Catégorie : économie

Economie de Cuba, embargo, évaluation des chiffres officiels

  • Cuba a lancé la semaine dernière l’exploitation d’un puits (72 000 tonnes par an) foré par le canadien Sherrit Oil and Gas International et l’entreprise d’État Cuba Petroleo et approuvé un accord entre la firme indienne Ongc Videsh, la norvégienne Norsk Hydro et l’espagnol Repsol YPF pour prospecter les eaux cubaines du golfe du Mexique.

    Ces annonces ont poussé des responsables du secteur pétrolier américain et des parlementaires à faire pression sur leur gouvernement pour assouplir l’embargo envers Cuba, réclamant que des firmes américaines soient autorisées à exploiter les gisements du détroit de Floride et à participer à l’exploration des côtes cubaines.

    « L’opinion publique américaine serait surprise et étonnée si elle savait, alors que le pays souffre d’une profonde crise énergétique, que des pays comme la Chine, l’Inde, le Canada, l’Espagne et la Norvège font des explorations à seulement 50 milles nautiques de nos côtes », a affirmé le sénateur républicain Larry Craig (Idaho, nord-ouest).

    « Il doit y avoir une raison convaincante pour que des entreprises étasuniennes ne puissent pas explorer des ressources énergétiques aussi près de chez nous et je ne suis pas sûr qu’un embargo de 45 ans, qui a échoué, mérite d’être mentionné comme une raison convaincante », a ajouté le représentant Jeff Flake (Arizona).

    Le projet de loi « permettrait aux entreprises américaines d’effectuer toute transaction nécessaire, de voyager pour raison d’affaires et de se passer d’une autorisation du gouvernement étasunien pour l’obtenir », comme l’exige actuellement la loi nord-américaine.

    Craig a mentionné aussi les problèmes environnementaux dans le détroit de la Floride, qui interdisent de faire des recherches pétrolières sur les côtes de cette péninsule pour leur importance touristique. Une récente initiative dans la Chambre cherche à éviter ces interdictions, en mentionnant les prospections réalisées dans l’île par des compagnies comme l’espagnole Repsol et la canadienne Sherrit, malgré les menaces de la loi Helms-Burton.

    Les eaux du Golfe du Mexique ont été divisées en zones d’exclusion économique entre les Etats-Unis, le Mexique et Cuba lors d’un accord signé lors de l’administration de Jimmy carter en 1977.

    Depuis 1999, quand Cuba a fait un appel d’offres concernant 59 blocs marins dans cette zone, plusieurs compagnies étrangères sont venues chercher du pétrole dans ses eaux territoriales en collaboration avec l’entreprise d’Etat Cupet.

  • Après avoir entrepris une profonde réforme du secteur sucrier, le gouvernement cubain veut relancer son ancien moteur économique, pour profiter de l’augmentation des cours du sucre. En effet, Cuba autrefois premier exportateur mondial de sucre, ne parvient même plus à subvenir aux besoins de sa population, et doit importer d’importantes quantité de sucre en provenance de Colombie.

    Le dirigeant cubain, Fidel Castro a pris en main la relance de l’industrie sucrière et a donné des instructions pour augmenter la production.

    Castro a réuni les directeurs des entreprises du secteur sucrier et des hauts responsables du Parti Communiste pour leur demander leur collaboration dans cette stratégie, a informé hier le journal officiel « Granma ».

    Pendant la réunion « ont été adoptées des mesures organisatives, financières et d’assurance pour la recherche de solutions urgentes, pour fabriquer davantage de sucre au vu de la conjoncture favorable, des prix en hausse sur le marché mondial, et des engagements pris », a ajouté Granma.

    La relance du secteur pourrait donner de l’emploi a des milliers de travailleurs qui ont été affectés par la restructuration de l’industrie sucrière entamée en 2002, qui a entraîné la fermeture plus d’une centaine de centrales sucrières.

    La relance, permettrait de produire du sucre, des dérivés et biocombustibles comme l’éthanol.

    La nouvelle politique sucrière répond à la hausse des prix sur les marchés internationaux et à la facture importante que Cuba paye pour l’importation d’environ de 100.000 tonnes de sucre de la Colombie.

