Catégorie : droits de l’homme

Situation des droits de l’homme à Cuba, répression et prisonniers politiques

  • RSF se dit alarmée par la détérioration de l’état de santé de Juan Carlos Herrera Acosta et l’agonie de Guillermo Fariñas Hernández, tous deux en grève de la faim. L’organisation demande pour ces deux hommes un geste d’humanité des autorités cubaines et l’intervention des ambassades.

    « Comment comprendre une telle indifférence face à l’agonie de deux individus, qui ne réclament rien d’autre que le droit d’écrire ou de naviguer librement sur Internet ? En quoi, de surcroît, deux personnes aussi affaiblies physiquement et moralement peuvent-elles représenter le moindre danger ? Le silence du pouvoir risque de renforcer le sentiment de nombreux prisonniers ou dissidents qu’ils n’ont plus rien à perdre et de susciter d’autres grèves de la faim. Nous réitérons notre appel à la clémence auprès des autorités cubaines. Nous appelons également les représentations diplomatiques de La Havane à suivre de très près les cas de Juan Carlos Herrera Acosta et de Guillermo Fariñas Hernández », a déclaré Reporters sans frontières.

    Selon Cubanet, Juan Carlos Herrera Acosta, de la Agencia de prensa libre oriental (APLO), arrêté lors du printemps noir de mars 2003 et condamné à 20 ans de réclusion, se serait cousu la bouche en signe de protestation, le 23 mars 2006, dans sa cellule de la prison Kilo 8 de Camagüey (Est).

    Le président de la Fondation cubaine des droits de l’homme, Juan Carlos González Leyva, a affirmé que Juan Carlos Herrera Acosta avait été gravement brutalisé par ses gardiens les deux jours précédents. Soumis à un régime d’isolement carcéral, le journaliste observe une grève de la faim depuis 22 jours. Souffrant notamment d’hypertension artérielle et de gastrite chronique, il ne reçoit aucune assistance médicale appropriée.

    Par ailleurs, le 19 mars dernier, le docteur Julio Sánchez Hernández, membre de l’Institut médical indépendant de Santa Clara (Centre), a confié à Cubanet que l’état de santé de Guillermo Fariñas Hernández s’était sérieusement détérioré. Il s’est montré très pessimiste et inquiet quant aux chances de survie du journaliste. Ce dernier souffre notamment d’accès de fièvre, de violentes migraines ou encore d’une perte de sensibilité des membres inférieurs. Guillermo Fariñas Hernández mène une grève de la faim et de la soif depuis le 31 janvier, parfois interrompue par son traitement. Il réclame l’accès à Internet pour tous les Cubains.

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  • « La tension extrême entre Cuba et les Etats-Unis a créé un climat qui n’est pas du tout favorable à la liberté d’expression et à la liberté de réunion », a déclaré la magistrate française Christine Chanet.

    Dans un nouveau rapport pour le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Mme Chanet a affirmé que sa principale source de préoccupation concernait le maintien en détention de dizaines de dissidents arrêtés en mars et avril 2003. Elle s’est dite « alarmée par les allégations de mauvais traitements en détention » rapportées par les familles de détenus.

    « L’alimentation et l’hygiène sont en-dessous des normes et les soins médicaux sont soit inexistants soit inadaptés », a jugé Mme Chanet, qui a été nommée à son poste en 2002.

    La magistrate, qui n’a toujours pas pu se rendre sur l’île, a affirmé que les arrestations pour délit d’opinion s’étaient multipliées au cours de l’année écoulée.

    Le gouvernement de Fidel Castro a notamment utilisé le soutien apporté par les Etats-Unis à l’opposition cubaine comme un prétexte pour lancer une importante campagne de répression en 2003 contre les dissidents.

  • Jugé pour «contrebande» et «corruption» pour avoir introduit à Cuba du matériel de réception de télévision par satellite,
    Carlos Valdes Gonzalez, 29 ans, aurait déjà effectué 120 déplacements entre les États-Unis et Cuba.

    Actuellement détenu à La Havane, il a été interpellé le 24 juin 2005 alors qu’il tentait d’écouler une trentaine de décodeurs de télévision équipés de leur carte, ainsi que des câbles de connexion et des télécommandes.

    «Affaire rondelette. Tout avait été acheté à très bas prix à Miami pour être vendu pour une belle somme à Cuba», commente le quotidien Granma, organe du parti communiste cubain.

    Sur l’île, seuls les hôtels touristiques et les résidents étrangers sont autorisés à recevoir des chaînes de télévision par satellite que le régime castriste considère comme un vecteur idéologique et une porte ouverte pour les programmes de la TV Marti, lancés sur les ondes par le gouvernement américain.

