Auteur/autrice : Info Cuba

  • « Nous condamnons, une fois encore, ces méthodes brutales et arbitraires du pouvoir cubain contre la presse indépendante. Comme d’habitude, les chefs d’inculpation les plus absurdes sont utilisés contre des journalistes dont le seul tort est de ne pas pratiquer la propagande officielle. Que cessent enfin ces manoeuvres imbéciles et révoltantes », a déclaré Reporters sans frontiè?res.

    Le 14 juillet, Lamasiel Gutiérrez Romero, résidente de la Isla de la Juventud, a voulu se rendre a La Havane. Trois agents de la Sécurité de l’Etat l’ont appréhendée alors qu’elle venait retirer son billet. « Ils m’ont frappée a la poitrine et dans le dos, a raconté la journaliste a Reporters sans frontiè?res. Ensuite, ils m’ont violemment plaquée au sol. Puis, une patrouille de la police nationale révolutionnaire est arrivée et m’a embarquée au poste. « 

    Soumise a un interrogatoire, Lamasiel Gutiérrez Romero a dù s’acquitter de deux amendes de 30 et 20 pesos. « Les policiers m’ont accusé d’insoumission, de trouble a l’ordre public et de résistance aux forces de l’ordre. Ils m’ont dit que je causais du tort a la révolution et que je risquais une peine de un a deux ans de prison ferme. » La journaliste a lié ces accusations a sa participation, le 4 juillet, à une réunion de journalistes indépendants.

    Envoyée à l’hopital pour des examens, Lamasiel Gutiérrez Romero n’a pas pu obtenir de certificat médical. « Les médecins ont estimé que les traces de coups n’étaient pas assez visibles », a-t-elle expliqué à Reporters sans fronti?ères. Apr?ès l’examen, elle a été renvoyée au commissariat.

    « De la, j’ai passé sept heures dans une cellule immonde, sans eau ni nourriture. Les policiers m’ont à nouveau menacée. Ils m’ont ordonné de mettre fin à mes activités. Je ne le ferai pas. » La journaliste de Nueva prensa cubana a finalement été relachée le 15 juillet à 1 heure du matin.

    Lamasiel Gutiérrez Romero est l’épouse de Rolando Jiménez Posada, prisonnier politique incarcéré depuis le 25 avril 2003.

  • On le sait Cuba fait maintenant partie des destinations phares pour les célibataires (hommes et femmes) à la recherche d’aventures, le plus souvent payantes. La police a beau se montrer de plus en plus sévère avec les « jineteras », le phénomène réapparait dès que la pression se relache un peu.

    Pour le gouvernement c’est évidemment gênant de constater qu’il existe à Cuba, comme dans les autres pays pauvres d’Amérique Latine, des filles obligées de se prostituer pour survivre. Ca ne colle pas trop avec le « socialisme heroique » etc…



    Certes la prostitution n’a pas été inventée par Castro : elle existait déjà beaucoup sous Batista quand on disait « Cuba, bordel de l’Amérique ». Cette phrase maintes fois reproduite et un cliché qui n’a pas vraiment de fondement historique : le nombre de touristes américains sous Batista oscillait entre 250 et 300 000 par an. On est loin des hordes de touristes européens (près de 2 millions en 2004).



    Par conséquent si Cuba a jamais été un bordel, c’est aujourd’hui, bien plus que sous Batista. Pendant les années 1990 (de 1992 à 1995 en particulier), la prostitution était légale à Cuba, et les hotels de l’Etat cubain accueillaient sans sourciller les touristes « accompagnés » , moyennant un supplément qui allait directement dans les caisses de Castro : il y a eu, à cette époque un véritable proxénétisme d’Etat cubain, bien plus étendu que sous Batista.



    Mais il semble que lorsque le « client » est allemand, français ou espagnol, et sous Castro, c’est beaucoup moins grave que si il est américain et sous Batista.