    Selon une note publiée récemment par la Mission économique française à Cuba « La récolte 2004-2005, n’a produit que 1,3 million de tonnes. Une restructuration a été
    engagée à partir de 2002, avec la fermeture de plus de la moitié des installations obsoletes (sur les 156 usines sucrieres) et la désactivation de 60% (900 000 ha) des surfaces cultivées de canne a sucre.

    Fidel Castro a annoncé en 2005 que la
    dépendance de l’économie cubaine vis a vis du sucre, relevait désormais ≪ du passe colonial et esclavagiste ≫ de l’Ile. Le
    secteur n’a, en effet, plus la capacite d’honorer ses contrats a l’exportation et Cuba a été obligé, de surcroit, d’importer du sucre du Bresil et de Colombie
    depuis deux ans pour satisfaire la consommation interieure estimée a 700.000
    tonnes. »

  • Les exportations européennes vers Cuba se sont situées l’année passée à 1.272 millions d’euros, entraînées par les ventes d’équipement électrique et d’instruments optiques, selon un rapport du Bureau de la Commission Européenne à La Havane.

    Cuba a destiné plus de 440 millions d’euros à l’achat de groupes electrogènes à des entreprises européennes, surtout des sociétés allemandes et espagnoles pour pallier la crise énergétique dont souffre le pays.

    En outre, Cuba a investi environ 140 million d’euros dans l’achat d’instruments optiques à des compagnies européennes, principalement allemandes, destinés à l « Opération Miracle  » initiée avec le Vénézuéla pour s’occuper de patients latino-americains avec de faibles ressources et ayant des problèmes de vue.

    Les importations des pays de l’Union Européenne à Cuba se sont approchées des 371 millions d’euros, et l’Espagne a été le principal exportateur vers l’île.

  • Les INFRASTRUCTURES et LA VIE AU CUBA : ALIMENT, EAU et LOGEMENT

    I. ALIMENT ET AGRICULTURE

    • Population dans des conditions de « risque nutritionnel grave » : 773.000 (ONU 2005) [1]

    • Produits alimentaires importés : US$1.7 millones (2005) [2]

    • Blé importé (il n’y a pas une production nationale) : 1.000.000 TM/an (2005/06 est.) [3]

    • Riz importé : 550.000 T. (2004) – 600.000 T/an (2005/06 est.) [4]

    • Riz de production nationale : 260.000 T. (2004) – 130.000 T/año (2005 est.) [5]

    • Haricots (consommation nationale) : 240.000 T/an (2004) [6]

    • Haricots (production nationale) : 131.000 T/an (2004 est.) [7]

    • Bétail : 4.1 millions de têtes (2000) – 3.7 millions de têtes (2005 est.) [8]

    • Lait (production nationale) : 219 millions de litres (2003) – 130 million litres/année (2004 est.) [9]

    • Viande de boeuf (production nationale) : 123.000 T/an (2003) [10]

    II. EAU

    • Eau potable (population sans service) : 750.000 (Sept. 2005) [11]

    • Eau potable en Ville de La Havane (population sans service) : 100.000 (2005) [12]

    • Distribution : 50 % de l’eau potable] s’enfuit par des ruptures dans des canalisations [15

    III. LOGEMENT

    • Logements existants (fonds total) : 3.4 millions d’unités [16]

    • Logements existants en mauvais état (2005) : 1.768 millions d’unités (est.) [17]

    • Logements détruits (2001-2005) : 580.000 unités [18]

    • Logements réhabilités (2001-2005) : 188.000 unités [19]

    • Déficit de nouveaux logements : 700.000 unités (est.) [20]

    • Construction de nouveaux logements (2001-2005) : 32.000 unités/année (est.) [21]

    Notes
    1. Cf. United Nations World Food Program, « Cuba : Emergency Operation 104230 » p 2, http://www.wfp.org/operations/current_operations/project_docs/104230.pdf.

    2. Cf. Patricia Grogg, « Food Imports Rise to Compensate for Chronic Production Shortfall, » IPS, La Havane, 17 August 2005, http://www.ipsnews.net/africa/interna.asp?idnews=29935.

