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Les libertés et la répression à Cuba

  • Les 25 ont adopté lundi à Luxembourg une déclaration en ce sens, en soulignant qu’ils voulaient mener un «dialogue critique et complet» avec Cuba «à tous les niveaux».

    Dans cette déclaration, ils ont néanmoins «déploré la nouvelle détérioration de la situation des droits de l’Homme» sur l’île depuis un an, et redemandé «la libération inconditionnelle de tous les prisonniers politiques».

    Les ministres se sont également dits inquiets du «retour en arrière» de Cuba qui avait fait de timides efforts d’ouverture économique, «limitant ainsi encore plus l’espace laissé aux initiatives économiques privées».

    Les 25 ont maintenu la suspension des sanctions malgré l’opposition de la Répulique Tchèque, qui demandait un retour à une politique plus dure envers le régime de Fidel Castro.

    La République tchèque est, au sein de l’UE, l’un des principaux partisans d’une reprise des sanctions.

    Avec l’appui de la Pologne et de la Slovaquie, Prague a souvent dénoncé l’échec de la politique de «dialogue» menée par l’UE avec Fidel Castro depuis 1995.

    L’UE avait décidé en juin 2003 d’imposer des sanctions contre Cuba, après l’arrestation de quelque 75 opposants au régime castriste.

    L’UE avait alors décidé de limiter les visites européennes de haut niveau sur l’île et d’inviter les dissidents aux fêtes nationales organisées par les ambassades de l’UE à La Havane, provoquant la colère des autorités cubaines.

    Sous l’impulsion de l’Espagne, les 25 avaient cependant décidé en janvier 2005 de suspendre ces sanctions. Cette suspension avait ensuite été renouvelée jusqu’au 1er juillet 2006, d’où la nécessité de se prononcer à nouveau pour la période commençant après cette date.

    extrait du texte officiel adopté par l’Union européenne.

    L’UE reprendrait avec plaisir un dialogue politique avec les autorités cubaines. Ce dialogue devrait porter notamment sur la question des droits de l’homme et avoir lieu sur une base réciproque et non discriminatoire. Le Conseil a engagé le gouvernement cubain, en vue de favoriser un dialogue positif et mutuellement bénéfique, à montrer qu’il était prêt au dialogue en apportant des améliorations concrètes à la situation en matière de droits de l’homme. Le Conseil a souligné que tous les visiteurs de haut niveau devraient faire part aux autorités cubaines des préoccupations que suscite la situation en matière de droits de l’homme.

  • Comme la majorité des dictateurs, Fidel Castro est un menteur effronté, spécialement quand il parle de son régime. C’est ainsi qu’il a imprudement déclaré en avril 2001 dans une conférence internationale réunie à La Havane :


    « Dans notre pays il n’y a jamais eu d’escadron de la mort, aucun disparu, aucun meurtre politique, aucune victime de tortures. On peut voyager à Cuba, demander aux gens, de chercher seulement une preuve, essayer de trouver un seul cas où le gouvernement révolutionnaire a ordonné ou a toléré une action semblable. Et s’ils le trouvent, alors jamais plus je ne parlerai à nouveau en public « .

    Mais le défi de Fidel Castro– « Qu’ils essayent de trouver un seul cas » — ne va pas rester sans réponse. Le projet Cuba Archive (http://www.CubaArchive.org) travaille pour documenter le coût en vies humaines, de plus de cinq décennies de dictatures cubaines. Le personnel minuscule des archives, qui a son siège dans le New Jersey, s’est imposé la tâche monumentale d’identifier chaque homme, femme et enfant tués par les dirigeants de Cuba depuis le 10 mars 1952, le jour où Batista a renversé le dernier président de l’île élu démocratiquement. Méticuleusement, impartialement, les chercheurs de CubaArchive réunissent les preuves que Fidel Castro dit ne pas exister– victime par victime.

    Les victimes de la révolution sont tombées face à un peloton d’exécution, ont été frappées à mort par les matons de Castro; elles sont mortes pour avoir résisté au communisme sur leur terre ou quand on les a envoyé combattre pour le communisme à l’étranger. Entre les mains des gardiens de prison de Castro, certains ont été poussés au suicide; beaucoup ont disparu.

    C’est aussi une tâche lente et laborieuse. Chaque décès qui entre dans les archives doit être confirmé au moins par deux sources indépendantes et être documenté, dans la mesure du possible, avec des photographies, le témoignage de témoins oculaires et les mémoires des survivants. « Nous ne voulons pas simplement annoter des noms et des chiffres », dit María Werlau, presidente de Cuba Archive. « Nous voulons raconter chaque histoire. Nous voulons que le monde connaisse l’ampleur de la tragédie cubaine « .

