Auteur/autrice : Info Cuba

  • C’est peu dire que l’histoire de Cuba est riche en épisodes violents et conflictuels : rarement la colonisation et la décolonisation d’un pays auront suscité autant de batailles et d’amertume de part et d’autre. Des épisodes sanglants opposent d’abord les conquistadores Espagnols aux indiens qui seront presque totalement exterminés, puis les espagnols aux nationalistes cubains. Cuba est la dernière colonie espagnole de la région des Caraïbes à obtenir, non sans mal, son indépendance en 1898. Le départ des espagnols coïncida alors avec le débarquement des Américains, éphémères alliés avant de transformer à leur tour en puissance occupante.

    La révolution de 1959 mettra certes un terme à l’hégémonie américaine, mais sans pour autant donner à Cuba sa véritable indépendance. A peine débarrassé de Batista, Castro se tourne vers le camp socialiste et transforme son île en satellite soviétique. Cuba devient un pion dans la guerre des nerfs que se livrent les deux super grands et il collectivise son économie à grand renfort de subventions accordées par le grand frère russe.

    Après la chute de l’Union Soviétique et du COMECON, le désastre économique à Cuba atteignit des proportions gigantesques. En 1992, le niveau des échanges avec les pays de l’ex-COMECON représentait moins de 7% du niveau de 1989. Dans le même temps, le PNB cubain chuta de plus de 35%, les revenus par habitant de 39%, et les capacités d’achat à l’étranger chuta de 8.1 milliards de dollars à 2.2 milliards. Sans pétrole et par manque de matériel, l’agriculture cubaine fut décimée ; les coupures de courant étaient fréquentes, la faim et la sous-alimentation étaient répandues.

    1492 découverte de Cuba par Christophe Colomb

    1868-1878 première guerre d’indépendance

    1895-1898 deuxième guerre d’indépendance, intervention américaine et défaite des espagnols

    1953 échec de l’attaque de la caserne de la Moncada par Fidel Castro et ses hommes. Fidel Castro est arrêté et condamné. (26 juillet)

    1 janvier 1959 Batista s’enfuit, victoire de Fidel Castro, l’armée rebelle entre à La Havane.

    1962 Crise des fusées entre Cuba et les Etats Unis

    1980 130 000 cubains s’enfuient par le port de Mariel. Ouvertures des marchés libres paysans.

    1989 Affaire Ochoa : procès et exécution du général Ochoa et d’Antonio de la Guardia.

    1990 début de la « période spéciale en temps de paix »

    1994 crise des balseros : 30000 cubains quittent l’île sur des radeaux de fortune. Réouverture des marchés libres paysans.

    1998 visite du Pape. Échec de la « zafra » : 3,2 millions de tonnes.

    2003 mars – La répression s’accentue à Cuba : 75 dissidents et journalistes sont condamnés à de lourdes peines de prison.

    2003 juin – Sanctions diplomatiques de l’Union Européenne contre Cuba.

    2006 juillet – Fidel Castro hospitalisé est remplacé par son frère Raul Castro.

  • Fidel Castro a annoncé un accroissement du salaire minimal
    de 100 pesos à 225 pesos cubains mensuels,
    équivalents à quatre et neuf dollars environ. L’augmentation entrera en vigueur
    à partir du 1 mai et profitera à quelques 1.657.191 personnes qui ont les
    niveaux plus faibles dans l’échelle de paiements, selon le
    président.

    Malgré cette augmentation de plus de 100%, le salaire minimum cubain reste l’un des plus bas au monde, soit environ 5 centimes de l’heure (contre 50 cents en Chine ou en Inde)

    Le système socialiste cubain comprend en outre un ensemble de subventions
    aux services, et un carnet de rationnement (libreta, mis en place en 1962) pour obtenir des produits
    de base, comme les haricots, le riz, lait pour les enfants de moins de 7 ans, oeufs, pain,
    café, sucre et savon, mais en très petites quantités.

    L’éducation et les services de santé sont
    gratuits et beaucoup de travailleurs déjeunent dans leurs centres de
    travail.

    Toutefois, la population se plaint généralement que le salaire et les produits subventionnés ne permettent pas d’arriver à la fin du mois, et surtout ne permettent pas d’acheter certains produits de première nécessité vendus uniquement dans les magasins en monnaie convertible.

    Le président cubain avait annoncé Il y a 20 jours, au cours d’une précédente intervention télévisée l’augmentation des pensions de
    retraites, de 80 à 150 pesos par mois (de trois à six dollars). En
    outre, il a annoncé la livraison de marmites pour cuire le riz a
    faible coût et la prochaine
    amélioration des quantités d’aliments autorisées par le carnet de rationnement (libreta).

