Auteur/autrice : Info Cuba

  • Cet incident serait le deuxième incident arrivé dans ce centre pénitentiaire en moins de 20 jours.

    « Les faits sont extrêmement graves et il est très probable que plusieurs détenus décedent des suites de leurs blessures » a déclaré Elizardo Sánchez, président de la Commission cubaine des Droits de l’homme et de la Réconciliation Nationale (CCDHRN).


    « Mais le mutisme officiel est absolu bien que les incidents aient été rapportés à la population de la Capitale ».

    Comme a déclaré le militant des droits de l’homme au Nuevo Herald, la protestation collective s’est déclenchée dans le Bâtiment 3 du pénitencier, et a été maitrisée avec un fort déploiement de troupes du Ministère de l’Intérieur.

    Le ministre l’Intérieur, Abelardo Colomé Ibarra, et d’autres hauts gradés et chefs de la police, se sont présentés sur les lieux, et ont supervisé les opérations répressives.

    Sánchez a indiqué que son organisation a pu confirmer avec des sources familiales, que plusieurs prisonniers ont souffert de brulures et au moins un a perdu un oeil suite à l’impact d’une balle en plastique.



    Presque 72 heures après les événements, les autorités cubaines
    n’ont pas publiquement donné d’information sur ce qui s’est produit.

    Toutefois, les visites familiales au centre pénitentiaire ont
    reprise hier.

    « Ces protestations ont eu lieu étant donné les conditions
    infra-humaines d’internement qui caractérisent le système carcéral
    cubain, l’alimentation désastreuse, l’attention médicale insuffisante, l’extrême sévérité des peines, et le manque de protection juridique
    effective et la politique de transfert massif de prisonniers vers des
    prisons très éloignées de leur logement », a signalé une déclaration de la CCDHRN.

    Une mutinerie semblable s’est produite le 19 mars passé dans cette meme installation pénitentiaire, faisant des dizaines de blessés.

    Le Combiné de l’Est — une des plus grandes prisons du pays —
    abrite actuellement entre 4.000 et 5.000 prisonniers, chiffres non officiel, car le gouvernement cubain ne donne aucun chiffre sur la population carcerale de Cuba.

    Cuba compterait selon certaines sources plus de 100 000 détenus pour un population de 11 millions d’habitants, soit un taux d’emprisonnement proche de 1%, parmi les plus élévés du monde.

    Il y peu Elizardo Sanchez avait déclaré à un journaliste du Monde que « Depuis la modification de la politique de l’UE, nous assistons à un retour à des actions musclées contre les opposants. Outre la répression politique, il y a une recrudescence de la répression sociale. Depuis janvier, des centaines de jeunes âgés de 16 à 20 ans ont été détenus dans des prisons de haute sécurité, comme Combinado del Este ou la prison 1580 à La Havane, accusés de dangerosité sociale, de conduite politiquement incorrecte, d’indifférence ou de non-participation aux mobilisations officielles. Cette répression massive est silencieuse, car il ne s’agit pas de dissidents, mais de victimes anonymes, sans relais auprès de l’opinion. »

  • On le sait Cuba fait maintenant partie des destinations phares pour les célibataires (hommes et femmes) à la recherche d’aventures, le plus souvent payantes. La police a beau se montrer de plus en plus sévère avec les « jineteras », le phénomène réapparait dès que la pression se relache un peu.

    Pour le gouvernement c’est évidemment gênant de constater qu’il existe à Cuba, comme dans les autres pays pauvres d’Amérique Latine, des filles obligées de se prostituer pour survivre. Ca ne colle pas trop avec le « socialisme heroique » etc…



    Certes la prostitution n’a pas été inventée par Castro : elle existait déjà beaucoup sous Batista quand on disait « Cuba, bordel de l’Amérique ». Cette phrase maintes fois reproduite et un cliché qui n’a pas vraiment de fondement historique : le nombre de touristes américains sous Batista oscillait entre 250 et 300 000 par an. On est loin des hordes de touristes européens (près de 2 millions en 2004).



