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Les libertés et la répression à Cuba

  • Les dictatures communistes ont toujours souhaité se donner des faux airs de démocraties, en organisant des simulacres d’élections dont le résultat est toujours connu à l’avance. Cuba ne fait pas exception, mais cela n’a pas toujours été le cas : jusqu’en 1976, république de Cuba n’avait pas de Constitution, et Fidel Castro avait en quelque sorte oublié le principe des élections.

    Dans sa forme originale la constitution cubaine est calquée sur celle de l’ex Union soviétique avec un système pyramidal d’élections où l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire (ANPP), unique assemblée représentative du peuple, est élue par les représentants des assemblées locales. Modifiée en 1992, la constitution a été « désoviétisée » pour lui donner un aspect plus conforme aux références de la société cubaine. La référence au « Parti communiste, force dirigeante de la société et de l’État » subsiste, mais le Parti n’est plus « l’avant-garde marxiste-léniniste de la classe ouvrière », mais « l’avant-garde de la Nation cubaine ». Les restrictions (notamment religieuses) à l’adhésion au Parti ont été supprimées. Les références à l’Union soviétique et aux pays de l’Est, au matérialisme historique et à l’internationalisme prolétarien ont aussi été éliminées. Bien entendu, le résultat des élections doit être connu à l’avance et il n’y a qu’un candidat par siège à pourvoir et le pouvoir a installé suffisamment de garde-fous pour ne rien laisser au hasard dans la désignation des 600 candidats renouvelés tous les cinq ans. Les candidats sont en effet choisis par une Commission électorale nationale constituée de membres désignés par la CTC 1, la FMC 2 et les CDR. Des organisations de masse étroitement contrôlées par le Parti : autant dire que cette commission ne laisse aucune chance à la nomination de candidats exprimant une opinion discordante.

    La seule « inconnue » du scrutin est le taux de participation qui oscille dangereusement entre 99 et 99,5 % : en effet ne pas voter à Cuba est considéré comme un acte de désaveu du régime, et si on veut éviter d’être catalogué comme « problématique », il vaut mieux s’acquitter gentiment de son devoir d’électeur communiste (il n’y pas d’autres choix de toute façon).

    La tenue des listes électorales est en effet dirigée par les membres des CDR qui n’hésitent pas à parcourir les immeubles du quartier pour « encourager » les électeurs récalcitrants. S’abstenir c’est de toute façon prendre le risque d’être catalogué comme un « adversaire » et s’exposer à des sanctions ultérieures.

    De toute façon les assemblées élues à Cuba n’ont strictement aucun pouvoir, y compris l’Assemblée Nationale (ANPP). L’Assemblée nationale du Pouvoir populaire se réunit deux fois par an pour nommer le Conseil d’État (dont le président est, et a toujours été Fidel Castro) qui détient le pouvoir législatif entre les sessions. Concrètement, le pouvoir légifère sous forme de « décrets-lois » pris par le Conseil d’État, qui sont formellement entérinés a posteriori par l’ANPP. C’est donc une simple chambre d’enregistrement au service du pouvoir en place et du Parti communiste.

    Plus étonnant encore avec Cuba : même le Parti a renoncé à se donner les apparences d’un fonctionnement normal. Son fonctionnement est plutôt aléatoire : il tient son premier congrès en 1975, 10 ans après sa création et son dernier congrès remonte à près à 1997. Contrairement aux partis communistes de certains pays de l’Est, le PCC n’a jamais été une instance de débat ou d’exercice collectif du pouvoir.

    Entre-temps les décisions sont prises par Fidel Castro et son entourage issu du bureau politique : de temps en temps il se contente de faire approuver ses orientations « directement par le peuple » lors de grands rassemblements populaires de soutien au régime.

    Au total, plus de 8,3 millions d’électeurs, âgés de plus de 16 ans, étaient appelés à choisir, au scrutin direct et à bulletin secret, près de 15.000 délégués aux 169 Assemblées municipales du pays. Le scrutin, prévu sur deux tours les 21 et 28 octobre, sera suivi en avril 2008 par l’élection des délégués provinciaux et des députés qui désigneront les membres du Conseil d’Etat, présidé depuis son instauration par Fidel Castro.

    C’est se donner beaucoup de mal pour se donner un vernis démocratique auquel plus personne ne croit depuis longtemps. Mais c’est la logique des dictatures communistes : elles ont besoin d’avoir l’apparence de l’assentiment du peuple pour pouvoir gouverner.