  • « Cette année nous pourrions atteindre 1 milliard de dollars dans le commerce avec Cuba » a déclaré Hugo Chavez dans un discours télévisé pendant une visite du Président chilien Ricardo Lagos.

    Lagos était à Caracas pour une visite de deux jours incluant la signature de divers accords d’énergie et de coopération ainsi que des entretiens entre les représentants chiliens et vénézuéliens d’affaires.

    Depuis sa prise de pouvoir en 1999, Hugo Chavez a considérablement renforcé les liens économiques avec Cuba. Le rapport entre les deux pays est principalement basé sur la vente de pétrole du Venezuela à Cuba, à des prix en dessous de ceux du marché, en échange de l’aide cubaine dans des programmes sociaux pour les pauvres du Venezuela.

    Les spécialistes agricoles cubains aident également le Venezuela a crée de petites fermes dans les secteurs ruraux.

    Le Venezuela a accepté en 2000 de commencer à vendre 53.000 barils par jour de pétrole brut à Cuba dans le cadre d’un plan de paiement préférentiel.

    Cuba a accepté de payer un minimum de 27 dollars par baril le pétrole vénézuélien, au début de cette année, mais beaucoup critiquent le gouvernement de Fidel Castro pour ses retards de paiement depuis la signature de l’accord.

    « Il y a une mauvaise rumeur qui dit que Fidel ne paye pas. Ce n’est pas vrai. Fidel paye » a déclaré Chavez, un des alliés politiques les plus proches de Castro.

    Le chef d’Etat vénézuélien a rencontré les représentants cubains d’affaires plus tôt cette semaine et planifie de se rendre à Cuba la semaine prochaine pour une réunion de développement des affaires entre les deux nations latino-américaines.

    Castro a récemment exprimé son optimisme sur l’état de l’économie cubaine, qui est basée principalement sur des relations commerciales améliorées avec le Venezuela et la Chine, le développement du tourisme, les mines de Nickel et la découverte récente de gisements de pétrole en mer.

  • Fidel Castro a lancé sa dernière diatribe dans la nuit de lundi, dans sa cinquième comparution retransmise par la radio et la télévision cubaine en une semaine. Il a centré ses dénonciations dans le passage sur le Mexique sur l’anticastriste Luis Posada Carriles, accusé d’actes de terrorisme, qui a récemment demandé l’asile politique aux Etats Unis.

    Depuis le Honduras, où il était en visite, Luis Ernesto Derbez a répondu que son pays était disposé à faire des recherches sur ce fait si La Havane le lui demandait, ce qui a déclenché la colère du dirigeant cubain.

    « Alors il faut lui faire une demande à ce Monsieur ? Mais nous avons fait des recherches avant toi, candidat frustré et présomptueux », a répondu Fidel Castro aux propos du chancelier mexicain.

    « Je ne vais rien te demander, je ne vais pas demander que tu accomplisses tes obligations avec ton pays et avec le monde. Je ne vais pas demander ou t’exhorter à respecter les lois internationale » a déclaré Fidel Castro avec des signes évidents d’indignation.

    Selon des rapports cubains, Posada Carriles est entré illégalement aux Etats-Unis à bord d’un bateau de pêcheur de crevettes, qui est arrivé à Miami après avoir levé l’ancre des Bahamas, et fait escale dans la « isla de las mujeres » dans l’état mexicain de Quintana Roo.

    C’est cette étape au Mexique qui a déclenché la colère de Fidel Castro. Posada Carriles est en effet soupçonné d’avoir participé à des préparatifs d’attentats contre le dirigeant cubain.

    Luis Ernesto Derbez postule au secrétariat général de l’OEA, en compétition avec l’ex ministre des Relations Extérieures du Chili, le socialiste Juan Miguel Insulza.

    Après une première série de votes, les deux candidats devront se soumettre le 2 mai prochain à un nouvel examen minutieux des 34 pays qui intègrent cet organisme interaméricain.

    Pour Fidel Castro, Luis Ernesto Derbez est le « candidat de l’empire Américain, qui veut imposer l’ALCA et continuer de piller cet hémisphère ».

    « C’est un candidat du déshonneur et de l’empire pour diriger cette cochonnerie (porqueria) qu’est l’OEA » a affirmé le chef d’État de Cuba, seul pays américain non membre de cet organisme après avoir été expulsé de son sein en 1961.

  • Raul s’adresse à Fidel Castro :

    – Ca commence a être vraiment grave : même les enfants n’ont plus rien à manger. Ils n’ont même plus de quoi prendre un petit déjeuner.

    – Qu’est ce que tu racontes ? C’est n’importe quoi, tiens je vais te montrer.
    Eh, petit viens voir par ici : qu’est ce que tu as mangé ce matin au petit déjeuner ?

    – un jus d’orange, un café au lait et des tartines avec du beurre.

