Catégorie : économie

Economie de Cuba, embargo, évaluation des chiffres officiels

  • « Cuba a enregistré en 2006 le plus faible taux de mortalité infantile de son histoire et d’Amérique latine, avec seulement 5,3 décès pour 1.000 naissances, ce qui a placé l’île caraïbe au deuxième rang du continent derrière le Canada, a indiqué mercredi le ministère de la Santé. » Voilà pour les faits que rappelle l’AFP dans un dépêche anodine. Mais la dépêche se termine par un autre commentaire qui reproduit, sans le vouloir, la légende de Cuba avant la révolution, à savoir un pays sous développé et arriéré.

    « Cuba, où les bébés de moins d’un an sont vaccinés systématiquement contre 13 maladies, avait un taux de mortalité infantile extrêmement élevé, 37,3 pour 1.000 en 1960, au début de la « révolution » menée par Fidel Castro. » écrit l’AFP.

    En vérité la mortalité infantile était à Cuba en 1958 de 36,7 pour 1000, (source : http://www.hist.umontreal.ca/U/morin/pub/Cubdemo.htm ) soit un taux comparable à ceux des pays développés de l’époque ( la France se situait à la même année à 31,4), et ensuite ce taux a augmenté pendant les premières années de la révolution pour atteindre un maximum de 45,2 pour 1000 en 1962.
    Par conséquent le taux de mortalité infantile était à Cuba, plutôt bas, puisque proche d’un pays développé, ce qui correspond d’ailleurs avec les autres indicateurs économiques de Cuba de l’époque qui plaçait Cuba dans le groupe de tête des pays les plus développés d’Amérique Latine.

    Mais la situation de Cuba avant la révolution est devenue comme beaucoup d’autres sujets historiques, un leitmotiv de la propagande cubaine, qui est souvent reproduit sans le moindre recul par les médias occidentaux.
    Or en 1958, Cuba n’est pas le pays arriéré que décrit systématiquement la propagande du régime cubain. Cuba se situe au troisième rang des pays d’Amérique latine pour le PIB par habitant, et au quatrième rang pour l’espérance de vie, mais aussi pour l’instruction, la santé et la protection sociale.

    En 1957, Cuba comptait parmi les pays d’Amérique Latine en pointe pour l’élevage du bovin et la consommation de viande (0,9 tête de bétail par habitant). Aujourd’hui la viande de bœuf a disparu de l’assiette des Cubains : il ne reste que 4 millions de tête de bétail pour une population de 11 millions d’habitants.
    Cuba comptait en 1958 une presse abondante : la troisième du continent latino américain en diffusion par habitant avec 58 quotidiens et 129 magazines.
    La grande île affichait aussi un santé financière insolente : le peso cubain est aligné sur le dollar américain et avec des réserves de changes évaluées à 387 millions de dollars, Cuba dispose de la troisième cagnotte de la région, derrière le Vénézuela et le Brésil.

    Même chose pour l’alphabétisation, qui est systématiquement présentée comme une grande conquête du socialisme. En vérité d’autres pays ont fait mieux que Cuba. En 1958 Cuba affiche un taux d’alphabétisation de 76%, en quatrième position des pays d’Amérique Latine (après l’Argentine, le Chili, et le Costa Rica), et il est aujourd’hui de 96%.
    Lorsqu’on adopte une vision relative des progrès du système éducatif cubain, les performances n’ont rien d’exceptionnel : d’autres pays d’Amérique Latine qui affichait des taux comparables à ceux de Cuba en 1957, ont réalisés des progrès similaires. Durant la même période, le Paraguay a augmenté son taux d’alphabétisation de 68 à 93% et la Colombie de 62 à 92%. (SOURCE: UN STATISTICAL YEARBOOK 1957, pp. 600-602; UN STATISTICAL YEARBOOK 2000, pp. 76-82. )

    Par conséquent ces évolutions positives ont eu lieu non pas grâce au socialisme, comme on le répète constamment, mais malgré le socialisme qui a appauvri considérablemeent Cuba et la population cubaine.

