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  • Mauvaise coordination entre la police politique et le ministre cubain des Relations extérieures ? Toujours est-il que le jour où Cuba annonce qu’il signera prochainement deux conventions internationales sur les droits de l’homme, une manifestation précisément en faveur des droits de l’homme est réprimée à La Havane.
    « Cuba signera prochainement le Pacte international des droits économiques, sociaux et culturels, ainsi que celui des Droits civiques et politiques », a déclaré Felipe Perez Roque lors d’une conférence de presse à l’occasion de la Journée des droits de l’homme de l’ONU. » Le plus surprenant c’est en fait que Cuba ait attendu aussi longtemps pour signer ce deux traités qui ne sont que des déclarations d’intentions sans aucune valeur ni aucune contrainte juridique.

    Sinistre coïncidence : le jour même de cette annonce, un groupe d’opposants a été violemment réprimé (le lundi 10 décembre) à la Havane lors d’une marche pacifique pour commémorer la Journée des droits de l’homme ». (suite…)

  • Le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies a en effet décidé de barrer Cuba et la Biélorussie de la  » liste noire  » des pays dont la situation était analysée par cette instance. Il a ainsi éliminé le poste de rapporteur spécial pour Cuba.

    Selon Felipe Perez Roque, le ministre des affaires étrangères de Cuba « Le gouvernement cubain considère que c’est une victoire retentissante, incontestable et historique de la diplomatie cubaine ».

    Comme d’habitude on a pas le triomphe très modeste à La Havane, mais pour une fois il faut reconnaître que le gouvernement cubain a raison. L’absolution de Cuba par l’ONU de tous ses crimes et violations des droits de l’homme est bien une victoire des bourreaux de Fidel Castro su ses dizaines de milliers de victimes.

    Pour sa part l’organisation de défense des journalistes Repoters sans frontières(26 journalistes sont encore emprisonnés à Cuba pour des peines allant jusqu’à 28 ans de prison) constate que :

    Comme la défunte commission, le Conseil des droits de l’homme se heurte aux manoeuvres des Etats les plus liberticides. Les mandats des rapporteurs spéciaux sur Cuba et le Belarus, deux des pires prédateurs de la liberté de la presse dans le monde, n’ont pas été renouvelés. C’est extrêmement inquiétant et révélateur de l’état d’esprit dans lequel le Conseil des droits de l’homme fonctionne depuis sa création, il y a un an.

    Le mandat sur le Belarus n’a pas été renouvelé alors même que ce pays n’a pas été élu comme membre du Conseil, en mai dernier, en raison de son bilan catastrophique en matière de droits de l’homme. Cette situation paradoxale illustre toute la difficulté qu’ont les vrais défenseurs des droits de l’homme présents au sein du Conseil, à faire leur travail. Par ailleurs, il est à craindre que l’abandon de ces deux mandats ouvre en fait la voie à la fin des rapports par pays, comme l’avaient exigé d’abord les intéressés avec le soutien actif de l’Iran, de la Chine et d’autres pays liberticides.

  • La farce des droits de l’homme à l’ONU se termine en beauté : cette fois au moins les choses sont claires car on a décidé de ne même plus chercher à laborieusement sauver les apparences.

    Cuba qui a refusé de recevoir le rapporteur spécial des droits de l’homme de l’ONU pendant cinq années consécutives (Mme Christine Chanet) est récompensé pour sa bonne conduite. La mandat de Mme Chanet est tout simplement supprimé. Parmi les autres « lauréats » du nouveau « Comité » des droits de l’homme de l’ONU, on trouve également le Bélarus, une autre grande démocratie très respectueuse des droits de l’homme. La dictature communiste de Fidel Castro se retrouve donc en bonne compagnie.

    Les violations des droits de l’homme à Cuba et au Bélarus ne font plus l’objet d’enquêtes spécifiques de l’ONU à compter de lundi minuit aux termes des règles de fonctionnement adoptées par le Conseil des droits de l’homme.

    Le Conseil des droits de l’homme a fixé des critères pour procéder au renouvellement des rapporteurs spéciaux chargés d’enquêter dans les pays accusés de violations et les rapporteurs spéciaux sur Cuba et le Bélarus ne figurent plus dans la liste des dix rapporteurs spéciaux chargés d’enquêter sur la situation des droits de l’homme dans des pays.

    les victimes de la répression politique à Cuba apprécieront certainement le résultat de ces lamentables tractations qui réduit la défense des droits de l’homme à l’ONU à un décor de pacotille.

