C’est un fait: Cuba est plus connu pour ses plages magnifiques (celles de Varadero sont d’ailleurs réservées aux touristes et interdites aux Cubains) que pour ses prisons. Pourtant, il y a plus de prisons que de plages à Cuba : le président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, interdite), Elizardo Sanchez Santa Cruz, lui-même ancien prisonnier politique, a déjà à plusieurs reprises souligné “l’hypertrophie du système carcéral” cubain, passé de 14 prisons en 1958 à plus de 200 aujourd’hui.
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Cuba occupe la 165e position du classement de RSF, et un an et demi après l’investiture officielle de Raúl Castro à la tête de l’Etat, la situation des droits de l’homme sur l’île n’a pas évoluée.
La violence perdure sur le continent américain, notamment au Pérou et au Mexique
Cette année, l’Erythrée remplace la Corée du Nord en dernière position du classement mondial de Reporters sans frontières, publié aujourd’hui pour la sixième reprise, et qui mesure le degré de liberté de la presse dans 169 pays.
« Cela n’a rien de surprenant. Même si toutes les violations de la liberté de la presse ne sont pas connues en Corée du Nord ou au Turkménistan, qui précèdent immédiatement l’Erythrée dans le classement, ce pays mérite sa dernière place. Nous savons que quatre journalistes sont morts en prison et nous avons toutes les raisons de croire que d’autres vont suivre », a déclaré Reporters sans frontières.
En dehors de l’Europe – d’où sont issus les quatorze premiers pays du classement -, aucune région du monde n’est épargnée par la censure.
Parmi les vingt pays les plus mal classés, on trouve 7 asiatiques (Pakistan, Sri Lanka, Laos, Viêt-nam, Chine, Birmanie, Corée du Nord), 5 africains (Ethiopie, Guinée équatoriale, Libye, Somalie, Erythrée), 4 du Moyen-Orient (Syrie, Irak, Territoires palestiniens, Iran), 3 de l’ancien espace soviétique (Bélarus, Ouzbékistan, Turkménistan) et 1 américain (Cuba).
A Cuba (165e), un an et demi après l’investiture officielle de Raúl Castro, à la tête de l’Etat, la transition annoncée n’a rien changé à la situation des droits de l’homme sur l’île. Cuba reste la deuxième prison du monde pour la presse après la Chine avec 24 journalistes incarcérés et soumis à de très sévères conditions de détention.
Violence et censure sur le continent américain
Aucun journaliste n’a été tué en Colombie (126e) pendant la période étudiée pour l’établissement de ce classement. C’est une première. Pour autant, la pression des groupes armés et des paramilitaires reste forte. Des cas de violence contre des journalistes ont été relevés au Brésil (84e) et en Argentine (82e), mais le record en la matière revient au Pérou (117e) où près d’une centaine de journalistes ont été pris à partie physiquement. Le nombre de menaces est tout aussi élevé.
Le Mexique (136e) est toujours le pays le plus dangereux du continent pour la presse. Huit professionnels de l’information ont été tués dans le pays entre septembre 2006 et septembre 2007. La justice ne parvient pas à sanctionner tous les responsables et l’impunité reste largement la règle.
