Catégorie : droits de l’homme

Situation des droits de l’homme à Cuba, répression et prisonniers politiques

  • Les 21 interpellations ont eu lieu dans plusieurs provinces, visant des opposants qui devaient se joindre à un rassemblement de protestation à la Havane.

    Martha Beatriz Roque, accompagnée de six autres opposants, a remis jeudi une lettre pour la ministre cubaine de la Justice Maria Esther Reus, déclarant qu’elle entendait manifester devant le ministère jusqu’à ce qu’elle reçoive une réponse. En soirée, elle a été emmenée de force par des policiers à bord d’un véhicule et reconduite chez elle.

    Le sort des autres opposants qui l’accompagnaient, également embarqués à bord de véhicules de la police, et parmi lesquels deux « Dames en blanc », les épouses ou proches de prisonniers politiques n’était pas connu jeudi soir.

    Selon la dissidence, 250 prisonniers politiques sont actuellement en détention à Cuba, un nombre en diminution depuis que Fidel Castro a cédé le pouvoir l’an dernier à son frère Raul après une grave opération intestinale.

    Président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, interdite), Elizardo Sanchez Santa Cruz, lui-même ancien prisonnier politique, a déjà à plusieurs reprises souligné « l’hypertrophie du système carcéral » cubain, passé de 14 prisons en 1958 à plus de 200 aujourd’hui.

    Les affirmations de M.Sanchez n’ont jamais été publiquement démenties par le gouvernement cubain. L’unique visite de la Croix-rouge internationale dans les prisons cubaines remonte à 1988. Elle a donné lieu à un rapport qui a mécontenté les autorités et est resté « très confidentiel », selon M. Sanchez.

    « La torture physique n’est pas la règle à Cuba », selon lui, mais « la torture psychologique est régulièrement pratiquée », sous forme d’isolement du prisonnier dans des cellules minuscules, surchauffées, mal aérées, sans eau courante, et accompagnée parfois de privation de sommeil pour l’obtention d’aveux.

    De très nombreux témoignages ont permis d’établir que la torture a été pratiquée massivement à Cuba, et continue de l’être. Selon l’organisation CubaArchive.org, le castrisme aurait fait 9.240 victimes à Cuba.

    María C. Werlau et le directeur de recherches de cette organisation, Armando Lago, économiste, estiment que jusqu’à 77.000 Cubains peuvent avoir perdu la vie en tentant de s’échapper de l’île.

    María C. Werlau, qui a vécu au Chili pendant la dictature de Pinochet, a personnellement vu comment la conscience internationale des atrocités en matière de droits de l’homme a aidé le Chili à reconstituer sa démocratie. « Le régime de Castro a exécuté davantage de gens durant seulement ses trois premières années, que le régime de Pinochet a fait de tués ou « disparus » durant toutes ses 17 années de pouvoir » précise Werlau.

    « Mais les victimes de Castro qui sont souvent plus nombreuses– et qu’incluent non seulement des adversaires politiques mais aussi des familles complètes assassinées pour avoir essayé de s’enfuir — sont encore inconnues, ignorées ou oubliées. »

  • M. Chavez, qui mène une médiation internationale en faveur de la libération des otages en Colombie, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, a fait cette annonce au cours de son programme télévisé dominical « Alo Presidente ».

    Le président socialiste du Venezuela a ajouté que l’ancien président Jacques Chirac « était classé comme un homme de droite », mais que les relations avec la France avaient toujours été « franche sur le plan personnel, politique et économique ».

    Le dirigeant vénézuélien a été mandaté par le gouvernement colombien pour ouvrir des négociations avec la guérilla des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) qui réclament la libération de 500 des leurs emprisonnés contre un groupe de 45 otages.

    En 1995, la France avait déjà pris l’initiative de rompre l’isolement diplomatique de Fidel Castro : François Mitterrand avait alors invité le dictateur cubain pour une visite privée à Paris.

  • Même si cette initiative à très peu de chances d’aboutir, elle a une portée symbolique importante. Si un « petit » pays comme le Costa Rica le courage d’affronter les bourreaux de La Havane, qui condamnent impunément des journalistes à 20 ans de prison pour délit d’opinion, que dire du silence des « grandes » démocraties ?

    Si seulement la moitié des pays de l’Union européenne adoptaient la position du Costa Rica en offrant l’asile aux journalistes cubains, jetés en prison après une parodie de procès, quelle pourrait être la réaction de Cuba ?