    Jusqu’à présent, les archives ont enregistré les décès de 9.240 victimes du régime de Castro. Qui étaient ils ?
    La soeur Aída Rosa Pérez, envoyée en prison comme « ennemi de la révolution » est morte d’un arrêt cardiaque causé par la torture et les travaux forcés. Estanislao González Quintana, qui est mort tandis qu’il était sous garde policière, quatre jours après avoir été arrêté pour « activité économique illégale » ; son cadavre montrait des hématomes visibles et une profonde plaie sur le front. Les trois frères García-Marín Thompson, qui ont cherché asile dans la nonciature du Vatican à La Havane, puis être capturés par des troupes du ministère de l’Intérieur et exécutés après un jugement sommaire. Madame Alberto Lazo Pastrana, qui est morte avec ses trois fils quand le bateau dans lequel ils essayaient d’abandonner Cuba a été coulé par l’armée cubaine.
    Carlos Alberto Costa, américain de 29 ans, abatu par un avion de chasse à réaction cubain alors qu’il participait à une mission de recherche et de sauvetage au dessus des eaux internationales. Et 9.230 autres.

    María C. Werlau et le directeur de recherches des archives, Armando Lago, économiste, estiment que jusqu’à 77.000 Cubains peuvent avoir perdu la vie en tentant de s’échapper de l’île.

    María C. Werlau, qui a vécu au Chili pendant la dictature de Pinochet, a personnellement vu comment la conscience internationale des atrocités en matière de droits de l’homme a aidé le Chili à reconstituer sa démocratie. « Le régime de Castroi a exécuté a davantage de gens durant seulement ses trois premières années, que le régime de Pinochet a fait de tués ou « disparus « durant toutes ses 17 années de pouvoir » précise Werlau. « Mais les victimes de Castro — et qu’incluent non seulement des adversaires politiques mais aussi des familles complètes assassinées pour avoir essayé de s’enfuir — sont encore inconnues, ignorées ou oubliées. »

    « Simplement, nous devions faire quelque chose autour de cela ».

  • Le chef de l’État s’exprimait lors d’une cérémonie pour les 45 ans du ministère cubain de l’Intérieur, organisée au théâtre Karl Marx de la capitale en l’absence de la presse étrangère.

    «Cuba est le pays le plus sûr du monde et nos combattants du ministère de l’Intérieur peuvent être considérés également comme les plus sains et les plus honnêtes. Ce n’est pas par hasard que le peuple cubain jouit d’une tranquillité bien supérieure à celle des autres citoyens n’importe où sur la planète», a déclaré Fidel Castro, cité par le quotidien Juventud Rebelde.

    Le président cubain Fidel Castro a reproché à l’industrie touristique d’avoir provoqué le retour à Cuba de divers maux, tels que la drogue et, sans la nommer, la prostitution, tout en assurant que l’île restait le pays «le plus sûr du monde», a rapporté jeudi la presse officielle.

    Fidèles aux principes les plus éthiques, les membres du MININT travaillent pour que le peuple vive en paix, protégeant des vies et des biens sur la base du respect des normes et des lois établies et jamais avec l’emploi de la force, de la torture ou de la terreur, a ajouté Fidel Castro.

    Il a donné comme exemple que la police cubaine, en s’appuyant sur ces principes, «est la plus décente et honorable au monde dans sa tâche de veiller sur la sécurité publique et l’ordre interne, quelque chose que le système capitaliste ne peut résoudre».

    À ce sujet, Fidel a expliqué que la prolifération de maux comme le trafic et la consommation de drogue, le tourisme sexuel et la corruption rendent impossible de maintenir dans d’autres pays la tranquillité dont jouissent les Cubains.

    «Alors qu’avant on ne parlait même pas de drogue à Cuba, il n’existait pas tous ces délits qu’a apportés l’industrie touristique dans le pays, et nous n’avions pas à affronter autant d’illégalités que celles qui ont proliféré, ces dernières années surtout», a déclaré Fidel Castro.

    Mais «malgré les déficiences que nous avons encore, nous pouvons nous sentir fiers de vivre dans une des sociétés les plus organisées et les plus cultivées du monde», a-t-il ajouté, estimant que «le capitalisme ne résoudra jamais les problèmes d’ordre public».

    La puissante police cubaine, formée à l’école des ex-pays communistes européens, s’appuie en outre sur un réseau de citoyens dans les «comités de défense de la révolution» (CDR), qui quadrillent chaque paté de maisons et assurent le contrôle social de la population.

    Aucune statistique officielle connue ne permet de donner une idée de la délinquance à Cuba, et la presse officielle maintient un silence strict sur le sujet.