    Aujourd’hui les Européens, les Canadiens et les Mexicains ont remplacé les Américains, mais le dollar fait toujours la loi sur les trottoirs de La Havane. Les cubains les appellent les « jineteras » (écuyères en espagnol) ou les « pingueros » (qui est à la « pinga » ce que le machetero est à la macheta) : de jeunes Cubaines et Cubains qui arpentent les alentours des hôtels à la recherche d’un touriste aux poches remplies de devises convertibles.



    Après avoir pratiqué pendant plusieurs années la politique de l’autruche le pouvoir tente aujourd’hui de reprendre les choses en main. Mais il paye au prix fort le laxisme des années précédentes qui a conduit au développement d’un tourisme bas de gamme : le pouvoir a tardé à interdire l’accès des prostituées aux hôtels jusqu’en 1995 et à démanteler les réseaux de proxénètes qui travaillaient avec des agences de voyages.


    Certes la perspective de gagner en une soirée le salaire de plusieurs mois continue à attirer beaucoup de cubaines (à Cuba le salaire mensuel et de 8 euros en moyenne, soit 5 centimes de l’heure environ) et de cubains vers le tourisme, mais la police procède désormais régulièrement à des rafles de grande envergure et embarque sans ménagement les suspects, réels ou supposés, en plein milieu des quartiers touristiques.



    Cuba a reconnu pour la première fois en 1999 l’existence d’une prostitution massive dans les rues de la Havane.



    Plusieurs milliers (au moins 7000 selon les chiffres officiels en 1998) de jeunes filles ont été arrêtées et détenues au « centre de réception et classification de la Havane ». La majorité originaires des provinces de l’île ont été réexpédiés manu militari dans leur foyer avec une « carta de advertencia » (avertissement sans frais) les plus récalcitrantes écopant d’un séjour dans une des prisons géantes des environs de La Havane ou dans un centre d’activité et de « rééducation à la campagne » véritables camps de travaux forcés.



    Des entreprises de promotion touristique ont aussi été sanctionnée pour avoir un peu trop axé leurs campagnes de promotions sur les charmes des jeunes cubaines.


    Par bien des cotés le jineterisme est une sorte paradigme de la société Cubaine des années 90 qui a décidé de vivre du tourisme et de l’argent des étrangers, autrefois vilipendé par le pouvoir.



    Le jineterisme, qui peut aller jusqu’au mariage avec un étranger pour pouvoir quitter le territoire, contient en lui même une forme de contestation de l’ordre socialiste : ceux qui le pratiquent vivent souvent en marge de la société et leur « travail » met au grand jour le phénomène de la « pyramide inversée ».

  • On raconte qu’un groupe d’idéologues s’est présenté un jour à l’université de La Havane avec pour mission d’expliquer aux étudiants les dangers du projet Varela, qualifié de « pervers ». Cette mission s’étendait à de nombreux secteurs du monde du travail et de l’université, ainsi qu’aux membres du Parti communiste, seul parti officiellement reconnu à Cuba.

    Après les avoir entendus exposer la version officielle, des étudiants ont dit : « Nous voulons connaître le projet Varela afin de mieux vous comprendre. » Certains ont même émis la suggestion suivante : pourquoi ne pas le publier, pour que le peuple puisse le connaître, pour qu’il sache se défendre et certainement le rejeter comme il convient ? La réponse n’a pas tardé : « Nous ne pouvons pas faire ça et nous ne le ferons pas. » Les étudiants ont échangé des sourires narquois et des regards amusés.

    En quoi consiste la campagne du projet Varela ? Il s’agit d’une proposition, émise par des citoyens, d’un projet de loi portant sur l’organisation d’un référendum à Cuba.

    Son nom lui vient du Père Félix Varela, prêtre cubain né au XIXe siècle, qui a été l’un des fondateurs de notre identité nationale et de notre indépendance. Le projet Varela se réfère à la Constitution actuelle qui, même si elle est pleine de contradictions internes et restreint les droits, affirme, dans son article 88, que des citoyens peuvent présenter un projet de loi s’ils parviennent à réunir au moins 10 000 électeurs.