    Le quotidien cubain dénonce «la déformation de la réalité cubaine» à la quelle se livrent selon lui ces chaînes «sur la base de soi-disant distractions et d’une caquetante et hypocrite information libre».

    Carlos Valdes Gonzalez, qui se rendait à Cuba également depuis les îles Caïmans, le Mexique, la Jamaïque et les Bahamas, risque entre six mois et trois ans de prison pour «contrebande» et entre 2 et 20 ans de prison pour «corruption».

    Deux résidents cubains sont en outre poursuivis dans ce dossier, un agent de sécurité à l’aéroport de La Havane accusé de lui avoir facilité le passage et un receleur présumé des équipements électroniques.

  • Reporters sans frontières redoute que les convocations au tribunal des journalistes indépendants Oscar Espinosa Chepe et Jorge Olivera Castillo n’aboutissent à un retour de ces derniers en prison. Les deux hommes, incarcérés lors de la vague de répression de mars 2003, avaient été libérés à la fin de l’année 2004. Ils ont l’un et l’autre sollicité, en vain, une autorisation de sortie de l’île.

    « Ces convocations intempestives au tribunal relèvent de la mascarade judiciaire. A quoi rime de vouloir faire renoncer à leur vocation des journalistes indépendants en sachant pertinemment qu’ils ne céderont jamais ? Si les autorités cubaines tiennent tant à réduire Oscar Espinosa Chepe et Jorge Olivera Castillo au silence, pourquoi n’accèdent-elles pas à leur demande de sortie du pays ? La répression des voix dissidentes est de toute façon vouée à l’échec », a déclaré Reporters sans frontières.

    Condamné en avril 2003 à 20 ans de prison, Oscar Espinosa Chepe a bénéficié d’une licence extra-pénale pour raison de santé le 29 novembre 2004. « Cette licence risque d’être révoquée par la justice, ce qui signifierait mon retour en prison. Le pays est traversé par une nouvelle vague répressive et la presse indépendante est en première ligne », a déclaré le journaliste à Reporters sans frontières, la veille de sa comparution, dans la matinée du 28 février 2006, devant le tribunal municipal de Playa (La Havane).

    Condamné à 18 ans de prison en 2003 et libéré le 6 décembre 2004, Jorge Olivera Castillo est attendu le 1er mars devant le tribunal municipal de la vieille Havane, qui l’avait déjà convoqué le 21 février. Les juges avaient alors notifié au journaliste une interdiction de sortie de la ville et l’obligation de travailler au sein d’une structure d’Etat. Jorge Olivera Castillo avait été averti qu’il retournerait automatiquement en prison en cas de manquement à ces obligations. La décision du 1er mars pourrait entériner cette mesure car, comme il l’avait confié à Reporters sans frontières au sortir de sa comparution du 21 février, Jorge Olivera Castillo n’a pas l’intention de renoncer à ses activités journalistiques.

    Jorge Olivera souffrait déjà d’une grave maladie intestinale provoquant des hémorragies internes avant d’être emprisonné, mais son état s’est considérablement aggravé dans la prison de Guantanamo.

    « Les conditions de détentions etaient infra humaine, l’eau était contaminée et la nourriture souvent pourrie. La nourriture se résumait à une mixture de farine de mais, de haricots écrasés avec de la farine de blé et mélangée avec de l’eau : cela avait pour nom « pâte alimentaire ». Deux fois par mois, nous avions droit à un morceau de poulet.
    On me sortait une heure par jour, seul dans une cour, et selon l’heure il pouvait y avoir ou de ne pas avoir de soleil. Je n’étais pas correctement soigné et le stress et la mauvaise nourriture ont compliqué mes symptômes. J’ai aussi attrapé des parasites à cette époque, et je n’ai pas été correctement soigné dans l’hôpital de la prison»

    « Après 20 mois et 19 jours d’emprisonnement dans une cellule minuscule, tu ressens comme une sorte d’étourdissement en sortant. J’ai l’impression de perdre très rapidement la mémoire de cette époque qui a duré si longtemps quand je l’ai vécue: c’est difficile de reprendre le rythme de la rue quand on a vécu si longtemps au ralenti. J’ai aussi des troubles de la vision à force de fixer un mur dans une cellule obscure d’1,5 m sur 3 mètres. Le simple fait de lire un journal peut devenir un problème dans ces conditions»

    A son arrivée dans la prison il a d’abord été interné pendant trois mois avec des prisonniers de droit communs.
    « Nous étions 18 dans la même cellule, et il y avait un seul WC attenant : un trou dans le sol. C’est un sous monde dangereux avec des individus qui ont une histoire pénale tres lourde. La plupart avait été condamné pour homicide ou trafic de drogue et certains avaient de gros problèmes de santé mentale. Tous étaient potentiellement très dangereux, et ca a été une punition supplémentaire de nous enfermer, nous les détenus politiques, avec ces gens là. Il m’a fallu beaucoup de psychologie pour accepter ces conditions et éviter d’avoir des problèmes. »

    Enfin, par décision du tribunal municipal de l’Est-Havane du 15 février, Reinaldo Cosado Alén, de l’agence indépendante Lux Info Press, devait entamer, le 28 février, une peine de « travail correctionnel sans internement » pour une amende de 1 000 pesos, prétendument impayée depuis dix ans !

