Auteur/autrice : Info Cuba

  • « Cette attaque extrêmement violente contre Guillermo Fariñas montre que les journalistes indépendants cubains sont menacés non seulement par le gouvernement, mais également par des groupes ultra-révolutionnaires qui, dans ce cas, se sont véritablement défoulés sur le directeur de Cubanacán Press, et ce, sous les yeux de la police politique », a déclaré Reporters sans frontières.

    Le 16 septembre, Guillermo Fariñas manifestait pacifiquement devant un commissariat, en présence d’une quinzaine d’autres opposants politiques, pour demander la libération de Noelia Pedraza Jiménez, l’une des leurs qui venait d’être arrêtée. Une centaine de paramilitaires étaient présents sur les lieux.

    Après avoir informé les manifestants de la libération imminente de la détenue dans l’attente de son procès, Vladimir Méndez Mauad, capitaine de la Sécurité de l’Etat, a proposé à Guillermo Fariñas de le reconduire chez lui en voiture. Le journaliste, qui peu de temps auparavant se déplaçait encore en fauteuil roulant en raison d’une infirmité dont il souffre et qui doit toujours utiliser des béquilles, a accepté.

    Mais au moment où Guillermo Fariñas a quitté le commissariat, un officier de police l’a prévenu que ce qui pourrait se passer au-dehors avec les paramilitaires « serait son problème ».

    Selon le récit de Guillermo Fariñas, une soixantaine de paramilitaires encore présents, armés de bâtons, l’ont alors interpellé en lui demandant s’il avait le courage de répéter devant eux ce qu’il disait sur Radio Martí (station de l’opposition cubaine exilée à Miami). Après s’être agenouillé et avoir mis les mains derrière la tête, il leur a répondu : « Pourquoi écoutez-vous Radio Marti si vous êtes révolutionnaires ? »

    Les propos du journaliste, ainsi que son refus de répéter « Vive Fidel Castro », lui ont valu insultes et coups, jusqu’à ce que l’un des agresseurs, craignant de le tuer dans un lieu public, y mette fin.

    Guillermo Fariñas a ensuite été conduit par des instructeurs politiques du Parti communiste cubain à 23 kilomètres de Santa Clara, où il a été laissé seul dans une zone inhabitée.

    Le journaliste a précisé à Reporters sans frontières que ses mains et ses bras sont tellement enflés qu’il ne peut plus écrire ni utiliser un clavier d’ordinateur. Il a ajouté qu’il pensait être en tête de la liste des personnes à arrêter lors de la « prochaine vague de répression ».

  • Cuba Nostra » recense méthodiquement les exactions, mensonges, trahisons du régime de Fidel Castro depuis son origine jusqu’à la corruption massive de l’époque actuelle.

    Car Fidel Castro excelle dans l’élimination de tout ceux qui peuvent, ou auraient pu, remettre en cause son pouvoir absolu. Avec cynisme il a mis en scène patiemment sa propre légende, tout en organisant la disparition de ses rivaux, quitte à en faire ensuite des héros tragiques après les avoir assassinés ou poussés au suicide.

    C’est le cas de Camilo Cienfuegos, dont « l’accident » d’avion ressemble de plus en plus à un règlement de compte au sommet entre Fidel et un des ses principaux rivaux au lendemain de la prise de pouvoir de 1959.
    Comme beaucoup d’autres, Camilo Cienfuegos faisait partie de ces authentiques révolutionnaires qui voulaient en finir avec la dictature de Batista, mais pas pour la remplacer par une autre dictature. Comme Hubert Matos, Cienfuegos ne supportait pas la dérive communiste et totalitaire qui engloutissait petit à petit la révolution cubaine avec la mainmise des frères Castro et des communistes sur tous les leviers du pouvoir.

    Lorsque « Cuba Nostra » aborde l’épisode des relations entre Castro et Salvador Allende et de son expérience de « socialisme démocratique » dans le Chili de 1970, le malaise se transforme en nausée. Il ressort de nombreux témoignages qque Fidel Castro méprisait profondément Allende, car il avait reussi à s’imposer par les urnes et non par les armes. Dès sa victoire aux élections de 1970, les service secrets cubains ont constamment fait pression et manipulé le nouveau chef de la gauche chilienne et son entourage (un agent secret cubain a même été recruté pour épouser Béatriz, la fille d’Allende) pour aboutir à un épilogue violent.

    Dès lors, les nombreux récits de cette époque qui émaillent « Cuba Nostra » tendent à prouver qu’Allende aurait été assassiné par ses gardes du corps cubains alors qu’il souhaitait négocier une reddition avec les auteurs du coup d’Etat du 11 septembre 1973.

