Catégorie : libertés

Les libertés et la répression à Cuba

  • Plus de 60 cyberdissidents sont actuellement emprisonnés dans le monde pour avoir tenté de s’exprimer sur Internet. Ce qui semble simple à tout un chacun dans la plupart des pays du monde est interdit dans 13 Etats. En Chine, en Tunisie, en Egypte, donner son avis sur un blog ou sur un site peut conduire en prison.

    Pour refuser la censure et sensibiliser le plus grand nombre à cette situation, Reporters sans frontières lance, pour la première fois, une grande opération : 24 heures contre la censure sur Internet. Le grand public, les Internautes, les blogueurs, les journalistes, les étudiants sont invités à dénoncer la censure d’un simple clic.

    A propos de Cuba, RSF a rappelé récemment que « Avec moins de deux internautes pour 100 habitants, Cuba figure parmi les pays les plus en retard en matière d’Internet. Il est de loin le plus mal loti d’Amérique latine – le Costa Rica fait 13 fois mieux – et se situe au niveau de l’Ouganda ou du Sri Lanka. Sur une île qui se targue d’avoir l’un des niveaux d’éducation les plus élevés de la planète, ce constat a de quoi surprendre. »

    L’enquête menée par Reporters sans frontières révèle que le gouvernement cubain utilise plusieurs leviers pour s’assurer que ce média n’est pas utilisé de manière « contre-révolutionnaire ». Tout d’abord, il a peu ou prou interdit les connexions privées au Réseau.

    Pour surfer ou consulter leurs e-mails, les Cubains doivent donc obligatoirement passer par des points d’accès publics (cybercafés, universités, « clubs informatiques pour la jeunesse », etc), où il est plus facile de surveiller leur activité. Ensuite, la police cubaine a installé, sur tous les ordinateurs des cybercafés et des grands hôtels, des logiciels qui déclenchent un message d’alerte lorsque des mots-clés « subversifs » sont repérés.

    Le régime s’assure par ailleurs que les opposants politiques et les journalistes indépendants n’accèdent pas à Internet. Pour ces derniers, communiquer avec l’étranger est un véritable chemin de croix. Enfin, le gouvernement mise sur l’autocensure. A Cuba, on peut être condamné à vingt ans de prison pour quelques articles « contre-révolutionnaires » publiés sur des sites étrangers et à cinq ans simplement pour s’être connecté au Net de manière illégale. Peu d’internautes osent défier la censure de l’Etat et prendre un tel risque. »

  • « Avec moins de deux internautes pour 100 habitants, Cuba figure parmi les pays les plus en retard en matière d’Internet. Il est de loin le plus mal loti d’Amérique latine – le Costa Rica fait 13 fois mieux – et se situe au niveau de l’Ouganda ou du Sri Lanka. Sur une île qui se targue d’avoir l’un des niveaux d’éducation les plus élevés de la planète, ce constat a de quoi surprendre.

    Les autorités défendent ce bilan catastrophique en blâmant l’embargo américain, qui les empêcherait de s’équiper du matériel nécessaire au développement du Réseau. Elles expliquent notamment que, ne pouvant pas se raccorder à l’Internet mondial par le biais de câbles optiques sous-marins, elles en sont réduites à utiliser des connexions satellitaires coûteuses et moins efficaces. Cet argument peut en effet expliquer la lenteur de l’Internet cubain et les files d’attente interminables devant les cybercafés.

    Mais il ne justifie en rien le système de contrôle et de surveillance du Réseau mis en place par les autorités. Dans un pays où les médias sont à la botte du pouvoir, empêcher la circulation d’informations indépendantes sur Internet est naturellement devenu une priorité.

    L’enquête menée par Reporters sans frontières révèle que le gouvernement cubain utilise plusieurs leviers pour s’assurer que ce média n’est pas utilisé de manière « contre-révolutionnaire ». Tout d’abord, il a peu ou prou interdit les connexions privées au Réseau.