    Il en est de même pour le nombre de personnes emprisonnées à Cuba, régulièrement estimé entre 100 et 150.000. Le régime castriste s’est doté en 45 ans d’un véritable « goulag tropical », avec plus de 100.000 détenus aujourd’hui contre moins de 4.000 avant son arrivée au pouvoir.

    Président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, interdite), Elizardo Sanchez Santa Cruz, lui-même ancien prisonnier politique, a déjà à plusieurs reprises souligné « l’hypertrophie du système carcéral » cubain, passé de 14 prisons en 1958 à plus de 200 aujourd’hui.

    Les affirmations de M.Sanchez n’ont jamais été publiquement démenties par le gouvernement cubain. L’unique visite de la Croix-rouge internationale dans les prisons cubaines remonte à 1988. Elle a donné lieu à un rapport qui a mécontenté les autorités et est resté « très confidentiel », selon M. Sanchez.

    « La torture physique n’est pas la règle à Cuba », selon lui, mais « la torture psychologique est régulièrement pratiquée », sous forme d’isolement du prisonnier dans des cellules minuscules, surchauffées, mal aérées, sans eau courante, et accompagnée parfois de privation de sommeil pour l’obtention d’aveux.

    De très nombreux témoignages ont permis d’établir que la torture a été pratiquée massivement à Cuba, et continue de l’être. Selon l’organisation CubaArchive.org, le castrisme aurait fait 9.240 victimes à Cuba.

    María C. Werlau et le directeur de recherches de cette organisation, Armando Lago, économiste, estiment que jusqu’à 77.000 Cubains peuvent avoir perdu la vie en tentant de s’échapper de l’île.

    María C. Werlau, qui a vécu au Chili pendant la dictature de Pinochet, a personnellement vu comment la conscience internationale des atrocités en matière de droits de l’homme a aidé le Chili à reconstituer sa démocratie. « Le régime de Castro a exécuté davantage de gens durant seulement ses trois premières années, que le régime de Pinochet a fait de tués ou « disparus » durant toutes ses 17 années de pouvoir » précise Werlau.

    « Mais les victimes de Castro qui sont souvent plus nombreuses– et qu’incluent non seulement des adversaires politiques mais aussi des familles complètes assassinées pour avoir essayé de s’enfuir — sont encore inconnues, ignorées ou oubliées. »

  • Car tel était bien le projet initial qui regroupait des hommes venus souvent d’horizons très différents : or comme l’immense majorité des membres de la guerilla, Huber Matos n’est pas communiste.


    Cela ne l’empêche pas d’obéir loyalement aux ordres de Castro, (qui s’est toujours déclaré farouchement anti communiste à cette époque), dont il critique parfois ouvertement le coté autocrate et désordonné. On apprend d’ailleurs dans le récit de Matos, que la drogue, plus précisément la culture de marijuana servait déjà à financer Castro alors qu’il était encore dans la Sierra Maestra. On apprend aussi que Fidel Castro est un trouillard maladif et que ses faits d’armes sont tout simplement inexistants : il se débrouille toujours pour être très loin des tirs et des affrontements, toujours parce que « ses camarades l’ont supplié de ne pas prendre de risques ».

    Après la fuite de Batista et l’entrée de l’armée rebelle à La Havane en janvier 1959, Huber Matos assiste impuissant à l’infiltration progressive du mouvement par les communistes, alliés de Raul Castro, qui pour la plupart n’ont d’ailleurs jamais participé aux combats dans la Sierre Maestra. Beaucoup d’opportunistes médiocres affidés des bureaucrates du PC débarquent alors de La Havane pour donner des ordres à ceux qui ont combattu pour la liberté, et pas pour passer d’une dictature à une autre. C’est pourtant ce qui va se passer.
    Les exécutions sommaires avec ou sans « jugement » se multiplient dans tout le pays et en particulier à la prison de la Cabana à La Havane sous la direction de Che Guevara.

    Commandant de la région de Camaguey, Huber Matos commence à prendre ses distances avec Fidel Castro qui esquive ses questions sur la dérive communiste de la Révolution. Lassé de ne pas être entendu, il remet sa lettre de démission à Castro, qui est publiée en annexe de son livre. Ce sera d’ailleurs son seul crime. Une trahison inacceptable pour Castro qui le fait condamner à 20 ans de prison au cours d’un « procès », monté de toutes pièces, et qui ne sera pas le dernier de la sinistre histoire judiciaire de la révolution cubaine.