    Les 47 pays membres se sont mis d’accord sur leurs règles de fonctionnement. Celle-ci prévoient que tous les Etats du monde devront se soumettre tous les quatre ans à un « examen périodique universel » de leur respect des droits de l’homme. Il sera intéressant de voir la réaction de Cuba quand son tour arrivera : à Cuba la Croix rouge n’a jamais accès aux prisons, et les ONG chargées de faire respecter les droits de l’homme sont sytématiquement interdites de séjour.

    Les organisations de défense des droits de l’homme comme Human Rights Watch, a qualifié d’ »injustifiable » la décision du Conseil, « compte tenu du triste état des droits de l’homme à Cuba et au Bélarus ».

    Depuis sa création il y a un an, le nouvel organe a condamné Israël à plusieurs reprises pour sa politique dans les territoires palestiniens et au Liban, mais a peiné pendant des mois avant de nommer un groupe d’experts pour se pencher sur les exactions commises au Darfour (Soudan).

    Pour sa part, l’agence d’information officielle gouvernmentale cubaine ahora.cu, a publié le communiqué suivant :

    Le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies a décidé de barrer Cuba et la Biélorussie de la  » liste noire  » des pays dont la situation est analysée par cette instance.

    Cette liste a toujours été, jusqu’à présent, confectionnée par le gouvernement des Etats-Unis.

    Le Conseil des Droits de l’Homme remplace depuis l’année dernière la Commission de Genève manipulée et assujettie aux diktats de la Maison-Blanche. Cette instance créée par l’Assemblée générale de l’ONU est formée de 47 Etats et cherche à améliorer l’image des Nations Unies dans le domaine de la protection des droits humains.

  • Cuba assume, à compter du 11 septembre 2006 et pour trois ans, la présidence tournante du Mouvement des non-alignés (MNOAL), dont La Havane accueille pour cinq jours le 14e sommet. Cinquante chefs d’Etat ou de gouvernement, 3 000 délégués de 116 pays membres (bientôt 118 avec l’adhésion prochaine d’Haïti et de Saint-Kitts et Nevis) et les représentants de plusieurs pays observateurs, comme la Chine, sont attendus dans la capitale de l’île du 11 au 16 septembre, en présence du secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan.

    Ce sommet ne doit pas servir de paravent à des gouvernements pour qui les déséquilibres Nord-Sud justifient la dictature, l’oppression et l’absence d’Etat de droit. L’organisation souligne également que « la protection et la promotion des droits de l’homme » comptent parmi les objectifs fixés dans le projet de document final qui sera soumis à l’approbation des pays membres au cours du sommet.

    « Les chefs d’Etat et de gouvernement ont réaffirmé l’importance significative qu’attache le Mouvement à la promotion et à la protection des droits de l’homme, et à l’engagement de remplir les obligations destinées à promouvoir le respect universel, l’observance et la protection de tous les droits humains et libertés fondamentales en accord avec la charte des Nations unies, les autres textes relatifs aux droits de l’homme et les lois internationales », lit-on au paragraphe 193-1 du projet, entériné le 30 mai 2006 à Putrajaya (Malaisie).

    On peut malheureusement s’attendre à ce que des pays comme l’Iran, l’Ouzbékistan, le Zimbabwe, la Libye ou le Bélarus paraphent une promesse qu’ils ne sont pas près d’honorer, sans oublier Cuba qui, en tant que président du Mouvement, devra veiller à ce qu’elle soit tenue. La référence à la charte des Nations unies et aux lois internationales dont se parent ces pays les oblige logiquement vis-à-vis de l’Onu et de la communauté internationale. Nous espérons que le sécrétaire général de l’Onu Kofi Annan saura le leur rappeler.

    Un très mauvais signe a déjà été donné à la veille du sommet par les autorités cubaines qui ont tout fait pour limiter la couverture de l’événement en expulsant des journalistes étrangers. Cuba demeure la deuxième prison du monde pour les journalistes après la Chine avec 23 prisonniers issus de la profession.

    Benoît Hervieu
    Despacho Américas / Americas desk
    Reporters sans frontières
    5, rue Geoffroy-Marie
    75009 Paris – France

  • Le journal gouvernemental officiel Granma (seule la presse du parti communiste est autorisée à Cuba) voit dans cette élection « un soutien international croissant à Cuba » et « une victoire fulgurante contre la puissance impérialiste et la preuve irréfutable du prestige international de Cuba »

    La position de l’ONU sur le droits de l’homme à Cuba semble toutefois comporter quelques contradictions, puisqu’en mars 2006 la représentante du Haut Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU pour Cuba critiquait dans son rapport, les cas de mauvais traitement dans les prisons cubaines.

