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Les libertés et la répression à Cuba

  • « A Cuba, l’annonce d’un procès vaut l’annonce d’une condamnation. Le nom d’Oscar Mario González Pérez va venir s’ajouter à la longue liste des 21 journalistes emprisonnés depuis mars 2003 au seul motif d’exercer leur métier librement et de ne pas partager les vues du pouvoir.

    Le régime cubain donne une nouvelle fois toute la mesure de son arbitraire et de sa paranoïa. Comme par hasard, à l’issue d’une vague d’arrestations qui rappelle cruellement le « printemps noir » de 2003, la répression se concentre sur un journaliste, un avocat et un militant démocrate », a déclaré Reporters sans frontières.

    S’il passe en jugement prochainement , il ne fait guère de doute que la dernière victime en date de la répression castriste, subita le meme sort que ses collègues jugés en avril 2003. Procès expéditif, droit de la défense inexistant, huis clos permettant tous les abus et au final une condamnation totalement disproportionnée de 15 à 20 ans de prison, pour délit d’opinion.

    Les dissidents interpellés le 22 juillet, dont Oscar Mario González Pérez, ont voulu alerter l’UE sur la situation des droits de l’homme à Cuba. « Nous demandons à l’UE, en ces circonstances, de reconsidérer sa position à l’égard de l’île et d’exercer les pressions nécessaires pour que tous les dissidents soient libérés », a ajouté l’organisation dans une lettre adressée à la présidence britannique de l’UE.

    Oscar Mario González Pérez a été arrêté avec 33 autres dissidents, le 22 juillet à La Havane, juste avant une manifestation prévue devant l’ambassade de France critiquant la « normalisation » des relations entre l’UE et Cuba. Parmi les 33 interpellés, neuf sont toujours détenus, dont trois tombent sous le coup de la loi 88 : Oscar Mario González Pérez, l’avocat René Gómez Manzano et le militant politique Julio César López.

    « Mon père est passé par quatre commissariats différents depuis son arrestation. Dans la matinée du 27 juillet, un juge de La Havane lui a notifié son procès, a confirmé à Reporters sans frontières Elena Isaieva, la fille du journaliste, exilée à Uppsala (Suède). Le procès risque d’être rapide et la condamnation très lourde. Mon père est âgé de 61 ans. C’est comme s’il allait être condamné à mort. Jusqu’au dernier moment, j’ai pourtant espéré ». La date du procès n’a toutefois pas été précisée.

    Le 24 mars, Oscar Mario González Pérez avait été convoqué et interrogé par deux officiers de la Sécurité de l’Etat à La Havane. Il avait été menacé de ne plus revoir sa famille s’il poursuivait ses activités journalistiques. Le journaliste avait refusé la proposition qui lui avait été faite de rejoindre sa fille en Suède. A la suite de cet épisode, il avait assuré à Reporters sans frontières qu’il ne renoncerait pas à son métier et continuerait à écrire. « C’est son tempérament, il cèdera jamais », a confié sa fille à Reporters sans frontières.

    Parmi les 21 journalistes encore emprisonnés depuis la vague répressive du 18 mars 2003, trois sont membres de l’agence Grupo de Trabajo Decoro. Héctor Maseda Gutiérrez, Omar Moisés Ruiz Hernández et José Ubaldo Izquierdo Hernández ont été condamnés respectivement à 20 ans, 18 ans et 16 ans de réclusion, au titre de la loi 88.

    Véritable loi d’exception, promulguée le 15 mars 1999, ce texte a pour objectif officiel de « répondre aux attaques répétées des Etats-Unis contre l’indépendance et la souveraineté de Cuba », en sanctionnant « les actions qui, en accord avec les intérêts impérialistes, cherchent à subvertir l’ordre interne de la Nation et à détruire son système politique, économique et social ».
    La loi prévaut sur toute législation antérieure et donne toute latitude au régime pour étouffer les voix dissidentes, sous prétexte d’agression extérieure.

