Catégorie : libertés

Les libertés et la répression à Cuba

  • Chavez a t-il été pris à son propre piège ? A force de vouloir faire plébisciter toutes les étapes de sa marche vers la dictature et le pouvoir d’un seul homme, le voilà obligé de reconnaitre sa première défaite.

    Cette possibilité, de pouvoir dire « Non » tout simplement, est une des caractéristiques essentielles de la démocratie : une possibilité que les Cubains n’ont pas eu depuis 1959. Ce refus des vénézueliens de signer un chèque en blanc à un caudillo, si populaire soit-il parmi les couches populaires, est sans doute une étape importante dans la « gauchisation » de l’Amérique latine. Car on ne peut pas s’empecher de noter les nombreuses similitudes entre l’évolution de Cuba dans les années 60 et celle du Venezuela d’Hugo Chavez.

    Autoritarisme rampant, censure des medias, collectivisation progressive, et hystérie anti américaine. Création d’un parti unique pour monopoliser l’Etat et la société. Course aux armements plutôt que pour résoudre les graves problèmes économiques et sociaux de la société vénézuélienne. Création d’ une milice de centaines de milliers de personnes pour contrôler la société. Utilisation de la menace et de la violence comme moyen ordinaire de faire de la politique.

    Sans parler de l’exil massif des habitants : les Vénézueliens ont encore une chance que les Cubains ont perdu depuis longtemps, ils peuvent voter avec leurs pieds. Encore une des caractéristiques de ces « paradis » socialiste, ou en voie de le devenir : le désir d’un nombre sans cesse croissant de personnes de fuir, jusqu’à ce qu’il reste que ceux qui n’ont pas d’autres choix de rester et d’attendre.

    Les statistiques officielles sont muettes sur le sujet, mais selon des estimations, plus d’un million et demi de Vénézuéliens, sur une population de 27 millions, vivraient désormais à l’étranger.

    estime un article de Libération

    D’ailleurs que serait aujourd’hui Cuba sans l’avalanche de pétro dollars en provenance du Venezuela ? L’économie cubaine reste plus que jamais prisonnière d’un socialisme hyper-bureaucratisé et vivote toujours grâce aux dollars des touristes et des familles exilées aux Etats Unis. Le Venezuela et son pétrole ont remplacé le puissant allié soviétique pour maintenir sous perfusion une économie de pénurie.

    Le Venezuela fournit à Cuba 100.000 barils de pétrole par jour soit l’équivalent de près de 2 milliards de dollars par an à des conditions très préférentielles. Un quart de ce montant est payable avec un crédit sur 15 ans à un taux de 2%, et le reste par l’exportation de « services » cubains au Venezuela (environ 23600 médecins cubains seraient présents au Venezuela). Cette coopération économique comporte aussi un volet politique important et même policier : Cuba et le Vénézuela ont signé une convention autorisant les juges, et policiers de la sécurité de l’État cubain, à agir en territoire vénézuélien. La police cubaine pourra donc interroger, rechercher, et même arrêter des Cubains au Venezuela où résident plus de 30000 exilés cubains.

  • C’est finalement le seul véritable enjeu de ce référendum, qui institue sans le dire une dictature marxiste au Vénézuela. Hugo Chavez n’est pas le général de Gaulle, et a aucun moment il n’a dit qu’il démissionnerait si le « non » l’emportait au référendum qu’il a lui même organisé.

    Chavez a été élu en 2006 pour un  mandat de six ans, par conséquent il est assuré de rester au pouvoir jusqu’en 2012, et peut être 2013 puisque la nouvelle constitution prévoit de porter le mandat présidentiel à sept ans au lieu de six. Mais là n’est pas l’enjeu essentiel de cette réforme qui vise à concentrer tous les pouvoirs dans les mains d’un seul homme et d’un seul parti.  Ca vous rappelle quelques chose ?

    Le 2 décembre est décidément un jour favorable pour les dictateurs : ce même jour le président cubain Fidel Castro a été choisi comme candidat pour être député de Santiago de Cuba (c’est sa circonscription, même s’il n’y met plus les pieds depuis longtemps) , ce qui lui permettra de se présenter au scrutin présidentiel prévu au plus tard le 5 mars 2008.

