Catégorie : droits de l’homme

Situation des droits de l’homme à Cuba, répression et prisonniers politiques

  • 23 C’est un fait: Cuba est plus connu pour ses plages magnifiques (celles de Varadero sont d’ailleurs réservées aux touristes et interdites aux Cubains) que pour ses prisons. Pourtant, il y a plus de prisons que de plages à Cuba : le président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, interdite), Elizardo Sanchez Santa Cruz, lui-même ancien prisonnier politique, a déjà à plusieurs reprises souligné “l’hypertrophie du système carcéral” cubain, passé de 14 prisons en 1958 à plus de 200 aujourd’hui.

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  • Hugo Chavez n’a pas beaucoup tardé pour présenter la facture de ses services rendus pour la libération des otages en Colombie.

    «Je demande aux gouvernements du continent (latino-américain) et à l’Europe qu’ils retirent les Farc et l’ELN de la liste des groupes terroristes du monde, parce que cette liste n’a qu’une raison d’être, la pression des États-Unis», a déclaré M. Chavez devant le parlement.

    Présentant son rapport pour 2007, Hugo Chavez a assuré que les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc – marxistes) et l’Armée de libération nationale (ELN – guévariste) «ne sont pas des organisations terroristes, mais de véritables armées qui occupent un espace en Colombie».

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  • Six ans après son ouverture sur la base américaine de Guantanamo, le camp de détention de l’armée américaine est toujours là : un scandale juridique et humanitaire, et une humiliation supplémentaire pour Cuba.

    Avant l’ouverture de la prison américaine de Guantanamo, Cuba était déjà un des pays au monde qui compte le plus grand nombre de prisons et de prisonniers en proportion de la population. Le chiffre des détenus est un secret d’Etat à Cuba et les estimations oscillent entre 100 et 150.000 pour une population de 11 millions d’habitants, soit un taux d’emprisonnement de 0,9 à 1,5%.

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  • Mauvaise coordination entre la police politique et le ministre cubain des Relations extérieures ? Toujours est-il que le jour où Cuba annonce qu’il signera prochainement deux conventions internationales sur les droits de l’homme, une manifestation précisément en faveur des droits de l’homme est réprimée à La Havane.
    « Cuba signera prochainement le Pacte international des droits économiques, sociaux et culturels, ainsi que celui des Droits civiques et politiques », a déclaré Felipe Perez Roque lors d’une conférence de presse à l’occasion de la Journée des droits de l’homme de l’ONU. » Le plus surprenant c’est en fait que Cuba ait attendu aussi longtemps pour signer ce deux traités qui ne sont que des déclarations d’intentions sans aucune valeur ni aucune contrainte juridique.

    Sinistre coïncidence : le jour même de cette annonce, un groupe d’opposants a été violemment réprimé (le lundi 10 décembre) à la Havane lors d’une marche pacifique pour commémorer la Journée des droits de l’homme ». (suite…)

  • Inquiets de l’évolution de la situation politique au Venezuela, un groupe d’intellectuels français lance une pétition contre Chavez et demande à Nicolas Sarkozy de rester vigilant.

    Lettre ouverte au président Nicolas Sarkozy pour soutenir les démocrates vénézueliens

    Le Venezuela traverse la crise plus grave de son histoire récente. L’instabilité politique et sociale affecte des millions de Vénézuéliens, victimes d’un régime qui contrôle toutes les institutions du pays, muselle ou ferme les médias, crée des forces paramilitaires, agresse et poursuit tout citoyen ouvertement en désaccord avec sa politique et suscite la haine dans la société.
    La France, fidèle à sa tradition du pays des Droits de l’Homme, a invité le président vénézuélien dès lors qu’il se présente comme “médiateur humanitaire” dans l’affaire des otages des FARC. Nous saluons cette initiative, mais il serait triste que la France reste aveugle devant le vrai visage du Président vénézuélien et la nature du régime qu’il incarne désormais.
    Hugo ChavezLié aux FARC, Hugo Chavez n’est pourtant guère qualifié pour se présenter comme un “médiateur humanitaire”. La libération des otages détenus par les FARC sert ses objectifs politiques et surtout redorer son image de plus en plus dégradée dans le monde et dans son propre pays. Son objectif est d’imposer au Venezuela une nouvelle Constitution que les démocrates vénézuéliens refusent.