    Le 16 septembre 2007, le consul du Costa Rica à La Havane, José Maria Penabad, a officiellement transmis au ministre cubain des Affaires étrangères, Felipe Pérez Roque, une demande d’autorisation de sortie du pays en faveur de Normando Hernández González pour raisons humanitaires. L’état de santé du journaliste, emprisonné depuis le « printemps noir » de mars 2003, n’a cessé d’empirer au fil de sa détention. Reporters sans frontières soutient la démarche des autorités costariciennes.

    « L’impératif humanitaire concerne évidemment tous les prisonniers de conscience, en particulier les vingt journalistes toujours détenus depuis mars 2003, soumis à de très sévères conditions de détention. Nous saluons les efforts engagés par les autorités du Costa Rica pour accueillir Normando Hernández González sur leur territoire et lui prodiguer des soins adaptés à son état, devenu alarmant. Nous espérons vivement que le ministère cubain des Affaires étrangères accédera à la demande du consul costaricien, dont le gouvernement a déjà accordé un visa à l’intéressé. Nous espérons que d’autres chancelleries appuieront cette initiative et en prendront de similaires en faveur des autres journalistes emprisonnés », a déclaré Reporters sans frontières.

    Le 14 septembre 2007, la Direction générale des migrations du Costa Rica a notifié au consul de ce pays à La Havane, José Maria Penabad, l’octroi d’un visa à Normando Hernández González à titre humanitaire. Cette formalité a été réglée à la demande du député José Manuel Echandi, qui a engagé depuis plusieurs mois des démarches pour faire venir le journaliste emprisonné, gravement malade, à San José. Le 16 septembre, José Maria Penabad a officiellement transmis cette demande d’asile humanitaire au ministre cubain des Affaires étrangères, Felipe Pérez Roque.

    Directeur de l’agence indépendante Colegio de Periodistas Independientes de Camagüey (CPIC), Normando Hernández González a été arrêté, le 24 mars 2003, avec vingt-six autres journalistes, lors de la dernière grande vague répressive contre la dissidence. Accusé arbitrairement d’ »espionnage » et d’ »atteinte à la sûreté de l’État », il a écopé d’une peine de vingt-cinq ans de prison. Transféré depuis le 10 septembre 2006 à la prison de haute sécurité Kilo 7 de Camagüey, le journaliste, atteint de tuberculose, a entamé une grève de la faim en mars 2007 pour protester contre ses conditions de détention (mauvais traitements, privation de sorties et de visites, alimentation inadaptée…). Il a été admis dans la matinée du 14 septembre dernier à l’hôpital Carlos J. Finlay de La Havane.

    Correspondant de Reporters sans frontières et directeur de la revue De Cuba, Ricardo González Alfonso, et son collègue indépendant Julio César Gálvez Rodríguez ont été admis le même jour à l’hôpital militaire de la prison du Combinado del Este de La Havane où ils sont incarcérés. Les deux journalistes ont également été arrêtés lors du « printemps noir » de mars 2003, le premier purgeant une peine de vingt ans de prison et le second une peine de quinze ans. Déjà hospitalisé, Ricardo González Alfonso souffre notamment d’hypertension artérielle. Julio César Gálvez Rodríguez présente de graves troubles respiratoires développés durant sa détention.
    Deuxième prison du monde pour les journalistes après la Chine, Cuba compte 24 détenus, dont trois depuis l’accession au pouvoir de Raúl Castro, le 31 juillet 2006. Les vingt incarcérés depuis le « printemps noir » ont été condamnés à des peines allant de quatorze à vingt-sept ans de prison.
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  • La face cachée du CheQuel est le point commun y a t’il entre Thierry Henry, Diego Maradonna, Carlos Santana et Mike Tyson ? Tous ont affiché d’une façon ou d’une autre leur attachement à Che Guevara, de façon symbolique et vestimentaire le plus souvent, mais l’ancien champion du monde des poids lourds allant jusqu’à se faire tatouer le portrait du Che sur l’abdomen. Que savent exactement de Che Guevara les millions de personnes qui brandissent régulièrement son portrait dans les manifestations ? Pas grand chose en vérité, car l’histoire de celui que les Cubains ont surnommé « le petit boucher de la Cabana », est longtemps restée un mystère.