    Le référendum proposé vise à ce que le peuple décide souverainement de modifications des lois permettant de garantir :

    1. la liberté d’expression et d’association ;

    2. la libération des prisonniers politiques ;

    3. le droit des Cubains à fonder des entreprises ;

    4. le droit des travailleurs à décider librement de leurs contrats de travail ;

    5. le droit des citoyens à choisir leurs députés dans des élections démocratiques.

    La loi électorale en vigueur dispose que seuls peuvent se présenter 609 candidats pour 609 postes de députés à « élire » . Je cite ici la loi n° 72. Celle-ci, de plus, dispose que ce sont des commissions de candidature, composées d’organisations dirigées par le Parti communiste, qui décident quels seront ces candidats uniques.

    C’est pourquoi le projet Varela propose une nouvelle loi électorale qui garantisse l’exercice de la souveraineté populaire.

    Malgré la répression gouvernementale contre les militants et les citoyens qui approuvent le projet, nous avons déposé, en mai 2002, une première liste de 11 020 signatures à l’Assemblée nationale du pouvoir populaire. En octobre 2003, nous avons présenté une liste de 14 384 signatures supplémentaires. Entre ces deux dates, on a assisté à l’arrestation et à la condamnation de 75 dissidents et journalistes indépendants, dont une cinquantaine sont des leaders du projet Varela. La répression n’a pas mis fin à la campagne de récolte des signatures : celle-ci continue avec succès.

    La même répression s’est abattue sur le Dialogue national, une activité parallèle au projet Varela, qui est d’ores et déjà une réalité à Cuba. Des milliers de Cubains participent à ce Dialogue, au sein de cercles de citoyens : ils rédigent leurs points de vue sur la transition pacifique à l’Etat de droit.

    Dans les semaines qui viennent, une commission nationale établira le programme de transition résultat de ce dialogue qui sera présenté à toute la société cubaine. Actuellement, la sécurité de l’Etat (la police politique) rend visite, maison par maison, à des milliers de personnes qui ont signé le projet Varela en les menaçant et en exerçant toutes sortes de pressions pour qu’elles se rétractent.

    Au cours de cette campagne de répression contre le référendum proposé par le projet Varela, on a pu entendre des officiers de la sécurité de l’Etat s’exclamer : « Nous devons empêcher les autres Cubains de prendre connaissance du projet Varela, sinon ils vont le soutenir. » Ces officiers, qui sont tout autant nos frères que leurs collègues qui nous persécutent et que nous ne haïssons pas, expriment une grande vérité : les Cubains veulent des changements pacifiques, ils veulent exercer leurs droits, et le référendum Varela leur donne la possibilité de s’exprimer en authentiques citoyens.

    C’est ce qu’ont fait les Chiliens, et le monde les a soutenus pour qu’ils puissent dire non à la poursuite de la dictature. De même, récemment, les Espagnols, les Français et les Hollandais ont décidé, par un référendum, d’une affaire aussi importante que la Constitution européenne.

    Qui peut imaginer que ce droit des peuples à décider démocratiquement de leur destin serait réservé aux seules sociétés européennes et que les Cubains en seraient privés ? Les Cubains attendent la solidarité de ces peuples européens et de leurs gouvernements ; ils attendent que l’on soutienne leur droit à se prononcer par un référendum sur les propositions du projet Varela.

    Il existe bien des opinions et des visions différentes sur la réalité cubaine et sur la solution du drame que vit Cuba. Mais c’est au seul peuple cubain, dont on ne peut pas entendre la voix, qu’il revient de s’exprimer sur l’avenir de la nation. Nous ne demandons pas qu’on soutienne un modèle politique particulier ni un programme idéologique, nous demandons qu’on soutienne le droit des Cubains à décider souverainement. Soutenir le projet Varela, c’est soutenir le référendum que demande le peuple cubain afin d’exiger son droit aux droits.