    Le témoignage d’ Huber Matos montre bien que dès le départ la révolution cubaine a été un régime parfaitement stalinien avec ses purges, ces procès truqués et ses camps de prisonniers. Ce témoignage capital est en fait l’équivalent des premiers témoignages sur le Goulag en Union Soviétique dans les années 50 : ignoré aujourd’hui, il sera un jour certainement redécouvert lorsque l’histoire des crimes du castrisme sera enfin clairement établie.

    Car la torture est pratiquée massivement dans le Cuba de Fidel Castro, non pas de manière brutale et sanglante comme dans les dictatures militaires d’Amérique Latine, mais avec le raffinement appris dans les écoles d’Allemagne de l’Est ou d’Union soviétique. A Cuba on a des principes : on assassine pas purement et simplement les opposants comme un vulgaire Pinochet. On les laisse pourrir dans un cachot humide sans fenêtres, éclairé en permanence, sans sommeil et en compagnie des rats et des cafards; pendant 10, 20 et parfois 30 ans. Parfois un simple cube de béton de 3 mètres sur 3, où le détenu dort à même le sol ou dans ses excréments afin de l’humilier le plus possible, suffit à pousser les récalcitrants vers la folie et le suicide.

    Harcelés, humiliés, interrogés au milieu de la nuit, puis emmenés au milieu de nulle part pour un simulacre d’exécution, jusqu’à l’épuisement, la démence, ou la rééducation, quand celle-ci fait éventuellement partie du programme. Car c’est toute la différence entre le bourreau communiste et le bourreau nazi : le bourreau communiste n’est pas une vulgaire brute avide de sang. Il veut le rachat de l’opposant qui n’a rien compris à toutes les merveilles du système, en un mot il rééduque. Nuance.

    Avec cette particularité du castrisme qu’est son exceptionnelle longévité. C’est ce qui permet d’infliger aux opposants des peines de 20 à 30 ans (Mario Chanes de Armas), que la plupart de ces prisonniers, tout comme Huber Matos, effectueront souvent jusqu’au dernier jour. Bon nombre de prisonniers politiques, verront aussi leur peine prolongée d’un ou deux ans(comme Angle de Fana) à l’issue de leur condamnation de 20 ans, pour achever de les briser psychologiquement.

    Lorsqu’on demande à Huber Matos de porter l’uniforme des détenus de droit commun, il refuse. On lui confisque ses vêtements et il reste plus d’une année en caleçon dans sa cellule où les murs suintent l’humidité. Pour récupérer son uniforme il entame une grève de la faim : on le frappe et l’alimente de force avec un tuyau dans lesquels on verse de la soupe bouillante.
    Au bout de six mois de ce traitement , il pèse 55 kg et est à moitié sourd. Alors qu’il est en train de mourir , un « médecin » du G2 (la police politique cubaine) est chargé de le « soigner ». Pour s’assurer qu’il est encore en vie il lui enfonce régulièrement le talon de sa chaussure dans l’estomac, ou lui casse quelques cotes pour voir s’il a encore la force de crier. On lui arrache une dent en mauvaise état sans anesthésie, et autres traitement médical « de faveur ». A la suite d’un des nombreux tabassages dont il est victime, son bras est à moitié paralysé : on commence à le soigner au bout d’un an.

    Toutes ces souffrances interviennent bien entendu dans l’isolement le plus total : la famille proche de Matos(sa femme et ses enfants) exilée au Costa Rica pense qu’il a été exécuté comme beaucoup d’autres opposants morts « accidentellement » ou de « maladie » à Cuba.
    La mère de Matos meurt pendant sa détention, mais il n’est pas autorisé à se rendre aux funérailles. Tout est prétexte aux humiliations et aux brimades et pressions psychologiques : plusieurs fois on le prépare à des visites de sa famille, qui n’auront jamais lieu, annulées au dernier moment. Sa cousine Tina et son père, très âgé, tous deux restés à Cuba se déplacent parfois de l’autre bout de l’île pour le voir : quand ils sont là , le G2 fait chanter Matos. « Signe ta confession et tu pourras voir ton père ». Résultat, Huber Matos ne vois pas sa famille pendant sept années de suite.

    Une autre méthode bien connue du G2 et qui ne sera pas épargnée à Matos : l’organisation d’un nouveau procès, juste avant la fin de sa peine. On le rejuge pour « conspiration » dans la prison et le menace de le recondamner à une nouvelle peine après ses vingt ans de prison. Cette petite « blague » a déjà réussi à pousser au suicide plusieurs compagnons de cellule de Matos, mais lui refuse de se prêter au jeu de ses tortionnaires.