  • Il n’y a pas si longtemps, évoquer Cuba c’était d’abord faire référence à un pays et une révolution mythique avec ses grandes figures romantiques : Che Guevara, Camillo Cienfuegos et bien sûr, l’inébranlable Fidel Castro. À ce dernier, on a beaucoup pardonné parce qu’il a au commencement incarné un épisode révolutionnaire bienvenu dans cette région, et surtout parce qu’il a su tenir tête aux Américains.

    Le plus surprenant n’est pas que le communisme ait produit à Cuba, comme partout ailleurs en son temps, une société totalitaire et policière. Qui s’en étonnerait aujourd’hui ? Mais plutôt que Fidel Castro continue curieusement à bénéficier d’un traitement de faveur assez singulier pour un dictateur.

    Difficile d’imaginer les touristes de l’époque se ruer dans la Roumanie de Ceausescu ou l’Albanie d’Enver Hodja pour y admirer les « conquêtes du socialisme », ou la « résistance héroïque » du peuple face à l’agression capitaliste ?
    C’est pourtant ce qui se passe à Cuba avec la caution bienveillante d’une bonne partie de la « gauche » politique et intellectuelle qui n’arrive pas à enterrer sa jeunesse idéaliste et néo guévariste. Cuba serait devenu le dernier rempart contre la mondialisation et la pensée unique. Une sorte de potion miracle anti Bush, une expérience intéressante, un laboratoire qui mérite d’être conservé.

    La vérité c’est que Fidel Castro laisse aujourd’hui en héritage un pays plus pauvre que celui qu’il a trouvé en 1959.

    Une des premières tâches l’ère post castriste sera donc de renouer les fils de l’histoire coupés en 1959.

    Fidel Castro a réécrit l’histoire du Cuba d’avant la Révolution pour en faire un repoussoir au service de sa propagande. Ce travail s’avère indispensable puisqu’il permet aussi de faire une sorte de bilan de presque un demi siècle de « socialisme héroïque ».

    Le discours officiel fait habituellement référence au Cuba d’avant la révolution comme à un pays arriéré, gangrené par la prostitution et le gangstérisme, et peuplé d’habitants en majorité analphabètes et livrés à eux-mêmes.

    Le milieu des gangsters américains est certes présent, prospérant du produit des jeux, de la drogue et de la prostitution, mais pour le reste il semble que l’on ait tendance à noircir un peu le tableau. En 1958, Cuba se situe au troisième rang des pays d’Amérique latine pour le PIB par habitant, et au quatrième rang pour l’espérance de vie, mais aussi pour l’instruction, la santé et la protection sociale.

    Concernant la mortalité infantile, avec un taux de 32 pour mille, Cuba arrivait en 1957, en 13 e position devant l’Irlande et la France. En 1957, Cuba comptait parmi les pays d’Amérique Latine en pointe pour l’élevage du bovin et la consommation de viande (0,9 tête de bétail par habitant). Aujourd’hui la viande de bœuf a disparu de l’assiette des Cubains : il ne reste que 4 millions de tête de bétail pour une population de 11 millions d’habitants.

    En 1958 Cuba affiche aussi une santé financière insolente : le peso cubain est aligné sur le dollar américain et avec des réserves de changes évaluées à 387 millions de dollars, Cuba dispose de la troisième cagnotte de la région, derrière le Vénézuela et le Brésil.

    Pendant de nombreuses années, les résultats calamiteux de Cuba ont été camouflés par les généreuses subventions de l’URSS et des pays de l’Est. La rupture intervient en 1990 : la génération élevée à l’ombre des principes de la révolution réalise subitement que le socialisme cubain ne doit sa modeste prospérité qu’aux subsides des « camarades » du Bloc de l’Est. En 1993, le grand frère russe ferme le robinet et l’économie cubaine sombre brutalement : le PIB enregistre une chute vertigineuse de 40% dont le pays ne s’est pas encore complètement remis.