    Je vous en prie, assez de débats, de conjectures, de polémiques sur ce qui est souhaitable ou non pour le peuple cubain : lui seul a le droit de s’exprimer là-dessus. Il existe désormais un mouvement civique, à l’intérieur de Cuba, qui réclame ce droit. Donc, si l’on parle de solidarité avec le peuple cubain, qu’on le fasse en soutenant le référendum Varela.

    La force du projet est qu’il permet aux citoyens de se libérer de la peur de l’Etat totalitaire. C’est le citoyen qui, à visage découvert, dit : « Ici et maintenant, j’exige mes droits. »

    Traduit de l’espagnol par François Maspero

  • Le gouvernement canadien a demandé des
    explications à La Havane sur ce qui s’est produit alors que Ross
    a dénoncé des violences physiques contre sa personne pendant ses cinq jours de détention.

     »Ca a été cinq jours de terreur, a rapporté Olenia Ross dans une interview avec le Nuevo Herald. « je me suis vu frappée et humiliée
    dans un cachot, et j’ai senti la même peur de de quand je suis sorti
    de Cuba par première fois « .

    Onelia Ross agée de 48 ans, est la femme d’un diplomate canadien et réside
    à Ottawa depuis 1978, avait décidé d’accompagner une couple d’amis
    cubains en visite touristique dans la province de Holguín, dans l’est
    de l’île.

    Tous les trois ont voyagé depuis
    Montréal à Holguín le 6 février dernier, et tout paraissait prêt
    pour un séjour splendide, loin de l’hiver canadien rigoureux.

    Mais après l’attérrissage dans l’aéroport de Holguín, l’escapade dans les tropiques tourne au cauchemar.

    Les autorités cubaines lui ont affirmé qu’elle essayait d’entrer
    illégalement à Cuba et qu’elle devait immédiatement retourner au
    Canada.

     »C’était absurde, a rappelé Ross, le 3 février j’avais été à l’ambassade de Cuba à Ottawa, avec mon passeport cubain pour
    l’habiliter, et le consul m’avait traitée comme
    toujours, avec un reçu pour le paiement des 160 dollars »

    Notez au passage le prix d’un passeport pour un Cubain : 160 dollars, soit environ 20 mois de travail compte tenu du salaire mensuel moyen à Cuba (210 pesos, soit environ 8 dollars, le salaire mensuel le plus bas du monde, environ 5 centimes d’euro de l’heure)

    Mais les fonctionnaires d’immigration d’ Holguín ont considéré
    qu’il y avait une erreur de la date imprimée dans l’autorisation et
    ils lui ont dénié l’accès au territoire national.
    Quatre fonctionnaires ont sorti Ross de
    la salle par la force.

     »J’ai commencé à crier pour que les étrangers se rendent compte de ce
    qui arrivait . Ils m’ont frappée et deux femmes
    en uniforme ont commencé à me traiter vulgairement… alors je me
    suis jeté par terre pour essayer de me défendre « .

    Ross est restée cinq heures sans qu’on lui permette de prendre de l’eau ni
    d’utiliser les toilettes. À 11 heures du soir, elle a été transféré en avion à La
    Havane pour être inculpée.

    Ross a fait cinq jours de prison avant de pouvoir
    quitter l’île. On lui a confisqué les $500 qu’elle portait sur elles pour les vacances
    et pour être libérée, a dû payer tous les  »services reçus »
    soit $16 par jour pour la cellule, $12 pour les aliments qu’elle n’a jamais
    consommé et $42 pour le transport de d’allée et retour à
    l’aéroport.

    Grâce au fait que le couple d’amis qui l’accompagnait a pu joindre
    l’Ambassade du Canada à La Havane, le consul Nathalie Garon a pu la
    visiter dans la prison. Elle a finalement pu retourner à Ottawa le 10
    février.

     »Le gouvernement canadien a déposé plainte pour mauvais traitements
    physiques (violences physiques) envers Madame Ross devant le gouvernement cubain au moyen d’une note diplomatique  » a indiqué Cloé Rodrigue, porte-parole
    de l’ITC.