    1 Centrale des travailleurs cubains, syndicat unique.

    2 Fédération des femmes cubaines.

  • Cuba occupe la 165e position du classement de RSF, et un an et demi après l’investiture officielle de Raúl Castro à la tête de l’Etat, la situation des droits de l’homme sur l’île n’a pas évoluée.

    La violence perdure sur le continent américain, notamment au Pérou et au Mexique

    Cette année, l’Erythrée remplace la Corée du Nord en dernière position du classement mondial de Reporters sans frontières, publié aujourd’hui pour la sixième reprise, et qui mesure le degré de liberté de la presse dans 169 pays.

    « Cela n’a rien de surprenant. Même si toutes les violations de la liberté de la presse ne sont pas connues en Corée du Nord ou au Turkménistan, qui précèdent immédiatement l’Erythrée dans le classement, ce pays mérite sa dernière place. Nous savons que quatre journalistes sont morts en prison et nous avons toutes les raisons de croire que d’autres vont suivre », a déclaré Reporters sans frontières.

    En dehors de l’Europe – d’où sont issus les quatorze premiers pays du classement -, aucune région du monde n’est épargnée par la censure.

    Parmi les vingt pays les plus mal classés, on trouve 7 asiatiques (Pakistan, Sri Lanka, Laos, Viêt-nam, Chine, Birmanie, Corée du Nord), 5 africains (Ethiopie, Guinée équatoriale, Libye, Somalie, Erythrée), 4 du Moyen-Orient (Syrie, Irak, Territoires palestiniens, Iran), 3 de l’ancien espace soviétique (Bélarus, Ouzbékistan, Turkménistan) et 1 américain (Cuba).

    A Cuba (165e), un an et demi après l’investiture officielle de Raúl Castro, à la tête de l’Etat, la transition annoncée n’a rien changé à la situation des droits de l’homme sur l’île. Cuba reste la deuxième prison du monde pour la presse après la Chine avec 24 journalistes incarcérés et soumis à de très sévères conditions de détention.

    Violence et censure sur le continent américain

    Aucun journaliste n’a été tué en Colombie (126e) pendant la période étudiée pour l’établissement de ce classement. C’est une première. Pour autant, la pression des groupes armés et des paramilitaires reste forte. Des cas de violence contre des journalistes ont été relevés au Brésil (84e) et en Argentine (82e), mais le record en la matière revient au Pérou (117e) où près d’une centaine de journalistes ont été pris à partie physiquement. Le nombre de menaces est tout aussi élevé.

    Le Mexique (136e) est toujours le pays le plus dangereux du continent pour la presse. Huit professionnels de l’information ont été tués dans le pays entre septembre 2006 et septembre 2007. La justice ne parvient pas à sanctionner tous les responsables et l’impunité reste largement la règle.

    Au Venezuela (114e), l’exclusion de la chaine RCTV du reseau hertzien, le 27 mai 2007, à la demande d’Hugo Chavez, a mobilisé à elle seule toute l’attention. Contestée même parmi les partisans du président bolivarien, la mesure traduit une véritable mainmise du pouvoir sur l’espace audiovisuel. (suite…)

  • Le cubain le plus célèbre du monde est né Argentin : Ernesto Che Guevara de la Serna voit le jour le 14 juin 1928 à Rosario dans une famille de la petite bourgeoisie aisée. Rien ne semble prédisposer le jeune Ernesto à prendre le chemin de la lutte armée : de constitution physique plutôt fragile, il est asthmatique.

    Le Che fait partie des 12 survivants débarqués clandestinement et en catastrophe en novembre 1956 sur les côtes cubaines avec Fidel Castro.

    A partir de 1959,durant les premiers mois qui suivent la victoire de la révolution cubaine, le comandante Guevara se retrouve à la tête de la prison de la Cabana, une ancienne forteresse coloniale de La Havane. Sa mission : superviser les exécutions des anciens du régime de Batista, puis de révolutionnaires jugés trop timorés. Les tribunaux révolutionnaires siègent sans discontinuer dans toutes les casernes, sous les ordres de Raúl Castro, le frère de Fidel et à la Cabaña sous les ordres de Guevara. Dariel Alarcón Ramírez, dit « Benigno » ancien compagnon d’arme du Che recueille les témoignages des soldats qui décrivent Guevara observant les exécutions, en fumant un cigare sur le mur qui surplombe le fossé de la forteresse. « Pour ces soldats qui, jamais auparavant, n’avaient vu le Che, c’était quelque chose d’important. Cela leur donnait beaucoup de courage », raconte-t-il aujourd’hui.