    Mais Fidel Castro aurait décidé une fois pour toute qu’un révolutionnaire ne pouvait pas se rendre, et devait mourir les armes à la main : c’est d’ailleurs la thèse qu’il a toujours défendue en public, plutôt que celle généralement admise du suicide.

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  • Une dizaine de candidats, parmi eux l’avocate nigérienne Hauwa
    Ibrahim, l’organisation « Reporters sans Frontières » et le
    mouvement de dissidentes cubaines « Les Dames en blanc » sont en lisse pour le prix 2005 Sakharov pour la liberté de conscience qu’accorde chaque année le
    Parlement Européen.

    La sous-commission des Droits de l’Homme a établi hier
    la liste avec les noms proposés.

    Le groupe parlementaire socialiste a proposé comme candidat
    Hauwa Ibrahim, la première avocate du nord du Nigéria défenseur de
    femmes accusées d’adultère et condamnées à la lapidation.

    Le groupe du PPE, le plus nombreux de l’Assemblée, ne présente pas
    un candidat unique, mais plusieurs à titre individuel.

    Ainsi, le député espagnol du PP Gerardo Galeote en compagnie
    d’autres du même groupe a proposé « les Dames en blanc » un mouvement
    de femmes habillées de blanc comme symbole de la paix et de
    l’innocence de leurs maris, et qui défendent les droits des prisonniers
    politiques à Cuba.

    D’autres présentent Daniel Barenboim, pianiste, directeur et
    cofondateur de l’orchestre du Moyen-Orient, qui travaille pour
    rapprocher arabes et israelíens par la musique.

    La troisième candidature favorisée par des députés du PPE est
    celle de Ibrahim Adam Mudawi, fondateur de l’organisation
    « Développement Social Soudanais », une association indépendante
    consacrée à promouvoir et protéger les droits de l’homme, construire
    la paix et le développement au Soudan.

    Le groupe libéral défend à l’organisation « Reporters Sans
    Frontières » pour sa défense de la liberté de presse partout dans le
    monde.

    Le groupe des Verts a élevé la candidature conjointe du
    chinois Yang Zili, l’iranien Mojtaba Saminebal et le tunisien
    Zouhair Yahyaoui, à titre posthume, pour ses dénonciations des violations des
    droits de l’homme et pour promouvoir la démocratie dans son pays.

    Le groupe parlementaire « Indépendance et Démocratie » (eurosceptiques)
    a proposé deux défenseurs de la liberté de pensée sous le
    régime communiste de l’Union Soviétique.

    Il s’agit du fondateur de « Dissidence Rationnelle », du poète et du
    mathématicien Alexander Yessenin-Volpin, et le cofondateur du Groupe
    pour la défense des Droits Humains en Union Soviétique et
    président de l’Institut de Droits Humains et de la Fondation Sajarov
    en Russie, Sergei Kovalev.

    Le groupe de l’Europe des nations a proposé, à titre posthume, la
    candidature de Gunars Astra, dissident soviétique et défenseur de la
    démocratie, la liberté et les droits humains en Lituanie pendant le
    régime soviétique.

  • Trois tonnes de cocaïne ont été saisies dimanche par des policiers français et espagnols sur un voilier au large de l’archipel du Cap-Vert, a rapporté mercredi par la presse locale.

    Les deux skippers du voilier Tobago Clipper, de nationalité française, ont été arrêtés à bord et sept autres membres présumés du réseau, pour la plupart originaires de la région parisienne, ont été interpellés en France et en Espagne.

    « Les investigations ont d’ores et déjà permis d’impliquer ce gang de trafiquants dans une autre affaire d’importation maritime de cocaïne vers l’Europe ».

    Le voilier, parti de Cuba et en route vers le Maroc, a été arraisonné près de l’archipel situé en face du Sénégal lors d’une opération menée avec le concours de la marine espagnole. Il est actuellement remorqué vers les îles Canaries où la drogue, conditionnée dans 60 sacs, sera débarquée.

  • La nouvelle, donnés par les autorités cubaines, a touché hier le sud de la Floride, bien que les
    autorités américaines n’aient reçu jusqu’à minuit aucune piste
    provenant de parents, comme il est habituel dans ces cas.

     »Nous avons été toute la journée dans l’espoir d’une
    information de parents à Miami que pourrait aider dans notre
    recherche et recherche », a déclaré Luis Díaz, porte-parole du
    Service des Garde-côtes.

    Selon le rapport des autorités cubaines, la vedette de 28 pieds de longueur a fait naufrage à quelque 30 milles des côtes cubaines, 30
    minutes après avoir quitté Cuba vers Matanzas. Les
    preuves indiquent que le voyage fatidique a été organisé par des
    contrebandiers résidants dans le comté de Miami-Dade.