    Sa désignation à l’unanimité (ça va de soi à Cuba, tous les votes sont toujours à l’unanimité, on va pas s’embêter avec les chicaneries de la démocratie « formelle ») et par acclamation, a été ovationnée aux cris de « Vive Fidel, Vive le Commandant en Chef » par les délégués de l’assemblée municipale de Santiago de Cuba, à 900 kms à l’est de La Havane.

    Le parallèle avec la situation au Vénézuela est frappant : au delà des ressemblances entre les deux personnages, il y a une volonté claire de la part de Chavez de copier le « modèle » cubain. Mais pour le moment Chavez se soucie encore des apparences un peu plus que Fidel Castro, et il veut que sa dictature soit formellement approuvé par les urnes, un risque que le dirigeant cubain n’a jamais accepté de prendre. Si les électeurs disent « oui » à sa réforme, Chavez pourra se représenter à la présidence en 2012,  et ensuite à vie, ce que la Constitution l’empêche de faire aujourd’hui.

    Les 69 amendements constitutionnels prévoient également des dispositions pour créer des formes de propriété collective, la suppression de l’indépendance de la Banque centrale, ou encore la nomination directe de responsables provinciaux et municipaux par le président.

    Pour l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch, basée aux Etats-Unis, ces réformes menacent les droits fondamentaux. L’ONG critique notamment une disposition permettant au chef de l’Etat de déclarer l’état d’urgence pour une durée illimitée, pendant laquelle des suspects pourront être détenus sans inculpation formelle et la presse sera censurée.

  • A quelques jours du référendum du 2 décembre au Venezuela, Reporters sans frontières craint « un tournant dangereux pour la liberté de la presse ». RSF manifeste son inquiétude concernant deux articles du nouveau texte, jugés dangereux pour la liberté de la presse.

    (suite…)

  • Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le référendum qui doit être organisé au Venezuela le 2 décembre n’est pas gagné d’avance. Cette nouvelle étape visant à faire d’Hugo Chavez un président plénipotentiaire et sans limite de temps, pourrait bien provoquer un rejet. A force de vouloir donner à sa dictature les apparences d’une démocratie populaire en recourant au suffrage à tout bout de champ, Chavez prend le risque de lasser son électorat.

    La nouvelle constitution est un pas supplémentaire vers l’installation d’un régime bonapartiste et ne limiterait plus le nombre de mandats présidentiels, ce qui pourrait bien se retourner contre le président Hugo Chavez : pour la première fois, le résultat du plébiscite n’est pas connu d’avance puisqu’ un sondage donne le « non » aux réformes vainqueur, avec 49%, contre 39% en faveur du changement.

    Ce sondage a été réalisé par Datanalisis, un institut de Caracas. Ses précédentes enquêtes avaient toujours été à l’avantage du président vénézuélien.

    Les électeurs se prononceront le 2 décembre sur ce référendum, qui vise à faire approuver des réformes qui ne limiteraient plus le nombre de mandats présidentiels, prolongeraient les mandats de six à sept ans, et créeraient de nouveaux types de propriétés gérées notamment par des coopératives, parmi d’autres changements.

    Ce sondage, publié dans le journal vénézuélien El Universal, a été réalisé auprès de 1.854 Vénézuéliens, du 14 au 20 novembre. La marge d’erreur est de 2,5 points.

  • L’organisation de défense des journalistes et de la liberté de la presse s’adresse aujourd’hui à Nicolas Sarkosy à l’occasion de la visite à Paris d’Hugo Chavez. RSF se dit préoccupé par la situation des journalistes et la liberté d’expression au Venezuela.

    A la veille de la visite officielle, le 20 novembre 2007, du président vénézuélien Hugo Chávez à Paris, Reporters sans frontières a adressé une lettre au président de la République, Nicolas Sarkozy. Cette visite intervient alors que le chef de l’État bolivarien assume une importante médiation auprès des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui retiennent en otage Ingrid Betancourt depuis le 23 février 2002.