    Aujourd’hui le plus célèbre des guérilleros de la Sierra Maestra est devenu un produit touristique du régime cubain au même titre que le rhum et les cigares. Le Che est partout : sur les badges, les tee shirts, les porte clés, les montres, les posters, les cartes postales vendues dans les boutiques d’État.

    Triste fin pour un héros de la révolution : voir sa propre effigie délaissée au profit du dollar, le plus méprisable des symboles de l’impérialisme américain. Les gamins de La Havane ont flairé la bonne affaire : ils essaient de vendre aux touristes les pièces de trois pesos à l’effigie du Che, pour trois dollars. Bénéfice escompté : près de 75 pesos (un demi SMIC cubain) puisqu’aux dernières nouvelles, le dollar s’échangeait à 25 pesos. Même les boutiques d’État dans les hôtels pour touristes se livrent à ce trafic peu glorieux : vendre billets et pièces à l’effigie du Che pour leur valeur en dollar.

    Récemment un livre intitulé « La face cachée du Che » (Jacobo Machover) fait la lumière sur qui était véritablement le Che. Un stalinien intransigeant, loin, très loin du Robin des Bois tropical dans lequel des générations entières ont cru voir l’incarnation de l’idéal révolutionnaire.

    « J’ai longtemps figuré parmi les admirateurs de Che Guevara » confesse Jacobo Machover dans une phrase d’introduction quasi proustienne de son dernier essai. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas le seul à avoir commis cette erreur de jeunesse. En effet qui n’a jamais eu son T shirt, ou son poster « Che » pour souligner son esprit de rébellion, où son attachement, même très théorique, aux idéaux révolutionnaires ? « La figure du Che est devenue oecuménique » poursuit Machover « elle a perdu tout sens. Elle reflète un mélange de modernité, d’idéalisme vers un futur plus attractif, et de nostalgie envers un temps qui n’est plus. »

    Le Che est partout, mais il n’est nulle part dans ce qui reste du socialisme cubain dont il avait lui-même posé les bases. Pas un jour sans que la propagande officielle ne célèbre un des faits d’armes de l’autre Comandante, ou ne rappelle une de ses citations pour tenter de démontrer laborieusement la fidélité du régime castriste aux idéaux du Che. Granma a beau insister lourdement sur son goût pour le travail volontaire et ressasser ses efforts pour augmenter la productivité et l’émulation, il ne reste pas grand-chose dans le Cuba d’aujourd’hui de « l’homme nouveau » que la révolution devait engendrer selon le Che. « Le Che mort deviendrait le meilleur ambassadeur planétaire de la révolution cubaine, ce qu’il n’avait pas été de don vivant » résume Machover.

  • L’organisation non gouvernementale basée à Paris Reporters sans frontières condamne la vague d’arrestations qui a frappé la dissidence, le 27 septembre 2007, jour où une manifestation pacifique en faveur des prisonniers politiques devait avoir lieu devant le siège du ministère de la Justice à La Havane.

    Parmi la trentaine de personnes arrêtées et toujours détenues figurent six journalistes : Idania Yanes Contreras, indépendante, Roberto de Jesús Guerra Pérez, correspondant des sites Payolibre et Nueva Prensa Cubana et de la station Radio Martí, Alvaro Yero Felipe et Belinda Salas Tapanes, de la Agencia Libre Asociada (ALAS), Yoel Espinosa Medrano et Félix Reyes Gutiérrez, de l’agence indépendante Cubanacán Press. Les six journalistes ont été libérés vingt-quatre heures après leur arrestation.

    « Bien que certains dissidents arrêtés aient été immédiatement relâchés, cette vague de répression rappelle pour une part le ‘printemps noir’ de mars 2003. Alors que le début de la guerre en Irak mobilisait l’opinion mondiale, le gouvernement avait à l’époque ordonné l’interpellation arbitraire de 90 dissidents, dont 75 sont toujours incarcérés parmi lesquels vingt journalistes. Le régime de La Havane essaie-t-il, cette fois, de rivaliser avec celui de Rangoon, où la répression militaire fait rage depuis quelques jours et retient l’attention de la communauté internationale ? En rappelant que 250 personnes croupissent dans les prisons cubaines pour des raisons politiques, les dissidents interpellés n’ont fait que rappeler une vérité criante », a déclaré Reporters sans frontières, qui se félicite néanmoins de savoir que les journalistes arrêtés ont rapidement recouvré la liberté.