    Par conséquent si Cuba a jamais été un bordel, c’est aujourd’hui, bien plus que sous Batista. Pendant les années 1990 (de 1992 à 1995 en particulier), la prostitution était légale à Cuba, et les hotels de l’Etat cubain accueillaient sans sourciller les touristes « accompagnés » , moyennant un supplément qui allait directement dans les caisses de Castro : il y a eu, à cette époque un véritable proxénétisme d’Etat cubain, bien plus étendu que sous Batista.



    Mais il semble que lorsque le « client » est allemand, français ou espagnol, et sous Castro, c’est beaucoup moins grave que si il est américain et sous Batista.



    Aujourd’hui les Européens, les Canadiens et les Mexicains ont remplacé les Américains, mais le dollar fait toujours la loi sur les trottoirs de La Havane. Les cubains les appellent les « jineteras » (écuyères en espagnol) ou les « pingueros » (qui est à la « pinga » ce que le machetero est à la macheta) : de jeunes Cubaines et Cubains qui arpentent les alentours des hôtels à la recherche d’un touriste aux poches remplies de devises convertibles.



    Après avoir pratiqué pendant plusieurs années la politique de l’autruche le pouvoir tente aujourd’hui de reprendre les choses en main. Mais il paye au prix fort le laxisme des années précédentes qui a conduit au développement d’un tourisme bas de gamme : le pouvoir a tardé à interdire l’accès des prostituées aux hôtels jusqu’en 1995 et à démanteler les réseaux de proxénètes qui travaillaient avec des agences de voyages.


    Certes la perspective de gagner en une soirée le salaire de plusieurs mois continue à attirer beaucoup de cubaines (à Cuba le salaire mensuel et de 8 euros en moyenne, soit 5 centimes de l’heure environ) et de cubains vers le tourisme, mais la police procède désormais régulièrement à des rafles de grande envergure et embarque sans ménagement les suspects, réels ou supposés, en plein milieu des quartiers touristiques.



    Cuba a reconnu pour la première fois en 1999 l’existence d’une prostitution massive dans les rues de la Havane.



    Plusieurs milliers (au moins 7000 selon les chiffres officiels en 1998) de jeunes filles ont été arrêtées et détenues au « centre de réception et classification de la Havane ». La majorité originaires des provinces de l’île ont été réexpédiés manu militari dans leur foyer avec une « carta de advertencia » (avertissement sans frais) les plus récalcitrantes écopant d’un séjour dans une des prisons géantes des environs de La Havane ou dans un centre d’activité et de « rééducation à la campagne » véritables camps de travaux forcés.



    Des entreprises de promotion touristique ont aussi été sanctionnée pour avoir un peu trop axé leurs campagnes de promotions sur les charmes des jeunes cubaines.


    Par bien des cotés le jineterisme est une sorte paradigme de la société Cubaine des années 90 qui a décidé de vivre du tourisme et de l’argent des étrangers, autrefois vilipendé par le pouvoir.



    Le jineterisme, qui peut aller jusqu’au mariage avec un étranger pour pouvoir quitter le territoire, contient en lui même une forme de contestation de l’ordre socialiste : ceux qui le pratiquent vivent souvent en marge de la société et leur « travail » met au grand jour le phénomène de la « pyramide inversée ».

  • Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’attitude de l’Union européenne, est plutôt ambiguë : les Européens ont d’abord pris conscience très tardivement de l’existence d’une répression contre les opposants à Cuba, et leur soutien aux dissidents est jusqu’à présent surtout verbal.



    Il faut dire que depuis dix ans ( la loi permettant aux étrangers d’investir à Cuba date de 1995), les Européens (en particulier les Espagnols, 50% des IDE à Cuba) ont généreusement apporté leurs capitaux à Fidel Castro, fermant les yeux sur les violations des droits de l’homme, car trop contents de ravir les meilleures places au nez et à la barbe des Américains.