  • Contrairement à bon nombre d’autres ouvrages, parfois beaucoup plus volumineux, la question des droits de l’homme et de la dissidence est abordée sans détours et avec justesse, de même que la nature dictatoriale et totalitaire du régime cubain.

    Seul le chapitre dénommé « l’embargo, arme fatale » est assez peu explicite, comme son titre d’ailleurs. Pour qui l’embargo est il une arme fatale : certainement pas pour les Etats Unis, puisqu’en près d’un demi siècle, il a au contraire démontré sa complète absence d’efficacité.
    Peut-être pour Fidel Castro alors, car l’embargo (dénommé abusivement blocus par le gouvernement cubain) sert effectivement d’arme propagandiste pour expliquer les échecs économiques à répétition du socialisme cubain.

    Ce titre mériterait en tous cas une explication, de même que le sous titre de l’ouvrage « la révolution trahie »…. Par qui et pourquoi ? Par Castro car il avait promis un retour aux élections et à la démocratie ? Par Castro car sa révolution a connu une dérive totalitaire et bureaucratique (comme toutes les révolutions d’ailleurs), alors dans ce cas la référence au titre utilisé par Trotski dans sa critique de la révolution bolchevique est pertinente. Toujours est-il que ce titre en forme d’admonestation n’est pas expliqué par l’auteur.

    Ceci ne retire rien a cet ouvrage basique, et à ses 25 mini chapitres de deux pages, qui satisferont les étudiants et les voyageur curieux, lassés de la prose approximative et répétitive des guides de voyage.

    présentation de l’éditeur

    Comprendre les questions les plus diverses présentées par les meilleurs spécialistes. Des textes clairs, fiables et précis qui vont à l’essentiel. Une iconographie Une présentation agréable pour faciliter la lecture. appropriée permettant de compléter l’information. Une présentation agréable pour faciliter la lecture. Les Essentiels Milan, une collection accessible à tous. Peu de pays suscitent à la fois autant d’attraction et d’hostilité, de fantasmes et d’espoirs. Cuba, l’île du cigare, du rhum et de la salsa, est aussi un régime – instauré par Fidel Castro – qui déchaîne les passions depuis la révolution de 1959. Jouissant d’un niveau d’instruction et d’un système de santé inégalés en Amérique latine, Cuba est aussi un État autoritaire, sans liberté d’expression et pratiquant la censure. Soumise à un embargo de la part des États-Unis depuis 40 ans, et après 10 ans de crise profonde consécutive à la fin du bloc soviétique, l’économie cubaine se rétablit peu à peu grâce au tourisme et à de nouveaux partenariats. Ce livre revient sur l’histoire chaotique du pays et présente les scénarios et les enjeux de la transition politique à venir.

    biographies de l’auteur

    Loïc Abrassart, diplômé d’histoire de l’Amérique latine et de sciences politiques, est journaliste.

  • Est ce vraiment le rôle d’une ONG de s’ériger en soutien d’une des dernières dictatures communistes du monde ? La question est posée à la lecture de ce texte publié par OXFAM et qui apporte un soutien inconditionnel au régime de Fidel Castro.

    Les donataires d’OXFAM risquent de pas bien comprendre que leur argent soit employé à financer de la propagande au service d’un pays qui est tout sauf un modèle de démocratie et de défense des droits de l’homme.

    Depuis l’annonce d’un transfert provisoire du pouvoir de Fidel Castro à son frère, les médias focalisent leur attention sur Cuba. La plupart des commentateurs mettent en lumière la volonté affichée des Etats-Unis et de l’Union européenne de mettre fin à la “dictature communiste”. Les préjugés et le “wishful thinking” prennent souvent la place d’analyses sérieuses, et beaucoup oublient de donner la parole au premier intéressé : le peuple cubain.

    On appreciera les guillemets autour de « dictature communiste » : il est clair que pour Oxfam, Cuba est une « autre forme de démocratie » comme il est ecrit plus loin dans le texte. Ensuite le fait que le peuple cubain n’ait pas eu la parole depuis 50 ans (le seul autorisé à parler librement, c’est Fidel Castro), n’est evidemment pas un problème, cela va de soi pour OXFAM.