    Le 27 septembre 2007, dans le quartier du Vedado de La Havane, Marta Beatriz Roque, présidente de l’Assemblée pour la promotion de la société civile (l’un des groupes de la dissidence), accompagnée de six autres personnes, a tenté de remettre une lettre à la ministre de la Justice, Maria Esther Reus, relative au sort des prisonniers politiques de l’île. La leader dissidente a fait savoir que les protestataires resteraient devant le siège du ministère jusqu’à l’obtention d’une réponse. La Sécurité de l’État (police politique) a aussitôt arrêté Marta Beatriz Roque et les dissidents qui l’accompagnaient et les a fait monter de force dans un bus pour les reconduire à leur domicile. Laura Pollán Toledo, épouse d’Hector Maseda Gutiérrez, cofondateur de l’agence Grupo de Trabajo Decoro emprisonné depuis mars 2003, faisait partie des interpellés.

    Les estimations sur le nombre de dissidents arrêtés sont très variables, allant d’une vingtaine à une trentaine. Selon l’Agence France-Presse, d’autres interpellations de personnes décidées à se joindre à la manifestation devant le ministère de la Justice ont eu lieu à La Havane et dans la province de Santa Clara (Centre), où est basée l’agence Cubanacán Press.

    Roberto de Jesús Guerra Pérez, 29 ans, avait été arrêté, le 13 juillet 2005, dans des conditions similaires, peu avant une manifestation de la dissidence. Incarcéré pendant dix-neuf mois sans jugement, régulièrement passé à tabac par ses gardiens et hospitalisé à plusieurs reprises, il avait été condamné, le 27 février 2007 (cf. communiqué), à vingt-deux mois de prison pour « trouble à l’ordre public » et libéré le 9 mai dernier (cf. communiqué).

    source:

    Benoît Hervieu
    Despacho Américas / Americas desk
    Reporters sans frontières
    47, rue Vivienne 75002 Paris – France

  • Les 21 interpellations ont eu lieu dans plusieurs provinces, visant des opposants qui devaient se joindre à un rassemblement de protestation à la Havane.

    Martha Beatriz Roque, accompagnée de six autres opposants, a remis jeudi une lettre pour la ministre cubaine de la Justice Maria Esther Reus, déclarant qu’elle entendait manifester devant le ministère jusqu’à ce qu’elle reçoive une réponse. En soirée, elle a été emmenée de force par des policiers à bord d’un véhicule et reconduite chez elle.

    Le sort des autres opposants qui l’accompagnaient, également embarqués à bord de véhicules de la police, et parmi lesquels deux « Dames en blanc », les épouses ou proches de prisonniers politiques n’était pas connu jeudi soir.

    Selon la dissidence, 250 prisonniers politiques sont actuellement en détention à Cuba, un nombre en diminution depuis que Fidel Castro a cédé le pouvoir l’an dernier à son frère Raul après une grave opération intestinale.

    Président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, interdite), Elizardo Sanchez Santa Cruz, lui-même ancien prisonnier politique, a déjà à plusieurs reprises souligné « l’hypertrophie du système carcéral » cubain, passé de 14 prisons en 1958 à plus de 200 aujourd’hui.

    Les affirmations de M.Sanchez n’ont jamais été publiquement démenties par le gouvernement cubain. L’unique visite de la Croix-rouge internationale dans les prisons cubaines remonte à 1988. Elle a donné lieu à un rapport qui a mécontenté les autorités et est resté « très confidentiel », selon M. Sanchez.

    « La torture physique n’est pas la règle à Cuba », selon lui, mais « la torture psychologique est régulièrement pratiquée », sous forme d’isolement du prisonnier dans des cellules minuscules, surchauffées, mal aérées, sans eau courante, et accompagnée parfois de privation de sommeil pour l’obtention d’aveux.

    De très nombreux témoignages ont permis d’établir que la torture a été pratiquée massivement à Cuba, et continue de l’être. Selon l’organisation CubaArchive.org, le castrisme aurait fait 9.240 victimes à Cuba.