  • Le printemps de 2003 restera dans l’histoire de Cuba comme une des journées les plus noires qu’a vécues l’île, où la répression d’un régime totalitaire, moribond et désuet, s’est déchaînée contre des civils innocents, précisément contre 75 activistes pacifiques des droits de l’homme et journalistes indépendants.

    Sans doute Fidel Castro n’avait-il pas prévu qu’il provoquerait ainsi un vaste mouvement de consternation et de solidarité dans le monde entier, alors que les 75 victimes du totalitarisme castriste ont été jugées en quelques jours et expéditivement condamnées jusqu’à 28 années de prison.

    Parmi les condamnés il y avait des auteurs et des journalistes indépendants. Il y avait aussi des poètes. Les années de détention, derrière des murs sordides, isolés de leurs famille, où ils ont survécu (et survivent encore pour la majorité d’entre eux ) humiliés, mal nourris et malades, loin d’ôter le courage à ces hommes, ont encouragé beaucoup d’entre eux à faire des incursions dans le domaine de la poésie.

    Arrivent ainsi, pour la première fois, les vers de sept de ces hommes extraordinaires traduit en italien sous le titre « Versi tra le sbarre »

    Des sept poètes réunis dans ce livre, trois sont encore en prison : Ricardo González Alfonso, Omar Moisés Ruiz Hernández et Regis Églises Ramirez. Un a été libéré avec une licence extrapenale, mais le gouvernement de La Havane lui refuse un visa pour émigrer aux États-Unis : Jorge Olivera Castillo. Il peut donc retourner en prison à tout moment, sans jugement.

    Deux autres, Manuel Vázquez Portal et Raúl Rivero, ont pu sortir de l’île, en grande partie grâce à la pression internationale
    Manuel Vázquez Portal vit aujourd’hui à Miami avec son épouse et son fils et est un journaliste actif du site internet de nouvelles Cubanet.
    Raúl Rivero, vit en Espagne avec sa femme Blanca et sa mère, où travaille pour le journal « el mundo », et il maintient une activité fébrile comme porte-parole de tous ceux qui sont restés captifs du régime. Un autre poète, Mario Enrique mayo Hernández, a été aussi libéré avec licence extrapenale, un définition qui dans le jargon carcéral cubain signifie que la condamnation n’a pas été annulée et que le condamné peut retourner en prison, sans jugement, si il est engagé dans des activités « subversives » .

    Récemment j’ai entendu Raúl Rivero dire que pour un prisonnier rien ne compense plus la souffrance, l’isolement et la vexation qui de se savoir approuvé et jamais oublié par les hommes libres. C’est pourquoi, chaque fois qu’un lecteur parcoure seulement un vers de ces poètes emprisonnés, chaque fois qu’il le partage avec un ami, chaque fois qu’il parle de lui, non seulement il offrira, généreusement, un peu de son oxygène à ceux qui restent dans les prisons politiques cubaines, mais il fait passer un peu de lumière et d’espoir pour tout un peuple captif.

    Olivier Languepin avec William Navarrete.

  • Tandis qu’une nouvelle vague de répression s’abât sur les bibliothécaires indépendants à Cuba (illegaux) dont beaucoup sont déjà en prison.

    Un nouveau site leur est consacré (en espagnol) :

    http://blogs.periodistadigital.com/bibliocuba.php

  • « Nous Dénonçons devant les organisations internationales de droits de l’homme, la Communauté des gouvernements démocratiques et l’opinion publique, la nouvelle vague de répression politique du gouvernement de Cuba contre des dizaines de dissidents pacifiques « , a indiqué un rapport de la Commission cubaine des Droits de l’Homme et Réconciliation Nationale (organisation illégale à Cuba).

    « Particulièrement inquiétant est le degré de violence physique et verbale, sans précédent durant les dernières années, qu’ ont employé les individus mobilisés par le gouvernement pendant ces actions répressives des dernières semaines sous la direction, maladroitement dissimulée, de la police politique secrète », a ajouté le groupe dirigé par le dissident historique Elizardo Sanchez.