    Dans son rapport pour le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Mme Chanet a affirmé que sa principale source de préoccupation concernait le maintien en détention de dizaines de dissidents arrêtés en mars et avril 2003. Elle s’est dite « alarmée par les allégations de mauvais traitements en détention » rapportées par les familles de détenus.

    « L’alimentation et l’hygiène sont en-dessous des normes et les soins médicaux sont soit inexistants soit inadaptés », a jugé Mme Chanet, qui a été nommée à son poste en 2002.

    La magistrate, qui n’a toujours pas pu se rendre sur l’île, a affirmé que les arrestations pour délit d’opinion s’étaient multipliées au cours de l’année écoulée.

    À la mi-mars 2003, après une période d’ouverture apparente et de plus grande permissivité, les autorités cubaines ont mené une campagne de répression sans précédent envers le mouvement dissident de l’île. En l’espace de quelques jours, les forces de sécurité ont procédé à l’arrestation de 75 dissidents lors d’opérations ciblées.

    À l’exception d’une demi-douzaine de personnalités très connues et critiques à l’égard du régime, la plupart des chefs de file du mouvement dissident, des personnes militant depuis dix ans ou plus, ont été arrêtés. Ils ont été jugés de manière hâtive et inique et, quelques semaines seulement après leur arrestation, condamnés à de sévères peines de prison dont certaines allaient jusqu’à vingt-huit ans.

    Parallèlement, en avril 2003 le gouvernement cubain a mis fin au moratoire sur les exécutions qui était en vigueur de facto depuis trois ans,- en faisant fusiller par un peloton d’exécution trois hommes impliqués dans un détournement de ferry qui n’avait fait aucun blessé. Le procès et les procédures d’appel de ces accusés ont été expéditifs et sommaires ; les trois hommes ont été exécutés moins d’une semaine après le début de leur procès.

  • « La tension extrême entre Cuba et les Etats-Unis a créé un climat qui n’est pas du tout favorable à la liberté d’expression et à la liberté de réunion », a déclaré la magistrate française Christine Chanet.

    Dans un nouveau rapport pour le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Mme Chanet a affirmé que sa principale source de préoccupation concernait le maintien en détention de dizaines de dissidents arrêtés en mars et avril 2003. Elle s’est dite « alarmée par les allégations de mauvais traitements en détention » rapportées par les familles de détenus.

    « L’alimentation et l’hygiène sont en-dessous des normes et les soins médicaux sont soit inexistants soit inadaptés », a jugé Mme Chanet, qui a été nommée à son poste en 2002.

    La magistrate, qui n’a toujours pas pu se rendre sur l’île, a affirmé que les arrestations pour délit d’opinion s’étaient multipliées au cours de l’année écoulée.

    Le gouvernement de Fidel Castro a notamment utilisé le soutien apporté par les Etats-Unis à l’opposition cubaine comme un prétexte pour lancer une importante campagne de répression en 2003 contre les dissidents.

  • Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont décidé lundi de prolonger jusqu’en juin 2006 la suspension des sanctions européennes contre Cuba, tout en déplorant l’absence de progrès en matière de droits de l’Homme.

    L’Union Européenne, et en particulier l’Espagne, est bien la seule à penser que le dialogue avec Fidel Castro peut encore servir à quelquechose. En 45 ans de pouvoir absolu, le dictateur cubain n’ a jamais fait la moindre concession, autrement que sous la pression.

    « Le Conseil des ministres a décidé que ces mesures resteraient suspendues et seront réexaminées en juin 2006 », a affirmé à la presse le chef de la diplomatie luxembourgeoise Jean Asselborn, en se référant aux sanctions diplomatiques imposées par l’UE à l’encontre de Cuba en juin 2003 et qui avaient été suspendues en janvier dernier.

    Dans le même temps, les ministres européens ont déploré l’absence de progrès en matière de respect des droits de l’Homme à Cuba et regretté qu’il n’y ait pas eu de « nouvelles libérations de prisonniers politiques », selon des conclusions adoptées par le Conseil des ministres des Relations extérieures réunis au Luxembourg.

    Les ministres ont en outre « condamné de manière catégorique certaines attitudes des autorités cubaines à l’égard de parlementaires ou de journalistes européens expulsés ou interdits de se rendre à une assemblée générale de l’opposition », a indiqué M. Asselborn.

    M. Asselborn faisait référence à la tenue au mois de mai à Cuba d’un congrès inédit de dissidents cubains et aux expulsions décidées par La Havane de parlementaires et de journalistes européens venus assister à la réunion.