  • Marta Beatriz Roque «a été arrêtée par des agents de la sécurité peu après avoir quitté son domicile» en se rendant à une manifestation devant l’ambassade de France, a déclaré Elizardo Sanchez, président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, illégale).

    Agée de 60 ans, figure de proue de la dissidence, Marta Beatriz Roque, proche de Washington, était l’unique femme à avoir été condamnée en avril 2003 avec 74 autres dissidents. Le 22 juillet 2004, elle avait été libérée il y a un an jour pour jour pour raison de santé après une condamnation à 20 ans de prison.

    Mme Roque est fondatrice et présidente de l’Assemblée pour la promotion de la société civile (APSC, illégale), un regroupement d’opposants qui revendique 360 organisations en son sein, dont le premier congrès s’est tenu le 20 mai dernier dans les environs de La Havane.

    Les détentions ont été effectuées alors que différents mouvements pacifiques d’opposition avaient convoqué un rassemblement face à l’ambassade de France de la Havane en réaction à la reprise des relations diplomatiques et politiques entre la France et Cuba. Cette reprise avait culminé le 14 juillet avec la présence du ministre des affaires étrangères Félipe Perez Roque à la réception de l’ambassade de France à la Havane.

    Une attitude en contradiction avec la position arrêtée en juin dernier par l’Union Européenne, qui avait recommandé de s’en tenir à une stricte neutralité.
    Un an auparavant, la situation était inversée : les dissidents avaient été invités à l’ambassade de France entraînant le refus des autorités cubaines de participer aux festivités.

    Selon le président de la CCDHRN, les interpellations ont été lancées «en relation avec la manifestation» tenue vendredi matin devant l’ambassade de France par une quinzaine de membres ou sympathisants de l’APSC pour demander la libération de prisonniers politiques.

    Cette vague d’interpellations représente le plus important coup de filet contre les opposants depuis l’arrestation en mars de 75 opposants, suivie d’une série de procès sommaires marqués par des verdicts de six à 28 ans de prison.

  • Berta Soler, du mouvement de Dames en Blanc, a rapporté que
    les faits se sont produits dimanche, quand sept femmes sont allées à Jaimanitas, dans les environs de la Havane, pour rendre visite à Isabel Ramos, mère du prisonnier Arturo Suárez.

    Isabel Ramos avait entamé un jeûne pour réclamer des améliorations
    de la situation de son fils, qui a accompli 19 des 30 années de
    prison auxquelles il a été condamné pour piraterie aérienne (détournement d’un avion de ligne pour fuir aux Etats Unis).

    Après être sorti du logement de Ramos, des dizaines de personnes
    ont entouré les Dames en Blanc et les ont insulté tandis qu’ils lancaient
    des consignes en faveur du gouvernement, a dénoncé Berta Soler,
    épouse d’Angel Moya, un dissident condamné à 20 années de prison en mars 2003.

     »La police était au coin de la rue et surveillait tout », a dit Soler, et a assuré que « S’il nous arrive quelque chose, les responsables sont le gouvernement ».

    La dénonciation se produit après que le 13 juillet dernier, des centaines de
    personnes ont pris part un acte de répudiation à La Havane contre un
    groupe de dissidents qui commémorait l’anniversaire du sabordage
    d’un remorqueur en 1994 par les gardes cotes cubains.
    Au terme de ce dramatique épisode de la répression, 37 personnes qui tentaient de fuir Cuba sont mortes noyées volontairement par la police cubaine.

  • « Nous condamnons, une fois encore, ces méthodes brutales et arbitraires du pouvoir cubain contre la presse indépendante. Comme d’habitude, les chefs d’inculpation les plus absurdes sont utilisés contre des journalistes dont le seul tort est de ne pas pratiquer la propagande officielle. Que cessent enfin ces manoeuvres imbéciles et révoltantes », a déclaré Reporters sans frontiè?res.

