Catégorie : droits de l’homme

Situation des droits de l’homme à Cuba, répression et prisonniers politiques

  • Reporters sans frontières est extrêmement inquiète après l’annonce de la revendication de l’enlèvement du journaliste Alan Johnston par l’Armée de l’islam, un groupe connu pour son implication dans les violences qui ont plongé la bande de Gaza dans le chaos.

    Le 11 mai 2007 à 11 heures, l’organisation se mobilisera devant la représentation de l’Autorité palestinienne à Paris (14, rue du Commandant Léandri, 15e) pour demander la libération du journaliste britannique à la veille de ses deux mois de détention.

    « Nous sommes de plus en plus inquiets pour Alan Johnston alors que sa détention se prolonge et que ses ravisseurs n’ont fourni aucun élément attestant de son bon état de santé. Nous leur demandons de ne pas retarder sa libération avec des revendications irréalistes. La radicalisation du discours des ravisseurs et l’absence de preuves de vie rendent l’attente insoutenable pour sa famille et ses confrères, sans nouvelles du journaliste depuis près de deux mois », a déclaré l’organisation.

    « Les journalistes ne doivent pas servir de monnaie d’échange. La bande de Gaza risque de devenir un territoire désert de journalistes alors que d’ores et déjà la majorité des rédactions étrangères déconseillent fortement à leurs correspondants de s’y rendre », a mis en garde Reporters sans frontières.

    L’enlèvement d’Alan Johnston a été revendiqué le 8 mai 2007 par l’Armée de l’islam qui a fait parvenir un CD à plusieurs médias à Gaza. Dans un enregistrement audio, le groupe exige la libération des musulmans détenus par la Grande-Bretagne et notamment Cheikh Abou Qatada, un Palestinien emprisonné depuis 2005 et considéré comme le chef spirituel d’Al-Qaïda en Europe. « Nous demandons à la Grande-Bretagne de libérer nos prisonniers et plus particulièrement Cheikh Abou Qatada, le Palestinien. Nous n’oublions pas non plus nos prisonniers dans les autres pays d’infidèles et nous leur demandons à tous de libérer nos prisonniers ou nous vous ferons la même chose », demande le groupe. Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, le CD comporte des photos, dont celle de la carte de presse d’Alan Johnston, et un enregistrement vocal d’un individu qui n’a pas pu être identifié.

    L’Armée de l’islam est l’un des trois groupes qui ont revendiqué la capture, en juin 2006, du caporal israélien Gilad Shalit, aux côtés de la branche armée du Hamas et des Comités de résistance populaire. Le groupe n’a donné aucune information sur l’état de santé d’Alan Johnston sans pour autant émettre de menaces directes contre lui. Le groupe a déclaré qu’il enlèverait d’autres Occidentaux si ses revendications n’étaient pas satisfaites.

    En août 2006, les ravisseurs de deux journalistes de Fox News avaient exigé, dans un enregistrement où cette fois apparaissaient les otages, la libération des musulmans détenus par les Etats-Unis.
    Alan Johnston, principal correspondant de la BBC à Gaza, a été enlevé le lundi 12 mars 2007 alors qu’il quittait son bureau pour se rendre à son domicile. Les ravisseurs ont intercepté son véhicule et l’ont obligé à les suivre vers une destination inconnue.

    Reporters Without Borders
    Press release 9 May 2007

  • Depuis six ans, Reporters sans frontières dénonce les « prédateurs de la liberté de la presse » : ces hommes et ces femmes qui s’en prennent directement aux journalistes ou qui ordonnent à leurs subordonnés de le faire.

    La plupart sont des responsables politiques de haut niveau (chef d’Etat, chef de gouvernement, ministre, monarque, etc.), mais ils peuvent également être des chefs de milice, de groupes armés ou encore de cartels de la drogue. Ils n’ont généralement de comptes à rendre à personne pour les atteintes graves à la liberté d’expression dont ils sont coupables. Cette impunité est l’une des plus grandes menaces qui pèsent aujourd’hui sur les professionnels des médias.

    En Amérique la liste des prédateurs de la liberté de la presse est selon RSF la suivante :

    COLOMBIE

    Raúl Reyes, chef de guérilla
    Raúl Reyes est membre de l’état-major et porte-parole des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Fondée en 1964 et composée d’environ 17 000 combattants, la guérilla contrôlerait entre 30 et 40 % du territoire colombien.

