseil, dont Cuba, doivent se soumettre à cette procédure, encore à définir précisèment.

    Cette démarche permettrait de ne pas prêter le flanc aux critiques de La Havane qui assure être victime d’une campagne de stigmatisation orchestrée par les États-Unis, a expliqué un diplomate à l’AFP.

    L’ambassadeur de Cuba à Genève, Juan Antonio Fernandez Palacios, a répliqué en demandant à Mme Chanet de «démissionner immédiatement» et en l’accusant d’être «le rapporteur spécial de Washington».

    Le diplomate cubain a dénié toute «crédibilité» au rapport de la représentante de Mme Arbour et a annoncé qu’il lui fera «suivre le chemin des précédents rapports : la corbeille du papier à recycler».

    Dans son rapport, Mme Chanet déplore à nouveau «la vague de répression sans précédent» du printemps 2003 qui a mené à l’arrestation de 80 opposants, et énumère en annexe la liste des 60 prisonniers encore «détenus arbitrairement».

    «La situation ne s’est pas améliorée, et c’est un euphémisme», a-t-elle dit mardi devant le Conseil.

    Mme Chanet demande notamment la «libération des personnes qui n’ont commis aucune violence» et «la promotion du pluralisme en matière d’associations, de syndicats, d’organes de presse et de partis politiques».

    Cuba est le seul Etat a ne jamais permettre de visite des organisations internationales. L’unique visite de la Croix-rouge internationale dans les prisons cubaines remonte à 1988.

    Aucune statistique officielle connue ne permet de donner une idée du nombre de personnes emprisonnées à Cuba, régulièrement estimé entre 100 et 150.000. Le régime castriste s’est doté en 45 ans d’un véritable « goulag tropical », avec plus de 100.000 détenus aujourd’hui contre moins de 4.000 avant son arrivée au pouvoir.

    Président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, interdite), Elizardo Sanchez Santa Cruz, lui-même ancien prisonnier politique, a déjà à plusieurs reprises souligné « l’hypertrophie du système carcéral » cubain, passé de 14 prisons en 1958 à plus de 200 aujourd’hui.

    Les affirmations de M.Sanchez n’ont jamais été publiquement démenties par le gouvernement cubain. L’unique visite de la Croix-rouge internationale dans les prisons cubaines remonte à 1988. Elle a donné lieu à un rapport qui a mécontenté les autorités et est resté « très confidentiel », selon M. Sanchez.

    « La torture physique n’est pas la règle à Cuba », selon lui, mais « la torture psychologique est régulièrement pratiquée », sous forme d’isolement du prisonnier dans des cellules minuscules, surchauffées, mal aérées, sans eau courante, et accompagnée parfois de privation de sommeil pour l’obtention d’aveux.

  • L’Institut cubain de la Musique a confirmé que Manu Chao et le groupe musical Radio Bemba offriront au public cubain un grand concert en plein air sur la scène de la Tribune José Martí, située sur le Malecon, la grande avenue qui longe le littoral de la capitale cubaine.

    Aussi connu pour son activité artistique que pour son engagement aux côtés du mouvement altermondialiste, Manu Chao s’est distingué sur la scène musicale internationale en raison de sa capacité pour mélanger les musiques autochtones des diverses régions du monde, dont l’Amérique latine, la Caraïbe et l’Afrique, sonorités qu’il conjugue avec le rock et avec des paroles en français et en espagnol.

    Manu Chao fait partie des quelques rares artistes et personnalités qui continuent de se rendre à Cuba, et à cautionner par leur présence le régime de Fidel Castro.

    Après leur concert en plein air à La Havane, Manu Chao et Radio Bemba se présenteront aussi en Bolivie et au Venezuela.

  • Depuis l’annonce, le 31 juillet 2006, de l’hospitalisation de Fidel Castro et de la transmission (provisoire) de tous ses pouvoirs à son frère Raúl et aux membres d’une sorte de Junte composée de six personnalités, militaires et civiles, la population cubaine et l’opinion publique internationale fonctionnent au rythme de bulletins médicaux rédigés dans l’opacité la plus totale et de mises en scène aussi ridicules que manipulées afin de leur faire croire que la santé du Commandant en chef connaît une amélioration et qu’il pourra gouverner à nouveau.