    La pensée d’OXFAM rejoint bien celle d’une certaine gauche française qui méprisent les droits de l’homme en dehors de l’Europe. Ils considèrent en général Cuba comme une sorte de zoo : les Cubains sont a peu près convenablement nourris (en tout cas ils ne meurent pas de faim) et soignés gratuitement, alors pourquoi se plaindre ? Pourquoi se jeter à la mer par centaines de millers dès que l’occasion se présente ?

    Toujours en train de se plaindre les Cubains alors qu’ils vivent dans  » une autre forme de démocratie », avec le même type formidable depuis 50 ans.
    L’oppression quotidienne, l’absence totale de liberté, la dictature de la propagande communiste qui tient lieu d’éducation : tout ca ne compte face aux « acquis » du socialisme.

    Ensuite OXFAM parle à propos de Cuba d’ une « inacceptable réussite » et mieux encore de la « légitimité populaire du parti communiste » dans un passage proprement ahurissant.

    La légitimité populaire du parti communiste cubain est bien plus importante que celle en vigueur dans l’ancien bloc de l’Est, et Cuba n’a donc ni besoin des Etats-Unis, ni de l’Union européenne pour assurer son développement.

    Mais OXFAM garde le meilleur de sa pensée pour la fin avec cette déclaration incroyable au Cuba est qualifié comme une « autre forme de démocratie ».

    La question se pose : admettons-nous qu’un pays puisse expérimenter une autre forme de démocratie, avec une autre forme d’organisation économique ? Et si ce pays connaît un succès dans ses objectifs de développement, l’asphyxierons-nous sous prétexte qu’il inspire d’autres pays ?

    L’intégralité de ce pamphlet pro castriste signé Xavier Declercq, Directeur Mobilisation, Oxfam-Solidarité et
    Marc Ingelbrecht, Représentant d’Oxfam-Solidarité à La Havane est consultable ici:
    http://www.oxfamsol.be/fr/article.php3?id_article=797

  • « Nous commençons une nouvelle étape », a dit le directeur de CUPET, Fidel Rivero Prieto, en signant l’exploitation de deux blocs dans les eaux cubaines avec la division d’outre-mer indienne de l’India Oil and Naturel Gaz Corp ONGC Videsh.

    La compagnie publique de Malaisie, Petroliam Nasional Berhad, la norvégienne Norsk Hydro et une compagnie non identifiée, probablement du Vénézuéla ou de la Chine, ont été également admis cette année à faire des recherches dans les eaux territoriales cubaines.

    « C’est un grand pas en avant. Personne ne sait comment travailler dans des eaux profondes comme les norvégiens », a affirmé le professeur de l’Université du Nebraska Jonathan Benjamin-Alvarado.

    Benjamin-Alvarado, qui a beaucoup écrit sur les questions d’énergie cubaines, a indiqué que l’annonce faite la semaine passée par Chevron, d’une importante découverte prévue au minimum de 3.000 millions de barils dans le Golfe du Mexique, « donne davantage de crédibilité aux prétentions de Cuba ».

    Il a ajouté que « les signatures récentes indiquent que le gouvernement cubain est désireux d’ouvrir et de diversifier ses partenaires ».

    « Si Cuba trouve des quantités importantes de pétrole, il pourrait attirer d’importantes quantités d’investissement américain, mais d’abord ils doivent se décider à lever l’embargo», a dit dans une conférence de presse le ministre cubain d’Économie, José Luis Rodriguez.

    Les compagnies américaines sont interdites d’explorer à la recherche de pétrole à Cuba. Mais la possibilité de trouver du brut à seulement 144 kilomètres des côtes américaines a fait que des groupes de pression exhortent Washington à alleger l’embargo imposé en 1962 contre Cuba.

    Le président de l’Association de Commerce États Unis – Cuba, Kirby Jones, a déclaré qu’il y a en suspens des projets de loi au Congrès américain pour permettre aux compagnies américaines « d’entrer dans des discussions avec des fonctionnaires cubains dès que possible ».