    Depuis longtemps, les méthodes mafieuses de l’organisation ont pris le pas sur la lutte idéologique. Spécialisées dans le racket, la séquestration – 45 personnes ont été exécutées en 2006 faute de rançon – et le narcotrafic, les FARC bataillent également sur le terrain de l’information. Elle ont été à l’origine d’une cinquantaine d’enlèvements de journalistes depuis 1997 et rendent quasiment impossible le travail de la presse dans les régions qu’elles contrôlent. En 2005, la guérilla avait mené une campagne de sabotage d’antennes de médias audiovisuels réputés hostiles.

    Alors que les pourparlers entre le gouvernement et l’autre guérilla d’extrême gauche, l’Armée de libération nationale (ELN, guévariste), sont en passe d’aboutir, le dialogue est au point mort entre les autorités et les FARC. La guérilla réclame toujours la libération de 500 de leurs combattants en échange de 60 otages. Raúl Reyes communique parfois sur le sort de ces derniers.

    COLOMBIE

    Diego Fernando Murillo Bejarano, chef paramilitaire
    En 2003, « Don Berna » a mis sa puissante milice d’extrême droite au service des Autodéfenses unies de Colombie (AUC), destinées à suppléer l’armée dans sa lutte contre les guérillas d’extrême gauche. De 2003 à 2006, un vaste plan de désengagement des paramilitaires s’est officiellement soldé par la démobilisation de 30 000 combattants des AUC en échange d’une large impunité. Mais démobilisation ne signifie pas désarmement.

    En majorité, les intéressés se sont reconvertis dans le meurtre sous contrat et le narcotrafic. Très actifs dans les départements du nord du pays, les paramilitaires continuent de semer la terreur, poussant les journalistes à l’autocensure ou à l’exil quand ils ne recourent pas à l’assassinat. Depuis la fin de l’année 2006, le commando des Aigles Noirs multiplie les intimidations et les violences contre la presse de la côte caraïbe.
    Arrêté et assigné à résidence depuis le 27 mai 2005, « Don Berna » incarne plus que quiconque l’essence mafieuse du paramilitarisme. En échange de quelques renseignements, il peut à loisir donner des consignes à ses compagnons d’armes et jouer son rôle de chef de cartel.

    CUBA

    Fidel et Raúl Castro, président et président par intérim du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres

    En congé du pouvoir depuis le 26 juillet 2006 en raison d’une lourde opération chirurgicale, Fidel Castro a officiellement cédé les rênes du pouvoir à son frère Raúl cinq jours plus tard. Malgré quelques timides déclarations d’ouverture, l’ancien ministre de la Défense, devenu président intérimaire, ne se comporte pas mieux que son aîné sur le terrain des droits de l’homme. La période de succession a été marquée par une multiplication des attaques contre la presse indépendante : brutalités policières, convocations et perquisitions de la Sécurité de l’État (police politique), détentions de courte durée à plusieurs reprises, etc.

    Vingt journalistes arrêtés lors du « printemps noir » de mars 2003 continuent de purger des peines comprises entre 14 et 27 ans de prison dans des conditions inhumaines. Trois autres, arrêtés avant le retrait de Fidel Castro, sont toujours détenus sans jugement, et deux derniers ont été emprisonnés une fois entamée la présidence intérimaire. Avec 25 détenus, Cuba reste la deuxième prison du monde pour les journalistes après la Chine.

    MEXIQUE

    Cartels de la drogue
    Depuis la fin des années 90, quatre principaux cartels – de Tijuana, de Sinaloa, de Ciudad Juárez et du Golfe – se livrent une guerre sans merci pour le contrôle de l’acheminement de la drogue dans les régions frontalières des Etats-Unis. Les narcotrafiquants travaillent parfois à leur propre compte et n’hésitent pas à corrompre certains responsables politiques pour imposer leur loi. Au Nord et dans les États côtiers, les journalistes sont bien souvent en première ligne des représailles des gangs.