    María C. Werlau et le directeur de recherches de cette organisation, Armando Lago, économiste, estiment que jusqu’à 77.000 Cubains peuvent avoir perdu la vie en tentant de s’échapper de l’île.

    María C. Werlau, qui a vécu au Chili pendant la dictature de Pinochet, a personnellement vu comment la conscience internationale des atrocités en matière de droits de l’homme a aidé le Chili à reconstituer sa démocratie. « Le régime de Castro a exécuté davantage de gens durant seulement ses trois premières années, que le régime de Pinochet a fait de tués ou « disparus » durant toutes ses 17 années de pouvoir » précise Werlau.

    « Mais les victimes de Castro qui sont souvent plus nombreuses– et qu’incluent non seulement des adversaires politiques mais aussi des familles complètes assassinées pour avoir essayé de s’enfuir — sont encore inconnues, ignorées ou oubliées. »

  • M. Chavez, qui mène une médiation internationale en faveur de la libération des otages en Colombie, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, a fait cette annonce au cours de son programme télévisé dominical « Alo Presidente ».

    Le président socialiste du Venezuela a ajouté que l’ancien président Jacques Chirac « était classé comme un homme de droite », mais que les relations avec la France avaient toujours été « franche sur le plan personnel, politique et économique ».

    Le dirigeant vénézuélien a été mandaté par le gouvernement colombien pour ouvrir des négociations avec la guérilla des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) qui réclament la libération de 500 des leurs emprisonnés contre un groupe de 45 otages.

    En 1995, la France avait déjà pris l’initiative de rompre l’isolement diplomatique de Fidel Castro : François Mitterrand avait alors invité le dictateur cubain pour une visite privée à Paris.

  • Même si cette initiative à très peu de chances d’aboutir, elle a une portée symbolique importante. Si un « petit » pays comme le Costa Rica le courage d’affronter les bourreaux de La Havane, qui condamnent impunément des journalistes à 20 ans de prison pour délit d’opinion, que dire du silence des « grandes » démocraties ?

    Si seulement la moitié des pays de l’Union européenne adoptaient la position du Costa Rica en offrant l’asile aux journalistes cubains, jetés en prison après une parodie de procès, quelle pourrait être la réaction de Cuba ?

    Le 16 septembre 2007, le consul du Costa Rica à La Havane, José Maria Penabad, a officiellement transmis au ministre cubain des Affaires étrangères, Felipe Pérez Roque, une demande d’autorisation de sortie du pays en faveur de Normando Hernández González pour raisons humanitaires. L’état de santé du journaliste, emprisonné depuis le « printemps noir » de mars 2003, n’a cessé d’empirer au fil de sa détention. Reporters sans frontières soutient la démarche des autorités costariciennes.

    « L’impératif humanitaire concerne évidemment tous les prisonniers de conscience, en particulier les vingt journalistes toujours détenus depuis mars 2003, soumis à de très sévères conditions de détention. Nous saluons les efforts engagés par les autorités du Costa Rica pour accueillir Normando Hernández González sur leur territoire et lui prodiguer des soins adaptés à son état, devenu alarmant. Nous espérons vivement que le ministère cubain des Affaires étrangères accédera à la demande du consul costaricien, dont le gouvernement a déjà accordé un visa à l’intéressé. Nous espérons que d’autres chancelleries appuieront cette initiative et en prendront de similaires en faveur des autres journalistes emprisonnés », a déclaré Reporters sans frontières.

    Le 14 septembre 2007, la Direction générale des migrations du Costa Rica a notifié au consul de ce pays à La Havane, José Maria Penabad, l’octroi d’un visa à Normando Hernández González à titre humanitaire. Cette formalité a été réglée à la demande du député José Manuel Echandi, qui a engagé depuis plusieurs mois des démarches pour faire venir le journaliste emprisonné, gravement malade, à San José. Le 16 septembre, José Maria Penabad a officiellement transmis cette demande d’asile humanitaire au ministre cubain des Affaires étrangères, Felipe Pérez Roque.