    « Je souhaite, bien entendu, que cette rencontre contribue aux efforts déployés pour obtenir la libération de la sénatrice franco-colombienne. En tant que secrétaire général de Reporters sans frontières, je me dois néanmoins de vous rappeler que la démarche assumée par le président Hugo Chávez ne saurait faire oublier ni certaines dérives graves de son régime ni son comportement sur la scène internationale », a écrit Robert Ménard au président de la République française.

    « Rarement chef d’État élu aura posé autant d’obstacles à la liberté d’expression sous son mandat. Du coup d’État manqué dont il a été victime en avril 2002 – que certains médias ont, il est vrai, soutenu -, le président Chávez a tiré argument, non seulement pour faire taire toute voix critique ou dissidente, mais aussi pour éliminer progressivement toute forme de contre-pouvoir, en particulier celui de la presse », a poursuivi l’organisation, dont une délégation était présente au Venezuela le 27 mai dernier, quand RCTV, la plus populaire et la plus ancienne des chaînes de télévision du pays, a été exclue du réseau hertzien sur ordre d’Hugo Chávez, « contre l’avis même d’une large partie de ses propres soutiens et au mépris de toute jurisprudence interaméricaine ».

    Cet épisode a suscité la désapprobation de nombre de dirigeants étrangers, en particulier latino-américains, qui n’ont reçu pour toute explication que des insultes et des accusations de « complot contre le Venezuela ».

    Reporters sans frontières a également souligné l’ampleur du « contrôle qu’exerce le chef de l’État vénézuélien sur le paysage médiatique, avec à sa main sept télévisions, une vingtaine de radios, l’opérateur téléphonique CANTV, le principal quotidien national Ultimas Noticias et une soixantaine de journaux locaux ».

    L’organisation a précisé : « Une loi taillée sur mesure l’autorise à réquisitionner tous les médias audiovisuels pour y discourir à sa convenance, sans délai imparti et sans interruption. Depuis 1999, le président Chávez a recouru plus de 1 500 fois à ce système dit des « cadenas », dépassant ainsi les 900 heures d’antenne, auxquelles s’ajoutent pour la même période environ 1 000 heures cumulées de sa propre émission dominicale Aló Presidente (record de temps de parole battu, le 5 août dernier, avec 7 heures et 43 minutes de monologue en une seule fois). Les rares critiques envers le régime émanent de quelques journaux et d’une chaîne à diffusion restreinte, Globovisión.

    Des procédures administratives ciblées pourraient bientôt condamner cette dernière à la fermeture. Enfin, la réforme de la Constitution que le président Chávez a fait adopter au début de son premier mandat – réforme qui sera soumise à référendum, le 2 décembre prochain, et qui suscite une très forte controverse – lui donnerait le pouvoir de décréter l’état d’urgence sans limitation de durée et de suspendre la liberté de la presse le cas échéant ».

    Sur toutes ces affaires, Reporters sans frontières rappelle que ses « offres de dialogue se sont heurtées à l’accusation, aussi grotesque qu’infondée, selon laquelle notre organisation travaillerait pour le compte du renseignement américain et chercherait à organiser un nouveau coup d’État ».

    « L’élimination de tout contre-pouvoir de la presse se double d’une véritable mise au pas de la société civile et de ses composantes (organisations professionnelles, syndicats ou ONG) », a poursuivi Robert Ménard, qui a rappelé qu’un projet de loi de coopération internationale, déjà approuvé en première lecture en juin 2006, entend limiter toute « influence étrangère » sur les associations locales à travers leur financement et l’exercice de leur mission.

    « Certaines ONG vénézuéliennes vouées à la défense des droits de l’homme se sont plaintes auprès de nous de fortes pressions du pouvoir. Une trentaine de noms de personnes réputées sympathisantes de l’opposition – dont notre correspondant vénézuélien – figurent sur une liste noire, dressée le 25 mai dernier, par une avocate proche du Président, Eva Golinger », a souligné l’organisation
    En conclusion, Reporters sans frontières a formulé le voeu que le président français ait « l’occasion d’aborder ces sujets avec son homologue vénézuélien » et ainsi « de lui rappeler que tout chef d’État élu doit accepter d’entendre la voix de la communauté internationale ».