    Au cours du mandat de Vicente Fox (2000-2006), la Commission nationale des droits de l’homme a recensé 31 assassinats et cinq disparitions de journalistes. Plus de la moitié d’entre eux enquêtaient sur des affaires liées au narcotrafic. Avec neuf tués et deux disparus en 2006, le Mexique s’est classé juste après l’Irak dans la liste des pays les plus meurtriers pour la presse. Aucun commanditaire de l’un de ces crimes n’a jamais été arrêté ni jugé en six ans.

  • 2006 a été la plus meurtrière depuis 1994 pour les professionnels des médias. 82 journalistes et 32 collaborateurs des médias sont morts dans l’exercice de leur fonction.

    En tête du « palmarès », l’Irak. Pour la quatrième année consécutive, les journalistes et collaborateurs des médias continuent de mourir dans ce pays à un rythme effrayant. En 2006, 64 d’entre eux y ont trouvé la mort. Ils avaient été 29 en 2005, 32 en 2004 et 15 en 2003.

    Avec neuf journalistes tués, le Mexique est devenu le pays le plus meurtrier du continent américain, devançant la Colombie.

    Quant aux Philippines, la situation n’est guère plus réjouissante. Six journalistes ont été assassinés en 2006.

    En Russie, trois journalistes ont été tués au cours de l’année (soit, au total, 21 depuis l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en mars 2000). L’assassinat, en octobre, d’Anna Politkovskaïa, reporter de l’hebdomadaire Novaïa Gazeta et spécialiste de la Tchétchénie, est venu rappeler que même les journalistes les plus connus et les plus soutenus par la communauté internationale ne sont pas à l’abri de telles violences meurtrières.

    Quant aux journalistes emprisonnés, la Chine est le pays où il y en a le plus, avec 31, suivi par Cuba, avec 26, l’Ethiopie, avec 15 et Erythrée, avec 13. La Chine est le pays qui réprime le plus les cyber dissidents avec 50 emprisonnés, suivie de très de loin par le Vietnam avec sept. L’Ethiopie, la Gambie et la Russie dirigent la liste de pays dans lesquels la liberté d’expression s’est le plus détériorée durant les dernières cinq années. Ils sont suivi par la République du Congo, Cuba, Pakistan, l’Egypte, l’Azerbaidjan, le Maroc et la Thaïlande.

    On remarque la position très médiocre de la France, qui se classe seulement en 35e position.

  • Reporters sans frontières condamne l’arrestation et l’emprisonnement, le 13 avril 2007, d’Oscar Sánchez Madan, correspondant du site Cubanet dans la province de Matanzas. A l’issue d’un procès expéditif, le journaliste a écopé le même jour d’une peine de quatre ans de prison ferme pour « dangerosité sociale prédélictueuse ». Il est le 26e journaliste actuellement détenu dans l’île.

    « Vingt-sept journalistes dissidents avaient été emprisonnés lors du ‘printemps noir’ de mars 2003. Ce chiffre est en passe d’être à nouveau atteint avec l’incarcération d’Oscar Sánchez Madan, qui porte à 26 le nombre de professionnels de la presse indépendante détenus dans l’île. Oscar Sánchez Madan est également le troisième journaliste emprisonné depuis l’accession à la présidence de Raúl Castro, le 31 juillet 2006.

    Non seulement la situation de la liberté de la presse n’a pas changé, mais la ‘dangerosité’ supposé d’un citoyen sert une nouvelle fois de prétexte pour le priver de sa liberté. Oscar Sánchez Madan n’a même pas eu droit à un avocat. Sa condamnation relève de l’arbitraire », a déclaré Reporters sans frontières.

    Correspondant régulier du site Cubanet, basé à Miami, Oscar Sánchez Madan, 44 ans, a été arrêté par des officiers de la Sécurité de l’État (police politique), dans la matinée du 13 avril dernier à son domicile d’Unión de Reyes, une localité de la province de Matanzas (100 km à l’est de La Havane). La nouvelle n’a été connue que quatre jours plus tard, et rendue publique par la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN – illégale mais tolérée).

    Le journaliste a été jugé à huis clos immédiatement après son arrestation, en l’absence de membres de sa famille et sans possibilité d’être défendu par un avocat. Le tribunal municipal d’Unión de Reyes l’a condamné à quatre ans de prison ferme pour « dangerosité sociale prédélictueuse ». Selon cette disposition du code pénal cubain, tout citoyen, même s’il n’a commis aucun délit, est passible d’incarcération au nom de la menace supposée qu’il représenterait pour la société.