    Pour surfer ou consulter leurs e-mails, les Cubains doivent donc obligatoirement passer par des points d’accès publics (cybercafés, universités, « clubs informatiques pour la jeunesse », etc), où il est plus facile de surveiller leur activité. Ensuite, la police cubaine a installé, sur tous les ordinateurs des cybercafés et des grands hôtels, des logiciels qui déclenchent un message d’alerte lorsque des mots-clés « subversifs » sont repérés.

    Le régime s’assure par ailleurs que les opposants politiques et les journalistes indépendants n’accèdent pas à Internet. Pour ces derniers, communiquer avec l’étranger est un véritable chemin de croix. Enfin, le gouvernement mise sur l’autocensure. A Cuba, on peut être condamné à vingt ans de prison pour quelques articles « contre-révolutionnaires » publiés sur des sites étrangers et à cinq ans simplement pour s’être connecté au Net de manière illégale. Peu d’internautes osent défier la censure de l’Etat et prendre un tel risque. »

    Télécharger le rapport : http://www.rsf.org/article.php3?
    id_article=19334

  • Un acte de « repudio » auquel ont pris part des dizaines de sympathisantes communistes du gouvernement cubain a terni la dernière journée de mobilisations pacifiques des Dames en blanc, conjointes et parents de dissidents emprisonnés à Cuba. La Dames en blanc ont poursuivi hier leur quatrième et dernière journée d’activités pour commémorer le quatrième anniversaire des détentions de 75 dissidents, depuis le printemps 2003.

    Habillées de blanc et portant des fleurs, environ 30 femmes épouses ou proches d’opposants emprisonnés ont défilé en silence dans le quartier central du Vedado jusqu’au siège de la Direction Nationale de Prisons, dépendante du Ministère de l’Intérieur (MININT), où elles ont crié « liberté, liberté » et ont demandé une fois de plus l’élargissement des opposants emprisonnés.

    Au milieu d’un important dispositif de sécurité, les Dames en blanc étaient en train de conclure leur manifestation quand des dizaines de sympathisantes du gouvernement cubain les ont entourées à la hauteur de l’Université de La Havane et ont commencé à crier des slogans révolutionnaires. Les manifestants pro-gouvernementaux ont suivi les Dames en blanc jusqu’au logement de Laura Pollán, conjointe du journaliste Héctor Maseda Gutiérrez, condamné à 20 années de prison.

    Les pro castristes ont crié des slogans tels que « Vive Fidel, Vive Raúl », « Vive la révolution », « A bas l’impérialisme », « Gusanas » (vers de terre), « Vive le communisme » et « qu’elles partent ». Pour Gisela Delgado, conjointe d’ Héctor Palacios, condamné à 25 années de prison et libéré en décembre dernier avec une licence extrapenale pour motifs de santé, ce type d’actes « sont préparés par le gouvernement parce que le peuple à aucun moment n’est sorti dans la rue pour nous agresser. C’est une organisation du gouvernement qui est responsable ».

    « Ils nous attendaient. C’est un acte brutal et j’ai reconnu des personnes de la Sécurité de l’État qui ont déjà fait des actes de repuido face à ma maison », a t-elle affirmé.

    Le mouvement des « Dames en blanc » regroupe des épouses de dissidents cubains emprisonnés qui se réunissent chaque dimanche à La Havane et dans d’autres villes du pays et a reçu le prix Sakharov 2005.

    Les actes de « repudio », sont une spécialité de la police politique cubaine qui consiste à mettre en scène un simulacre de lynchage par la population. La « population mécontente » du quartier attaque sa maison ou escorte les opposants : injures, jets de pierre etc…

  • Le président cubain, Fidel Castro, éloigné du pouvoir depuis près de huit mois pour des raisons de santé, pourrait reprendre ses fonctions le 28 avril, a affirmé le président de Bolivie Evo Morales.

    Selon M. Morales, le retour au premier plan de M. Castro à Cuba, 80 ans, devrait avoir lieu à l’occasion du troisième anniversaire de la création de l’Alternative bolivarienne des Amériques (ALBA) et pour célébrer la première année écoulée depuis la signature à La Havane du Traité de commerce des peuples (Bolivie, Cuba et Venezuela). La commémoration des deux événements «sera l’occasion d’assister au retour de notre frère Fidel à la présidence de Cuba.», a affirmé M. Morales.