    Pour faire des affaires à Cuba, les investisseurs européens ont accepté des conditions d’emploi de la main d’oeuvre cubaine indignes, totalement contraires à plusieurs conventions de l’ONU.

    Le salaire des Cubains qui travaillent dans les hôtels pour touristes est misérable : 210 pesos (environ 8 euros, soit 5 centimes de l’heure).
    Un salaire dont ne voudrait pas un journalier de l’Uttar Pradesh (en Inde le salaire horaire d’un travailleur non qualifié est de 0,5 dollar, 1 dollar pour un employé d’un centre d’appel .

    A ceci s’ajoutent bien entendu les menus inconvénients propres au système socialiste réputé sans classe, donc sans conflit : un syndicat unique au service du parti unique, et l’interdiction de faire grève. Une sorte de « capitalisme monopolistique d’Etat » à la cubaine, résultat de l’alliance cynique des investisseurs européens avec le complexe militaro communiste qui impose ses conditions draconiennes d’emploi de la main d’œuvre. Même dans ses rêves les plus fous, le MEDEF n’a jamais envisagé un système d’exploitation (au sens marxiste du terme) aussi efficace.



    Un peu facile donc de se donner bonne conscience en condamnant Cuba à l’ONU d’un coté, et de continuer à financer les bases oeuvres du tyran, de l’autre coté.

  • Fidel Castro commence t-il à trouver sa convalescence trop longue ?
    Selon la transcription d’une conversation téléphonique avec son allié vénézuélien Hugo Chavez datant de quelques jours, Fidel Castro a dit se sentir «très bien» laissant entendre qu’il serait «prêt» à un retour.

    Il a mentionné une possible rencontre fin avril avec le président bolivien Evo Morales pour l’anniversaire de son adhésion à l’Alternative Bolivarienne des Amériques, accord d’intégration piloté par La Havane et Caracas. La date précise de son retour n’a cependant pas été évoquée.

    Mais selon Ricardo Alarcon ( président de l’Assemblée nationale et numéro trois du régime), Fidel Castro sera en « parfaite forme » pour se présenter à la réélection par le parlement cubain le printemps prochain, première étape en vue d’un nouveau mandat présidentiel.

    «Je suis sûr qu’il sera en parfaite forme pour continuer à gérer ses responsabilités», a-t-il ajouté. D’ici mars 2008, le pays devrait être prêt à tenir des élections législatives, a précisé Ricardo Alarcon. Mais tout le monde le sait à Cuba, Fidel Castro n’a évidemment pas besoin de cette formalité s’il souhaite reprendre la direction du pays.

    Entre temps Raul Castro continuera d’assurer l’intérim à la tête de l’État cubain, comme il le fait depuis près de huit mois en remplacement de son frère Fidel Castro convalescent, tant que ce sera «nécessaire», a indiqué jeudi le président du parlement Ricardo Alarcon.

    Le petit frère aurait-il pris goût au pouvoir ? On le dit plus enclin aux réformes que Fidel Castro, et le retour anticipé du grand frère (donné pour mort il y a quelques mois) pourrait créer des tensions dans la sphère dirigeante.

    Pourquoi tant d’empressement de la part d’Alarcon pour annoncer une participation à des élections dans plus de 12 mois ?

    « Fidel a été et reste très impliqué, très actif dans toutes les décisions importantes que prend ce pays. Il ne peut pas le faire de la même manière qu’avant parce qu’il doit passer une bonne partie de son temps à récupérer physiquement », a-t-il ajouté pour faire bonne mesure. Mais le message est clair : le commandant commande, et la costume en sapin n’est pas encore prêt.

    Fidel Castro avait cédé tous ses pouvoirs le 31 juillet à son cadet Raul, officiellement à titre provisoire, après une opération en urgence suite à d’importants saignements aux intestins le 27 juillet. C’était la première fois qu’il quittait ses fonctions en près d’un demi-siècle de régime communiste à Cuba.