    Quand aux intellectuels européens, ils sont trop occupés à encenser les bienfaits du castrisme (éducation, santé etc..) et ils conspuent ces contre révolutionnaires qui font le jeu de l’impérialisme américain. Certains n’ont d’ailleurs aujourd’hui pas beaucoup changé et préfèrent passer des centaines d’heures à jouir des privilèges, et de la compagnie de Fidel Castro, plutôt que d’entendre les cris de souffrances en provenance des cachots bondés du « paradis socialiste ».

    Leur argument est toujours le même : la répression est justifiée à Cuba à cause de l’embargo américain. Et puis c’est bien connu à Cuba les pauvres sont soignés et éduqués, ce qui n’est évidemment pas les cas aux Etats Unis. D’ailleurs c’est bien connu, chaque année, des milliers de pauvres américains tentent de gagner clandestinement Cuba en radeau pour se faire soigner correctement et apprendre à lire et à écrire à leurs enfants analphabètes.

    La vérité c’est que Cuba est un pays ruiné, que même la perfusion de pétrodollars de Chavez ne réussit plus à maintenir à flots. Après 47 années de dictature aux mains d’un mégalomane, tortionnaire méthodique de tous ses opposants et bourreau de son peuple (selon l’organisation cubaarchive.org, le régime castriste est directement responsable de la mort et de la noyade d’au moins 9240 Cubains), Cuba n’est plus qu’une ruine à reconstruire, un champ de bataille livré à la folie d’un homme seul, le « comandante », que les Cubains ont renommé el « coma andante » (le coma qui marche).
    Quand a Fidel Castro, sa fonction de chef d’Etat le met pour le moment à l’abri des poursuites judiciaires, contrairement à Pinochet, qui fait pourtant figure d’amateur avec ses quinze années de dictature et ses 3000 disparus.

  • Václav Havel, ancien président de la République Tchèque, a fondé le Comité international pour la démocratie à Cuba. Madeleine Albright, ancienne secrétaire d’État des États-Unis, André Glucksmann, philosophe français, Arpád Göncz, ancien président de Hongrie, Vytautas Landsberg, ancien président de Lituanie et Adam Michnik, ancien dissident polonais et rédacteur en chef de Gazeta Wyborcza, ont co-signé ce texte.

    Terreur tranquille chez Fidel Castro

    Ce printemps marque le troisième anniversaire de la vague de répression au cours de laquelle le régime de Fidel Castro a arrêté et infligé de longues peines d’emprisonnement à 75 dissidents cubains. Peu après, j’avais formé avec de nombreux amis le Comité international pour la démocratie à Cuba.

    La bravoure de ceux qui avaient obéi à leur conscience et vaincu leur peur pour se dresser contre la dictature communiste reste très présent dans ma mémoire.
    Cela me rappelle l’automne 1989 et l’irrésistible mouvement de libération qui, parti de la place Wenceslas à Prague, gagna l’ensemble de ce qui était encore la Tchécoslovaquie.

    C’est pour cela que j’ai sonné l’alarme lors de la Conférence pour la démocratie à Cuba que notre Comité avait tenue à Prague il y a trois ans. Je voulais attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation des droits de l’homme à Cuba, soutenir l’opposition dans ce pays et y encourager toutes les forces démocratiques.

    L’Union européenne décréta alors des sanctions diplomatiques contre le régime de Castro. Même si elles étaient surtout symboliques, ces sanctions représentaient un geste important.

    Pourtant, c’est la position inverse qui peu de temps après s’imposa à Bruxelles.
    L’UE a ouvert le dialogue avec le régime cubain, les sanctions ont été suspendues sous condition et les dissidents se sont même clairement vu signifier qu’ils n’étaient pas les bienvenus dans les ambassades de plusieurs pays démocratiques.

    Le lâche compromis et l’alibi politique, comme si souvent dans l’Histoire, ont ruiné une politique qui reposait sur des principes. En échange, La Havane a fait une fausse concession en libérant quelques-uns des prisonniers politiques, torturés et gravement malades, dont le régime craignait qu’ils ne meurent dans ses prisons tristement célèbres.

    Ceux d’entre nous qui vivent dans les nouvelles démocraties européennes post-communistes furent les victimes du même genre d’arrangements politiques à l’époque où ils étaient enfermés derrière le rideau de fer.

    Nous connaissons aussi très bien l’argument selon lequel la sagesse européenne a évité des arrestations de masse. Il reste que la démocratie a montré sa faiblesse et que, du coup le régime cubain a adapté sa tactique à ce constat.
    Des organisations respectées comme Reporters sans Frontières et Amnesty International ont recueilli de nombreuses preuves de violences et d’intimidations qui visent les esprits libres persistant à s’exprimer à Cuba.