    Benoît Hervieu
    Despacho Américas / Americas desk
    Reporters sans frontières
    47, rue Vivienne
    75002 Paris – France

  • Inquiets de l’évolution de la situation politique au Venezuela, un groupe d’intellectuels français lance une pétition contre Chavez et demande à Nicolas Sarkozy de rester vigilant.

    Lettre ouverte au président Nicolas Sarkozy pour soutenir les démocrates vénézueliens

    Le Venezuela traverse la crise plus grave de son histoire récente. L’instabilité politique et sociale affecte des millions de Vénézuéliens, victimes d’un régime qui contrôle toutes les institutions du pays, muselle ou ferme les médias, crée des forces paramilitaires, agresse et poursuit tout citoyen ouvertement en désaccord avec sa politique et suscite la haine dans la société.
    La France, fidèle à sa tradition du pays des Droits de l’Homme, a invité le président vénézuélien dès lors qu’il se présente comme “médiateur humanitaire” dans l’affaire des otages des FARC. Nous saluons cette initiative, mais il serait triste que la France reste aveugle devant le vrai visage du Président vénézuélien et la nature du régime qu’il incarne désormais.
    Hugo ChavezLié aux FARC, Hugo Chavez n’est pourtant guère qualifié pour se présenter comme un “médiateur humanitaire”. La libération des otages détenus par les FARC sert ses objectifs politiques et surtout redorer son image de plus en plus dégradée dans le monde et dans son propre pays. Son objectif est d’imposer au Venezuela une nouvelle Constitution que les démocrates vénézuéliens refusent.

    Pendant des années, M. Chavez a ignoré le sort des Vénézuéliens otages des FARC et ne s’est jamais préoccupé de leurs familles.
    Ne soyons pas dupes ! M. Chavez a tenté un coup d’Etat qui a fait des centaines des morts en 1992 contre un gouvernement élu démocratiquement. Le Tribunal Suprême de Justice lui est totalement dévoué, l’Assemblée Nationale est à son service, le Conseil national électoral, qui organise les élections, lui est soumis. Par la réforme constitutionnelle qu’il veut faire avaliser par référendum le 2 décembre prochain, M. Chavez vise à garder le pouvoir indéfiniment comme le stipule un des articles de cette nouvelle « Constitution bolivarienne ».
    En voulant exporter sa « révolution » appelée également « socialisme du XXIe siècle » M. Chavez intervient ouvertement dans les affaires intérieures de pays voisins souverains. Ce « Socialisme du XXIe » siècle comporte ouvertement des traits populistes et totalitaires :

    • M. Chavez tend à créer un parti unique pour monopoliser l’Etat et la société.
    • Il utilise les ressources du pétrole pour accélérer la course aux armements plutôt que pour résoudre les graves problèmes économiques et sociaux de la société vénézuélienne.
    • Il s’appuie sur une milice de centaines de milliers de personnes pour contrôler la société.

    Bref : les mesures qu’il prend pour imposer son « socialisme du XXIe siècle », violent les normes et les principes fondamentaux des droits de l’Homme.
    Nous vous appelons, Monsieur le Président à bien observer le processus politique vénézuélien et à soutenir un peuple qui a vécu en démocratie depuis 1958 . Cette démocratie se trouve aujourd’hui en danger.
    Nous demandons à l’ensemble des démocrates français qu’ils condamnent un régime qui, quoi qu’il en dise, suit le chemin qui mène au totalitarisme, un chemin déjà emprunté pour le plus grand malheur du peuple jadis en URSS, dans les pays de l’Est, en Chine et dans certains pays d’Asie ainsi qu’à Cuba.

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    Vous pouvez signer cette pétition en adressant votre nom, prénom, qualité (et/ou réactions) à [email protected]

  • Ingrid BetancourtHugo Chavez affirme avoir la preuve que l’otage des FARC est toujours en vie. Une bonne nouvelle qui reste à confirmer. L’occasion aussi de se poser quelques questions sur le rôle assez ambigu du Venezuela et de son allié cubain dans la gestion de la crise des FARC

    Le dirigeant vénézuélien Hugo Chavez avait été mandaté il y a deux mois par Bogota pour permettre l’échange de 500 guérilleros incarcérés contre un groupe de 45 otages, dont les trois Américains et Mme Betancourt, ex-candidate à la présidentielle colombienne, enlevée en 2002. Aujourd’hui Hugo Chavez affirme à la presse pouvoir apporter, lors de sa visite à Paris le 20 novembre, une preuve de vie de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, otage de la guerilla des FARC depuis 2002.