    Les deux autres journalistes emprisonnés depuis l’arrivée au pouvoir de Raúl Castro ont été condamnés pour ce motif. Raymundo Perdigón Brito, de l’agence Yayabo Press, a écopé de quatre ans de prison, le 5 décembre 2006, et Ramón Velázquez Toranso, de l’agence Libertad, de trois ans, le 23 janvier 2007. Oscar Sánchez Madan a été transféré juste après son procès au pénitencier du Combinado del Sur, à Matanzas.

  • L’organisation non gouvernementale française Reporters sans frontières espère que la justice fera preuve de clémence à l’égard de Miguel Salazar, directeur de l’hebdomadaire politique Las Verdades de Miguel, dont le procès pour « diffamation aggravée » s’ouvre le 18 avril 2007 à Caracas. Selon la loi vénézuélienne, le journaliste risque une peine de prison ferme assortie d’une amende.

    « L’affaire n’étant pas encore jugée, il ne nous appartient pas d’apprécier le caractère diffamatoire des articles incriminés. Néanmoins, le procès de Miguel Salazar présente deux risques pour la liberté de la presse. D’une part, les trois plaignants, en tant que dépositaires d’une charge publique, s’exposent par nature à la critique, a fortiori d’un hebdomadaire d’opinion. Que la « diffamation » soit « aggravée » en raison de leurs fonctions pose en soi problème. Ensuite et surtout, une condamnation de Miguel Salazar constituerait une prime à l’autocensure et un véritable revers pour la liberté d’expression. C’est pourquoi nous appelons les magistrats à la clémence », a déclaré Reporters sans frontières.

    Sympathisant du gouvernement d’Hugo Chávez, et cependant critique à son égard, Miguel Salazar avait publié, à la fin de l’année 2003, dans les colonnes de l’hebdomadaire qui porte son prénom, une chronique mettant en cause des affaires de corruption et de violations des droits de l’homme dans l’État de Guárico (Centre).

    En janvier 2005, le gouverneur de l’État de Guárico, Eduardo Manuitt, le député José Albornoz et l’ancien ministre Rafael Vargas avaient déposé plainte pour « diffamation aggravée » contre Miguel Salazar et l’un de ses journalistes, Henry Crespo, qui avaient enquêté sur les affaires de corruption. Le 5 mai 2005, ce dernier avait écopé d’une peine de dix-huit mois de prison avec sursis et n’avait pas fait appel. Miguel Salazar avait immédiatement mis en cause la partialité des juges devant le Tribunal suprême de justice de Caracas. Le 10 août 2006, le 29e tribunal de Caracas, saisi du dossier, avait prononcé une mesure conservatoire de privation de liberté contre le journaliste, au motif qu’il ne se présentait pas aux nouvelles audiences préliminaires.

    Le 13 mars dernier, le tribunal a mis la mesure à exécution et retenu le journaliste dans l’enceinte judiciaire. La magistrate Norma Torres a cependant levé la privation de liberté, et a ordonné à Miguel Salazar de se présenter devant le tribunal tous les huit jours, avec l’interdiction de quitter le territoire. L’audience sur le fond concernant les poursuites pour « diffamation aggravée » a été fixée au 18 avril.

    Le directeur de Las Verdades de Miguel risque une peine allant de deux à quatre ans de prison et une amende de 320 dollars, selon le code pénal, dont une réforme de 2005 à considérablement durci les sanctions pour les délits de presse.
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  • Cuba semble être devenu par les hasards de l’histoire une terre de non droit. Le gouvernement cubain emprisonne opposants et journalistes après un simulacre de procès. Le gouvernement américain utilise la base de Guantanamo (louée à Cuba depuis 1903 avec un bail qui ne peut être résilié sans l’accord des deux parties) pour en faire un zone américaine de non droit, où sont détenus des prisonniers sans jugement.

    Le secrétaire général de Reporters sans frontières, Robert Ménard, a rencontré, le 19 mars 2007 à Khartoum, capitale du Soudan, le frère, la soeur et la cousine de Sami Al-Haj, assistant cameraman de la chaîne privée qatarie Al-Jazira. Arrêté par les forces armées pakistanaises à la frontière afghane en décembre 2001, il est détenu depuis le 13 juin 2002 par l’armée américaine à la base de Guantanamo (Cuba).