    Selon ce rapport les actions, se sont produites dans huit des 14 provinces du pays sur une période de moins de 30 jours, ce qui démontre qu « il s’agit d’une opération répressive à grande échelle exécutée à partir d’une décision du gouvernement central ».

    La Commission, considérée illégale par les autorités cubaines, a dénoncé des actes de « répudiation » (« actos de repudio », une spécialité de la police politique cubaine qui varie de l’insulte au jet de pierre, en passant par le tabassage en régle par les membresdu CDR et les milices du partie communiste), agressions physiques, et violations de domiciles et confiscations de livres, et d’objets d’utilisation personnelle.

    L’organisation, conduite par l’Elizardo Sánchez, a affirmé que ces actions violent les lois cubaines et plusieurs articles de la Déclaration Universelle des Droits Humains, et a avancé qu’elle informera la Commission de Droits de l’Homme de l’ONU sur la situation dans l’île.

     » Devant la gravité de la situation et la possibilité que ces actions continuent à se produire dans les prochaines semaines ou les mois, on doit inciter le gouvernement de Cuba pour que sa police politique cessent d’inciter et organiser des actions répressives », a ajouté le rapport.

    La Commission a signalé que « il est totalement irresponsable et immoral de créer artificiellement un climat de violence politique qui ne peut que produire davantage de violence et de haine entre les citoyens ».

    Au printemps 2003, dans ce qui a été considéré comme la vague répressive la plus importante des dernières années, les autorités cubaines ont condamné 75 dissidents à des peines allant jusqu’à 28 années de prison, accusés de conspirer avec les Etats-Unis, et d’attenter contre l’indépendance de l’État et de miner les principes de la révolution.

    Depuis lors, 14 d’entre eux ont été libérés avec des licences extrapenales pour motifs de santé. Certains comme Raul Rivero, Manuel Vasquez Portal et Jorge Olivera ont été autorisé en outre à quitter le pays. D’autres souffrent cependant en prison de graves maladies, et sont toujours emprisonnés.

  • Selon Reporters sans frontières Guillermo Fariñas Hernández, directeur de l’agence Cubanacán Press, est au seuil de la mort après neuf jours de grève totale de la faim et de la soif. Le journaliste s’est déclaré prêt à mourir si les autorités cubaines ne consentent pas à garantir à tous les Cubains le libre accès à Internet, et aux journalistes indépendants la liberté d’informer.

    « Guillermo Fariñas peut mourir à tout moment. Son sort est entre les mains des autorités. Nous demandons au gouvernement d’entendre son message et d’y répondre en lui accordant au moins le droit d’utiliser Internet pour son travail. Nous souhaitons, à défaut, que le journaliste puisse recevoir la visite de représentants étrangers en poste à Cuba », a déclaré Reporters sans frontières.

    « Il dort mal. Il peut à peine marcher. Sa tension est très basse », a confié à Reporters sans frontières, le 8 février 2006, la mère de Guillermo Fariñas Hernández en parlant de son fils. L’état de santé du directeur de Cubanacán Press, en grève de la faim et de la soif depuis le 31 janvier à 12 heures, s’est brutalement détérioré. « Il reste alité. Il ne bouge quasiment plus.
    Depuis le 6, les journalistes de Cubanacán Press (dix-huit permanents) et d’autres membres de la dissidence ont décidé d’observer une journée de jeûne en alternance pour accompagner Guillermo », a expliqué à l’organisation une journaliste de l’agence. Selon la même source, la police politique a empêché les visites au domicile du journaliste à Villa Clara (Centre) à deux reprises, les 3 et 6 février. Selon sa mère, il est ausculté par un médecin deux fois par jour.
    Soutenu par toutes les figures de la dissidence, dont les journalistes Raúl Rivero et Manuel Vazquez Portal, emprisonnés en mars 2003 et aujourd’hui en exil, Guillermo Fariñas Hernández a averti qu’il était prêt à mourir si le gouvernement cubain n’accédait pas à ses exigences. « Je veux que cessent les agressions contre les journalistes indépendants.
    Je veux que tous les Cubains puissent accéder à Internet, si, comme il l’a prétendu lors du Sommet mondial sur la société de l’information à Tunis en décembre, le gouvernement peut le leur donner. Je suis prêt à mourir. Fidel connaît ma situation », a déclaré à Reporters sans frontières Guillermo Fariñas, qui a adressé une lettre au chef de l’Etat cubain au premier jour de sa grève. Selon Manuel Vazquez Portal, l’avertissement est à prendre très au sérieux.

    « El Coco (surnom de Guillermo Fariñas Hernández) a déjà fait plusieurs grèves de la faim et il n’est pas homme à céder. » Un avis partagé par les Dames en blanc, épouses et mères de prisonniers d’opinion.