    3. Cf. U.N. La FAO, « Foodcrops and shortages : Cuba, » June 2005,http://www.fao.org/documents/show_cdr.asp?url_file=/docrep/008/j5649e/j5649e00.htm.

    4. United Nations World Food Program, « Cuba : Emergency Operation 104230 » p 2, http://www.wfp.org/operations/current_operations/project_docs/104230.pdf ; U.N. La FAO, « Foodcrops and shortages : Cuba, » June 2005, http://www.fao.org/documents/show_cdr.asp?url_file=/docrep/008/j5649e/j5649e00.htm.

    5. Cf. Patricia Grogg, « le riz fait naufrage dans la sécheresse, » IPS, La Havane, 15 January 2005, http://www.tierramerica.net/2005/0115/noticias4.shtml. Comme indiqué par des sources officielles anonymes, la récolte de riz de de 2005 serait approximativement la moitié de la précédente, à cause (entre d’autres raisons) des effets cumulatifs de la sécheresse qui a touché Cuba.

    6. Cf. Raisa Pagés, « le complément nécessaire pour la table, » Granma International, 17 January 2005, http://www.granma.cu/espanol/2005/enero/lun17/4mercados.html.

    7. Suppose une croissance de de trois pour cent sur le 2003 (127.000 MT). Cf. Le Cuba, Bureau National de Statistiques, http://www.cubagob.cu/otras_info/one/producciones_agropecuarias.htm.

    8. Cf. Patricia Grogg, « Temps de vaches maigres, » IPS, La Havane, 18 June 2004, http://tierramerica.net/2004/0626/noticias1.shtml. De de 4.1 millions de têtes en 2000, la sécheresse, et la faim (tant de la population humaine comme celle du bétail) ont décimé le bétail cubain à à quelque 3.7 millions de têtes en 2004. Selon un rapport de l’agence de nouvelles AFP, de de 2003 à au 2004 plus de 127.000 têtes de bétail sont mortes suite aux conditions de la sécheresse. Cf. Oscar Chepe Espinosa, La Havane, CubaNet, 5 October 2005, http://cubanet.org/CNews/y05/oct05/05a8.htm ; AFP, « Pronostiquent un premier semestre très sec au Cuba, » 26 January 2005, Cubaencuentro.com, http://www.encuentro.net/sociedad/noticias/20050126/ba47ef6001b548cbe1e1eb2f3411f561.html.

    9. Cf. Patricia Grogg, « Temps de vaches maigres, » IPS, La Havane, 18 June 2004, http://tierramerica.net/2004/0626/noticias1.shtml. Milk production fell by 89 million liters in 2004. United Nations World Food Program, « Cuba : Emergency Operation 104230 » p 2, http://www.wfp.org/operations/current_operations/project_docs/104230.pdf.

    10. Cf. Patricia Grogg, « Temps de vaches maigres, » IPS, La Havane, 18 June 2004, http://tierramerica.net/2004/0626/noticias1.shtml.

    11. Cf. Raisa Pagés, « les barrages à à 60 % de sa capacité, » Granma International, 15 September 2005, http://www.granma.cu/espanol/2005/septiembre/juev15/38agua.html. Pour consulter les statistiques officielles les plus récentes sur les effets de la sécheresse, niveaux des barrages, etc., voir Cuba, Institut de Ressources Hydrauliques, « Rapport Bimensuel, » http://www.hidro.cu/quincenal_archivos/frame.htm.

    12. Juan Varela Pérez, « Plan d’action de Cuba pour faire face à la sécheresse, » Granma International, 22 February 2005, http://www.granma.cu/espanol/2005/febrero/mar22/sequia.html ; IPS, « Danger guette à La Havane, » La Havane, May 2005, http://www.cubaalamano.net/sitio/muestra_especial.asp?art=6251.

    13. Cf. Le Cuba, Institut de Ressources Hydrauliques, « Rapport Bimensuel, » 3 November 2005 (consulté en décembre 2005), http://www.hidro.cu/quincenal_archivos/frame.htm.

    14. Ibid.

    15. Cf. IPS, « Danger guette à La Havane, » La Havane, May 2005, http://www.cubaalamano.net/sitio/muestra_especial.asp?art=6251.