    Ses proches ont discuté pendant une trentaine de minutes avec une délégation de Reporters sans frontières au siège du Khartoum Center for Human rights and Environmental development (KCHRE), une organisation locale de défense des droits de l’homme.

    Robert Ménard a fait part de la solidarité de l’organisation avec la famille du journaliste incarcéré. Il a par ailleurs assuré ses proches que Reporters sans frontières continuerait à mener une campagne active pour obtenir sa remise en liberté. Il leur a enfin demandé s’ils avaient des nouvelles, et s’est engagé à relayer l’appel qu’ils souhaitaient lancer pour réclamer sa libération.

    Les trois membres de sa famille, après avoir remercié les organisations nationales et internationales de défense de la liberté de la presse pour leur mobilisation, ont notamment fait part de leur inquiétude concernant l’état de santé de Sami Al-Haj, après que le journaliste a entamé une grève de la faim, le 7 janvier 2007.

    Il a désormais du mal à se tenir debout. Les contacts du journaliste avec ses proches sont toujours extrêmement rares et les nouvelles de Guantanamo sont « très inquiétantes », selon son frère. Au total, la famille du journaliste n’a reçu que six lettres par l’intermédiaire de la Croix-Rouge, l’une d’elles leur étant parvenue près de deux ans après sa rédaction.

    Ses proches ont lancé un appel à l’ONU, et notamment au Conseil des droits de l’homme, pour permettre à Sami Al-Haj de recouvrer la liberté. La s¦ur du journaliste a indiqué que l’émir du Qatar leur avait promis d’intervenir en sa faveur. Elle a également appelé les autorités américaines à reconnaître que « Sami Al-Haj est innocent, qu’il était présent en Afghanistan en sa qualité de journaliste ».

    Elle a indiqué que sa famille dépendait financièrement de lui et que son fils unique « le réclamait beaucoup ». Son frère, pour sa part, a déclaré, à l’intention des autorités américaines : « Si vous n’avez rien de sérieux à reprocher à mon frère, pourquoi maintenir le poids écrasant du secret sur son cas ? »

    Il y a plus de 16 ans, Reporters sans frontières mettait en place le  » parrainage  » et appelait les médias internationaux à soutenir un journaliste emprisonné. Plus de 200 rédactions dans le monde soutiennent ainsi un confrère en demandant régulièrement sa libération aux autorités concernées et en médiatisant sa situation pour que son cas ne tombe pas dans l’oubli.
    Sami Al-Haj est ainsi soutenu par des médias espagnols, La Sexta, IPS-Comunica, La Voz del Occidente, Colexio de Xornalistas de Galicia, et canadiens, Corriere Canadese, Atlas media, Magazine de Saint-Lambert, Mouton Noir, CIBL, Radio Canada Sudbury.
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  • Mario Chanes de Armas, un ancien allié de Fidel Castro dans la Sierra Maestra à passé 30 ans en prison, plus que Nelson Mandela, mais personnes ne connaît son nom.

    Il est décédé le samedi 24 février, à Miami, victime d’un infarctus, à l’âge de 80 ans.

    Né à La Havane le 25 octobre 1926, Mario Chanes de Armas s’est fait connaître d’abord comme syndicaliste. Militant du Parti orthodoxe, il fait la connaissance de Castro après le coup d’Etat du général Fulgencio Batista, en 1952. Il participe à l’attaque contre la caserne Moncada, le 26 juillet 1953, acte fondateur du mouvement castriste. Condamné à quinze ans de prison, il est amnistié deux ans plus tard.

    Mario Chanes participe également au débarquement du Granma, en 1956, qui donne le coup d’envoi à la guérilla de la sierra Maestra. Egaré, il rejoint la résistance urbaine. Après la chute de la dictature de Batista, il refuse d’intégrer les rangs de la nouvelle police et s’éloigne du régime castriste, lorsque surgit le clivage entre catholiques et communistes.

    Le 17 juillet 1961, Mario Chanes est arrêté sous l’accusation de préparer un attentat contre Fidel Castro, ce qu’il a toujours nié. Condamné à trente ans de prison, il ne bénéficiera d’aucune mesure d’élargissement avant le terme de sa condamnation.