    Les informations sur sa maladie couverte par le secret d’État sont diffusées au compte-goutte, mais pas celles sur sa récupération, qui font l’objet d’une large et volontariste diffusion.

    Parmi les invités de marque de Fidel Castro convalescent, le dernier en date a été l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez qui a décrit un Castro fort bavard, de bonne humeur et ayant envie de parler de tout.

  • Une trentaine de membres et d’amis de l’organisation de défense de la liberté de la presse ont pénétré dans l’enceinte du salon pour déployer des banderoles et coller des affiches demandant la libération de journalistes et blogueurs emprisonnés, devant les stands des trois pays. Les manifestants ont entouré de rubalise (ruban de signalisation) le stand de la Tunisie et accroché des souris informatiques à celui de l’Egypte. Le stand de Cuba a été recouvert de bandes noires symbolisant des barreaux de prison. Les militants de l’organisation portaient des tee-shirts « Cuba = prison », « Tunisie = terre de répression » ou encore « Egypte = ennemie d’Internet ».

    « Nous avons choisi ces pays car ils sont des ennemis de la liberté de la presse, mais également des destinations privilégiées des touristes. Nous souhaitons ainsi attirer l’attention des millions de vacanciers qui se rendent chaque année à Cuba, en Egypte ou en Tunisie sur la situation des professionnels de l’information qui y travaillent. Les touristes doivent connaître l’envers du décor. Derrière les plages et les palmiers, on cache des journalistes ou des blogueurs emprisonnés, des médias harcelés et des familles intimidées », a déclaré Reporters sans frontières.

    Quatre ans après la vague répressive de mars 2003, Cuba compte toujours 270 prisonniers d’opinion dont 25 journalistes, ce qui fait de l’île la deuxième prison du monde pour la presse après la Chine. La situation des droits de l’homme dans l’île n’a connu aucune amélioration, depuis que Fidel Castro a officiellement cédé les rênes de l’État à son frère Raúl, le 31 juillet 2006. La répression s’est même accentuée depuis l’automne dernier, avec une multiplication d’agressions, de perquisitions et de gardes à vue contre des journalistes indépendants.

    Les journalistes cubains indépendants, emprisonnés ou non, ont connu un mois de mars particulièrement éprouvant. Vingt d’entre eux, toujours détenus depuis le « printemps noir » de mars 2003 et condamnés à l’époque à des peines comprises entre 14 et 27 ans de prison, continuent de subir les mauvais traitements de leurs gardiens, alors que leur santé s’est nettement dégradée.

    Incarcéré à la prison de haute sécurité Kilo 8 à Camagüey (Centre-Est) et régulièrement frappé par le personnel pénitentiaire, Juan Carlos Herrera Acosta, de la Agencia de Prensa Libre Oriental (APLO), a entamé, le 7 mars dernier, une grève de la faim avec dix-sept autres détenus pour protester contre les conditions de détention. Son geste était également destiné à alerter sur son état de santé et ceux de ses collègues Alfredo Manuel Pulido López, de l’agence El Mayor et Normando Hernández González, directeur du Colegio de Periodistas Independientes de Camagüey (CPIC). Ce dernier, détenu à la prison Kilo 7 dans la même ville, est atteint de tuberculose et ne reçoit pas les soins requis. Il a refusé de s’alimenter depuis le 4 mars.

    Le 7 mars, Laura Pollán Toledo, épouse d’Héctor Fernando Maseda Gutiérrez, 64 ans, cofondateur de l’agence Grupo de Trabajo Decoro, s’est plainte auprès du ministère de l’Intérieur des conditions du transfert de son mari de la prison d’Agüica (Ouest) vers un hôpital où il devait être opéré. En état d’extrême faiblesse, le journaliste a été placé trois heures au mitard avant d’être enchaîné au moment du transfert. L’ordre aurait été donné par le capitaine Emilio Cruz Rodríguez, dont Laura Pollán Toledo a dénoncé le « sadisme ».