    « J’ai longtemps figuré parmi les admirateurs de Che Guevara » confesse Jacobo Machover dans une phrase d’introduction quasi proustienne de son dernier essai. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas le seul à avoir commis cette erreur de jeunesse. En effet qui n’a jamais eu son T shirt, ou son poster « Che » pour souligner son esprit de rébellion, où son attachement, même très théorique, aux idéaux révolutionnaires ? « La figure du Che est devenue oecuménique » poursuit Machover « elle a perdu tout sens. Elle reflète un mélange de modernité, d’idéalisme vers un futur plus attractif, et de nostalgie envers un temps qui n’est plus. »

    Durant les premiers mois qui suivent la victoire de la révolution cubaine, le comandante Guevara se retrouve à la tête de la prison de la Cabana, une ancienne forteresse coloniale de La Havane. Sa mission : superviser les exécutions des anciens du régime de Batista, puis de révolutionnaires jugés trop timorés. Les tribunaux révolutionnaires siègent sans discontinuer dans toutes les casernes, sous les ordres de Raúl Castro, le frère de Fidel et à la Cabaña sous les ordres de Guevara. Dariel Alarcón Ramírez, dit « Benigno » ancien compagnon d’arme du Che recueille les témoignages des soldats qui décrivent Guevara observant les exécutions, en fumant un cigare sur le mur qui surplombe le fossé de la forteresse. « Pour ces soldats qui, jamais auparavant, n’avaient vu le Che, c’était quelque chose d’important. Cela leur donnait beaucoup de courage », raconte-t-il aujourd’hui.

    Après un discours devant l’assemblée générale des Nations unies le 11 décembre 1964, Guevara est interrogé par les délégués de certains pays latino-américains et par celui des Etats-Unis sur la répression dans l’île. Il répond sans ambages : « Nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons à fusiller tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort. ». Curieusement, le monde a conservé du Che l’image d’un martyr idéaliste, alors que son autoritarisme et sa rigidité sur les principes étaient bien connue de ses proches.

    À partir de 1960, Guevara est nommé gouverneur de la Banque centrale de Cuba : les billets de banque cubain, qui ne valent bientôt plus rien, portent désormais la signature du plus célèbre des révolutionnaires latino-américains. Devenu ministre de l’Industrie en 1961, le Che s’engage totalement en faveur d’un modèle économique soviétique hyper centralisé et bureaucratique dont l’efficacité, jamais démontrée, reposait sur l’étatisation et la destruction de la propriété privée. Le 26 juin 1961, le Che affirme que « les travailleurs cubains doivent petit à petit s’habituer à un régime de collectivisme. En aucune manière les travailleurs n’ont le droit de faire grève. »

    Le Che est partout, mais il n’est nulle part dans ce qui reste du socialisme cubain dont il avait lui-même posé les bases. Pas un jour sans que la propagande officielle ne célèbre un des faits d’armes de l’autre Comandante, ou ne rappelle une de ses citations pour tenter de démontrer laborieusement la fidélité du régime castriste aux idéaux du Che. Granma a beau insister lourdement sur son goût pour le travail volontaire et ressasser ses efforts pour augmenter la productivité et l’émulation, il ne reste pas grand-chose dans le Cuba d’aujourd’hui de « l’homme nouveau » que la révolution devait engendrer selon le Che. « Le Che mort deviendrait le meilleur ambassadeur planétaire de la révolution cubaine, ce qu’il n’avait pas été de don vivant » résume Machover.

    La face cachée du Che de Jacobo Machover est publié aux éditions Buchet Chastel.

  • La nouvelle a été rendue publique par l’organisation Reporters sans frontières qui se dit « scandalisée par la nouvelle condamnation dont a fait l’objet, le 15 août 2007, Alberto Santiago Du Bouchet Hernández, journaliste indépendant. Incarcéré pour « désobéissance civile » et « résistance » en 2005 puis libéré en août 2006, le journaliste de l’agence Havana Press a été condamné cette fois à des peines cumulées de deux ans de prison, deux ans de travaux en milieu carcéral et deux ans sous contrôle judiciaire.

    Il aurait prétendument volé un mouchoir dédicacé par Fidel Castro à María Encarnación González Guerra, membre actif de l’organisation politique Movimiento 26 de Julio à la fin des années 1950. »

    « Nous sommes indignés par l’acharnement dont font preuve les autorités cubaines contre Alberto Santiago Du Bouchet Hernández. Le condamner à une lourde peine pour un prétendu vol de mouchoir est grotesque et scandaleux. Son procès s’est déroulé de façon aussi expéditive qu’en 2005, sur la base de témoignages à charge qui ont très bien pu être obtenus sous la menace. Nous demandons que le journaliste soit acquitté en appel et laissé libre », a déclaré l’organisation RSF à Paris.