    Directeur de l’agence indépendante Colegio de Periodistas Independientes de Camagüey (CPIC), Normando Hernández González a été arrêté, le 24 mars 2003, avec vingt-six autres journalistes, lors de la dernière grande vague répressive contre la dissidence. Accusé arbitrairement d’ »espionnage » et d’ »atteinte à la sûreté de l’État », il a écopé d’une peine de vingt-cinq ans de prison. Transféré depuis le 10 septembre 2006 à la prison de haute sécurité Kilo 7 de Camagüey, le journaliste, atteint de tuberculose, a entamé une grève de la faim en mars 2007 pour protester contre ses conditions de détention (mauvais traitements, privation de sorties et de visites, alimentation inadaptée…). Il a été admis dans la matinée du 14 septembre dernier à l’hôpital Carlos J. Finlay de La Havane.

    Correspondant de Reporters sans frontières et directeur de la revue De Cuba, Ricardo González Alfonso, et son collègue indépendant Julio César Gálvez Rodríguez ont été admis le même jour à l’hôpital militaire de la prison du Combinado del Este de La Havane où ils sont incarcérés. Les deux journalistes ont également été arrêtés lors du « printemps noir » de mars 2003, le premier purgeant une peine de vingt ans de prison et le second une peine de quinze ans. Déjà hospitalisé, Ricardo González Alfonso souffre notamment d’hypertension artérielle. Julio César Gálvez Rodríguez présente de graves troubles respiratoires développés durant sa détention.
    Deuxième prison du monde pour les journalistes après la Chine, Cuba compte 24 détenus, dont trois depuis l’accession au pouvoir de Raúl Castro, le 31 juillet 2006. Les vingt incarcérés depuis le « printemps noir » ont été condamnés à des peines allant de quatorze à vingt-sept ans de prison.
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  • La nouvelle a été rendue publique par l’organisation Reporters sans frontières qui se dit « scandalisée par la nouvelle condamnation dont a fait l’objet, le 15 août 2007, Alberto Santiago Du Bouchet Hernández, journaliste indépendant. Incarcéré pour « désobéissance civile » et « résistance » en 2005 puis libéré en août 2006, le journaliste de l’agence Havana Press a été condamné cette fois à des peines cumulées de deux ans de prison, deux ans de travaux en milieu carcéral et deux ans sous contrôle judiciaire.

    Il aurait prétendument volé un mouchoir dédicacé par Fidel Castro à María Encarnación González Guerra, membre actif de l’organisation politique Movimiento 26 de Julio à la fin des années 1950. »

    « Nous sommes indignés par l’acharnement dont font preuve les autorités cubaines contre Alberto Santiago Du Bouchet Hernández. Le condamner à une lourde peine pour un prétendu vol de mouchoir est grotesque et scandaleux. Son procès s’est déroulé de façon aussi expéditive qu’en 2005, sur la base de témoignages à charge qui ont très bien pu être obtenus sous la menace. Nous demandons que le journaliste soit acquitté en appel et laissé libre », a déclaré l’organisation RSF à Paris.

    Le tribunal municipal de Plaza (La Havane) a prononcé une sentence de deux ans de prison, auxquels s’ajoutent des travaux en milieu carcéral et un placement sous contrôle judiciaire pour une durée de deux ans chacun, à l’encontre du journaliste. Il est accusé de s’être « illicitement » approprié un mouchoir offert et signé par Fidel Castro à celle qui fut, en 1957, l’une des organisatrices du Movimiento 26 de Julio, organisation castriste créée en 1953. Selon Alberto Santiago Du Bouchet Hernández, il s’agissait d’un cadeau de María Encarnación González Guerra. Il soupçonne la police politique d’avoir fait pression pour qu’elle témoigne contre lui. Le journaliste a fait appel et n’a pas encore été incarcéré.

    Le 9 août 2005, Alberto Santiago Du Bouchet Hernández avait été condamné à un an de prison pour « désobéissance civile » et « résistance » lors de son arrestation, au cours d’un procès sommaire. Le journaliste n’avait pas pu prendre d’avocat.

    Les actes d’intimidation contre les journalistes indépendants et leur entourage se multiplient. Selon des informations diffusées récemment par Roberto de Jesús Guerra Pérez, correspondant des sites Payolibre et Nueva Prensa Cubana et de la station Radio Marti, la police politique harcèlerait sans cesse ses proches afin qu’ils ne le logent plus.

    Libéré en mai 2007 après avoir passé vingt-deux mois en prison dont dix-neuf sans jugement, le journaliste est dans un état de santé fragile en raison des grèves de la faim qu’il a menées en prison et craint de se retrouver sans logement si son entourage cède aux menaces répétées. Il a menacé de se remettre en grève de la faim en signe de protestation.