    Le 14 juillet, Lamasiel Gutiérrez Romero, résidente de la Isla de la Juventud, a voulu se rendre a La Havane. Trois agents de la Sécurité de l’Etat l’ont appréhendée alors qu’elle venait retirer son billet. « Ils m’ont frappée a la poitrine et dans le dos, a raconté la journaliste a Reporters sans frontiè?res. Ensuite, ils m’ont violemment plaquée au sol. Puis, une patrouille de la police nationale révolutionnaire est arrivée et m’a embarquée au poste. « 

    Soumise a un interrogatoire, Lamasiel Gutiérrez Romero a dù s’acquitter de deux amendes de 30 et 20 pesos. « Les policiers m’ont accusé d’insoumission, de trouble a l’ordre public et de résistance aux forces de l’ordre. Ils m’ont dit que je causais du tort a la révolution et que je risquais une peine de un a deux ans de prison ferme. » La journaliste a lié ces accusations a sa participation, le 4 juillet, à une réunion de journalistes indépendants.

    Envoyée à l’hopital pour des examens, Lamasiel Gutiérrez Romero n’a pas pu obtenir de certificat médical. « Les médecins ont estimé que les traces de coups n’étaient pas assez visibles », a-t-elle expliqué à Reporters sans fronti?ères. Apr?ès l’examen, elle a été renvoyée au commissariat.

    « De la, j’ai passé sept heures dans une cellule immonde, sans eau ni nourriture. Les policiers m’ont à nouveau menacée. Ils m’ont ordonné de mettre fin à mes activités. Je ne le ferai pas. » La journaliste de Nueva prensa cubana a finalement été relachée le 15 juillet à 1 heure du matin.

    Lamasiel Gutiérrez Romero est l’épouse de Rolando Jiménez Posada, prisonnier politique incarcéré depuis le 25 avril 2003.

  • On le sait Cuba fait maintenant partie des destinations phares pour les célibataires (hommes et femmes) à la recherche d’aventures, le plus souvent payantes. La police a beau se montrer de plus en plus sévère avec les « jineteras », le phénomène réapparait dès que la pression se relache un peu.

    Pour le gouvernement c’est évidemment gênant de constater qu’il existe à Cuba, comme dans les autres pays pauvres d’Amérique Latine, des filles obligées de se prostituer pour survivre. Ca ne colle pas trop avec le « socialisme heroique » etc…



    Certes la prostitution n’a pas été inventée par Castro : elle existait déjà beaucoup sous Batista quand on disait « Cuba, bordel de l’Amérique ». Cette phrase maintes fois reproduite et un cliché qui n’a pas vraiment de fondement historique : le nombre de touristes américains sous Batista oscillait entre 250 et 300 000 par an. On est loin des hordes de touristes européens (près de 2 millions en 2004).



    Par conséquent si Cuba a jamais été un bordel, c’est aujourd’hui, bien plus que sous Batista. Pendant les années 1990 (de 1992 à 1995 en particulier), la prostitution était légale à Cuba, et les hotels de l’Etat cubain accueillaient sans sourciller les touristes « accompagnés » , moyennant un supplément qui allait directement dans les caisses de Castro : il y a eu, à cette époque un véritable proxénétisme d’Etat cubain, bien plus étendu que sous Batista.



    Mais il semble que lorsque le « client » est allemand, français ou espagnol, et sous Castro, c’est beaucoup moins grave que si il est américain et sous Batista.



    Aujourd’hui les Européens, les Canadiens et les Mexicains ont remplacé les Américains, mais le dollar fait toujours la loi sur les trottoirs de La Havane. Les cubains les appellent les « jineteras » (écuyères en espagnol) ou les « pingueros » (qui est à la « pinga » ce que le machetero est à la macheta) : de jeunes Cubaines et Cubains qui arpentent les alentours des hôtels à la recherche d’un touriste aux poches remplies de devises convertibles.