    Condamné en 2003 à 20 ans de prison, Ricardo González Alfonso, directeur de la revue De Cuba et correspondant de Reporters sans frontières, est toujours en salle de convalescence à l’hôpital militaire du Combinado del Este (La Havane), depuis les trois interventions chirurgicales qu’il a dû subir en décembre 2005.

    Arrêté et emprisonné depuis le 23 janvier 2007, Ramón Velázquez Toranso, de l’agence Libertad, a été placé le 3 mars dernier dans un camp de travaux forcés de la province de Las Tunas (Est). Sa femme et sa fille se sont vues répondre à leur demande d’explications que le transfert relevait d’un « ordre de la Sécurité de l’État ». Le journaliste purge une peine de trois ans de prison pour « dangerosité sociale pré-délictueuse ».

    Le 2 mars, Ahmed Rodríguez Albacia, de l’agence Jóvenes sin Censura, a été arrêté par la Sécurité de l’État alors qu’il se rendait à une exposition à La Havane avec un groupe de jeunes. Le jeune homme a été menacé d’emprisonnement par les fonctionnaires avant d’être relâché. Il avait déjà été détenu pendant vingt-quatre heures en septembre 2006, puis incarcéré dans les locaux de la Sécurité du 4 au 12 décembre dernier.

    Prix cyberliberté Reporters sans frontières – Fondation de France 2006, le directeur de l’agence Cubanacán Press, Guillermo Fariñas Hernández, a été agressé, le 2 mars, à Santa Clara par des officiers de la Sécurité de l’État, emmenés par le lieutenant Yuniel Monteagudo Reina, et quatre membres de l’Association des combattants de la Révolution cubaine. Brièvement détenu dans un commissariat de la Police nationale révolutionnaire (PNR), le journaliste souffre d’hématomes au visage et de contusions à la tête.

  • En réalité, il s’agit de 2 CD disctincts, même s’ils ont été enregistrés en même temps.
    Le premier est un CD de « big band » avec des arrangements et des orchestrations assez classiques, le deuxième ( « el solar de Bebo ») est plus intimiste (huit musiciens sont de la partie quand même) et fait une plus large part au piano de Bebo.





    Le pack est accompagné d’un livret avec de nombreuses photos de l’enregistrement et surtout d’un DVD, sorte de « making of » des séances d’enregistrement à New York. Bebo y raconte sa vie, celle de ses parents et de ses grands parents qui étaient esclaves à Cuba. Il explique comment et pourquoi il a composé certains thèmes en pensant au Cuba qu’il a connu lorsqu’il était plus jeune.





    C’est un album qui s’écoute très bien , que l’on soit amateur de big band ou de formations plus restreintes
    « Bebo de Cuba » est un projet dont la réalisation lui tenait à coeur depuis de nombreuses années, un projet qui résume sa vie musicale et se fait le reflet de l’histoire de la musique cubaine.



    “Bebo Valdès (père de Chucho Valdès), est à 85 ans , le seul survivant des grands pianistes afro-cubains des années 40-50. Rival de Perez Prado, le “roi du mambo”, Bebo inventa à son tour la “batanga”, moins populaire hors de Cuba mais tout aussi retentissante. Son jeu chantant et percutant est imprégné d’harmonie be-bop. Emigré en Suède, il doit son retour sur la scène musicale en 2000, à son apparition dans le film “calle 54”.


    Bebo Valdes a recemment déclaré qu’il ne retournait pas à Cuba parcequ’il ne « supporte pas les dictatures », mais il a aussitot ajouté que le fait que « sa grand mère ait vécu jusqu’à 104 ans » lui permettait de « rêver un peu ».


    Bebo Valdés – Biographie


    A 85 ans le grand pianiste cubain publie « Bebo de Cuba » un double cd (+ 1 dvd) qui résume sa vie musicale et se fait le reflet de l’histoire de la musique cubaine.