    La zone économique exclusive de Cuba dans le Golfe du Mexique, de 112.000 kilomètres carrés, a été parcellée en 59 blocs pour l’exploration étrangère en 1999.

    l’Enquête Géologique des Etats-Unis a estimé que le bassin du nord de Cuba pourrait contenir quelque 4.600 millions de barils de pétrole, avec un potentiel maximal de 9.300 millions de barils et près d’un milliards de pieds cube de gaz naturel (environ 13 million de mètres cube).

    l’Espagnol Repsol-YPF a pris les droits en 2000 sur six blocs dans les eaux cubaines. Dans 2004 la compagnie a foré un puit d’essai, en trouvant des indications de pétrole de bonne qualité, bien que non dans des quantités commerciales.

    La compagnie canadienne Sherritt International a ensuite opté pour quatre blocs.

    Repsol-YPF, Norsk Hydro et ONGC Videsh ont formé un consortium pour perforer dans les six blocs de Repsol au plus tard en 2008.

    Des études séismiques sont en cours ou commenceront dans 10 autres blocs contractés par des signatures étrangères, en accord avec des sources de l’industrie.

    La portion cubaine du Golfe du Mexique a été tracée à travers des traités avec les Etats-Unis et le Mexique dans la décennie des années soixante-dix, avec des droits de pêche, et avant que soient développées des technologies pétrolières pour eaux profondes.

    Cuba produit autour de 70.000 barils par jour de pétrole de basse qualité et importe autour de 98.000 barils quotidiens à des prix préférentiels de son allié Vénézuéla.

  • Un des premiers travail des futurs dirigeants de l’ère post castriste sera de renouer les fils de l’histoire coupés en 1959. En effet en bon disciple de l’agit-prop, Castro a réécrit l’histoire du Cuba d’avant la Révolution pour en faire un repoussoir au service de sa propagande.

    Ce travail de reconstruction s’avère indispensable puisqu’il permet aussi de faire une sorte de bilan des années de « socialisme héroïque ». Le Cuba de 1958 n’était certes pas un
    paradis, mais il n’était pas non plus l’enfer que décrit le discours officiel. Les indices économiques de Cuba en 1958 sont parlants : parmi les pays d’Amérique latine, Cuba se classait en 4 e position pour l’espérance de vie, et son PIB par habitant était alors comparable avec celui des pays pauvres d’Europe comme l’Italie, l’Espagne ou la Grèce.

    Le taux d’alphabétisation de Cuba était alors de 76,4 % soit la quatrième place sur le continent latino américain après l’Argentine, l’Uruguay et le Chili. Cuba comptait en 1958 une presse abondante : la troisième du continent latino américain en diffusion par habitant avec 58 quotidiens et 129 magazines. Son système de santé était très développé avec un lit d’hôpital pour 300 habitants (contre un pour 875 au Mexique à la même époque). Enfin, concernant la mortalité infantile, avec un taux de 32 pour mille, Cuba arrivait en 1957, en 13 e position devant….la France.

    Mais à Cuba le simple fait de rappeler quelques données critiques, peut coûter très cher : parmi les dissidents arrêtés en 2003 et les plus lourdement condamnés, figurent des journalistes économistes comme Oscar Espinosa Chepe, condamné à 18 ans de prison et en liberté provisoire depuis décembre 2004 pour raisons de santé.

    Le constat de Chepe sur les années Castro est sans appel :
    « Le soit disant « modèle » cubain n’existe pas : le pays n’a survécu qu’avec l’aide de l’Union Soviétique. Aujourd’hui cette aide a disparu et le bilan est catastrophique. L’industrie sucrière a pratiquement disparu : avec 2,1 millions de tonnes cette année, nous allons atteindre la moitié de la production de 1920 (4,2 millions de tonnes) et nous avons les rendements les plus bas du monde. Il y a plus grave : Cuba est complètement dépendant des importations pour ses besoins alimentaires de base. Selon les propres chiffres du gouvernement 55% des calories, 50% des protéines et 90% des graisses végétales sont importées de l’étranger. En 1957, Cuba comptait parmi les pays d’Amérique Latine en pointe pour l’élevage du bovin et la consommation de viande (0,9 tête de bétail par habitant). Aujourd’hui la viande de bœuf a disparu de l’assiette des Cubains : il ne reste que 4 millions de tête de bétail pour une population de 11 millions d’habitants. »