    Le tribunal municipal de Plaza (La Havane) a prononcé une sentence de deux ans de prison, auxquels s’ajoutent des travaux en milieu carcéral et un placement sous contrôle judiciaire pour une durée de deux ans chacun, à l’encontre du journaliste. Il est accusé de s’être « illicitement » approprié un mouchoir offert et signé par Fidel Castro à celle qui fut, en 1957, l’une des organisatrices du Movimiento 26 de Julio, organisation castriste créée en 1953. Selon Alberto Santiago Du Bouchet Hernández, il s’agissait d’un cadeau de María Encarnación González Guerra. Il soupçonne la police politique d’avoir fait pression pour qu’elle témoigne contre lui. Le journaliste a fait appel et n’a pas encore été incarcéré.

    Le 9 août 2005, Alberto Santiago Du Bouchet Hernández avait été condamné à un an de prison pour « désobéissance civile » et « résistance » lors de son arrestation, au cours d’un procès sommaire. Le journaliste n’avait pas pu prendre d’avocat.

    Les actes d’intimidation contre les journalistes indépendants et leur entourage se multiplient. Selon des informations diffusées récemment par Roberto de Jesús Guerra Pérez, correspondant des sites Payolibre et Nueva Prensa Cubana et de la station Radio Marti, la police politique harcèlerait sans cesse ses proches afin qu’ils ne le logent plus.

    Libéré en mai 2007 après avoir passé vingt-deux mois en prison dont dix-neuf sans jugement, le journaliste est dans un état de santé fragile en raison des grèves de la faim qu’il a menées en prison et craint de se retrouver sans logement si son entourage cède aux menaces répétées. Il a menacé de se remettre en grève de la faim en signe de protestation.

  • Le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies a en effet décidé de barrer Cuba et la Biélorussie de la  » liste noire  » des pays dont la situation était analysée par cette instance. Il a ainsi éliminé le poste de rapporteur spécial pour Cuba.

    Selon Felipe Perez Roque, le ministre des affaires étrangères de Cuba « Le gouvernement cubain considère que c’est une victoire retentissante, incontestable et historique de la diplomatie cubaine ».

    Comme d’habitude on a pas le triomphe très modeste à La Havane, mais pour une fois il faut reconnaître que le gouvernement cubain a raison. L’absolution de Cuba par l’ONU de tous ses crimes et violations des droits de l’homme est bien une victoire des bourreaux de Fidel Castro su ses dizaines de milliers de victimes.

    Pour sa part l’organisation de défense des journalistes Repoters sans frontières(26 journalistes sont encore emprisonnés à Cuba pour des peines allant jusqu’à 28 ans de prison) constate que :

    Comme la défunte commission, le Conseil des droits de l’homme se heurte aux manoeuvres des Etats les plus liberticides. Les mandats des rapporteurs spéciaux sur Cuba et le Belarus, deux des pires prédateurs de la liberté de la presse dans le monde, n’ont pas été renouvelés. C’est extrêmement inquiétant et révélateur de l’état d’esprit dans lequel le Conseil des droits de l’homme fonctionne depuis sa création, il y a un an.

    Le mandat sur le Belarus n’a pas été renouvelé alors même que ce pays n’a pas été élu comme membre du Conseil, en mai dernier, en raison de son bilan catastrophique en matière de droits de l’homme. Cette situation paradoxale illustre toute la difficulté qu’ont les vrais défenseurs des droits de l’homme présents au sein du Conseil, à faire leur travail. Par ailleurs, il est à craindre que l’abandon de ces deux mandats ouvre en fait la voie à la fin des rapports par pays, comme l’avaient exigé d’abord les intéressés avec le soutien actif de l’Iran, de la Chine et d’autres pays liberticides.

  • La farce des droits de l’homme à l’ONU se termine en beauté : cette fois au moins les choses sont claires car on a décidé de ne même plus chercher à laborieusement sauver les apparences.

    Cuba qui a refusé de recevoir le rapporteur spécial des droits de l’homme de l’ONU pendant cinq années consécutives (Mme Christine Chanet) est récompensé pour sa bonne conduite. La mandat de Mme Chanet est tout simplement supprimé. Parmi les autres « lauréats » du nouveau « Comité » des droits de l’homme de l’ONU, on trouve également le Bélarus, une autre grande démocratie très respectueuse des droits de l’homme. La dictature communiste de Fidel Castro se retrouve donc en bonne compagnie.

    Les violations des droits de l’homme à Cuba et au Bélarus ne font plus l’objet d’enquêtes spécifiques de l’ONU à compter de lundi minuit aux termes des règles de fonctionnement adoptées par le Conseil des droits de l’homme.

