Cet incident serait le deuxième incident arrivé dans ce centre pénitentiaire en moins de 20 jours.
« Les faits sont extrêmement graves et il est très probable que plusieurs détenus décedent des suites de leurs blessures » a déclaré Elizardo Sánchez, président de la Commission cubaine des Droits de l’homme et de la Réconciliation Nationale (CCDHRN).
« Mais le mutisme officiel est absolu bien que les incidents aient été rapportés à la population de la Capitale ».
Comme a déclaré le militant des droits de l’homme au Nuevo Herald, la protestation collective s’est déclenchée dans le Bâtiment 3 du pénitencier, et a été maitrisée avec un fort déploiement de troupes du Ministère de l’Intérieur.
Le ministre l’Intérieur, Abelardo Colomé Ibarra, et d’autres hauts gradés et chefs de la police, se sont présentés sur les lieux, et ont supervisé les opérations répressives.
Sánchez a indiqué que son organisation a pu confirmer avec des sources familiales, que plusieurs prisonniers ont souffert de brulures et au moins un a perdu un oeil suite à l’impact d’une balle en plastique.
Presque 72 heures après les événements, les autorités cubaines
n’ont pas publiquement donné d’information sur ce qui s’est produit.
Toutefois, les visites familiales au centre pénitentiaire ont
reprise hier.
« Ces protestations ont eu lieu étant donné les conditions
infra-humaines d’internement qui caractérisent le système carcéral
cubain, l’alimentation désastreuse, l’attention médicale insuffisante, l’extrême sévérité des peines, et le manque de protection juridique
effective et la politique de transfert massif de prisonniers vers des
prisons très éloignées de leur logement », a signalé une déclaration de la CCDHRN.
Une mutinerie semblable s’est produite le 19 mars passé dans cette meme installation pénitentiaire, faisant des dizaines de blessés.
Le Combiné de l’Est — une des plus grandes prisons du pays —
abrite actuellement entre 4.000 et 5.000 prisonniers, chiffres non officiel, car le gouvernement cubain ne donne aucun chiffre sur la population carcerale de Cuba.
Cuba compterait selon certaines sources plus de 100 000 détenus pour un population de 11 millions d’habitants, soit un taux d’emprisonnement proche de 1%, parmi les plus élévés du monde.
Il y peu Elizardo Sanchez avait déclaré à un journaliste du Monde que « Depuis la modification de la politique de l’UE, nous assistons à un retour à des actions musclées contre les opposants. Outre la répression politique, il y a une recrudescence de la répression sociale. Depuis janvier, des centaines de jeunes âgés de 16 à 20 ans ont été détenus dans des prisons de haute sécurité, comme Combinado del Este ou la prison 1580 à La Havane, accusés de dangerosité sociale, de conduite politiquement incorrecte, d’indifférence ou de non-participation aux mobilisations officielles. Cette répression massive est silencieuse, car il ne s’agit pas de dissidents, mais de victimes anonymes, sans relais auprès de l’opinion. »