    16. Cf. María Julia Mayoral, « Commencera Cuba un des plus grand programmes de logement de son histoire, » Granma, 2 September 2005, http://www.granma.cubaweb.cu/2005/09/02/nacional/articulo01.html.

    17. Des chiffres officiels indiquent que jusqu’à 52 pour cent du fonds de logements de l’île requiert une réadaptation structurelle. Cf. EFE, « le Cuba projette de construire 100.000 logements pour faire face à pénurie, » Sept. 2, 2005, http://actualidad.terra.es/nacional/articulo/cuba_planea_construir_viviendas_hacer_470264.htm ; Damian Wroclavsky, « le Cuba admits acute housing shortage, » Reuters, La Havane, 2 July 2005, http://www.canf.org/2005/1in/desde-Cuba/2005-jul-02-cuba-admits.htm.

    18. Chiffres du gouvernement cubain relatifs à des pertes partielles ou totales de logements en raison d’ouragans et d’orages tropicaux qui ont frappé à l’île depuis le 2001 jusqu’à août 2005. Cf. M.J. Mayoral, Granma, 2 September 2005, http://www.granma.cubaweb.cu/2005/09/02/nacional/articulo01.html. See also AFP, « l’ouragan Dennis a frappé à Cuba » La Havane, 11 July 2005, http://canf.org/2005/1es/desde-Cuba/2005-jul-12-el-huracan-dennis.htm.

    19. Logements réparés ou partiellement reconstruits depuis le 2001 jusqu’à août 2005.

    20. Le gouvernement a annoncé un projet ambitieux d’ajouter au fonds de logements existant quelque 500.000 nouveaux logements pour l2015. Toutefois, on calcule que la demande actuelle s’élève déjà au moins à 700.000 unités. Cf. Patricia Grogg, « S’il veut maison, ait bien pórtese, » IPS, La Havane, 13 September 2005, http://www.ipsterraviva.net/tv/ny/viewstory.asp?idnews=273.

    21. La construction de nouveaux logements au Cuba a fluctué durant les dernières années de quelques 35800 unités en 2001 à pas plus de 15400 en 2004. En septembre le Vice-président du conssil d’ETAT Carlos Lage a déclaré que l’État fournirait des matériaux pour la construction de 50.000 nouveaux logements en 2005 et autres 100.000 plus en 2006. Cf. http://www.cubagob.cu/otras_info/one/construccion.htm ; « Commencera le pays un plus grand programme de logement de son histoire, » Granma, 2 September 2005, http://www.granma.cubaweb.cu/2005/09/02/nacional/articulo01.html ; AFP, 11 July 2005, http://canf.org/2005/1es/desde-Cuba/2005-jul-12-el-huracan-dennis.htm.

  • « Nous offrons d’opérer 150.000 Américains pauvres qui n’ont pas l’argent pour se soigner la vue », a déclaré Castro à la télévision cubaine, pendant un programme dans lequel il a critiqué le gouvernement de George W. Bush.

    Fidel Castro a aussi offert l’envoi d’un avion cubain pour transporter les patients américains de la Floride vers Cuba.

    L’offre est selon Cuba  »pour ces citoyens pauvres des USA, de toutes croyances, de toute pensée, de toute ethnie qui ont besoin de venir à Cuba pour être opéré de la vue  ».

     » Je me demande si ils vont les autoriser à venir ou leur mettre une amende de $100.000 ou je ne sais combien pour venir être opéré à Cuba, ou s’ils préfèrent qu’ils restent des aveugles  », a insisté Castro.

    D’autre part, le président de Cuba depuis 1959, a signalé hier que les  »mercenaires » , terme qui désigne les dissident dans le langage du régime de La Havane, « n’obtiendront rien par la force dans ce pays ».

    Fidel Castro s’est brièvement référé aux 75 dissidents condamnés au printemps de 2003 pour insister sur le fait que sont  »des traîtres, mercenaires au service de l’empire  » et qu’ils  » sont sortis de prison chaque fois qu’ils ont un problème de santé  », en allusion aux 14 qui ont été libérés avec des « licences extrapenales ».