    La citoyenne mexicaine Eva Badillo, a
    partagé avec Ross l’expérience de la prison au Cuba.  »Deux heures après mon arrivée Mme Ross, est arrivée avec des hématomes
    sur les bras et les jambes », a témoigné Badillo, qui était détenue pour des
    soupçons de faux mariage avec un citoyen cubain.

     »Je récupère encore de ce traumatisme, a exprimé Ross, qui
    dirige une affaire de comptabilité à Ottawa. Je n’ai pas émigré
    pour des raisons politiques et je n’ai pas fait de politique hors de
    Cuba ; tout ceci fait partie des mesures arbitraires qui existent à Cuba pour
    raqueter les Cubains qui vivent à l’étranger « .

    Ross est diplomée d’ Économie et Sciences Humaines de l’Université d’Ottawa.
    C’ était son troisième voyage à Cuba depuis 1978, les deux
    précédents pour motifs familiaux.

    « Je veux que le monde soit au courant des
    vols et des abus commis à Cuba, en commençant par beaucoup de touristes canadiens qui voient Cuba comme un paradis « .

    Le Canada est le premier marché touristique de Cuba, avec 250.000
    visiteurs par an et des vols réguliers qui lient 15 villes
    canadiennes avec sept destinations à Cuba.

  • Le Conseil Affaires Générales et des Relations Extérieures (CAGRE)
    de l’UE a décidé de maintenir en suspens ses sanctions diplomatiques contre Cuba et de réviser la situation en juin 2006, après avoir constaté le manque « de progrès satisfaisants » en matière de Droits de l’Homme à Cuba.

    Les sanctions, adoptées en juin 2003 en protestation contre les condamnations de 75 dissidents, incluaient la
    restriction des visites officielles de haut niveau à Cuba et
    l’invitation de dissidents aux réceptions dans les ambassades de l’UE, ont été suspendues en janvier dernier sur proposition de
    l’Espagne.

    Le texte approuvé par le CAGRE réitère la disposition européenne
    de maintenir un dialogue avec La Havane et exige la libération sans condition des dissidents emprisonnés appelé du « Groupe des 75 ».

    Pour Elizardo Sánchez, qui dirige la Commission cubaine des droits de l’homme,
    considérée illégale par le gouvernement cubain, la décision
    européenne est « un peu contradictoire ».

    « Si l’UE admet qu’il n’y a pas eu d’avancée et que s’est produite ces
    récentes expulsions de parlementaires et journalistes européens, il n’y a
    pas, à mon avis, beaucoup d’arguments pour justifier l’inaction de l’UE face à la situation à Cuba ».

    Vladimiro Roca, de l’Assemblée pour la promotion de la
    Société Civile, a aussi critiqué la décision européenne.

    « S’ils n’ont pas su défendre la décision d’inviter les dissidents à leurs festivités nationales, que pouvons nous attendre ?  »

    Au contraire, Rafaël Leon Rodriguez, du Projet Démocrate cubain, de
    tendance démocrate chrétienne, a approuvé la position de l’UE, et du gouvernement espagnol en particulier, et a encouragé les Européens a
    « continuer le dialogue critique- constructif » avec les autorités
    cubaines et à l’étendre à la société civile.

    Laura Pollán, épouse de Héctor Maseda, un des dissidents
    emprisonnés du Groupe de des 75, et condamné à 20 ans de prison, a reconnu que les gouvernements
    européens « ont été très réceptifs » dans les derniers mois aux
    demandes des conjoints d’opposants en prison, mais « on n’a rien obtenu », at-elle ajouté.

    « Le seul semestre où il n’y a pas eu un seul élargissement a été
    celui-ci », a précisément rappelé Pollán, qui a considéré que  »
    ce qui serait logique serait un changement (dans la politique de l’UE) ».

  • Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont décidé lundi de prolonger jusqu’en juin 2006 la suspension des sanctions européennes contre Cuba, tout en déplorant l’absence de progrès en matière de droits de l’Homme.

    L’Union Européenne, et en particulier l’Espagne, est bien la seule à penser que le dialogue avec Fidel Castro peut encore servir à quelquechose. En 45 ans de pouvoir absolu, le dictateur cubain n’ a jamais fait la moindre concession, autrement que sous la pression.

    « Le Conseil des ministres a décidé que ces mesures resteraient suspendues et seront réexaminées en juin 2006 », a affirmé à la presse le chef de la diplomatie luxembourgeoise Jean Asselborn, en se référant aux sanctions diplomatiques imposées par l’UE à l’encontre de Cuba en juin 2003 et qui avaient été suspendues en janvier dernier.

    Dans le même temps, les ministres européens ont déploré l’absence de progrès en matière de respect des droits de l’Homme à Cuba et regretté qu’il n’y ait pas eu de « nouvelles libérations de prisonniers politiques », selon des conclusions adoptées par le Conseil des ministres des Relations extérieures réunis au Luxembourg.

    Les ministres ont en outre « condamné de manière catégorique certaines attitudes des autorités cubaines à l’égard de parlementaires ou de journalistes européens expulsés ou interdits de se rendre à une assemblée générale de l’opposition », a indiqué M. Asselborn.

    M. Asselborn faisait référence à la tenue au mois de mai à Cuba d’un congrès inédit de dissidents cubains et aux expulsions décidées par La Havane de parlementaires et de journalistes européens venus assister à la réunion.

    Toutefois, l’UE n’en réaffirme pas moins sa « disposition » à maintenir son dialogue politique avec le régime de Fidel Castro et la nécessité de poursuivre le développement de contacts avec l’opposition cubaine pacifique.

    « Pour rendre ceci possible, il faut maintenir la suspension des mesures prises en juin 2003 », a affirmé M. Asselborn.

    L’Union européenne avait suspendu pour six mois fin janvier, sous la pression notamment du gouvernement socialiste espagnol, les sanctions diplomatiques adoptées contre Cuba en juin 2003 après une dure vague de répression contre la dissidence.

    Depuis 1996, l’UE a adopté une « position commune » sur Cuba, qui lie ses relations avec l’île à l’ouverture démocratique du régime et à l’amélioration de la situation sur le plan des droits de l’Homme.

    Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’attitude de l’Union européenne, est plutôt ambiguë : les Européens ont d’abord pris conscience très tardivement de l’existence d’une répression contre les opposants à Cuba, et leur soutien aux dissidents est jusqu’à présent surtout verbal.

    Il faut dire que depuis dix ans ( la loi permettant aux étrangers d’investir à Cuba date de 1995), les Européens (en particulier les Espagnols, 50% des IDE à Cuba) ont généreusement apporté leurs capitaux à Fidel Castro, fermant les yeux sur les violations des droits de l’homme, car trop contents de ravir les meilleures places au nez et à la barbe des Américains.

    Pour faire des affaires à Cuba, les investisseurs européens ont accepté des conditions d’emploi de la main d’oeuvre cubaine indignes, totalement contraires à plusieurs conventions de l’ONU.

    Le salaire des Cubains qui travaillent dans les hôtels pour touristes est misérable : 210 pesos (environ 8 euros, soit 5 centimes de l’heure). Un salaire dont ne voudrait pas un journalier de l’Uttar Pradesh (en Inde le salaire horaire d’un travailleur non qualifié est de 0,5 dollar, 1 dollar pour un employé d’un centre d’appel .

    A ceci s’ajoutent bien entendu les menus inconvénients propres au système socialiste réputé sans classe, donc sans conflit : un syndicat unique au service du parti unique, et l’interdiction de faire grève.

    Une sorte de « capitalisme monopolistique d’Etat » à la cubaine, résultat de l’alliance cynique des investisseurs européens avec le complexe militaro communiste qui impose ses conditions draconiennes d’emploi de la main d’œuvre. Même dans ses rêves les plus fous, le MEDEF n’a jamais envisagé un système d’exploitation (au sens marxiste du terme) aussi efficace.