    Dans leur cas, les choses se terminent plus souvent à l’hôpital que devant les tribunaux. Des groupes de «combattants de la révolution», en réalité la police secrète cubaine, brutalisent les opposants et les accusent de crimes absurdes dans l’espoir de les intimider ou de les forcer à émigrer. Sur l’île, de tels harcèlements organisés sont appelés «actos de repudio» des «actes de rejet».
    La violence politique qui se camoufle en agressions criminelles dans la rue n’est jamais facile à prouver.

    Contrairement aux longues peines de prison qui, ailleurs, frappent les dissidents, cette technique répressive n’attire pas comme elle le devrait l’attention du reste du monde. Pourtant, des milliers d’anciens prisonniers politiques d’Europe centrale et de l’Est peuvent attester du fait qu’un coup de pied flanqué dans la rue par un membre de la police secrète est aussi douloureux qu’un coup de pied asséné par un gardien derrière les portes d’une prison.

    L’impuissance de la victime face à de telles agressions organisées par l’État et aux menaces contre la famille est ressentie de la même manière que l’impuissance du suspect harcelé par la police lors d’une investigation des services de sécurité.

    Enfin, ils sont nombreux les hommes politiques européens qui, ayant cherché à enquêter, se sont retrouvés interdits d’accès au territoire cubain
    Certains Européens considèrent Cuba comme un pays lointain dont le sort ne peut que leur être indifférent car le Vieux continent est suffisamment occupé avec ses propres problèmes. Mais ce que les Cubains subissent aujourd’hui fait partie de notre histoire européenne.

    Ce sont les Européens qui, après avoir inventé le communisme, l’exportèrent dans le monde entier pour finalement en payer chèrement le prix des décennies durant.

    Qui donc mieux que les Européens peut être au courant de chacun des tourments infligés au peuple cubain ?
    L’humanité continuera de payer le prix du communisme aussi longtemps que nous n’aurons pas appris à affronter cette idéologie avec esprit de décision et responsabilité politique.

    Nous avons de nombreuses occasions d’agir dans ce sens, en Europe et à Cuba.
    Il n’est pas surprenant que les nouveaux pays membres de l’UE aient apporté à l’Europe une expérience historique nouvelle et, avec elle, beaucoup moins de compréhension et de tolérance à l’égard des concessions et des compromis.

    Les représentants des États-membres de l’UE se réuniront à Bruxelles à la mi-juin pour décider d’une politique commune vis-à-vis de Cuba. Les diplomates européens devraient soigneusement peser les conséquences d’une politique d’apaisement à l’égard du régime de Castro.

    Ils devraient en profiter pour démontrer qu’ils ne fermeront jamais les yeux sur les détestables pratiques de La Havane et qu’ils se refuseront toujours à ignorer les souffrances des prisonniers politiques cubains. Nous ne devons jamais oublier les victimes anonymes des «actes de rejet» de Castro.

    Par Václav Havel, Madeleine Albright, André Glucksmann, Arpád Göncz, Vytautas Landsbergis et Adam Michnik

    Copyright: Project
    Syndicate, 2006.
    www.project-syndicate.org
    Traduit de l’anglais par Bérengère Viennot.

  • Les restrictions à la liberté d’expression, d’association et de mouvement demeuraient un sujet de préoccupation majeur. Environ 70 prisonniers d’opinion étaient toujours incarcérés. Cette année encore, l’embargo des États-Unis a eu des effets négatifs sur les droits humains dans le pays. La situation économique s’est dégradée et les pouvoirs publics ont tenté de mettre fin à l’entreprenariat privé. Plus de 30 prisonniers se trouvaient encore dans le quartier des condamnés à mort ; aucune exécution n’a eu lieu.

    Contexte

    Au niveau international, la préoccupation suscitée par l’absence de progrès dans le domaine des droits civils et politiques n’a cessé de croître. En avril, dans un contexte fortement influencé par des enjeux politiques, la Commission des droits de l’homme [ONU] a une fois encore condamné le bilan cubain en matière de droits humains.
    Les autorités ont maintenu sous étroite surveillance ceux qui se montraient critiques à l’égard du régime, et elles ont gardé en détention plusieurs défenseurs des droits humains et opposants politiques. En mai, toutefois, l’Asamblea para promover la sociedad civil (Assemblée pour la promotion de la société civile), une coalition de plus de 350 organisations non gouvernementales (ONG) indépendantes, a organisé le plus grand rassemblement d’opposants jamais observé à Cuba.
    Les pouvoirs publics ont lancé une grande campagne de lutte contre l’économie informelle et contre la corruption généralisée dans le secteur public.