    Après avoir pratiqué pendant plusieurs années la politique de l’autruche le pouvoir tente aujourd’hui de reprendre les choses en main. Mais il paye au prix fort le laxisme des années précédentes qui a conduit au développement d’un tourisme bas de gamme : le pouvoir a tardé à interdire l’accès des prostituées aux hôtels jusqu’en 1995 et à démanteler les réseaux de proxénètes qui travaillaient avec des agences de voyages.


    Certes la perspective de gagner en une soirée le salaire de plusieurs mois continue à attirer beaucoup de cubaines (à Cuba le salaire mensuel et de 8 euros en moyenne, soit 5 centimes de l’heure environ) et de cubains vers le tourisme, mais la police procède désormais régulièrement à des rafles de grande envergure et embarque sans ménagement les suspects, réels ou supposés, en plein milieu des quartiers touristiques.



    Cuba a reconnu pour la première fois en 1999 l’existence d’une prostitution massive dans les rues de la Havane.



    Plusieurs milliers (au moins 7000 selon les chiffres officiels en 1998) de jeunes filles ont été arrêtées et détenues au « centre de réception et classification de la Havane ». La majorité originaires des provinces de l’île ont été réexpédiés manu militari dans leur foyer avec une « carta de advertencia » (avertissement sans frais) les plus récalcitrantes écopant d’un séjour dans une des prisons géantes des environs de La Havane ou dans un centre d’activité et de « rééducation à la campagne » véritables camps de travaux forcés.



    Des entreprises de promotion touristique ont aussi été sanctionnée pour avoir un peu trop axé leurs campagnes de promotions sur les charmes des jeunes cubaines.


    Par bien des cotés le jineterisme est une sorte paradigme de la société Cubaine des années 90 qui a décidé de vivre du tourisme et de l’argent des étrangers, autrefois vilipendé par le pouvoir.



    Le jineterisme, qui peut aller jusqu’au mariage avec un étranger pour pouvoir quitter le territoire, contient en lui même une forme de contestation de l’ordre socialiste : ceux qui le pratiquent vivent souvent en marge de la société et leur « travail » met au grand jour le phénomène de la « pyramide inversée ».

  • On raconte qu’un groupe d’idéologues s’est présenté un jour à l’université de La Havane avec pour mission d’expliquer aux étudiants les dangers du projet Varela, qualifié de « pervers ». Cette mission s’étendait à de nombreux secteurs du monde du travail et de l’université, ainsi qu’aux membres du Parti communiste, seul parti officiellement reconnu à Cuba.

    Après les avoir entendus exposer la version officielle, des étudiants ont dit : « Nous voulons connaître le projet Varela afin de mieux vous comprendre. » Certains ont même émis la suggestion suivante : pourquoi ne pas le publier, pour que le peuple puisse le connaître, pour qu’il sache se défendre et certainement le rejeter comme il convient ? La réponse n’a pas tardé : « Nous ne pouvons pas faire ça et nous ne le ferons pas. » Les étudiants ont échangé des sourires narquois et des regards amusés.

    En quoi consiste la campagne du projet Varela ? Il s’agit d’une proposition, émise par des citoyens, d’un projet de loi portant sur l’organisation d’un référendum à Cuba.

    Son nom lui vient du Père Félix Varela, prêtre cubain né au XIXe siècle, qui a été l’un des fondateurs de notre identité nationale et de notre indépendance. Le projet Varela se réfère à la Constitution actuelle qui, même si elle est pleine de contradictions internes et restreint les droits, affirme, dans son article 88, que des citoyens peuvent présenter un projet de loi s’ils parviennent à réunir au moins 10 000 électeurs.