    Fidel se dirige vers un autre endroit et interpelle un autre enfant :

    – Et toi qu’est ce que tu as mangé ce matin ?

    – un milk shake au chocolat et un sandwich au jambon et au fromage

    – Alors tu vois Raul, tu t’es trompé : ici les enfants ont tous à manger

    Raul dit tout bas pour lui même :

    – Maintenant c’est vraiment grave, il ne reconnait même plus ses propres neveux.

  • Très orchestré, ce premier opus fait preuve d’originalité dans les arrangements, et déroutera sans doute ceux qui s’attendaient à un album « solo », destiné à mettre en valeur son auteur.
    Anga ne cède pas à la tentation de se mettre au premier plan à tout bout de champ : il fait simplement ce qu’il sait faire, c’est à dire jouer des percussions avec d’autres musiciens. C’est une belle preuve de maturité, et on regrette presque un peu sa modestie, tant le mix le cantonne souvent dans son rôle de sidemen.

    biographie

    Angá Diaz est le nom artistique de Miguel Aurelio Diaz, né en 1961 à San Juan y Martinez dans la province de Pinar del Rio, à Cuba, région connue pour sa tradition rumbera. Né dans une atmosphère musicale, d’une mère clarinettiste et d’un père saxophoniste – dont il tient son surnom – , ‘Angá’ commence à jouer très jeune.

    À 10 ans, il obtient une bourse pour intégrer l’Ecole Nationale des Arts de Pinar del Rio, où il démarre sa formation académique à la percussion.Anga Diaz, premier album solo après une brillante carrière de sidemen.

    En 1975, alors âgé de 14 ans, il part pour étudier la percussion classique à l’Ecole Nationale d’Arts de La Havane (ENA). Là, au premier jour de son arrivée, il rejoint le groupe Treceto, avec lequel il se produira sur scène tout au long de ses études. En parallèle, Angá travaille régulièrement sur les bandes son de film cinéma et télé, composées par le pianiste José Maria Vitier. C’est là qu’il commence à jouer avec son héros, le maître de conga Tata Guïnes et le batteur Guillermo Barretto.

    C’est en 1987 qu’il rejoint le groupe Irakéré, dirigé par le pianiste Chucho Valdès. Irakéré a été le pionnier du latin jazz à Cuba et leur influence reste immense. C’est là que Angá perfectionne son jeu aux 5 congas et qu’il se voit offrir l’occasion de tourner dans les plus grands festivals internationaux, d’y travailler avec des artistes comme Al di Meola, Chick Corea ou Billy Cobham.

    Il restera 7 ans avec Irakéré avant de se lancer dans sa carrière solo. En 1994, il enregistre avec Tata Guïnes ‘Pasaporte’, qui gagnera à Cuba le prix EGREM (équivalent d’un Grammy), en tant qu’album de l’année 1995.

    En 1995 il s’établit à Paris, partageant son temps entre Cuba et la France.

    C’est aussi à cette période qu’il commence à travailler avec Steve Coleman.

    En 1996, il rejoint le groupe de Roy Hargrove en tournée et pour l’enregistrement de l’album ‘Havana’ (vainqueur d’un Grammy) lors du Festival International de Jazz de La Havane. La même année il enregistre ‘A toda Cuba le gusta’ Afro Cuban All Stars, mené par Juan de Marcos Gonzalez, à l’origine de l’explosion de la musique cubaine à la fin des années 90. Cet album réunissait déjà les meilleurs musiciens, toutes générations confondues.

    En 1997, il enregistre ‘Opening of the way’ avec Steve Coleman, puis part l’année suivante avec lui en tournée au Sénégal et en Inde, ce qui lui permet de jouer et enregistrer avec les musiciens locaux.

    En 1999, il enregistre ‘Dinstincto Diferente’ avec Afro Cuban All Stars, ainsi que l’album ‘The Sonic records Language of Myth’ avec Steve Coleman & Five Elements. Parallèlement, il produit une vidéo de cours ‘Angá mania’ (sélectionnée comme vidéo de l’année 2000 par le magazine Drum).

    En 2000, il enregistre ‘A lo Cubano’, du groupe Orishas, ainsi que l’album ‘Chanchullo’ avec Ruben Gonzalez (nommé aux Grammy) et suit le pianiste en tournée.

    En 2001, c’est avec le génial contrebassiste Cachaito Lopez qu’il enregistre ‘Cachaito’, sélectionné partout comme album de l’année.

    2003 : Angá s’établit cette fois à Barcelone. Et travaille dans la foulée pour ‘Buenos Hermanos’ d’Ibrahim Ferrer (objet d’un Grammy Award et d’un Latin Grammy award), ainsi que pour ‘Mambo Sinuendo’ avec Ry Cooder & Manuel Galban (Grammy Award), puis en 2004 pour ‘Flor de Amor’ d’Omara Portuondo (nommée pour les Grammy 2005) et enfin pour ‘Buena Vista Social Club présente…Guajiro Mirabal’.