    Pendant des années, M. Chavez a ignoré le sort des Vénézuéliens otages des FARC et ne s’est jamais préoccupé de leurs familles.
    Ne soyons pas dupes ! M. Chavez a tenté un coup d’Etat qui a fait des centaines des morts en 1992 contre un gouvernement élu démocratiquement. Le Tribunal Suprême de Justice lui est totalement dévoué, l’Assemblée Nationale est à son service, le Conseil national électoral, qui organise les élections, lui est soumis. Par la réforme constitutionnelle qu’il veut faire avaliser par référendum le 2 décembre prochain, M. Chavez vise à garder le pouvoir indéfiniment comme le stipule un des articles de cette nouvelle « Constitution bolivarienne ».
    En voulant exporter sa « révolution » appelée également « socialisme du XXIe siècle » M. Chavez intervient ouvertement dans les affaires intérieures de pays voisins souverains. Ce « Socialisme du XXIe » siècle comporte ouvertement des traits populistes et totalitaires :

    • M. Chavez tend à créer un parti unique pour monopoliser l’Etat et la société.
    • Il utilise les ressources du pétrole pour accélérer la course aux armements plutôt que pour résoudre les graves problèmes économiques et sociaux de la société vénézuélienne.
    • Il s’appuie sur une milice de centaines de milliers de personnes pour contrôler la société.

    Bref : les mesures qu’il prend pour imposer son « socialisme du XXIe siècle », violent les normes et les principes fondamentaux des droits de l’Homme.
    Nous vous appelons, Monsieur le Président à bien observer le processus politique vénézuélien et à soutenir un peuple qui a vécu en démocratie depuis 1958 . Cette démocratie se trouve aujourd’hui en danger.
    Nous demandons à l’ensemble des démocrates français qu’ils condamnent un régime qui, quoi qu’il en dise, suit le chemin qui mène au totalitarisme, un chemin déjà emprunté pour le plus grand malheur du peuple jadis en URSS, dans les pays de l’Est, en Chine et dans certains pays d’Asie ainsi qu’à Cuba.

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    Vous pouvez signer cette pétition en adressant votre nom, prénom, qualité (et/ou réactions) à [email protected]

  • Cuba occupe la 165e position du classement de RSF, et un an et demi après l’investiture officielle de Raúl Castro à la tête de l’Etat, la situation des droits de l’homme sur l’île n’a pas évoluée.

    La violence perdure sur le continent américain, notamment au Pérou et au Mexique

    Cette année, l’Erythrée remplace la Corée du Nord en dernière position du classement mondial de Reporters sans frontières, publié aujourd’hui pour la sixième reprise, et qui mesure le degré de liberté de la presse dans 169 pays.

    « Cela n’a rien de surprenant. Même si toutes les violations de la liberté de la presse ne sont pas connues en Corée du Nord ou au Turkménistan, qui précèdent immédiatement l’Erythrée dans le classement, ce pays mérite sa dernière place. Nous savons que quatre journalistes sont morts en prison et nous avons toutes les raisons de croire que d’autres vont suivre », a déclaré Reporters sans frontières.

    En dehors de l’Europe – d’où sont issus les quatorze premiers pays du classement -, aucune région du monde n’est épargnée par la censure.

    Parmi les vingt pays les plus mal classés, on trouve 7 asiatiques (Pakistan, Sri Lanka, Laos, Viêt-nam, Chine, Birmanie, Corée du Nord), 5 africains (Ethiopie, Guinée équatoriale, Libye, Somalie, Erythrée), 4 du Moyen-Orient (Syrie, Irak, Territoires palestiniens, Iran), 3 de l’ancien espace soviétique (Bélarus, Ouzbékistan, Turkménistan) et 1 américain (Cuba).

    A Cuba (165e), un an et demi après l’investiture officielle de Raúl Castro, à la tête de l’Etat, la transition annoncée n’a rien changé à la situation des droits de l’homme sur l’île. Cuba reste la deuxième prison du monde pour la presse après la Chine avec 24 journalistes incarcérés et soumis à de très sévères conditions de détention.

    Violence et censure sur le continent américain

    Aucun journaliste n’a été tué en Colombie (126e) pendant la période étudiée pour l’établissement de ce classement. C’est une première. Pour autant, la pression des groupes armés et des paramilitaires reste forte. Des cas de violence contre des journalistes ont été relevés au Brésil (84e) et en Argentine (82e), mais le record en la matière revient au Pérou (117e) où près d’une centaine de journalistes ont été pris à partie physiquement. Le nombre de menaces est tout aussi élevé.