Au Venezuela (114e), l’exclusion de la chaine RCTV du reseau hertzien, le 27 mai 2007, à la demande d’Hugo Chavez, a mobilisé à elle seule toute l’attention. Contestée même parmi les partisans du président bolivarien, la mesure traduit une véritable mainmise du pouvoir sur l’espace audiovisuel. (suite…)
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Parce que jamais
une prise d’otage n’a duré aussi longtemps dans la bande de
Gaza, la mobilisation pour Alan Johnston est essentielle. Reporters
sans frontières a réuni, le 20 juin 2007, une centaine de
militants et de bénévoles sur la pelouse du Champ-de-Mars, à
Paris, en face de la tour Eiffel. Ils ont brandi les logos de 100
médias du monde entier qui ont répondu à l’appel de
l’organisation de défense de la liberté de la presse pour demander
la libération d’Alan Johnston et des 14 autres journalistes
kidnappés en Irak.La veille, Reporters sans frontières avait organisé une projection
du portrait du journaliste britannique sur la façade du bâtiment
de Battersea Station, à Londres. Par ailleurs, des portraits du
journaliste ont été affichés à Gaza et à Beyrouth et
prochainement dans d’autres capitales du Moyen-Orient. Et
l’organisation a également réalisé un spot en langue arabe
appelant à la libération des journalistes retenus en otages dans
les Territoires palestiniens et en Irak. Il a été diffusé par
plusieurs chaînes satellitaires et locales de la région.« Nous devons, plus que jamais, nous mobiliser pour réclamer la
libération rapide d’Alan Johnston. Alors que la bande de Gaza ne
cesse de traverser des crises toujours plus violentes, il est
essentiel de ne pas oublier le journaliste de la BBC. Il est de la
responsabilité du Hamas, désormais seul à contrôler la bande
de Gaza, de tout mettre en oeuvre pour assurer la libération du
reporter. Alan Johnston ne doit pas payer le prix de l’instabilité
politique dans les Territoires palestiniens, dont il couvrait
l’évolution depuis 2005 », a déclaré Reporters sans
frontières
« Ismaël Haniyeh et les autres responsables du parti doivent
également ordonner à leurs services de s’assurer que les
journalistes qui travaillent dans la région peuvent le faire
librement et en toute sécurité. Sans cela, d’autres
professionnels des médias seront, à leur tour, pris en
otages », a ajouté l’organisation.100 jours de détention
Alan Johnston est détenu à Gaza depuis le 12 mars 2007. Il a
déjà passé 100 jours en captivité. Le chaos qui règne dans
la bande de Gaza rend encore plus difficiles les négociations. Les
promesses d’une libération rapide faites par différents
officiels palestiniens n’ont pas été tenues. D’abord
silencieux pendant près de deux mois, les ravisseurs du journaliste,
un groupe connu sous le nom de « l’Armée de l’islam », ont
revendiqué son enlèvement le 8 mai 2007 en demandant la
libération de plusieurs musulmans détenus en Grande-Bretagne, dont
celle de Abou Qatada, un Palestinien emprisonné depuis 2005. Près
d’un mois plus tard, l’Armée de l’islam a diffusé une
vidéo montrant des images du journaliste britannique. Dans cet
enregistrement non daté, les ravisseurs ont réitéré leurs
revendications.Liste des 100 médias mobilisés sur le Champ-de-Mars
Algérie : El Watan
Allemagne : ARD, Arte, Der Spiegel, Deutsche Welle,
Die Tageszeitung, Die Welt, Focus, Frankfurter Rundschau, Stern,
Süddeutsche Zeitung, ZDF
Arabie Saoudite : Al-Arabiya, Asharq Al-Awsat
Autriche : Die Presse, ORF
Azerbaïdjan : TuranBelgique : Belga, De Standaard, La Libre Belgique, Le
Soir, RTBF TV, RTL TVI
Bosnie : Oslobodjenje
Brésil : O Globo
Burkina Faso : L’EvénementCanada : CBC, Radio Canada, La Presse, The Gazette
Corée du Sud : The Monthly Chosun
Emirats Arabes Unis : Gulf News
Espagne : ABC, Antena 3, Cadena SER, EFE, El País, El