    Lagrimas Negras, l’album qu’il a enregistré avec Diego El Cigala, l’a remis sur le devant de la scène, et sa formidable force de vie lui permet de poursuivre d’autres projets : l’album Beautiful Music, enregistré en compagnie du pianiste uruguayen Frederico Britos, le tournage aux côtés de Carlinhos Brown du film El Milagro de Candeal (« Le Miracle de Candeal ») réalisé par Fernando Trueba… et bien sûr Bebo de Cuba un projet de grande envergure, imaginé et mûri pendant de longues années.



    J’ai écrit la « Suite cubana » (cd 1) à Stockholm entre 1992 et 1997 sans savoir quand et comment je l’enregistrerai » raconte Bebo. « Elle reflète ma manière particulière d’utiliser les rythmes cubains que sont le mambo, le guajira-montuno, le guaracha-mambo, le son, le bembé… ».


    La Suite est une oeuvre en huit parties qui débute avec « Är Ni Fröken Pehrson ? » (« Etes-vous mademoiselle Pehrson ? », en suédois), « une introduction dans le style des entrées en scène telle qu’on les composait à Broadway à l’époque de Fred Astaire», raconte Bebo.


    Le reste de la suite fait entendre un mambo en hommage à Cachao, un bembé qu’il dédié à son fils Chucho, un son pour l’esclave qui s’occupait de lui lorsqu’il était enfant, une guaracha composée en 1982 pour Dizzy Gillespie…

  • A l’hôtel Sevilla, un des établissements les plus renommés de La Havane, et géré par le groupe français Accor, on a choisi de ne pas renier son passé.
    Au contraire, les murs du superbe salon du rez de chaussée décorés d’azulejos à la Sévillane, sont ornés des clichés représentant les célébrités qui ont fréquentés l’établissement du temps de sa splendeur, c’est-à-dire avant 1959.

    Certains ont un casier judiciaire plus ou moins chargé. Al Capone et Santos Traficante sont là en compagnie de Graham Greene, Perez Prado, Gloria Swanson, Errol Flynn et Josephine Baker.

    A l’époque le cours du peso Cubain était aligné sur celui du dollar américain et les deux circulaient à parité. Aujourd’hui ce n’est plus le cas : il faut 26 pesos cubains pour avoir un dollar. A l’époque le Sevilla appartenait à Don Almeto Battisti, un mafioso notoire qui tenait aussi entre ses mains la très lucrative « bolita » (jeu de loterie) : pour espérer travailler au Sevilla, mieux valait être en bons termes avec l’organisation.



    Aujourd’hui, tout ça c’est du passé : la mafia italo-américaine à déserté les lieux et le Sevilla a été « nationalisé » par l’Etat Cubain qui en a confié la gestion au groupe hôtelier français Accor. Mais curieusement ce n’est pas Accor qui gère directement le personnel de l’hôtel, et pour espérer travailler dans un hôtel géré par une société étrangère, mieux vaut être en bon terme avec les cadres du parti qui examinent les candidatures.



    En effet, pour embaucher du personnel cubain, les entreprises étrangères doivent passer par une société cubaine (ACOREC, Agencia de contrataciones a representaciones comerciales) qui détient le monopole de la sous traitance pour toutes les sociétés étrangère opérant à Cuba.


    Barbarita, est serveuse à l’Hôtel Sevilla de La Havane, pourtant elle ne travaille pas officiellement pour Accor, son employeur de fait, mais pour ACOREC qui lui verse chaque mois un salaire de 210 pesos cubains (soit 8 dollars par mois).
    Pour le groupe français Accor, le salaire versé pour employer Barbarita est très supérieur : Accor doit régler chaque mois le salaire de son employée à ACOREC…. En dollars, augmenté d’un coefficient de 2,1 correspondant aux charges sociales, soit 441 dollars.