    Le Mexique (136e) est toujours le pays le plus dangereux du continent pour la presse. Huit professionnels de l’information ont été tués dans le pays entre septembre 2006 et septembre 2007. La justice ne parvient pas à sanctionner tous les responsables et l’impunité reste largement la règle.

    Au Venezuela (114e), l’exclusion de la chaine RCTV du reseau hertzien, le 27 mai 2007, à la demande d’Hugo Chavez, a mobilisé à elle seule toute l’attention. Contestée même parmi les partisans du président bolivarien, la mesure traduit une véritable mainmise du pouvoir sur l’espace audiovisuel. (suite…)

  • Le cubain le plus célèbre du monde est né Argentin : Ernesto Che Guevara de la Serna voit le jour le 14 juin 1928 à Rosario dans une famille de la petite bourgeoisie aisée. Rien ne semble prédisposer le jeune Ernesto à prendre le chemin de la lutte armée : de constitution physique plutôt fragile, il est asthmatique.

    Le Che fait partie des 12 survivants débarqués clandestinement et en catastrophe en novembre 1956 sur les côtes cubaines avec Fidel Castro.

    A partir de 1959,durant les premiers mois qui suivent la victoire de la révolution cubaine, le comandante Guevara se retrouve à la tête de la prison de la Cabana, une ancienne forteresse coloniale de La Havane. Sa mission : superviser les exécutions des anciens du régime de Batista, puis de révolutionnaires jugés trop timorés. Les tribunaux révolutionnaires siègent sans discontinuer dans toutes les casernes, sous les ordres de Raúl Castro, le frère de Fidel et à la Cabaña sous les ordres de Guevara. Dariel Alarcón Ramírez, dit « Benigno » ancien compagnon d’arme du Che recueille les témoignages des soldats qui décrivent Guevara observant les exécutions, en fumant un cigare sur le mur qui surplombe le fossé de la forteresse. « Pour ces soldats qui, jamais auparavant, n’avaient vu le Che, c’était quelque chose d’important. Cela leur donnait beaucoup de courage », raconte-t-il aujourd’hui.

    Aujourd’hui le plus célèbre des guérilleros de la Sierra Maestra est devenu un produit touristique du régime cubain au même titre que le rhum et les cigares. Le Che est partout : sur les badges, les tee shirts, les porte clés, les montres, les posters, les cartes postales vendues dans les boutiques d’État.

    Triste fin pour un héros de la révolution : voir sa propre effigie délaissée au profit du dollar, le plus méprisable des symboles de l’impérialisme américain. Les gamins de La Havane ont flairé la bonne affaire : ils essaient de vendre aux touristes les pièces de trois pesos à l’effigie du Che, pour trois dollars. Bénéfice escompté : près de 75 pesos (un demi SMIC cubain) puisqu’aux dernières nouvelles, le dollar s’échangeait à 25 pesos. Même les boutiques d’État dans les hôtels pour touristes se livrent à ce trafic peu glorieux : vendre billets et pièces à l’effigie du Che pour leur valeur en dollar.

    Récemment un livre intitulé « La face cachée du Che » (Jacobo Machover) fait la lumière sur qui était véritablement le Che. Un stalinien intransigeant, loin, très loin du Robin des Bois tropical dans lequel des générations entières ont cru voir l’incarnation de l’idéal révolutionnaire.

    « J’ai longtemps figuré parmi les admirateurs de Che Guevara » confesse Jacobo Machover dans une phrase d’introduction quasi proustienne de son dernier essai. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas le seul à avoir commis cette erreur de jeunesse. En effet qui n’a jamais eu son T shirt, ou son poster « Che » pour souligner son esprit de rébellion, où son attachement, même très théorique, aux idéaux révolutionnaires ? « La figure du Che est devenue oecuménique » poursuit Machover « elle a perdu tout sens. Elle reflète un mélange de modernité, d’idéalisme vers un futur plus attractif, et de nostalgie envers un temps qui n’est plus. »

    Le Che est partout, mais il n’est nulle part dans ce qui reste du socialisme cubain dont il avait lui-même posé les bases. Pas un jour sans que la propagande officielle ne célèbre un des faits d’armes de l’autre Comandante, ou ne rappelle une de ses citations pour tenter de démontrer laborieusement la fidélité du régime castriste aux idéaux du Che. Granma a beau insister lourdement sur son goût pour le travail volontaire et ressasser ses efforts pour augmenter la productivité et l’émulation, il ne reste pas grand-chose dans le Cuba d’aujourd’hui de « l’homme nouveau » que la révolution devait engendrer selon le Che. « Le Che mort deviendrait le meilleur ambassadeur planétaire de la révolution cubaine, ce qu’il n’avait pas été de don vivant » résume Machover.