    Or on sait maintenant que le régime de Fidel Castro a été un soutien et un allié de longue date de la guerilla marxiste en Colombie. Dans « Cuba Nostra » publié en 2005, Alain Ammar et Jacobo Machover écrivent :

    « Le chef d’Etat cubain, qui désire ouvrir un nouveau front antiaméricain en Amérique latine avec l’argent du Venezuela, arme et soutien les FARC de concert avec son homologue « bolivarien » (Hugo Chavez), d’une manière directe avec des armes légères mais également grâce à un appui financier et des hôpitaux de campagne installés, selon des médecins cubains exilés ayant fui le Venezuela, à la frontière entre la Colombie et le Venezuela, et consacrés spécialement aux blessés des FARC « .

    Quel peut être dans ces conditions le rôle d’Hugo Chavez, et de quelle crédibilité peut-il disposer alors qu’il est en train d’installer chez lui une dictature marxiste, que les FARC tentent désespérément d’imposer à la Colombie ?

    « Nous essayons de mettre tout en place » pour trouver un accord, a déclaré M. Chavez à la télévision publique après son entretien avec Luciano Marin Arango, plus connu sous son nom de guerre d’Ivan Marquez.

    Ivan Marquez a affirmé qu’une rencontre entre Hugo Chavez et le commandant des FARC Manuel Marulanda serait nécessaire pour surmonter les obstacles à un échange humanitaire de prisonniers.

    Le Comité de soutien à Ingrid Betancourt a déclaré dans un communiqué attendre ces éléments « avec la plus grande des impatiences » et espère que la famille de l’otage « pourra la visionner dans les plus brefs délais » s’il s’agit d’une cassette vidéo comme précédemment. Le Comité de soutien organise une marche à Paris le dimanche 18 novembre pour appeler « les FARC comme le gouvernement colombien à négocier au plus vite » et exprimer le « soutien le plus total » à la médiation internationale.

  • Le président Bush envisage de délivrer un avertissement disant que les États-Unis ne veulent pas accepter une transition politique à Cuba, qui prendrait la forme d’un simple transfert d’un frère Castro à l’autre, plutôt que vers le peuple cubain.

    Bush devrait insister sur le fait que, même si la majeure partie du reste de l’Amérique latine est passée de la dictature à la démocratie, Cuba continue de recourir à la répression et à la terreur pour contrôler sa population.

    Visant directement Raúl Castro, M. Bush devrait indiquer clairement que les États-Unis s’opposent à un ancien système contrôlé par de nouveaux visages.

    Phil Peters, un spécialiste de Cuba du Lexington Institute cité par le New York Times, considère que les Américains se sont fait surprendre : ce qui n’était il y a un an qu’un remplacement provisoire à la tête de l’Etat cubain est en train de prendre la forme d’une transition de pouvoir « en douceur ». Raúl Castro établit désormais ses propres relations avec des dirigeants politiques étrangers, et a engagé un dialogue avec le peuple cubain sur leur vision du pays.

    Pour Peters, le discours de Bush tranche avec la stratégie des Etats-Unis, qui était fondée jusqu’à maintenant sur l’idée que le gouvernement communiste tomberait à la mort de Fidel Castro. « L’administration réalise qu’elle a manqué le bateau », explique Peters au quotidien. « La succession a déjà eu lieu. Ils ne peuvent plus suivre une stratégie selon laquelle il faut attendre que Castro meure alors que le reste du monde a déjà passé cette étape. »

    Un autre expert John Kavulich, conseiller principal en politique à l’US Trade and economic council, a déclaré le véritable destinataire du discours de M. Bush n’est pas Fidel Castro ni le peuple cubain, mais la très influente communauté cubaine en exil à Miami.