    Les trois survivants, un homme et deux femmes, ont été secourus par
    le navire marchand Melfi Havane et sont actuellement hospitalisés à Cuba dans un état grave. Le
    trío a été victime de déshydratation et de brûlures du
    second degré.

    Les survivants ont passé cinq jours à la dérive avant d’être
    secourus et livrés aux autorités cubaines, dans la nuit de
    dimanche.

    Le gouvernement cubain n’a officiellement donné aucun nom, et la presse officielle de l’île n’a fait aucune mention de
    l’incident.

    La vedette immatriculée en Floride a été trouvée hier, vers 4 a.m., flottant dans la mer : apparemment, les contrebandiers sont parmi les
    disparus.

     »C »est une histoire horrible et je crois qu’elle en dit beaucoup sur le
    manque de scrupules des contrebandiers », a commenté le commandant
    Chris ÓNeil. « Ce cas démontre deux choses : le désir incroyable
    de survivre de ces trois personnes et le suicide que représente un voyage
    clandestin vers les Etats Unis « .

    Dans l’histoire des naufrages dramatiques de Cubains dans le
    détroit de la Floride, la plus grande catastrophe des dernières dix
    années remonte à novembre 2001, quand un bateau parti
    de Pinar del Rio a chaviré avec 30 passagers disparus.

    En août le 2002, quatre cadavres ont été retrouvés, des 25
    immigrants cubains qui ont disparu en essayant d’atteindre les côtes
    de la Floride. En décembre 1998 une vedette a fait naufrage près d’Elliot
    Key avec un solde 14 morts et de neuf survivants.

    Cette année a été particulièrement active dans les voyages
    illégaux depuis Cuba vers les côtes de Floride. Depuis janvier 2005
    jusqu’à présent, le Service des Garde-côtes a intercepté 1.863
    immigrants cubains.

  • « A Cuba, l’annonce d’un procès vaut l’annonce d’une condamnation. Le nom d’Oscar Mario González Pérez va venir s’ajouter à la longue liste des 21 journalistes emprisonnés depuis mars 2003 au seul motif d’exercer leur métier librement et de ne pas partager les vues du pouvoir.

    Le régime cubain donne une nouvelle fois toute la mesure de son arbitraire et de sa paranoïa. Comme par hasard, à l’issue d’une vague d’arrestations qui rappelle cruellement le « printemps noir » de 2003, la répression se concentre sur un journaliste, un avocat et un militant démocrate », a déclaré Reporters sans frontières.

    S’il passe en jugement prochainement , il ne fait guère de doute que la dernière victime en date de la répression castriste, subita le meme sort que ses collègues jugés en avril 2003. Procès expéditif, droit de la défense inexistant, huis clos permettant tous les abus et au final une condamnation totalement disproportionnée de 15 à 20 ans de prison, pour délit d’opinion.

    Les dissidents interpellés le 22 juillet, dont Oscar Mario González Pérez, ont voulu alerter l’UE sur la situation des droits de l’homme à Cuba. « Nous demandons à l’UE, en ces circonstances, de reconsidérer sa position à l’égard de l’île et d’exercer les pressions nécessaires pour que tous les dissidents soient libérés », a ajouté l’organisation dans une lettre adressée à la présidence britannique de l’UE.

    Oscar Mario González Pérez a été arrêté avec 33 autres dissidents, le 22 juillet à La Havane, juste avant une manifestation prévue devant l’ambassade de France critiquant la « normalisation » des relations entre l’UE et Cuba. Parmi les 33 interpellés, neuf sont toujours détenus, dont trois tombent sous le coup de la loi 88 : Oscar Mario González Pérez, l’avocat René Gómez Manzano et le militant politique Julio César López.

    « Mon père est passé par quatre commissariats différents depuis son arrestation. Dans la matinée du 27 juillet, un juge de La Havane lui a notifié son procès, a confirmé à Reporters sans frontières Elena Isaieva, la fille du journaliste, exilée à Uppsala (Suède). Le procès risque d’être rapide et la condamnation très lourde. Mon père est âgé de 61 ans. C’est comme s’il allait être condamné à mort. Jusqu’au dernier moment, j’ai pourtant espéré ». La date du procès n’a toutefois pas été précisée.

    Le 24 mars, Oscar Mario González Pérez avait été convoqué et interrogé par deux officiers de la Sécurité de l’Etat à La Havane. Il avait été menacé de ne plus revoir sa famille s’il poursuivait ses activités journalistiques. Le journaliste avait refusé la proposition qui lui avait été faite de rejoindre sa fille en Suède. A la suite de cet épisode, il avait assuré à Reporters sans frontières qu’il ne renoncerait pas à son métier et continuerait à écrire. « C’est son tempérament, il cèdera jamais », a confié sa fille à Reporters sans frontières.