    Prisonniers d’opinion

    Les arrestations pour délit d’opinion ont continué et des personnes ayant exprimé leur point de vue, même de manière pacifique, ont été condamnées. Un certain nombre de détenus ont été libérés pour raisons de santé.
    René Gómez Manzano et César López Rodríguez figuraient parmi les personnes qui ont été arrêtées à La Havane pour avoir participé à une manifestation antigouvernementale pacifique le 22 juillet. De même que huit autres personnes, le premier, membre de l’Assemblée pour la promotion de la société civile, a été maintenu en détention dans l’attente de son procès.
    Le 13 juillet, une vingtaine de personnes ont été interpellées lors d’une cérémonie pacifique organisée à La Havane pour commémorer le naufrage du remorqueur 13 de Marzo : en 1994, environ 35 personnes avaient péri en tentant de fuir Cuba à bord de cette embarcation qui aurait été éperonnée par les autorités cubaines. Six d’entre elles sont restées en détention sans inculpation et une autre a été condamnée à un an d’emprisonnement pour « dangerosité prédélictuelle », définie comme la « propension particulière d’une personne à commettre des délits, attestée par une conduite en contradiction évidente avec les normes de la morale socialiste ».
    Le 1er décembre, le prisonnier d’opinion Mario Enrique Mayo Hernández, condamné à vingt ans de détention en 2003, a bénéficié d’une libération conditionnelle pour raisons de santé.

    Restrictions à la liberté d’expression, d’association et de mouvement

    Des militants des droits humains, des opposants politiques et des syndicalistes ont été la cible d’actes de harcèlement et d’intimidation souvent imputables aux Brigades d’intervention rapide, des groupes quasiment officiels qui auraient agi en collusion avec des membres des forces de sécurité.
    Cette année encore, la liberté d’expression et d’association a été visée. Tous les médias autorisés étaient sous le contrôle des autorités et les médias indépendants demeuraient interdits. Les journalistes indépendants qui publiaient des articles à l’étranger s’exposaient à des manœuvres d’intimidation et de harcèlement, et pouvaient être emprisonnés. Les défenseurs des droits humains risquaient eux aussi de faire l’objet d’actes d’intimidation et d’être arêtes arbitrairement ou pour des motifs politiques.
    Les lois relatives à la diffamation, à la sûreté nationale et au trouble à l’ordre public, invoquées pour arrêter et emprisonner les journalistes, n’étaient pas conformes aux normes internationales.
    Selon l’ONG internationale Reporters sans frontières, 24 journalistes étaient en prison à la fin de 2005.
    Oscar Mario González Pérez, journaliste indépendant, a été arrêté le 22 juillet après avoir couvert une manifestation. Il est resté en détention sans être inculpé.

    En 2005, des restrictions étaient encore imposes aux opposants tentant de se rendre à l’étranger.
    Miguel Sigler Amaya, membre du Movimiento Opción Alternativa (Mouvement d’option alternative), non officiel, et sa famille ont été arrêtés et places en détention à l’aéroport international de La Havane alors qu’ils s’apprêtaient à embarquer dans un avion à destination des États-Unis, dûment munis des visas de réfugiés nécessaires à leur sortie du pays. Ils ont été remis en liberté plusieurs jours plus tard et sont finalement partis de Cuba le 5 octobre. Guido et Ariel, deux frères de Miguel Sigler Amaya et tous deux prisonniers d’opinion, continuaient de purger des peines de vingt et vingt-cinq ans d’emprisonnement respectivement.

    En décembre, des représentantes de Las Damas de Blanco (Les Dames en blanc), un groupe de parentes de prisonniers qui, depuis mars 2003, manifestent chaque dimanche pour demander la libération de leurs maris, de leurs frères ou de leurs fils, se sont vu refuser l’autorisation de se rendre à Strasbourg pour y recevoir le prix Sakharov de la liberté de pensée, décerné par le Parlement européen.

  • L’organisation non gouvernementale dont le siège est à Paris « Reporters sans frontières » dénonce la brutalité et l’arbitraire des arrestations d’Odelín Alfonso, correspondant régulier du site Cubanet (http://www.cubanet.org), et de Milisa Valle Ricardo, de l’agence Jóvenes sin Censura (jeunes sans censure), dans la journée du 13 mai 2006. La seconde a été relâchée, mais le premier reste détenu sans qu’aucune charge précise lui ait été notifiée.

    « Ces arrestations relèvent, une fois encore, de l’arbitraire et du déni de justice. Aucun motif réel ne vient expliquer ces actes de répression. Il s’agit d’une manoeuvre d’intimidation pure et simple, dirigée contre des opposants pacifiques dont le sort varie, semble-t-il, selon l’humeur de leurs geôliers. Nous espérons qu’Odelín Alfonso sera libéré dans les plus brefs délais », a déclaré Reporters sans frontières.