    Le référendum proposé vise à ce que le peuple décide souverainement de modifications des lois permettant de garantir :

    1. la liberté d’expression et d’association ;

    2. la libération des prisonniers politiques ;

    3. le droit des Cubains à fonder des entreprises ;

    4. le droit des travailleurs à décider librement de leurs contrats de travail ;

    5. le droit des citoyens à choisir leurs députés dans des élections démocratiques.

    La loi électorale en vigueur dispose que seuls peuvent se présenter 609 candidats pour 609 postes de députés à « élire » . Je cite ici la loi n° 72. Celle-ci, de plus, dispose que ce sont des commissions de candidature, composées d’organisations dirigées par le Parti communiste, qui décident quels seront ces candidats uniques.

    C’est pourquoi le projet Varela propose une nouvelle loi électorale qui garantisse l’exercice de la souveraineté populaire.

    Malgré la répression gouvernementale contre les militants et les citoyens qui approuvent le projet, nous avons déposé, en mai 2002, une première liste de 11 020 signatures à l’Assemblée nationale du pouvoir populaire. En octobre 2003, nous avons présenté une liste de 14 384 signatures supplémentaires. Entre ces deux dates, on a assisté à l’arrestation et à la condamnation de 75 dissidents et journalistes indépendants, dont une cinquantaine sont des leaders du projet Varela. La répression n’a pas mis fin à la campagne de récolte des signatures : celle-ci continue avec succès.

    La même répression s’est abattue sur le Dialogue national, une activité parallèle au projet Varela, qui est d’ores et déjà une réalité à Cuba. Des milliers de Cubains participent à ce Dialogue, au sein de cercles de citoyens : ils rédigent leurs points de vue sur la transition pacifique à l’Etat de droit.

    Dans les semaines qui viennent, une commission nationale établira le programme de transition résultat de ce dialogue qui sera présenté à toute la société cubaine. Actuellement, la sécurité de l’Etat (la police politique) rend visite, maison par maison, à des milliers de personnes qui ont signé le projet Varela en les menaçant et en exerçant toutes sortes de pressions pour qu’elles se rétractent.

    Au cours de cette campagne de répression contre le référendum proposé par le projet Varela, on a pu entendre des officiers de la sécurité de l’Etat s’exclamer : « Nous devons empêcher les autres Cubains de prendre connaissance du projet Varela, sinon ils vont le soutenir. » Ces officiers, qui sont tout autant nos frères que leurs collègues qui nous persécutent et que nous ne haïssons pas, expriment une grande vérité : les Cubains veulent des changements pacifiques, ils veulent exercer leurs droits, et le référendum Varela leur donne la possibilité de s’exprimer en authentiques citoyens.

    C’est ce qu’ont fait les Chiliens, et le monde les a soutenus pour qu’ils puissent dire non à la poursuite de la dictature. De même, récemment, les Espagnols, les Français et les Hollandais ont décidé, par un référendum, d’une affaire aussi importante que la Constitution européenne.

    Qui peut imaginer que ce droit des peuples à décider démocratiquement de leur destin serait réservé aux seules sociétés européennes et que les Cubains en seraient privés ? Les Cubains attendent la solidarité de ces peuples européens et de leurs gouvernements ; ils attendent que l’on soutienne leur droit à se prononcer par un référendum sur les propositions du projet Varela.

    Il existe bien des opinions et des visions différentes sur la réalité cubaine et sur la solution du drame que vit Cuba. Mais c’est au seul peuple cubain, dont on ne peut pas entendre la voix, qu’il revient de s’exprimer sur l’avenir de la nation. Nous ne demandons pas qu’on soutienne un modèle politique particulier ni un programme idéologique, nous demandons qu’on soutienne le droit des Cubains à décider souverainement. Soutenir le projet Varela, c’est soutenir le référendum que demande le peuple cubain afin d’exiger son droit aux droits.