    La vérité est toute autre : Fidel Castro n’exerce plus le pouvoir qu’il a dirigé d’une main de fer depuis près d’un demi-siècle. Mais sa présence, presque fantomatique, se fait toujours sentir, dans le but de permettre l’organisation de sa succession dynastique et d’éviter une remise en question de la dictature par un peuple qui ne supporte plus l’absence de liberté, les privations et la propagande outrancière. Quelle sorte de révolution est-ce là, dont la fin aboutit à la mise en place d’une monarchie castriste ?
    Quelle sorte de souveraineté est celle que le régime de facto continue à proclamer, alors que l’un de ses héritiers politiques, l’ex-militaire putschiste Hugo Chávez, se permet de s’attribuer le rôle de porte-parole non seulement du peuple vénézuélien mais aussi du peuple cubain, et prétend en outre être désigné comme « président à vie », à l’instar de son guide spirituel ? Qui gouverne réellement Cuba aujourd’hui ?

    La communauté internationale ne peut accepter ce successeur illégitime qu’est Raúl Castro, un homme aussi cruel que son frère aîné, désigné par le Parti communiste et par une Constitution résolument anti-démocratique, qui est responsable des premières exécutions massives à Cuba, coupable de l’assassinat de dizaines d’opposants et est aussi le chef des forces répressives et militaires qui ont semé la destruction et la mort aux quatre coins du globe sous prétexte de « solidarité internationaliste ».

    L’ouverture à Cuba ne peut venir ni de lui ni des hommes qui sont autour de lui. Tous ont un passé de complicité dans l’oppression des Cubains, de même que les militaires, qui ont toujours appuyé la répression et qui aujourd’hui contrôlent l’économie dévastée du pays.

    Les pays démocratiques du monde entier, particulièrement ceux de l’Union Européenne, les États-Unis et le Canada, ainsi que les nations latino-américaines qui ne sont pas soumises aux desseins politiques castristes, doivent refuser de reconnaître un nouveau dirigeant et une équipe qui ne disposent d’aucune reconnaissance populaire.

    Tous ont un devoir d’ingérence démocratique envers une île qui a battu tous les records dans la négation des droits les plus élémentaires et dans le culte de la personnalité d’un homme qui n’a réussi qu’à créer les plus grandes incertitudes quant au futur de Cuba. Un autre avenir est possible, avec la libération des prisonniers politiques, le rétablissement immédiat des libertés démocratiques, l’organisation d’élections libres, le droit au retour des exilés, la possibilité pour tous les Cubains de voyager quand bon leur semble et la justice pour tous les crimes et atteintes aux libertés commis au cours de la dictature

    . L’opinion publique internationale serait toute prête à appuyer, nous en sommes certains, les forces de la dissidence interne et les organisations démocratiques en exil, sans aucune exclusion.
    Le peuple cubain a droit à la transparence, à la vérité et à la liberté.
    À Cuba, l’heure du changement est venue.

    Premières signatures :
    Jacobo Machover, escritor, catedrático universitario (París) – Zoe Valdés, escritora (París)
    Jesús Zúñiga, periodista independiente (París)
    César Alarcón, ingeniero, présidente del Movimiento cubano de unidad democrática (MCUD) (Baltimore)
    Lázaro González, ex-preso político (Estados Unidos)
    Dariel Alarcón Ramírez (« Benigno »), escritor, ex-guerrillero (París)
    Laurent M. Muller, presidente de la Asociación europea Cuba libre (París)
    Olivier Languepin, journaliste (Paris)

    Contact : [email protected]

  • Le CICR n’est pas autorisé a visiter les prisons cubaines dans lesquelles sont détenues entre 100.000 et 150.000 personnes selon les estimations (le gouvernement cubain ne donne aucun chiffre officiel sur sa population carcérale). L’unique visite de la Croix-rouge internationale dans les prisons cubaines remonte à 1988. Seule la prison américaine de Guantanamo sera donc au programme du CICR.