    Parmi les 21 journalistes encore emprisonnés depuis la vague répressive du 18 mars 2003, trois sont membres de l’agence Grupo de Trabajo Decoro. Héctor Maseda Gutiérrez, Omar Moisés Ruiz Hernández et José Ubaldo Izquierdo Hernández ont été condamnés respectivement à 20 ans, 18 ans et 16 ans de réclusion, au titre de la loi 88.

    Véritable loi d’exception, promulguée le 15 mars 1999, ce texte a pour objectif officiel de « répondre aux attaques répétées des Etats-Unis contre l’indépendance et la souveraineté de Cuba », en sanctionnant « les actions qui, en accord avec les intérêts impérialistes, cherchent à subvertir l’ordre interne de la Nation et à détruire son système politique, économique et social ».
    La loi prévaut sur toute législation antérieure et donne toute latitude au régime pour étouffer les voix dissidentes, sous prétexte d’agression extérieure.

  • Marta Beatriz Roque «a été arrêtée par des agents de la sécurité peu après avoir quitté son domicile» en se rendant à une manifestation devant l’ambassade de France, a déclaré Elizardo Sanchez, président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, illégale).

    Agée de 60 ans, figure de proue de la dissidence, Marta Beatriz Roque, proche de Washington, était l’unique femme à avoir été condamnée en avril 2003 avec 74 autres dissidents. Le 22 juillet 2004, elle avait été libérée il y a un an jour pour jour pour raison de santé après une condamnation à 20 ans de prison.

    Mme Roque est fondatrice et présidente de l’Assemblée pour la promotion de la société civile (APSC, illégale), un regroupement d’opposants qui revendique 360 organisations en son sein, dont le premier congrès s’est tenu le 20 mai dernier dans les environs de La Havane.

    Les détentions ont été effectuées alors que différents mouvements pacifiques d’opposition avaient convoqué un rassemblement face à l’ambassade de France de la Havane en réaction à la reprise des relations diplomatiques et politiques entre la France et Cuba. Cette reprise avait culminé le 14 juillet avec la présence du ministre des affaires étrangères Félipe Perez Roque à la réception de l’ambassade de France à la Havane.

    Une attitude en contradiction avec la position arrêtée en juin dernier par l’Union Européenne, qui avait recommandé de s’en tenir à une stricte neutralité.
    Un an auparavant, la situation était inversée : les dissidents avaient été invités à l’ambassade de France entraînant le refus des autorités cubaines de participer aux festivités.

    Selon le président de la CCDHRN, les interpellations ont été lancées «en relation avec la manifestation» tenue vendredi matin devant l’ambassade de France par une quinzaine de membres ou sympathisants de l’APSC pour demander la libération de prisonniers politiques.

    Cette vague d’interpellations représente le plus important coup de filet contre les opposants depuis l’arrestation en mars de 75 opposants, suivie d’une série de procès sommaires marqués par des verdicts de six à 28 ans de prison.

  • Berta Soler, du mouvement de Dames en Blanc, a rapporté que
    les faits se sont produits dimanche, quand sept femmes sont allées à Jaimanitas, dans les environs de la Havane, pour rendre visite à Isabel Ramos, mère du prisonnier Arturo Suárez.

    Isabel Ramos avait entamé un jeûne pour réclamer des améliorations
    de la situation de son fils, qui a accompli 19 des 30 années de
    prison auxquelles il a été condamné pour piraterie aérienne (détournement d’un avion de ligne pour fuir aux Etats Unis).

    Après être sorti du logement de Ramos, des dizaines de personnes
    ont entouré les Dames en Blanc et les ont insulté tandis qu’ils lancaient
    des consignes en faveur du gouvernement, a dénoncé Berta Soler,
    épouse d’Angel Moya, un dissident condamné à 20 années de prison en mars 2003.

     »La police était au coin de la rue et surveillait tout », a dit Soler, et a assuré que « S’il nous arrive quelque chose, les responsables sont le gouvernement ».

    La dénonciation se produit après que le 13 juillet dernier, des centaines de
    personnes ont pris part un acte de répudiation à La Havane contre un
    groupe de dissidents qui commémorait l’anniversaire du sabordage
    d’un remorqueur en 1994 par les gardes cotes cubains.
    Au terme de ce dramatique épisode de la répression, 37 personnes qui tentaient de fuir Cuba sont mortes noyées volontairement par la police cubaine.