  • Selon l’Institut de Météorologie de Cuba, cette température a été
    atteinte vers 14H30 (18H30 GMT), en franchissant le
    précédent record de 36 degrés, établi le 21 juin le 2004.

     »Je ne veux pas voir quand arrivera août », est le commentaire le plus
    habituel dans les rues de La Havane, entre les habitans en sueur,
    qui essayent de fuir l’expososition directe des rayons solaires.

    Cette hausse remarquable de la température a obéi à la
    présence d’un flux d’air humide et chaud du sud, en provenance de la mer Des
    Caraïbes, en combinaison avec la faiblesse des vents et la radiation
    solaire intense de ce début de mois de juin, ont expliqué les spécialistes au journal
    du parti communiste cubain, Granma.

    Les prévisions quotidiennes de cette institution prévoient des
    records de 35 degrés pour la zone est du pays, la plus chaude de
    l’île, et pour les territoires intérieurs, où les hautes
    températures ne sont pas allégées par la présence de la mer.

    La sensation de chaleur est rendue plus grande par les hauts niveaux
    d’humidité dans l’atmosphère, autour de 90%, ainsi que par les
    coupures électriques fréquentes qui dans ces jours affectent l’île,
    et qui rendent impossibles de recourir à certains moments aux ventilateurs et aux appareils d’air conditionné.

     »Le temps continuera chaud avec des températures maximales dans
    l’après-midi entre les 32 et 35 degrés Celsius. Dans la nuit ils
    oscilleront entre les 26 et 29 degrés Celsius », a indiqué l’Institut de
    Météorologie dans ses prévisions.

    La Havane s’est aussi reveillée sous des averses torrentielles, qui ont
    empêché beaucoup de personnes d’aller à leurs centres de travail
    et ont provoqué des problèmes dans le transit de véhicules, étant
    donné les inondations de certaines rues.

  • La SIP, qui a son siège à Miami, a considéré que l’expulsion des
    journalistes de Cuba, « est autre échantillon du manque de tolérance du
    gouvernement cubain envers la liberté de presse « .

     »Nous Regrettons la décision du régime cubain qui non
    seulement ne se contente pas de restreindre le libre accès de ses
    citoyens à l’information, mais en outre essaye d’imposer à la
    presse internationale son concept coercitif de la libeté d’informer », a dit le président de la Commission de Liberté Presse et
    Information, Gonzalo Marroquín.

    Entretemps, l’ambassade de Cuba en Italie a déclaré hier que les
    deux journalistes italiens expulsés de l’île avaient  »des cartes
    touristiques avec l’intention délibérée de violer les règles  »et
    n’ont pas demandé visa de travail dans le but de provoquer un
    problème diplomatique.

     »Aucun des deux correspondants rapatriés n’avait sollicité le visa
    établi pour l’entrée dans la République de Cuba », indique la note,
    qui rappelle que les autorités cubaines avaient déjà informé un
    des journaux que les journalistes sans accréditation de presse ne
    pourraient pas travailler, après avoir rejeté un premier journaliste envoyé
    par Il Corriere della Sera sans visa.

    Il est cependant de notoriété publique que les autorités cubaines n’accordent plus depuis plusieurs années, de visa de journalistes aux medias qu’ils estiment hostiles; obligeant ainsi les professionnels de l’information à se rendre à Cuba avec des visas de touristes. De cette façon, le gouvernement cubain se réserve le droit d’expulser quand bon lui semble, un journaliste dont le travail pourrait déranger les autorités cubaines.

    Les autorités italiennes, ainsi que les représentants des moyens de
    communication , ont vivement protesté ce week-end contre
    l’expulsion de Cuba vendredi et samedi des journalistes Francesco
    Battistini, de Il Corriere della Sera, et Francesca Caferri,
    de la Repubblica.