    Les données publiées par Chepe n’ont rien de subversif, mais au pays de la ‘novlangue’ castriste, une simple mise en perspective historique suffit à être catalogué parmi les « mercenaires au service d’une puissance étrangère ».

    Quant à l’état d’esprit des Cubains il est bien résumé par le sociologue Vincent Bloch (cite par Le Monde) « La population vit dans l’obsession de ne pas se faire remarquer. L’insuffisance des revenus et des services publics, l’impossibilité de respecter à la lettre toutes les règles concernant le logement, les transports ou les loisirs, l’irrationalité des normes de travail et de production, l’invraisemblance des lois, obligent à un viol systématique de la légalité, poursuit-il. Tout citoyen devient ainsi un coupable potentiel, devant se méfier des voisins, des collègues et des proches, sans parler des étrangers, dont la fréquentation est déconseillée. »

    En outre, « les Cubains sont plongés dans un univers de délation et d’endoctrinement depuis presque un demi-siècle. Cela pousse à adopter un comportement ambigu, dissimulé derrière la langue de bois et la participation aux manifestations officielles. On répond aux sollicitations pour éviter les sanctions, mais aussi par ambition, car seule l’adhésion ostensible à la révolution autorise l’ascension sociale. Les Cubains ont donc pris pour habitude de manier faux semblants et doubles registres. Personne ne vit de son seul salaire, personne ne croit à ce qu’on dit. »

    Il est vrai que les Cubains doivent supporter chaque jour une propagande abrutissante (sans compter les innombrables manifestations obligatoires du « peuple héroïque », sinon on perd son travail) alors qu’ils doivent se contenter d’un salaire mensuel médian de 240 pesos (soit 8 euros).
    Une rémunération misérable dont ne voudrait pas un journalier de l’Uttar Pradesh (en Inde le salaire horaire d’un travailleur non qualifié est de 0,5 dollar, 1 dollar pour un employé d’un centre d’appel).

    A ceci s’ajoutent bien entendu les menus inconvénients propres au système socialiste réputé sans classe, donc sans conflit : un syndicat unique au service du parti unique, et l’interdiction de faire grève bien entendu.

  • Selon une note publiée par la « lettre de La Havane » (une publication de l’ambassade de France à Cuba), le nombre des entrées de touristes à Cuba en avril 2006 (230 048) a été
    supérieur de +6,7 % par rapport à la même période 2005. Pour les 4 premiers mois, 970 514 visiteurs sont venus, soit +3,3% par rapport à 2005, contre +9% pour 2004/2005.

    4 996 vénézuéliens sont entrés en avril, soit 34 769 (+38,5%) pour la période cumulée. Plus de 250 000 sont attendus cette année dans le cadre de l’opération « Milagro », contre 185 000 l’année dernière et 86 000 en 2004 (+115%). Il s’agit d’un programme de chirurgie oculaire dont Cuba s’est récemment fait une spécialité, et qui fait notamment partie du programme d’échange de services contre du pétrole avec le Venezuela

    On note une légère remontée des visiteurs canadiens de +2,4% en avril (26% des entrées à Cuba en 2005), mais une baisse globale de -2,1% sur les 4 mois.
    Les anglais (+22,4% globalement) et les espagnols (+8,4%) continuent de venir plus nombreux, tandis que le nombre des français en visite à Cuba régresse (-16,8% en avril et -7,1% jusqu’à avril).

    En fait sont comptabilisés comme « touristes », tous les voyageurs entrant sur le territoire cubain et de nationalité étrangère : par conséquents les dizaines de milliers de ressortissants de pays sud-américains soignés gratuitement à Cuba, entrent également dans cette statitisque.