    Le Conseil des droits de l’homme a fixé des critères pour procéder au renouvellement des rapporteurs spéciaux chargés d’enquêter dans les pays accusés de violations et les rapporteurs spéciaux sur Cuba et le Bélarus ne figurent plus dans la liste des dix rapporteurs spéciaux chargés d’enquêter sur la situation des droits de l’homme dans des pays.

    les victimes de la répression politique à Cuba apprécieront certainement le résultat de ces lamentables tractations qui réduit la défense des droits de l’homme à l’ONU à un décor de pacotille.

    Les 47 pays membres se sont mis d’accord sur leurs règles de fonctionnement. Celle-ci prévoient que tous les Etats du monde devront se soumettre tous les quatre ans à un « examen périodique universel » de leur respect des droits de l’homme. Il sera intéressant de voir la réaction de Cuba quand son tour arrivera : à Cuba la Croix rouge n’a jamais accès aux prisons, et les ONG chargées de faire respecter les droits de l’homme sont sytématiquement interdites de séjour.

    Les organisations de défense des droits de l’homme comme Human Rights Watch, a qualifié d’ »injustifiable » la décision du Conseil, « compte tenu du triste état des droits de l’homme à Cuba et au Bélarus ».

    Depuis sa création il y a un an, le nouvel organe a condamné Israël à plusieurs reprises pour sa politique dans les territoires palestiniens et au Liban, mais a peiné pendant des mois avant de nommer un groupe d’experts pour se pencher sur les exactions commises au Darfour (Soudan).

    Pour sa part, l’agence d’information officielle gouvernmentale cubaine ahora.cu, a publié le communiqué suivant :

    Le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies a décidé de barrer Cuba et la Biélorussie de la  » liste noire  » des pays dont la situation est analysée par cette instance.

    Cette liste a toujours été, jusqu’à présent, confectionnée par le gouvernement des Etats-Unis.

    Le Conseil des Droits de l’Homme remplace depuis l’année dernière la Commission de Genève manipulée et assujettie aux diktats de la Maison-Blanche. Cette instance créée par l’Assemblée générale de l’ONU est formée de 47 Etats et cherche à améliorer l’image des Nations Unies dans le domaine de la protection des droits humains.

  • Collaborateur du site Nueva Prensa Cubana et fondateur de la revue clandestine El Camagueyano, Armando Betancourt, 45 ans, est détenu depuis un an sans jugement. Le journaliste avait été arrêté par la Police nationale révolutionnaire (PNR), le 23 mai 2006 à Camagüey (Centre). Reporters sans frontières demande sa libération.

    « Le seul tort d’Armando Betancourt est d’avoir exercé sa profession de journaliste. Aucun motif sérieux ne justifie sa détention et les magistrats ont eux-mêmes admis des contradictions dans les témoignages entourant les circonstances de son arrestation. Le doute et l’absence de charge devant profiter à l’accusé, Armando Betancourt doit recouvrer la liberté », a déclaré Reporters sans frontières.

    Le 23 mai 2006, la police avait tenté d’expulser des familles qui squattaient dans une décharge à Camagüey. Armando Betancourt s’était rendu sur les lieux pour couvrir l’événement. Le journaliste avait commencé à interroger les personnes présentes, qui protestaient contre le caractère musclé de l’intervention.

    Des agents de la Police nationale révolutionnaire (PNR) l’avaient sommé de décliner son identité, puis l’avaient arrêté lorsqu’il avait déclaré être un journaliste indépendant. Le 29 mai, Armando Betancourt avait été transféré à la troisième unité de la PNR de Camagüey et placé à l’isolement avant d’être incarcéré, le 6 juin 2006, à la prison Cerámica Roja, dans la même ville.

    Le 8 février 2007 le journaliste, accusé de « trouble à l’ordre public », a comparu devant le tribunal municipal de Camagüey (Centre). Le procès a été aussitôt reporté, les magistrats estimant « contradictoires » les dépositions de témoins et d’agents de la Sécurité de l’État (police politique).

    Cuba reste la deuxième prison du monde pour les journalistes avec 25 emprisonnés, dont 20 détenus depuis le « printemps noir » de mars 2003 et condamnés à des peines allant de 14 à 27 ans de prison. Parmi les cinq autres journalistes incarcérés depuis, deux n’ont jamais été jugés et trois ont été condamnés à des peines de trois à quatre ans de prison.

    Benoît Hervieu
    Despacho Américas / Americas desk
    Reporters sans frontières
    5, rue Geoffroy-Marie
    75009 Paris – France