  • Dans ce calcul donné par les autorités cubaines entrent  » les frais de mesures préventives et de reconstruction, et les pertes en production et services non exécutés pendant les sept jours qu’a duré le passage de Wilma ».

    Les plus grands dommages ont été enregistrés  »par les pénétrations de la mer, sans précédent, qui se sont produites dans les secteurs côtiers de l’ouest deCuba les 23, 24 et 25 octobre  » a ajouté le communiqué, publié au journal officiel Granma.

    Bien qu’on ne déplore aucun décès du à Wilma, les pluies ont paralysé le pays pendant une semaine et ont provoqué des pertes dans les récoltes de grains et de tabac, selon un rapport publié hier dans Granma.

    Pendant les jours qu’a duré le passage de Wilma et il y a eu une  »phase d’alarme cyclonique  » et 760.168 résidents cubains ont été évacués, et 246.631 animaux transférés à des zones sûres.

    Quelque 7.589 logements ont été détruits, dont 446 l’ont été totalement et le reste avec des dommages principalement dans les toitures.

    Parmi les cultures les plus touchées, on trouve le tabac, parce que beaucoup de maisons de séchage se sont effondrées.

    Le café a aussi souffert dans sa récolte parce qu’étant donné les pluies intenses on n’a pas pu reprendre le grain, dont la maturation a été accélérée par l’humidité et la chute rapide au sol.

    Quant à la pêche, a expliqué le rapport, les dommages ont touché en particulier le secteur langoustier à cause de l’évacuation obligatoire des travailleurs côtiers, et la retraite de quelque 550 bateaux vers des zones de haute mer.

    Dans le secteur du tourisme, un des plus dynamiques du pays, Wilma a affecté 41 installations hôtelières, dont la plupart on pu fonctionner de nouveau en peu de temps.

    Mais la plus spectaculaire des conséquences de Wilma a été l’inondation de La Havane, où des bâtiments ont parfois eu jusqu’à deux et trois mètres d’eau, provoquant des dégâts importants.

  • Trois décrets divulgués dans les medias officiels ont annoncé des hausses échelonnées dans les tarifs électriques pour sanctionner ceux qui consomment plus de 100 kilowatts/heure, ainsi que des augmentations des pensions et salaires –le minimum est de $9 dollars et la moyenne de $15– selon les catégories de diplômes.

    Adressées aux professionnels, les hausses salariales paraissent conçues pour pallier le fossé croissant dans la société cubaine entre ceux qui perçoivent des pesos cubains (secteur étatique) et ceux qui gagnent des dollars (secteur privé et marché noir). On cite souvent l’exemple des médecins ou des professeurs d’université qui délaissent souvent leur emploi officiel, pour en faire d’autres plus lucratifs comme chauffeur de taxi.

    Fidel Castro, a justifié les nouveaux tarifs par le prix élevé du pétrole, le gaspillage, et les augmentations salaires et des pensions par la nécessité de lutter contre la fracture sociale ouverte par la crise économique de 1991 provoquée par la chute de l’Union Soviétique.

     »Il existe de grandes inégalités de revenus entre ceux qui reçoivent des pensions et des salaires relativement faibles (de l’Etat) et ceux qui profitent de la spéculation, des détournement de ressources et autres formes d’enrichissement illicite », a souligné le document signé par Fidel Castro.

    Les mesures étaient attendues depuis que jeudi dernier, dans un discours de presque six heures, Castro a tracé une nouvelle direction pour la révolution socialiste qu’il dirige depuis 46 ans, avec comme base une « bataille morale » et une plus grande centralisation de l’économie étatique.

    Sa cible est désormais les « nouveaux riches » (agriculteurs privés, commerçants, propriétaires de restaurants privés (paladares), loueurs de chambres à des étrangers) autorisés au début des années 90 pour palier les effets de la crise économique.

    Les augmentations salariales, qui s’ajoutent à celles de mai et juillet, entraineront un accroissement moyen mensuel de 43 pesos cubains ($1.80) à partir de décembre pour 2.2 millions de travailleurs.

    Les pensions de retraite minimales passeront de 150 pesos cubains par mois ($6.25) à 164 ($6.80), –ce qui profitera à plus de 1.2 million de retraités–, tandis que les prestations de l’assistance sociale minimale resteront dans 122 pesos ($5).