    Une annonce qui coincide avec le triste anniversaire du printemps noir de Cuba. Quatre ans après la vague répressive de mars 2003, Cuba compte toujours 270 prisonniers d’opinion dont 25 journalistes, ce qui fait de l’île la deuxième prison du monde pour la presse après la Chine.

    La situation des droits de l’homme dans l’île n’a connu aucune amélioration, depuis que Fidel Castro a officiellement cédé les rênes de l’État à son frère Raúl, le 31 juillet 2006. La répression s’est même accentuée depuis l’automne dernier, avec une multiplication d’agressions, de perquisitions et de gardes à vue contre des journalistes indépendants.

    Voici quelques extraits de témoignages de prisonniers politiques à Cuba :

    « La cellule s’inonde tous les jours avec les eaux résiduelles du couloir. Tension artérielle élevée. Ils m’emmènent à l’hôpital avec des fers aux pieds et des menottes aux mains. Matelas sale, déchiré, vieux, dur. Il pleut très fort. Je découvre des fuites sur le plafond de la cellule. Abondantes. Je reste en cellule d’isolement. Ils me tondent la tête et le visage. Ensuite je me rase. La nourriture, comme tous les jours, indescriptible. »

    Manuel Vázquez Portal (libéré pour raisons de santé)

    « Les conditions de détentions étaient infra humaine, l’eau était contaminée et la nourriture souvent pourrie. La nourriture se résumait à une mixture de farine de mais, de haricots écrasés avec de la farine de blé et mélangée avec de l’eau : cela avait pour nom « pâte alimentaire ». Deux fois par mois, nous avions droit à un morceau de poulet. On me sortait une heure par jour, seul dans une cour, et selon l’heure il pouvait y avoir ou de ne pas avoir de soleil. Je n’étais pas correctement soigné et le stress et la mauvaise nourriture ont compliqué mes symptômes. J’ai aussi attrapé des parasites à cette époque, et je n’ai pas été correctement soigné dans l’hôpital de la prison»

    Jorge Olivera

    Fidel Castro avait cédé tous ses pouvoirs le 31 juillet à son cadet Raul, officiellement à titre provisoire, après une opération en urgence suite à d’importants saignements aux intestins le 27 juillet. C’était la première fois qu’il quittait ses fonctions en près d’un demi-siècle de régime communiste à Cuba.

    Les informations sur sa maladie couverte par le secret d’État sont diffusées au compte-goutte, mais pas celles sur sa récupération, qui font l’objet d’une large et volontariste diffusion.

    Parmi les invités de marque de Fidel Castro convalescent, le dernier en date a été l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez qui a décrit un Castro fort bavard, de bonne humeur et ayant envie de parler de tout.

  • Hugo Chavez, « représente une bouée de sauvetage qui a prolongé l’existence du régime, mais il ne pourra pas le sauver, car la situation à Cuba est terrible, tout est en train de s’effondrer », a-t-il affirmé lors d’un entretien avec l’AFP.

    La passation de pouvoir temporaire entre Fidel et son frère Raul, qui assume depuis fin juillet la présidence de Cuba, sonne « le début de la fin », « c’est une question de mois », a estimé le dissident cubain, en visite à San José.

    « Nous n’avons pas suffisamment d’éléments pour savoir si Fidel est condamné à mourir, mais il est mal en point, et je crois que son frère Raul n’est pas en mesure de lui succéder car c’est un incapable, c’est un éternel second », a-t-il affirmé.

    Par ailleurs, Huber Matos a regretté la division des groupes d’opposants cubains en exil, notamment à Miami, qui sont entrés dans un combat « à feu et à sang, au lieu d’unir leurs efforts pour être prêts lors de la chute du régime ».