    Depuis 2004 il tourne régulièrement avec Omar Sosa, en tant que soliste invité.

  • L’armée cubaine déclenche une chasse à l’homme sans merci, on “peigne” les poches de résistance. Les combattants, désignés « bandits » par le discours officiel, lorsqu’ils sont faits prisonniers sont généralement passés par les armes. Sauf certains, qui voient leur peine commuée en longues décennies de prison (30 ans).


    C’est pendant cette période d’emprisonnement que va apparaître l’attitude de « plantado » – résistance à tout compromis avec les autorités carcérales – ou le corps, espace de défi infiniment châtié, devient le territoire de cette confrontation avec le pouvoir comme lieu d’une stratégie de résistance aux propositions de reniement.



    Cette recherche trouve sa source dans les récits autobiographiques de ceux qui survécurent à la longueur de leurs peines que nous nous sommes patiemment attachés à récolter de leur bouche propre même, ainsi que dans des témoignages écrits par certains survivants.



    Elisabeth Burgos, « Plantados jusqu’à la liberté : le corps comme territoire de résistance et d’affirmation de l’intégrité face au système carcéral à Cuba » , Nuevo Mundo Mundos Nuevos, Número 5 – 2005, Coloquio, mis en ligne le 19 mars 2005, référence du 16 avril 2005, disponible sur : http://nuevomundo.revues.org/document873.html.


  • Dans les années 80 le simple fait d’adresser la parole à un touriste était un motif d’interpellation. Recevoir chez soi un étranger c’était la certitude de s’exposer au minimum à une enquête de moralité de la part du CDR local. Les plages touristiques étaient elles aussi étroitement surveillées pour limiter les contacts entre cubains et touristes. Aujourd’ hui ce niveau de prophylaxie est impossible à maintenir avec plus de 2,2 million de touristes par an qui défilent sur l’île.

    Les jeunes cubains peuvent se forger leur propre opinion à travers la réalité qu’ils perçoivent dans leurs contacts avec les étrangers. Ils se rendent bien compte de l’indigence matérielle, culturelle et sociale que maintient le régime castriste sous le prétexte de ne pas livrer la culture cubaine à l’impérialisme américain. L’absence de perpective, l’aspect bureaucratique et politique de l’enseignement, les distractions de plus en plus rares et la répression ont transformé une bonne partie de la jeunesse en opposants larvés. Fidel Castro souvent surnommé par les jeunes « el loco » (le fou) est pour beaucoup une relique du passé, un ancien combattant dont le verbiage lancinant est en total décalage avec la réalité: quels que soient ses mérites passés, il doit maintenant s’en aller.

    Les jeunes ressentent comme un affront l’ouverture de luxueuses discothèques payables uniquement en dollars, alors qu’eux doivent de contenter des boites de nuit glauques en pesos et des fêtes de patronage de l’UJC. Dans sa volonté de tout contrôler, de tout réglementer, le pouvoir pond chaque jour des interdictions et des contrôles qui créent autant de catégories de délinquants que la police n’a plus les moyens de contrôler efficacement. L’arsenal répressif permet de toute façon d’imposer des mesures de coercition à tous ceux qui montrent une « conduite antisociale ».

    La loi sur « l’état dangereux » (estado peligroso, art 72 du code pénal) autorise l’application de « mesures rééducatives comme l’internement dans un établissement spécialisé de travail et d’études » dans le cas où un individu se trouve en « état dangereux ». La définition de cet état est suffisamment vague pour donner à cette loi un champ d’application quasi illimité puisque « l’état dangereux » est notamment  » une conduite en contradiction manifeste avec les normes de la morale socialiste » ou « une conduite antisociale, c’est à dire vivre comme un parasite social, ou du travail d’autrui, ou pratiquer des vices socialement répréhensibles ».

    En vérité les neuf dixièmes de la population se retrouveraient à l’ombre si un policier zélé s’avisait d’appliquer à la lettre ce texte aux contours juridiques des plus flous. Depuis une dizaine d’années le travail a perdu sa fonction d’insertion dans la société, car incapable d’offrir en contrepartie un salaire digne de ce nom. Le travail est généralement supporté comme une obligation dont il faut bien s’acquitter pour ne pas tomber dans la catégorie des marginaux ou parasites sociaux. Mais la vraie vie économique commence après le travail dans ce que les cubains appellent « el inventar », c’est à dire les multiples combinaisons qui permettent de se procurer ce que le salaire ne permet plus d’ acheter depuis longtemps.