    Une chose est sûre : le Cubain devra toujours se contenter d’un salaire mensuel médian de 250 pesos (soit 9 euros). Une rémunération misérable dont ne voudrait pas un journalier de l’Uttar Pradesh (en Inde le salaire horaire d’un travailleur non qualifié est de 0,5 dollar, 1 dollar pour un employé d’un centre d’appel). Le résultat édifiant de 47 ans de « socialisme héroïque au service du peuple combattant », auxquel s’ajoutent les menus inconvénients propres au système socialiste réputé sans classe, donc sans conflit : un syndicat unique au service du parti unique, et l’interdiction de faire grève.

    Devant la chute brutale de l’économie cubaine après la disparition du bloc soviétique, le gouvernement cubain avait légalisé l’utilisation du dollar en 1993, permis les envois de devises de l’extérieur, autorisé le travail d’indépendant pour une centaine de profession artisanales, et tolérés quelques services privés tout en donnant la priorité au tourisme.

    « Nous ne sommes pas néo-libéraux », a tenu à préciser Castro. D’autres mesures restent à venir, comme la disparition du carnet de rationnement, et la limitation des taxis collectifs privés.

    Castro a aussi suggéré une future réévaluation de la monnaie locale face à la devise convertible ($0.80 par un pesos convertible ou CUC), ce qui pénaliserait ceux qui reçoivent des devises en provenance de l’étranger.

    L’économiste dissident Oscar Espinosa Chepe a affirmé que la corruption est  » un cancer en augmentation  », et le dirigeant dissident Manuel Cuesta a demandé des « réformes en profondeur  ».

  • Un rapport de l’hebdomadaire « Tribune de La Havane », organe du comité provincial du Parti Communiste de Cuba, a divulgué le résultat de récents controles dans les « agros » de la capitale cubaine : 1.700 quintaux de marchandise et 36 camions ont été confisqués.

    Selon « La tribune » il s’agissait de producteurs qui ont commis des irrégularités en vendant des aliments sans avoir rempli la quote-part qu’ils doivent livrer à l’Etat.

    Les « marchés agropecuarios », plus communément désignés « agros » par la population qui y trouve une source importante de denrées alimentaires, ont été ouverts une première fois dans les années 80, puis fermés en 1986 et récemment autorisés de nouveau en 1994, à la suite de graves pénuries alimentaires.

    Ces installations permettent aux paysans de mettre à la disposition de la population leurs marchandises de manière particulière : les prix sont fixés en fonction de l’offre et la demande. Malgré des prix élevés pour le pouvoir d’achat cubain, ces marchés sont très fréquentés pas les Cubains, car ils offrent un approvisionnement bien plus régulier et de meilleure qualité que le circuit étatique sur carnet de rationnement.

    Les marchés « agros » ont été ouverts de manière temporaire pour pallier à la crise économique des années 1990 (el periodio especial), mais le gouvernement a toujours dit que en cas d’amélioration de la situation les «agros » et les travailleurs indépendants retourneraient sous contrôle de l’état.

    Le gouvernement a annoncé en 2004 son intention de reprendre le chemin d’un contrôle étatique serré et d’approfondir les caractéristiques de son système communiste.

    Selon des fonctionnaires on ne prétend pas « étouffer » ces travailleurs, mais « les réglementer » ; mais les critiques accusent le gouvernement de chercher à maintenir idéologiquement les cubains sous dépendance étatique.

    Castro en personne a durement attaqué dans ses derniers discours les travailleurs indépendants en les accusant de commettre des irrégularités ou de contribuer à la corruption et au développement du marché noir.
    Pour Fidel Castro, tous sont des « nouveaux riches ».

    Fin octobre, plusieurs milliers de travailleurs sociaux envoyés des provinces ont remplacé pendant 45 jours les employés des pompes à essence de la Havane, accusés de détourner du carburant au marché noir.

    À début de l’année, Cuba a annoncé aussi une série de mesures financières visant à renforcer le controle étatique, comme l’élimination du dollar et l’ utilisation obligatoire du peso convertible cubain.