    Le commandant Huber Matos a été un des principaux protagonistes de la révolution cubaine, aux cotés de Che Guevara, de Camilo Cienfuegos et de bien d’autres, qui ont lutté avec Fidel Castro pour jeter dehors Batista et rétablir la démocratie à Cuba. Car tel était bien le projet initial qui regroupait des hommes venus souvent d’horizons très différents : or comme l’immense majorité des membres de la guerilla, Huber Matos n’est pas communiste.

    Commandant de la région de Camaguey, Huber Matos commence à prendre ses distances avec Fidel Castro qui esquive ses questions sur la dérive communiste de la Révolution. Lassé de ne pas être entendu, il remet sa lettre de démission à Castro, qui est publiée en annexe de son livre. Ce sera d’ailleurs son seul crime. Une trahison inacceptable pour Castro qui le fait condamner à 20 ans de prison au cours d’un « procès », monté de toutes pièces, et qui ne sera pas le dernier de la sinistre histoire judiciaire de la révolution cubaine.

    Lorsqu’on demande à Huber Matos de porter l’uniforme des détenus de droit commun, il refuse. On lui confisque ses vêtements et il reste plus d’une année en caleçon dans sa cellule où les murs suintent l’humidité. Pour récupérer son uniforme il entame une grève de la faim : on le frappe et l’alimente de force avec un tuyau dans lesquels on verse de la soupe bouillante. Au bout de six mois de ce traitement , il pèse 55 kg et est à moitié sourd. Alors qu’il est en train de mourir , un « médecin » du G2 (la police politique cubaine) est chargé de le « soigner ». Pour s’assurer qu’il est encore en vie il lui enfonce régulièrement le talon de sa chaussure dans l’estomac, ou lui casse quelques cotes pour voir s’il a encore la force de crier. On lui arrache une dent en mauvaise état sans anesthésie, et autres traitement médical « de faveur ». A la suite d’un des nombreux tabassages dont il est victime, son bras est à moitié paralysé : on commence à le soigner au bout d’un an.

    Huber Matos a récemment publié ses mémoires dans un livre intitulé « Et la nuit est tombée » . Un livre bouleversant, par ce qu’il contient d’horreurs et d’espérances déçues ; il est aussi un document unique sur l’une des figures majeures de notre temps, Castro, dont Matos nous trace un portrait au quotidien, sans haine, et une exceptionnelle leçon de courage comment survivre au goulag cubain.

  • «Le temps est venu de constater que le mandat renouvelé d’année en année conduit à une forme d’impasse en raison du refus des autorités cubaines de tout contact», a déploré Mme Chanet, qui présentait pour la 4ème année consécutive un rapport faisant état de violations des droits de l’homme à Cuba.

    Mme Chanet a préconisé que le Conseil fasse usage des nouvelles prérogatives qui lui ont été dévolues, notamment en matière de «revue périodique universelle» du respect des droits de l’homme. Selon les règles instaurées pour le Conseil des droits de l’homme, installé cet été, les États membres du Conseil, dont Cuba, doivent se soumettre à cette procédure, encore à définir précisèment.

    Cette démarche permettrait de ne pas prêter le flanc aux critiques de La Havane qui assure être victime d’une campagne de stigmatisation orchestrée par les États-Unis, a expliqué un diplomate à l’AFP.

    L’ambassadeur de Cuba à Genève, Juan Antonio Fernandez Palacios, a répliqué en demandant à Mme Chanet de «démissionner immédiatement» et en l’accusant d’être «le rapporteur spécial de Washington».

    Le diplomate cubain a dénié toute «crédibilité» au rapport de la représentante de Mme Arbour et a annoncé qu’il lui fera «suivre le chemin des précédents rapports : la corbeille du papier à recycler».

    Dans son rapport, Mme Chanet déplore à nouveau «la vague de répression sans précédent» du printemps 2003 qui a mené à l’arrestation de 80 opposants, et énumère en annexe la liste des 60 prisonniers encore «détenus arbitrairement».

    «La situation ne s’est pas améliorée, et c’est un euphémisme», a-t-elle dit mardi devant le Conseil.

    Mme Chanet demande notamment la «libération des personnes qui n’ont commis aucune violence» et «la promotion du pluralisme en matière d’associations, de syndicats, d’organes de presse et de partis politiques».