Periódico, Servimedia, TeleCinco, TVE, La VanguardiaEtats Unis : ABC News, AP, Boston Globe, CBS News, CNN
France : 20 Minutes, AFP, Euronews, Europe 1, France 2,
France 24, France 3, France Info, France Inter, I-Télé, La Croix,
Le Figaro, Le Monde, Les Echos, L’Express, Libération, Métro,
Nouvel Observateur, NRJ, Ouest France, RMC Info, RTL, TF1, TV5
MondeGambie : The Point
Grande Bretagne : BBC, Channel 4 News, News of the World,
The Guardian, The Sun, The Sunday Times, The TimesIsraël : Jerusalem Post
Italie : Il Manifesto, Il Messaggero, La Stampa
Japon : Asahi Shimbun
Liban : As-SafirMaroc : Le Journal hebdomadaire
Pays Bas : VRT
Pakistan : Daily Times
Pologne : Gazeta Wyborcza, TVN 24Qatar : Al-Jazira
Suède : Aftonbladet, SVD, Svenska Daglabet
Suisse : Giornale del Popolo, Le Courrier, Le Temps,
Tribune de Genève
Ukraine : UnianVenezuela : Tal Cual
D’autres médias se sont associés à l’appel lancé par
Reporters sans frontièresAllemagne : EPD, Financial Times Deutschland, N-TV
Autriche : APA, Der Osterreichische Journalist, Der
Standard, Profil, Stadt WienBelgique : Enjeux Internationaux, Le Vif / L’Express,
Vers l’Avenir
Biélorussie : BelaPan
Brésil : FSB
Cameroun : Le Jeune observateurCanada : Le Devoir, Le Journal de Montréal
Corée du Sud : Busan Ilbo
Espagne : Cambio 16, Cuatro, El Mundo, Grupo EIG, La
Sexta
Etats Unis : NewstatesmanFrance : EMI CFD (école), LCI
Grande Bretagne : CPU, ITN, ITV News, Skynews, The
Independent
Grèce : Infogrece
Israël : Yedioth AhronothItalie : AGR , La Repubblica, What’s up
Liban : Al-Akhbar, LBC
Moldavie : Timpul
Pakistan : Friday Times
Pologne : Dziennik
Suède : Daglabet, Göteborgs Posten, Svenska
Suisse : Sonntags Blick
Ukraine : Kanal 5Christine
Leduc-PoumarèdeResponsable Presse et
ParrainagesREPORTERS SANS FRONTIÈRES
Secrétariat international
5, rue Geoffroy-Marie
75 009 Paris – France
France -
Jamais une prise d’otage n’a duré aussi longtemps dans les Territoires palestiniens, fait remarquer à cette occasion l’oganisation de défense des journalistes RSF
Reporters sans frontières lance un appel aux médias du monde entier afin qu’ils se mobilisent en demandant la libération d’Alan Johnston et des 14 autres journalistes actuellement retenus en Irak.
Le mercredi 20 juin, sur la pelouse du Champs-de-Mars (en face de la tour Eiffel), 100 personnes masquées vêtues d’un tee-shirt noir Reporters sans frontières brandiront une pancarte illustrant le logo d’un des 100 médias appelant à la libération des journalistes.
Rendez-vous le mercredi 20 juin à 10h30 à la sortie du métro Ecole militaire
Reporters sans frontières est préoccupée par les signaux contradictoires envoyés par des représentants du Hamas et de l’Armée de l’islam, concernant le sort d’Alan Johnston.
« Nous sommes très préoccupés par la tournure que prend la détention du journaliste britannique et notamment par les revendications irrationnelles des ravisseurs et la radicalisation de leur position, puisqu’ils menacent aujourd’hui d’exécuter leur otage. Par ailleurs, le chaos qui règne dans les Territoires palestiniens entrave la bonne marche des négociations, dont on ignore si elles sont menées par le Premier ministre palestinien limogé Ismaël Haniyeh à Gaza ou par le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à Ramallah », a déclaré l’organisation.
Le 16 juin 2007, au lendemain du contrôle de la bande de Gaza par le Hamas, un représentant du parti islamiste en Iran, Abu Osameh al-Mo’ti, a déclaré à la presse qu’Alan Johnston serait libéré « dans les prochaines heures ». Un porte-parole du Hamas à Gaza s’est lui montré plus prudent en affirmant que le journaliste devrait être libéré dans les prochains jours. « D’importants efforts sont en cours et devraient aboutir bientôt pour libérer Alan Johnston », a déclaré Sami Abou Zouhri.