  • L’organisation non gouvernementale basée à Paris Reporters sans frontières condamne la vague d’arrestations qui a frappé la dissidence, le 27 septembre 2007, jour où une manifestation pacifique en faveur des prisonniers politiques devait avoir lieu devant le siège du ministère de la Justice à La Havane.

    Parmi la trentaine de personnes arrêtées et toujours détenues figurent six journalistes : Idania Yanes Contreras, indépendante, Roberto de Jesús Guerra Pérez, correspondant des sites Payolibre et Nueva Prensa Cubana et de la station Radio Martí, Alvaro Yero Felipe et Belinda Salas Tapanes, de la Agencia Libre Asociada (ALAS), Yoel Espinosa Medrano et Félix Reyes Gutiérrez, de l’agence indépendante Cubanacán Press. Les six journalistes ont été libérés vingt-quatre heures après leur arrestation.

    « Bien que certains dissidents arrêtés aient été immédiatement relâchés, cette vague de répression rappelle pour une part le ‘printemps noir’ de mars 2003. Alors que le début de la guerre en Irak mobilisait l’opinion mondiale, le gouvernement avait à l’époque ordonné l’interpellation arbitraire de 90 dissidents, dont 75 sont toujours incarcérés parmi lesquels vingt journalistes. Le régime de La Havane essaie-t-il, cette fois, de rivaliser avec celui de Rangoon, où la répression militaire fait rage depuis quelques jours et retient l’attention de la communauté internationale ? En rappelant que 250 personnes croupissent dans les prisons cubaines pour des raisons politiques, les dissidents interpellés n’ont fait que rappeler une vérité criante », a déclaré Reporters sans frontières, qui se félicite néanmoins de savoir que les journalistes arrêtés ont rapidement recouvré la liberté.

    Le 27 septembre 2007, dans le quartier du Vedado de La Havane, Marta Beatriz Roque, présidente de l’Assemblée pour la promotion de la société civile (l’un des groupes de la dissidence), accompagnée de six autres personnes, a tenté de remettre une lettre à la ministre de la Justice, Maria Esther Reus, relative au sort des prisonniers politiques de l’île. La leader dissidente a fait savoir que les protestataires resteraient devant le siège du ministère jusqu’à l’obtention d’une réponse. La Sécurité de l’État (police politique) a aussitôt arrêté Marta Beatriz Roque et les dissidents qui l’accompagnaient et les a fait monter de force dans un bus pour les reconduire à leur domicile. Laura Pollán Toledo, épouse d’Hector Maseda Gutiérrez, cofondateur de l’agence Grupo de Trabajo Decoro emprisonné depuis mars 2003, faisait partie des interpellés.

    Les estimations sur le nombre de dissidents arrêtés sont très variables, allant d’une vingtaine à une trentaine. Selon l’Agence France-Presse, d’autres interpellations de personnes décidées à se joindre à la manifestation devant le ministère de la Justice ont eu lieu à La Havane et dans la province de Santa Clara (Centre), où est basée l’agence Cubanacán Press.

    Roberto de Jesús Guerra Pérez, 29 ans, avait été arrêté, le 13 juillet 2005, dans des conditions similaires, peu avant une manifestation de la dissidence. Incarcéré pendant dix-neuf mois sans jugement, régulièrement passé à tabac par ses gardiens et hospitalisé à plusieurs reprises, il avait été condamné, le 27 février 2007 (cf. communiqué), à vingt-deux mois de prison pour « trouble à l’ordre public » et libéré le 9 mai dernier (cf. communiqué).

    source:

    Benoît Hervieu
    Despacho Américas / Americas desk
    Reporters sans frontières
    47, rue Vivienne 75002 Paris – France