    Cuba est le seul Etat a ne jamais permettre de visite des organisations internationales. L’unique visite de la Croix-rouge internationale dans les prisons cubaines remonte à 1988.

    Aucune statistique officielle connue ne permet de donner une idée du nombre de personnes emprisonnées à Cuba, régulièrement estimé entre 100 et 150.000. Le régime castriste s’est doté en 45 ans d’un véritable « goulag tropical », avec plus de 100.000 détenus aujourd’hui contre moins de 4.000 avant son arrivée au pouvoir.

    Président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, interdite), Elizardo Sanchez Santa Cruz, lui-même ancien prisonnier politique, a déjà à plusieurs reprises souligné « l’hypertrophie du système carcéral » cubain, passé de 14 prisons en 1958 à plus de 200 aujourd’hui.

    Les affirmations de M.Sanchez n’ont jamais été publiquement démenties par le gouvernement cubain. L’unique visite de la Croix-rouge internationale dans les prisons cubaines remonte à 1988. Elle a donné lieu à un rapport qui a mécontenté les autorités et est resté « très confidentiel », selon M. Sanchez.

    « La torture physique n’est pas la règle à Cuba », selon lui, mais « la torture psychologique est régulièrement pratiquée », sous forme d’isolement du prisonnier dans des cellules minuscules, surchauffées, mal aérées, sans eau courante, et accompagnée parfois de privation de sommeil pour l’obtention d’aveux.

  • Le CICR n’est pas autorisé a visiter les prisons cubaines dans lesquelles sont détenues entre 100.000 et 150.000 personnes selon les estimations (le gouvernement cubain ne donne aucun chiffre officiel sur sa population carcérale). L’unique visite de la Croix-rouge internationale dans les prisons cubaines remonte à 1988. Seule la prison américaine de Guantanamo sera donc au programme du CICR.

    Une délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a entamé lundi une visite de deux semaines de la prison spéciale de Guantanamo (Cuba), durant laquelle elle doit rencontrer pour la première fois les 14 suspects de terrorisme de haut niveau détenus dans les prisons de la CIA à l’étranger devant être transférés vers le pénitencier américain.
    Vincent Lusser, porte-parole du CICR, a affirmé qu’aucune date n’avait encore été fixée pour la rencontre avec ces prisonniers, dont le transfert à Guantanamo a récemment été annoncé par George W. Bush.

    « La date de la première rencontre sera décidée par les autorités qui détiennent les prisonniers », a-t-il expliqué. Il a toutefois précisé avoir une « confirmation » que le CICR pourrait voir ces prisonniers -parmi lesquels figure le cerveau présumé des attentats du 11-Septembre Khalid Cheikh Mohammed- au cours des deux prochaines semaines.

    Le général américain Bantz Craddock a affirmé la semaine dernière que les détenus seraient visibles aux alentours du 1er octobre, mais seulement après avoir été interrogés à leur arrivée à Guantanamo.
    Le CICR, qui a commencé ses visites à Guantanamo en 2002, est la seule agence internationale neutre à avoir un accès total à la prison américaine. Se basant sur les Conventions de Genève, il exige à chaque visite le droit de voir tous les prisonniers et de s’entretenir en tête-à-tête avec chacun d’eux.
    Khalid Cheick Mohammed a été arrêté au Pakistan en mars 2003 et n’a plus eu aucun contact avec le monde extérieur depuis lors.

    Aucune statistique officielle connue ne permet de donner une idée de la délinquance à Cuba, et la presse officielle maintient un silence strict sur le sujet.

    Il en est de même pour le nombre de personnes emprisonnées à Cuba, régulièrement estimé entre 100 et 150.000. Le régime castriste s’est doté en 45 ans d’un véritable « goulag tropical », avec plus de 100.000 détenus aujourd’hui contre moins de 4.000 avant son arrivée au pouvoir.

    Président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, interdite), Elizardo Sanchez Santa Cruz, lui-même ancien prisonnier politique, a déjà à plusieurs reprises souligné « l’hypertrophie du système carcéral » cubain, passé de 14 prisons en 1958 à plus de 200 aujourd’hui.