Mais le groupe palestinien qui détient le journaliste a démenti être parvenu à un arrangement avec le parti d’Ismaël Haniyeh. « Si nous ne parvenons pas à conclure un accord et que la situation empire pour nous, nous devrons nous rapprocher de Dieu et nous n’aurons pas d’autre choix que d’égorger le journaliste », a déclaré un porte-parole masqué de l’Armée de l’islam devant une caméra d’Al-Jazira. L’un des reporters de la chaîne avait été transporté, les yeux bandés, dans un lieu inconnu pour filmer cette déclaration.
Le 20 juin prochain, cela fera 100 jours qu’Alan Johnston est retenu en otage à Gaza.Reporters sans frontières a lancé un appel à 100 médias du monde entier afin qu’ils se mobilisent en demandant la libération du correspondant de la BBC et des 14 autres journalistes actuellement retenus en Irak. Ce jour-là, l’association de défense de liberté de la presse présentera les 100 logos de ces médias sur la pelouse du Champ-de-Mars, à Paris, en face de la tour Eiffel, afin de symboliser l’ampleur de la mobilisation internationale.
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Cinq mois plus tôt, le président Hugo Chávez avait annoncé que la licence de diffusion du média, accusé d’avoir soutenu le putsch qui l’avait brièvement écarté du pouvoir en avril 2002, ne serait pas renouvelée.
Bien plus qu’une simple mesure administrative, la fermeture de RCTV, presque unanimement dénoncée par la communauté internationale, constitue un acte politique inédit sur le continent américain. Elle relève d’une véritable mainmise sur les médias audiovisuels, qui elle-même s’inscrit dans une vaste prise de contrôle de l’espace public par le pouvoir.
Du 24 au 28 mai 2007, Reporters sans frontières s’est rendue au Venezuela afin d’évaluer les conséquences de cet événement sur la liberté d’information et d’expression dans le pays. L’organisation s’est entretenue avec des patrons de presse, des journalistes, des représentants d’ONG et des analystes politiques. Elle a également assisté au dernier jour d’antenne de RCTV, au siège même de la chaîne.
Reporters sans frontières présente aujourd’hui le résultat de cette mission. D’où il ressort, notamment, que la fermeture de RCTV et la récupération de son canal hertzien au profit de la nouvelle chaîne publique Televisora Venezolana social (Tves) ont été décidées en dehors de toute procédure judiciaire régulière, et au mépris de la jurisprudence de l’Organisation des États américains (OEA), à laquelle le Venezuela est lié en tant qu’État membre.
Reporters sans frontières compte saisir de cette affaire le Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies, le Conseil de l’Europe et la Commission interaméricaine des droits de l’homme.
Benoît Hervieu
Despacho Américas / Americas desk
Reporters sans frontières
5, rue Geoffroy-Marie
75009 Paris – Francetél. : +33 (0) 1 44 83 84 68
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Reporters sans frontières est extrêmement inquiète après l’annonce de la revendication de l’enlèvement du journaliste Alan Johnston par l’Armée de l’islam, un groupe connu pour son implication dans les violences qui ont plongé la bande de Gaza dans le chaos.
Le 11 mai 2007 à 11 heures, l’organisation se mobilisera devant la représentation de l’Autorité palestinienne à Paris (14, rue du Commandant Léandri, 15e) pour demander la libération du journaliste britannique à la veille de ses deux mois de détention.
« Nous sommes de plus en plus inquiets pour Alan Johnston alors que sa détention se prolonge et que ses ravisseurs n’ont fourni aucun élément attestant de son bon état de santé. Nous leur demandons de ne pas retarder sa libération avec des revendications irréalistes. La radicalisation du discours des ravisseurs et l’absence de preuves de vie rendent l’attente insoutenable pour sa famille et ses confrères, sans nouvelles du journaliste depuis près de deux mois », a déclaré l’organisation.
