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Cuba : sous la plage, les prisons

23 C’est un fait: Cuba est plus connu pour ses plages magnifiques (celles de Varadero sont d’ailleurs réservées aux touristes et interdites aux Cubains) que pour ses prisons. Pourtant, il y a plus de prisons que de plages à Cuba : le président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, interdite), Elizardo Sanchez Santa Cruz, lui-même ancien prisonnier politique, a déjà à plusieurs reprises souligné “l’hypertrophie du système carcéral” cubain, passé de 14 prisons en 1958 à plus de 200 aujourd’hui.

Ce blog est baptisé « de Cuba » en hommage à Ricardo González Alfonso, correspondant de Reporters sans frontières et fondateur de la revue De Cuba , revue publiée clandestinement à Cuba . Pour avoir osé faire paraitre un journal non communiste à Cuba, Ricardo González Alfonso a été condamné à 20 ans de prison au prétexte absurde d’être un « mercenaire à la solde des États-Unis ».

Le procès s’est tenu le 4 avril 2003 au Tribunal municipal du district du 10 Octobre, à La Havane, lors d’une audience unique longue de 6 heures, et à laquelle comparaissait également Raúl Rivero Castañeda (remis en liberté en décembre 2004 pour raison de santé). Les deux journalistes étaient inculpés en vertu de l’article 91 du code pénal, qui prévoit de dix à vingt ans de prison « ou » la peine de mort pour le crime d’atteinte à « l’indépendance ou l’intégrité territoriale de l’Etat . »
Huit témoins à charge ont été cités, dont deux connus comme des journalistes indépendants, Manuel David Orrio et Nestor Baguer, qui se sont avérés des indicateurs travaillant pour le gouvernement.

Aujourd’hui Reporters sans frontières réitère sa demande de libération des vingt-quatre journalistes cubains emprisonnés, alors que la population s’apprête à désigner, à défaut d’élire, le 20 janvier 2008, ses représentants à l’Assemblée nationale et au sein des assemblées provinciales.

Au cours d’une conférence de presse tenue à Madrid, le 16 janvier 2008, l’organisation a rappelé la situation particulièrement alarmante de certains journalistes incarcérés depuis le « printemps noir » du 18 mars 2003. Victime de cette vague répressive et aujourd’hui exilé en Espagne, Raúl Rivero, fondateur de l’agence Cuba Press, s’est fait l’écho du sort de quatre d’entre eux, très gravement malades : Normando Hernández González, directeur du Colegio de Periodistas Independientes de Camagüey (CPIC), José Luis García Paneque, directeur de l’agence Libertad, Adolfo Fernández Sainz et Ivan Hernández Carrillo, de l’agence Patria.

« L’état de santé de ces quatre journalistes et au-delà, de tous les représentants de la presse dissidente emprisonnés à Cuba, justifie au moins une licence extra-pénale, c’est-à-dire une suspension de peine pour raison humanitaire. En acceptant cette demande, les autorités de La Havane donneraient un gage minimum en faveur des droits de l’homme, dont la situation n’a pas progressé sur l’île depuis la transition au sommet de l’État, en juillet 2006. Le scrutin du 20 janvier 2008 ne saurait, à cet égard, faire illusion. Le pluralisme politique n’est pas à l’ordre du jour et les Cubains n’ont d’autres candidats à ‘élire’ que les 614 représentants, déjà désignés, du Parti communiste cubain, le seul autorisé« , a déclaré l’organisation.

Au cours de la conférence de presse madrilène, le 16 janvier, Raúl Rivero a souligné les mauvais traitements, les mesures punitives d’isolement et l’absence de soins qui sont le lot quotidien des détenus cubains. Le fondateur de Cuba Press a notamment insisté sur la dégradation criante de l’état de santé de José Luis García Paneque, arrêté comme lui lors du « printemps noir » de mars 2003, condamné à une peine de vingt-quatre ans de réclusion et toujours incarcéré à Las Tunas (Est). Le directeur de la petite agence de presse indépendante Libertad souffre d’un syndrome de malabsorption intestinale. Aucune nourriture ni aucun soin adaptés ne lui sont prodigués en cellule.

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