    Une délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a entamé lundi une visite de deux semaines de la prison spéciale de Guantanamo (Cuba), durant laquelle elle doit rencontrer pour la première fois les 14 suspects de terrorisme de haut niveau détenus dans les prisons de la CIA à l’étranger devant être transférés vers le pénitencier américain.
    Vincent Lusser, porte-parole du CICR, a affirmé qu’aucune date n’avait encore été fixée pour la rencontre avec ces prisonniers, dont le transfert à Guantanamo a récemment été annoncé par George W. Bush.

    « La date de la première rencontre sera décidée par les autorités qui détiennent les prisonniers », a-t-il expliqué. Il a toutefois précisé avoir une « confirmation » que le CICR pourrait voir ces prisonniers -parmi lesquels figure le cerveau présumé des attentats du 11-Septembre Khalid Cheikh Mohammed- au cours des deux prochaines semaines.

    Le général américain Bantz Craddock a affirmé la semaine dernière que les détenus seraient visibles aux alentours du 1er octobre, mais seulement après avoir été interrogés à leur arrivée à Guantanamo.
    Le CICR, qui a commencé ses visites à Guantanamo en 2002, est la seule agence internationale neutre à avoir un accès total à la prison américaine. Se basant sur les Conventions de Genève, il exige à chaque visite le droit de voir tous les prisonniers et de s’entretenir en tête-à-tête avec chacun d’eux.
    Khalid Cheick Mohammed a été arrêté au Pakistan en mars 2003 et n’a plus eu aucun contact avec le monde extérieur depuis lors.

    Aucune statistique officielle connue ne permet de donner une idée de la délinquance à Cuba, et la presse officielle maintient un silence strict sur le sujet.

    Il en est de même pour le nombre de personnes emprisonnées à Cuba, régulièrement estimé entre 100 et 150.000. Le régime castriste s’est doté en 45 ans d’un véritable « goulag tropical », avec plus de 100.000 détenus aujourd’hui contre moins de 4.000 avant son arrivée au pouvoir.

    Président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, interdite), Elizardo Sanchez Santa Cruz, lui-même ancien prisonnier politique, a déjà à plusieurs reprises souligné « l’hypertrophie du système carcéral » cubain, passé de 14 prisons en 1958 à plus de 200 aujourd’hui.

    Les affirmations de M.Sanchez n’ont jamais été publiquement démenties par le gouvernement cubain. L’unique visite de la Croix-rouge internationale dans les prisons cubaines remonte à 1988. Elle a donné lieu à un rapport qui a mécontenté les autorités et est resté « très confidentiel », selon M. Sanchez.

    « La torture physique n’est pas la règle à Cuba », selon lui, mais « la torture psychologique est régulièrement pratiquée », sous forme d’isolement du prisonnier dans des cellules minuscules, surchauffées, mal aérées, sans eau courante, et accompagnée parfois de privation de sommeil pour l’obtention d’aveux.

    De très nombreux témoignages ont permis d’établir que la torture a été pratiquée massivement à Cuba, et continue de l’être. Selon l’organisation CubaArchive.org, le castrisme aurait fait 9.240 victimes à Cuba.

    María C. Werlau et le directeur de recherches de cette organisation, Armando Lago, économiste, estiment que jusqu’à 77.000 Cubains peuvent avoir perdu la vie en tentant de s’échapper de l’île.

    María C. Werlau, qui a vécu au Chili pendant la dictature de Pinochet, a personnellement vu comment la conscience internationale des atrocités en matière de droits de l’homme a aidé le Chili à reconstituer sa démocratie. « Le régime de Castro a exécuté davantage de gens durant seulement ses trois premières années, que le régime de Pinochet a fait de tués ou « disparus » durant toutes ses 17 années de pouvoir » précise Werlau.

    « Mais les victimes de Castro qui sont souvent plus nombreuses– et qu’incluent non seulement des adversaires politiques mais aussi des familles complètes assassinées pour avoir essayé de s’enfuir — sont encore inconnues, ignorées ou oubliées. »