« Les journalistes ne doivent pas servir de monnaie d’échange. La bande de Gaza risque de devenir un territoire désert de journalistes alors que d’ores et déjà la majorité des rédactions étrangères déconseillent fortement à leurs correspondants de s’y rendre », a mis en garde Reporters sans frontières.
L’enlèvement d’Alan Johnston a été revendiqué le 8 mai 2007 par l’Armée de l’islam qui a fait parvenir un CD à plusieurs médias à Gaza. Dans un enregistrement audio, le groupe exige la libération des musulmans détenus par la Grande-Bretagne et notamment Cheikh Abou Qatada, un Palestinien emprisonné depuis 2005 et considéré comme le chef spirituel d’Al-Qaïda en Europe. « Nous demandons à la Grande-Bretagne de libérer nos prisonniers et plus particulièrement Cheikh Abou Qatada, le Palestinien. Nous n’oublions pas non plus nos prisonniers dans les autres pays d’infidèles et nous leur demandons à tous de libérer nos prisonniers ou nous vous ferons la même chose », demande le groupe. Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, le CD comporte des photos, dont celle de la carte de presse d’Alan Johnston, et un enregistrement vocal d’un individu qui n’a pas pu être identifié.
L’Armée de l’islam est l’un des trois groupes qui ont revendiqué la capture, en juin 2006, du caporal israélien Gilad Shalit, aux côtés de la branche armée du Hamas et des Comités de résistance populaire. Le groupe n’a donné aucune information sur l’état de santé d’Alan Johnston sans pour autant émettre de menaces directes contre lui. Le groupe a déclaré qu’il enlèverait d’autres Occidentaux si ses revendications n’étaient pas satisfaites.
En août 2006, les ravisseurs de deux journalistes de Fox News avaient exigé, dans un enregistrement où cette fois apparaissaient les otages, la libération des musulmans détenus par les Etats-Unis.
Alan Johnston, principal correspondant de la BBC à Gaza, a été enlevé le lundi 12 mars 2007 alors qu’il quittait son bureau pour se rendre à son domicile. Les ravisseurs ont intercepté son véhicule et l’ont obligé à les suivre vers une destination inconnue.Reporters Without Borders
Press release 9 May 2007 -
Lettre de Reporters sans fontières à l’attention de
Monsieur Miguel Ángel Moratinos Cuyaubé
Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération
Madrid, EspagneMonsieur le Ministre,
Vous êtes sur le point d’effectuer une visite officielle à Cuba, les 2 et 3 avril prochains, à l’invitation de votre homologue cubain, M. Felipe Pérez Roque. Reporters sans frontières, organisation de défense de la liberté de la presse, souhaite que cet événement contribue à l’évolution de la situation des droits de l’homme dans l’île.
C’est en effet la première fois qu’un ministre des Affaires étrangères d’un pays membre de l’Union européenne (UE) se rend à Cuba, depuis que les institutions de Bruxelles ont sanctionné politiquement l’île, suite au « printemps noir » de mars 2003. Ces sanctions ont finalement été levées, en 2005, à la demande de votre gouvernement, au nom du dialogue avec les autorités cubaines. Elles feront à nouveau l’objet d’un débat entre les États membres en juin prochain.
Quatre ans après cette vague de répression sans précédent contre la dissidence cubaine, et malgré la récente transition à la tête de l’État, l’île compte toujours 270 prisonniers politiques dont 25 collaborateurs de petites agences de presse indépendantes condamnés pour certains – comme notre correspondant Ricardo González Alfonso – à des peines comprises entre 14 et 27 ans de prison. Cuba est, à ce titre, la deuxième prison du monde pour les journalistes après la Chine et le seul pays du continent américain où la liberté d’expression et d’information est inexistante.
Cuba, membre du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, s’était pourtant engagée à « faire respecter » et à « promouvoir » les libertés fondamentales en prenant la présidence tournante du Mouvement des non-alignés en septembre 2006.