    Je vous en prie, assez de débats, de conjectures, de polémiques sur ce qui est souhaitable ou non pour le peuple cubain : lui seul a le droit de s’exprimer là-dessus. Il existe désormais un mouvement civique, à l’intérieur de Cuba, qui réclame ce droit. Donc, si l’on parle de solidarité avec le peuple cubain, qu’on le fasse en soutenant le référendum Varela.

    La force du projet est qu’il permet aux citoyens de se libérer de la peur de l’Etat totalitaire. C’est le citoyen qui, à visage découvert, dit : « Ici et maintenant, j’exige mes droits. »

    Traduit de l’espagnol par François Maspero

  • Le gouvernement canadien a demandé des
    explications à La Havane sur ce qui s’est produit alors que Ross
    a dénoncé des violences physiques contre sa personne pendant ses cinq jours de détention.

     »Ca a été cinq jours de terreur, a rapporté Olenia Ross dans une interview avec le Nuevo Herald. « je me suis vu frappée et humiliée
    dans un cachot, et j’ai senti la même peur de de quand je suis sorti
    de Cuba par première fois « .

    Onelia Ross agée de 48 ans, est la femme d’un diplomate canadien et réside
    à Ottawa depuis 1978, avait décidé d’accompagner une couple d’amis
    cubains en visite touristique dans la province de Holguín, dans l’est
    de l’île.

    Tous les trois ont voyagé depuis
    Montréal à Holguín le 6 février dernier, et tout paraissait prêt
    pour un séjour splendide, loin de l’hiver canadien rigoureux.

    Mais après l’attérrissage dans l’aéroport de Holguín, l’escapade dans les tropiques tourne au cauchemar.

    Les autorités cubaines lui ont affirmé qu’elle essayait d’entrer
    illégalement à Cuba et qu’elle devait immédiatement retourner au
    Canada.

     »C’était absurde, a rappelé Ross, le 3 février j’avais été à l’ambassade de Cuba à Ottawa, avec mon passeport cubain pour
    l’habiliter, et le consul m’avait traitée comme
    toujours, avec un reçu pour le paiement des 160 dollars »

    Notez au passage le prix d’un passeport pour un Cubain : 160 dollars, soit environ 20 mois de travail compte tenu du salaire mensuel moyen à Cuba (210 pesos, soit environ 8 dollars, le salaire mensuel le plus bas du monde, environ 5 centimes d’euro de l’heure)

    Mais les fonctionnaires d’immigration d’ Holguín ont considéré
    qu’il y avait une erreur de la date imprimée dans l’autorisation et
    ils lui ont dénié l’accès au territoire national.
    Quatre fonctionnaires ont sorti Ross de
    la salle par la force.

     »J’ai commencé à crier pour que les étrangers se rendent compte de ce
    qui arrivait . Ils m’ont frappée et deux femmes
    en uniforme ont commencé à me traiter vulgairement… alors je me
    suis jeté par terre pour essayer de me défendre « .

    Ross est restée cinq heures sans qu’on lui permette de prendre de l’eau ni
    d’utiliser les toilettes. À 11 heures du soir, elle a été transféré en avion à La
    Havane pour être inculpée.

    Ross a fait cinq jours de prison avant de pouvoir
    quitter l’île. On lui a confisqué les $500 qu’elle portait sur elles pour les vacances
    et pour être libérée, a dû payer tous les  »services reçus »
    soit $16 par jour pour la cellule, $12 pour les aliments qu’elle n’a jamais
    consommé et $42 pour le transport de d’allée et retour à
    l’aéroport.

    Grâce au fait que le couple d’amis qui l’accompagnait a pu joindre
    l’Ambassade du Canada à La Havane, le consul Nathalie Garon a pu la
    visiter dans la prison. Elle a finalement pu retourner à Ottawa le 10
    février.

     »Le gouvernement canadien a déposé plainte pour mauvais traitements
    physiques (violences physiques) envers Madame Ross devant le gouvernement cubain au moyen d’une note diplomatique  » a indiqué Cloé Rodrigue, porte-parole
    de l’ITC.