    Odelín Alfonso, membre du Parti libéral orthodoxe et correspondant du site Cubanet, a été arrêté avec son épouse, le 13 mai, dans un quartier de La Havane, alors qu’il revenait d’une réunion organisée par les Dames en blanc (collectif des mères et épouses de prisonniers politiques). Un officier de la Sécurité de l’Etat (police politique), surnommé Moísés, avait sommé le journaliste de ne pas se rendre à la réunion. Odelín Alfonso et sa femme ont été interpellés brutalement à leur domicile sous les yeux de leur petite fille, sur dénonciation d’un voisin. La Sécurité de l’Etat les a conduits dans un local de la Police nationale révolutionnaire (PNR) où le journaliste est toujours détenu. Sa femme a été relâchée quelques heures plus tard.

    Milisa Valle Ricardo, de la petite agence indépendente Jóvenes sin Censura, a été arrêtée le même jour à Gibara (province de Holguín, Est), avec son mari, Alexander Santos Hernández, membre du Mouvement libéral cubain (MLC) et directeur d’une bibliothèque indépendante. Le couple a été intercepté par la PNR à son retour de La Havane où se tenait une réunion du MLC. La police a investi le domicile conjugal et confisqué tous les livres de la bibliothèque indépendante « Guillermo Cabrera Infante II » et deux postes de radio, avant d’emmener la journaliste et son mari au commissariat. Milisa Valle Ricardo et Alexander Santos Hernández ont été prévenus que « leurs activités ne seraient plus tolérées » et que cet avertissement serait « le dernier ».

    Directrice de l’agence Jóvenes sin Censura, fondée en septembre 2005 par de jeunes journalistes indépendants, Liannis Meriño Aguilera, 21 ans, avait été menacée de prison, le 29 décembre dernier, par deux agents de la Sécurité de l’Etat à Obrero Banes, près d’Holguín.

    Rappelons que la semaine dernière le nouveau conseil des droits de l’homme de l’ONU a décidé de compter Cuba parmi ses membres, aux côtés d’autres « références » en matière de défense des libertés fondamentales comme la Chine ou l’Arabie Saoudite.

  • Le journal gouvernemental officiel Granma (seule la presse du parti communiste est autorisée à Cuba) voit dans cette élection « un soutien international croissant à Cuba » et « une victoire fulgurante contre la puissance impérialiste et la preuve irréfutable du prestige international de Cuba »

    La position de l’ONU sur le droits de l’homme à Cuba semble toutefois comporter quelques contradictions, puisqu’en mars 2006 la représentante du Haut Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU pour Cuba critiquait dans son rapport, les cas de mauvais traitement dans les prisons cubaines.

    Dans son rapport pour le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Mme Chanet a affirmé que sa principale source de préoccupation concernait le maintien en détention de dizaines de dissidents arrêtés en mars et avril 2003. Elle s’est dite « alarmée par les allégations de mauvais traitements en détention » rapportées par les familles de détenus.

    « L’alimentation et l’hygiène sont en-dessous des normes et les soins médicaux sont soit inexistants soit inadaptés », a jugé Mme Chanet, qui a été nommée à son poste en 2002.

    La magistrate, qui n’a toujours pas pu se rendre sur l’île, a affirmé que les arrestations pour délit d’opinion s’étaient multipliées au cours de l’année écoulée.

    À la mi-mars 2003, après une période d’ouverture apparente et de plus grande permissivité, les autorités cubaines ont mené une campagne de répression sans précédent envers le mouvement dissident de l’île. En l’espace de quelques jours, les forces de sécurité ont procédé à l’arrestation de 75 dissidents lors d’opérations ciblées.

    À l’exception d’une demi-douzaine de personnalités très connues et critiques à l’égard du régime, la plupart des chefs de file du mouvement dissident, des personnes militant depuis dix ans ou plus, ont été arrêtés. Ils ont été jugés de manière hâtive et inique et, quelques semaines seulement après leur arrestation, condamnés à de sévères peines de prison dont certaines allaient jusqu’à vingt-huit ans.

    Parallèlement, en avril 2003 le gouvernement cubain a mis fin au moratoire sur les exécutions qui était en vigueur de facto depuis trois ans,- en faisant fusiller par un peloton d’exécution trois hommes impliqués dans un détournement de ferry qui n’avait fait aucun blessé. Le procès et les procédures d’appel de ces accusés ont été expéditifs et sommaires ; les trois hommes ont été exécutés moins d’une semaine après le début de leur procès.