Le dialogue avec le gouvernement de La Havane, sourd aux appels de la communauté internationale, n’empêche en rien la fermeté à son égard. Vous êtes le représentant d’un des seuls gouvernements susceptibles de rappeler les autorités cubaines à leurs devoirs d’humanité et de justice. Les dissidents emprisonnés doivent être libérés.
En vous remerciant de l’attention que vous porterez à notre demande, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.
Robert Ménard
Secrétaire général______________________
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Cuba semble être devenu par les hasards de l’histoire une terre de non droit. Le gouvernement cubain emprisonne opposants et journalistes après un simulacre de procès. Le gouvernement américain utilise la base de Guantanamo (louée à Cuba depuis 1903 avec un bail qui ne peut être résilié sans l’accord des deux parties) pour en faire un zone américaine de non droit, où sont détenus des prisonniers sans jugement.
Le secrétaire général de Reporters sans frontières, Robert Ménard, a rencontré, le 19 mars 2007 à Khartoum, capitale du Soudan, le frère, la soeur et la cousine de Sami Al-Haj, assistant cameraman de la chaîne privée qatarie Al-Jazira. Arrêté par les forces armées pakistanaises à la frontière afghane en décembre 2001, il est détenu depuis le 13 juin 2002 par l’armée américaine à la base de Guantanamo (Cuba).
Ses proches ont discuté pendant une trentaine de minutes avec une délégation de Reporters sans frontières au siège du Khartoum Center for Human rights and Environmental development (KCHRE), une organisation locale de défense des droits de l’homme.
Robert Ménard a fait part de la solidarité de l’organisation avec la famille du journaliste incarcéré. Il a par ailleurs assuré ses proches que Reporters sans frontières continuerait à mener une campagne active pour obtenir sa remise en liberté. Il leur a enfin demandé s’ils avaient des nouvelles, et s’est engagé à relayer l’appel qu’ils souhaitaient lancer pour réclamer sa libération.
Les trois membres de sa famille, après avoir remercié les organisations nationales et internationales de défense de la liberté de la presse pour leur mobilisation, ont notamment fait part de leur inquiétude concernant l’état de santé de Sami Al-Haj, après que le journaliste a entamé une grève de la faim, le 7 janvier 2007.
Il a désormais du mal à se tenir debout. Les contacts du journaliste avec ses proches sont toujours extrêmement rares et les nouvelles de Guantanamo sont « très inquiétantes », selon son frère. Au total, la famille du journaliste n’a reçu que six lettres par l’intermédiaire de la Croix-Rouge, l’une d’elles leur étant parvenue près de deux ans après sa rédaction.
Ses proches ont lancé un appel à l’ONU, et notamment au Conseil des droits de l’homme, pour permettre à Sami Al-Haj de recouvrer la liberté. La s¦ur du journaliste a indiqué que l’émir du Qatar leur avait promis d’intervenir en sa faveur. Elle a également appelé les autorités américaines à reconnaître que « Sami Al-Haj est innocent, qu’il était présent en Afghanistan en sa qualité de journaliste ».
Elle a indiqué que sa famille dépendait financièrement de lui et que son fils unique « le réclamait beaucoup ». Son frère, pour sa part, a déclaré, à l’intention des autorités américaines : « Si vous n’avez rien de sérieux à reprocher à mon frère, pourquoi maintenir le poids écrasant du secret sur son cas ? »
Il y a plus de 16 ans, Reporters sans frontières mettait en place le » parrainage » et appelait les médias internationaux à soutenir un journaliste emprisonné. Plus de 200 rédactions dans le monde soutiennent ainsi un confrère en demandant régulièrement sa libération aux autorités concernées et en médiatisant sa situation pour que son cas ne tombe pas dans l’oubli.
Sami Al-Haj est ainsi soutenu par des médias espagnols, La Sexta, IPS-Comunica, La Voz del Occidente, Colexio de Xornalistas de Galicia, et canadiens, Corriere Canadese, Atlas media, Magazine de Saint-Lambert, Mouton Noir, CIBL, Radio Canada Sudbury.
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