    La citoyenne mexicaine Eva Badillo, a
    partagé avec Ross l’expérience de la prison au Cuba.  »Deux heures après mon arrivée Mme Ross, est arrivée avec des hématomes
    sur les bras et les jambes », a témoigné Badillo, qui était détenue pour des
    soupçons de faux mariage avec un citoyen cubain.

     »Je récupère encore de ce traumatisme, a exprimé Ross, qui
    dirige une affaire de comptabilité à Ottawa. Je n’ai pas émigré
    pour des raisons politiques et je n’ai pas fait de politique hors de
    Cuba ; tout ceci fait partie des mesures arbitraires qui existent à Cuba pour
    raqueter les Cubains qui vivent à l’étranger « .

    Ross est diplomée d’ Économie et Sciences Humaines de l’Université d’Ottawa.
    C’ était son troisième voyage à Cuba depuis 1978, les deux
    précédents pour motifs familiaux.

    « Je veux que le monde soit au courant des
    vols et des abus commis à Cuba, en commençant par beaucoup de touristes canadiens qui voient Cuba comme un paradis « .

    Le Canada est le premier marché touristique de Cuba, avec 250.000
    visiteurs par an et des vols réguliers qui lient 15 villes
    canadiennes avec sept destinations à Cuba.

  • Le Conseil Affaires Générales et des Relations Extérieures (CAGRE)
    de l’UE a décidé de maintenir en suspens ses sanctions diplomatiques contre Cuba et de réviser la situation en juin 2006, après avoir constaté le manque « de progrès satisfaisants » en matière de Droits de l’Homme à Cuba.

    Les sanctions, adoptées en juin 2003 en protestation contre les condamnations de 75 dissidents, incluaient la
    restriction des visites officielles de haut niveau à Cuba et
    l’invitation de dissidents aux réceptions dans les ambassades de l’UE, ont été suspendues en janvier dernier sur proposition de
    l’Espagne.

    Le texte approuvé par le CAGRE réitère la disposition européenne
    de maintenir un dialogue avec La Havane et exige la libération sans condition des dissidents emprisonnés appelé du « Groupe des 75 ».

    Pour Elizardo Sánchez, qui dirige la Commission cubaine des droits de l’homme,
    considérée illégale par le gouvernement cubain, la décision
    européenne est « un peu contradictoire ».

    « Si l’UE admet qu’il n’y a pas eu d’avancée et que s’est produite ces
    récentes expulsions de parlementaires et journalistes européens, il n’y a
    pas, à mon avis, beaucoup d’arguments pour justifier l’inaction de l’UE face à la situation à Cuba ».

    Vladimiro Roca, de l’Assemblée pour la promotion de la
    Société Civile, a aussi critiqué la décision européenne.

    « S’ils n’ont pas su défendre la décision d’inviter les dissidents à leurs festivités nationales, que pouvons nous attendre ?  »

    Au contraire, Rafaël Leon Rodriguez, du Projet Démocrate cubain, de
    tendance démocrate chrétienne, a approuvé la position de l’UE, et du gouvernement espagnol en particulier, et a encouragé les Européens a
    « continuer le dialogue critique- constructif » avec les autorités
    cubaines et à l’étendre à la société civile.

    Laura Pollán, épouse de Héctor Maseda, un des dissidents
    emprisonnés du Groupe de des 75, et condamné à 20 ans de prison, a reconnu que les gouvernements
    européens « ont été très réceptifs » dans les derniers mois aux
    demandes des conjoints d’opposants en prison, mais « on n’a rien obtenu », at-elle ajouté.

    « Le seul semestre où il n’y a pas eu un seul élargissement a été
    celui-ci », a précisément rappelé Pollán, qui a considéré que  »
    ce qui serait logique serait un changement (dans la politique de l’UE) ».