    Les affirmations de M.Sanchez n’ont jamais été publiquement démenties par le gouvernement cubain. L’unique visite de la Croix-rouge internationale dans les prisons cubaines remonte à 1988. Elle a donné lieu à un rapport qui a mécontenté les autorités et est resté « très confidentiel », selon M. Sanchez.

    « La torture physique n’est pas la règle à Cuba », selon lui, mais « la torture psychologique est régulièrement pratiquée », sous forme d’isolement du prisonnier dans des cellules minuscules, surchauffées, mal aérées, sans eau courante, et accompagnée parfois de privation de sommeil pour l’obtention d’aveux.

    De très nombreux témoignages ont permis d’établir que la torture a été pratiquée massivement à Cuba, et continue de l’être. Selon l’organisation CubaArchive.org, le castrisme aurait fait 9.240 victimes à Cuba.

    María C. Werlau et le directeur de recherches de cette organisation, Armando Lago, économiste, estiment que jusqu’à 77.000 Cubains peuvent avoir perdu la vie en tentant de s’échapper de l’île.

    María C. Werlau, qui a vécu au Chili pendant la dictature de Pinochet, a personnellement vu comment la conscience internationale des atrocités en matière de droits de l’homme a aidé le Chili à reconstituer sa démocratie. « Le régime de Castro a exécuté davantage de gens durant seulement ses trois premières années, que le régime de Pinochet a fait de tués ou « disparus » durant toutes ses 17 années de pouvoir » précise Werlau.

    « Mais les victimes de Castro qui sont souvent plus nombreuses– et qu’incluent non seulement des adversaires politiques mais aussi des familles complètes assassinées pour avoir essayé de s’enfuir — sont encore inconnues, ignorées ou oubliées. »

  • Le 16 septembre 2006, le journaliste Odelín Alfonso a été arrêté chez lui par la Sécurité de l’Etat. Le 13 septembre, Alberto Gil Triay Casales, détenu à la prison de Valle Grande (ouest de La Havane), a entamé un grève de la faim pour protester contre la peine de sept ans de prison qu’il encourt pour « propagande subversive ».

    « Nous condamnons fermement la détention arbitraire d’Odelín Alfonso, déjà retenu par la Police nationale révolutionnaire en mai dernier. Nous sommes très inquiets du sort d’Alberto Gil Triay Casales, dont l’état de santé s’aggrave.
    Après avoir fait plusieurs infarctus, le journaliste souffre d’hypertension et d’un sérieux problème aux hanches qui risque de le laisser invalide s’il ne prend pas de traitement adapté.
    Nous demandons aux autorités cubaines de libérer ces deux journalistes, conformément aux engagements qu’elles ont pris en matière de droits de l’homme à l’issue du dernier sommet des non-alignés », a déclaré Reporters sans frontières.

    Odelín Alfonso a été arrêté à son domicile de La Havane par des agents de la Sécurité de l’Etat le 16 septembre. Le correspondant du site Cubanet (publié à Miami) avait déjà été retenu par la police politique en mai dernier et sommé de mettre fin à ses activités journalistiques. Odelín Alfonso s’est vu également interdire de poursuivre son travail de technicien en électronique pour son propre compte, sous peine de prison. Le journaliste a expliqué qu’il ne céderait pas à ces exigences.

    Alberto Gil Triay Casales, 55 ans, a débuté, le 13 septembre, une grève de la faim pour protester contre la peine qu’il encourt. Fondateur du centre d’information La Estrella Solitaria, il publiait chaque semaine ses articles sur le site Payolibre, basé à Miami.

    Arrêté le 9 novembre 2005, le journaliste avait d’abord été détenu vingt jours dans un Département technique d’investigation. A la suite de plusieurs infarctus, il avait été hospitalisé, puis transféré début décembre à la prison de Valle Grande. Son procès a eu lieu le 22 juin 2006 sans aboutir à l’énoncé d’un jugement. Il risque une peine de sept ans de prison pour « propagande subversive ».