    En prison, il rejette le programme de rééducation des autorités pénitentiaires, ainsi que l’uniforme des prisonniers de droit commun, imposé par un régime qui ne veut pas reconnaître à ses opposants le statut de prisonnier politique. Les Cubains appellent ces irréductibles les « plantados ». Mario Chanes est resté sept ans enfermé dans un minuscule cachot, nu. En prison, il a perdu son jeune fils et ses parents, sans être autorisé à assister à leurs funérailles.

    Un autre oublié du Goulag cubain a lui aussi disparu récemment : Gustavo Arcos, pionnier de la dissidence cubaine est mort d’une pneumonie à La Havane l’été dernier à l’âge de 79 ans, peu de temps après la passation de pouvoir de Fidel Castro.

    Catholique, libéral et démocrate, Gustavo Arcos avait rejoint Fidel Castro dans sa jeunesse pour participer à l’assaut de la caserne de la Moncada en juillet 1953, acte fondateur du castrisme, avant de rompre après la victoire obtenue par les armes en 1959. «C’est là qu’a commencé ce que nous appelons la grande trahison», avait-il déclaré en 2003 à propos du virage marxiste-léniniste de Castro après 1959.

    Ambassadeur de Cuba à Bruxelles de 1960 à 1964, il avait été emprisonné une première fois par le régime de 1966 à 1969, pour trahison. De nouveau jeté en prison de 1982 à 1988, il avait été accusé cette fois de «tentative de sortie illégale du territoire».

  • Correspondant des sites Payolibre et Nueva Prensa Cubana et de la station Radio Marti, Roberto de Jesús Guerra Pérez a été condamné, le 27 février 2007, à vingt-deux mois de prison par un tribunal municipal de La Havane pour « trouble à l’ordre public ». Reporters sans frontières espère que le temps déjà passé en prison par le journaliste, détenu depuis le 13 juillet 2005, sera comptabilisé dans la peine qui lui est infligée.

    « Une peine aussi élevée pour « trouble à l’ordre public » est en soi surprenante. Surtout, Roberto de Jesús Guerra Pérez aura été détenu dix-neuf mois sans charges avant d’être jugé. Nous espérons évidemment que la peine qui lui est infligée inclut cette longue période passée derrière les barreaux, afin qu’il soit rapidement libéré. Nous rappelons également que Roberto de Jesús Guerra Pérez a subi des harcèlements répétés avant son incarcération en raison de ses activités professionnelles et que la manifestation pacifique à laquelle il participait, le 13 juillet 2005, a servi de prétexte pour l’emprisonner », a déclaré Reporters sans frontières.

    Cinq dissidents, dont Roberto de Jesús Guerra Pérez, âgé de 28 ans, ont comparu, le 27 février 2007, devant un tribunal municipal de La Havane, qui leur a infligé des peines allant de vingt-deux mois à deux ans de prison pour « trouble à l’ordre public », selon la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN). Le 13 juillet 2005, les cinq hommes avaient participé à une manifestation pacifique commémorant le naufrage, onze ans plus tôt, d’une embarcation de balseros (nom donné aux Cubains s’exilant par mer vers la Floride). Ils avaient été aussitôt arrêtés par la Sécurité de l’État. Compte tenu du temps de détention déjà effectué, Roberto de Jesús Guerra Pérez devrait être libéré le 13 avril 2007.

    D’abord détenu trois mois dans une cellule de la Police nationale révolutionnaire (PNR), Roberto de Jesús Guerra Pérez a ensuite été transféré au Département technique d’investigations (DTI) de La Havane. En octobre et novembre 2005, il a été hospitalisé à plusieurs reprises pour des grèves de la faim, avant d’être renvoyé en prison. Depuis son incarcération, le journaliste a développé une infection rénale et souffre de fréquentes crises d’asthme.

    Parmi les vingt-cinq journalistes cubains emprisonnés, deux sont désormais détenus sans jugement. Incarcéré depuis le 23 mai 2006, Armando Betancourt, 44 ans, collaborateur de Nueva Prensa Cubana et directeur du journal clandestin El Camagueyano, devait comparaître le 8 février 2007 devant le tribunal municipal de Camagüey (Centre). Le procès a été reporté, les magistrats estimant « contradictoires » les dépositions de témoins et d’agents de la Sécurité de l’État.