  • Des entreprises comme Marathon Oil Corp. font pression au Congrès pour qu’on leur permette de présenter une offre pour exploiter les réserves de brut et de gaz naturel dans les eaux cubaines. Ils sont soutenus pas des élus républicains au Congrès qui demandent au président George W. Bush d’appuyer une loi pour exempter des entreprises pétrolières de l’embargo commercial contre Cuba qui date de 1962, ainsi que d’une interdiction d’exploration à moins de 100 milles (160 kilomètres) des côtes des USA.

    La demande croissante de combustible des USA et la possibilité que des entreprises étrangères exploitent ces ressources justifient l’exonération, affirment des partisans de du commerce avec Cuba.  »Crois t-on que l’on va rester les bras croisés et permettre que la Chine extraie du pétrole dans notre arrière cour ?  », a commenté le sénateur Pete Domenici, président de la Commission d’Énergie du Sénat et sponsor avec 12 autres législateurs du projet qui exempterait certaines entreprises américaines de l’embargo contre Cuba.

    Pour leur part, des groupes cubano américains considèrent que la loi renforcerait le régime de Fidel Castro, et en tout cas ils veulent plutôt que l’embargo se durcisse.

    « C’est une tentative contre l’embargo, déguisé en tentative d’obtenir de l’énergie parce qu’elle nous en avons besoin », a commenté Jorge Soriano, ex directeur de la Fondation Nationale Cubano Américaine (FNCA ou CANF en américain). « Il est hypocrite de vouloir aller à Cuba et aider Castro, alors que l’on exploite même pas dans nos propres eaux».

    Les entreprises américaines ont essayé d’assoupir l’embargo depuis longtemps. Bien que les restrictions agricoles aient été levées en 2000, d’autres tentatives ont depuis lors échouées.

    Toutefois, la combinaison d’inquiétude publique à cause des prix élev&s de l’essence et le pouvoir politique de l’industrie pétrolière pourraient augmenter cette fois les possibilités de succès.

    « Quand il s’agit d’une industrie nationale forte, à chaque fois qu’ils se battent contre l’embargo, ils gagnent », a assuré Robert Muse, un avocat de Washington qui représente des compagnies des USA qui ont un contentieux avec Cuba. « Quand les agriculteurs ont tenté leur chance en 2000, ils ont gagné. Le secteur énergétique a le même type de pouvoir, si non plus, à Washington. En outre, quand on parle du prix de l’essence, il y a une réelle pression».

    Le service géologique des USA estime qu’il pourrait avoir jusqu’à 4.600 millions de barrils de brut et 9.8 milliards de pieds cube (environ 140 millions de mètres cube) de gaz naturel dans le bassin nord de Cuba, presque la même réserve qur ce qui existe dans le refuge de faune et flore en Alaska, où le gouvernement de Bush veut autoriser l’exploration.

    Cuba adjuge 59 lots pour exploration pétrolières, certains à 45 milles (72 kilomètres) de Floride. Jusqu’à présent Cuba en a vendu 12 à Sherritt International Corp. du Canada et Repsol YPF de l’Espagne, et à des entreprises d’Inde et de Norvège.

    Karen Matusic, porte-parole de l’American Petroleum Institute, le groupe de pression d’entreprises comme Exxon Mobile Corp. Texas et Chevron Corp. de Californie, a affirmé que son groupe soutient l’exonération « dans le contexte d’augmenter l’accès à des réserves pétrole et gaz comme moyen de garantir la compétitivité des compagnies des Etats Unis dans le monde ».

    Le gouvernement de Bush s’oppose à l’exploitation pétrolière si près de Floride, a indiqué Dana Perino, porte-parole de la Maison Blanche. Bien qu’il soit trop tôt pour dire si Bush interdira la loi qui exempte les compagnies américaines d’embargo, le Président s’est dit « préoccupé par la destination de l’argent : le gouvernement [cubain] qui supprime les droits de son peuple », a souligné Perno.