    En résumé, le sous traitant cubain touche 441 dollars et en reverse 8 au travailleur cubain : le reste soit 98% des sommes versées par Accor, part dans la poche de l’Etat Cubain.



    Un carambar et les remerciements du Parti, voilà à quoi se résume le « salaire » horaire d’un Cubain en 2005, « année de l’alternative bolivarienne pour les Amériques », selon la phraséologie en vigueur.



    Un système plus proche de la spoliation que de la sous-traitance, qui prend la forme d’une redevance versée par les investisseurs européens à l’Etat cubain pour avoir le droit de disposer de « sa » main d’œuvre, qui au bout du compte touche un salaire dont ne voudrait pas entendre parler un journalier du Gujarat.

    (En Inde le salaire horaire d’un travailleur non qualifié est de 0,5 dollar, 1 dollar pour un employé d’un centre d’appel. Sur la base de 140 heures par mois, le salaire moyen horaire d’un Cubain est de 6 cents de dollars, soit environ 5 centimes d’euros ).


    lire la suite sur le site du Point.fr

  • Emprisonné à Cuba lors de la vague répressive de mars 2003, condamné à vingt ans de prison pour « conspiration » contre l’Etat, Raúl Rivero a été relâché et assigné à résidence pour raison de santé, le
    30 décembre 2004. « A ma sortie de prison sous « licence extrapénale », a-t-il expliqué, les autorités m’ont dit que je pouvais continuer à écrire mais seulement comme poète. » Il a évoqué la situation d’Oscar Espinosa Chepe, libéré en même temps que lui, qui « a cessé d’écrire par peur ».

    Avant son départ pour l’Espagne, les autorités cubaines ont voulu donner à Raúl Rivero un permis de sortie « définitif ». « Finalement, ils l’ont changé en permis de sortie pour deux ans, passés lesquels je ne pourrai pas revenir. »

    Le journaliste a attribué sa sortie du pays « à la volonté de dialogue du nouveau gouvernement espagnol et en même temps à la pression médiatique, en particulier en Europe et dans les milieux de gauche ». Il croit également que « le régime cubain a monnayé un assouplissement de la position de l’Union européenne concernant Cuba et un vote favorable à la Commission des droits de l’homme des Nations unies ».

    Les Etats-Unis ont déjà posé une motion de défiance contre Cuba. « Si l’Union européenne s’abstient de la voter, ce sera une victoire pour le régime cubain ». Raúl Rivero a également souligné que « Fidel Castro donne des gages de bonne conduite avant le prochain Sommet ibéro-américain à Salamanque et qu’il est un inconditionnel du roi Juan Carlos (qu’il souhaite recevoir à Cuba) ».

    Mais sur le fond, Raúl Rivero reste lucide. « Le gouvernement cubain est léniniste, machiste, préparé pour la guerre et non pour la paix », a déclaré le journaliste qui conseille à Reporters sans frontières de « maintenir un ton vigoureux et exigeant car il y a des prisonniers politiques dans une situation humanitaire grave ». Selon lui, le nombre de dissidents emprisonnés s’élèverait à deux cents.

    Soucieux du sort des journalistes détenus, Raúl Rivero a supposé « que les conditions pénitentiaires s’étaient améliorées pour certains d’entre eux ». Il a cité José Luis García Paneque, dont l’état de santé est alarmant, transféré depuis peu dans un hôpital militaire de La Havane.



    Il a également évoqué les cas de Ricardo González Alfonso, correspondant de Reporters sans frontières, et de Omar Rodriguez Saludes, « qui restent emprisonnés, mais dans des conditions meilleures qui pourraient être le prélude à leur libération ». Optimiste, Raúl Rivero a tablé sur « la libération prochaine de huit dissidents » et a souligné qu’il y aurait « de plus en plus de journalistes à sortir de prison et de Cuba », malgré les difficultés que fait le régime pour accorder des visas de sortie.


    source : Reporters sans frontières