    Toutefois, l’UE n’en réaffirme pas moins sa « disposition » à maintenir son dialogue politique avec le régime de Fidel Castro et la nécessité de poursuivre le développement de contacts avec l’opposition cubaine pacifique.

    « Pour rendre ceci possible, il faut maintenir la suspension des mesures prises en juin 2003 », a affirmé M. Asselborn.

    L’Union européenne avait suspendu pour six mois fin janvier, sous la pression notamment du gouvernement socialiste espagnol, les sanctions diplomatiques adoptées contre Cuba en juin 2003 après une dure vague de répression contre la dissidence.

    Depuis 1996, l’UE a adopté une « position commune » sur Cuba, qui lie ses relations avec l’île à l’ouverture démocratique du régime et à l’amélioration de la situation sur le plan des droits de l’Homme.

    Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’attitude de l’Union européenne, est plutôt ambiguë : les Européens ont d’abord pris conscience très tardivement de l’existence d’une répression contre les opposants à Cuba, et leur soutien aux dissidents est jusqu’à présent surtout verbal.

    Il faut dire que depuis dix ans ( la loi permettant aux étrangers d’investir à Cuba date de 1995), les Européens (en particulier les Espagnols, 50% des IDE à Cuba) ont généreusement apporté leurs capitaux à Fidel Castro, fermant les yeux sur les violations des droits de l’homme, car trop contents de ravir les meilleures places au nez et à la barbe des Américains.

    Pour faire des affaires à Cuba, les investisseurs européens ont accepté des conditions d’emploi de la main d’oeuvre cubaine indignes, totalement contraires à plusieurs conventions de l’ONU.

    Le salaire des Cubains qui travaillent dans les hôtels pour touristes est misérable : 210 pesos (environ 8 euros, soit 5 centimes de l’heure). Un salaire dont ne voudrait pas un journalier de l’Uttar Pradesh (en Inde le salaire horaire d’un travailleur non qualifié est de 0,5 dollar, 1 dollar pour un employé d’un centre d’appel .

    A ceci s’ajoutent bien entendu les menus inconvénients propres au système socialiste réputé sans classe, donc sans conflit : un syndicat unique au service du parti unique, et l’interdiction de faire grève.

    Une sorte de « capitalisme monopolistique d’Etat » à la cubaine, résultat de l’alliance cynique des investisseurs européens avec le complexe militaro communiste qui impose ses conditions draconiennes d’emploi de la main d’œuvre. Même dans ses rêves les plus fous, le MEDEF n’a jamais envisagé un système d’exploitation (au sens marxiste du terme) aussi efficace.

  • Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’attitude de l’Union européenne, est plutôt ambiguë : les Européens ont d’abord pris conscience très tardivement de l’existence d’une répression contre les opposants à Cuba, et leur soutien aux dissidents est jusqu’à présent surtout verbal.



    Il faut dire que depuis dix ans ( la loi permettant aux étrangers d’investir à Cuba date de 1995), les Européens (en particulier les Espagnols, 50% des IDE à Cuba) ont généreusement apporté leurs capitaux à Fidel Castro, fermant les yeux sur les violations des droits de l’homme, car trop contents de ravir les meilleures places au nez et à la barbe des Américains.

    Pour faire des affaires à Cuba, les investisseurs européens ont accepté des conditions d’emploi de la main d’oeuvre cubaine indignes, totalement contraires à plusieurs conventions de l’ONU.

    Le salaire des Cubains qui travaillent dans les hôtels pour touristes est misérable : 210 pesos (environ 8 euros, soit 5 centimes de l’heure).
    Un salaire dont ne voudrait pas un journalier de l’Uttar Pradesh (en Inde le salaire horaire d’un travailleur non qualifié est de 0,5 dollar, 1 dollar pour un employé d’un centre d’appel .

    A ceci s’ajoutent bien entendu les menus inconvénients propres au système socialiste réputé sans classe, donc sans conflit : un syndicat unique au service du parti unique, et l’interdiction de faire grève. Une sorte de « capitalisme monopolistique d’Etat » à la cubaine, résultat de l’alliance cynique des investisseurs européens avec le complexe militaro communiste qui impose ses conditions draconiennes d’emploi de la main d’œuvre. Même dans ses rêves les plus fous, le MEDEF n’a jamais envisagé un système d’exploitation (au sens marxiste du terme) aussi efficace.



    Un peu facile donc de se donner bonne conscience en condamnant Cuba à l’ONU d’un coté, et de continuer à financer les bases oeuvres du tyran, de l’autre coté.