Catégorie : société

  • Deux blogueurs, Luis Felipe Gonzàles Rojas et Yosvani Anzardo Hernández, ont été arrêtés et passés à tabac par la police le 10 septembre 2009 à Holguín (Est). Leurs ordinateurs et téléphones portables ont été confisqués. Luis Felipe Gonzàles Rojas a finalement été libéré après quatre heures de détention. Yosvani Anzardo est toujours détenu. Cuba compte désormais vingt-six journalistes emprisonnés. (suite…)

  • bodega Plus de deux millions de touristes ont encore visité Cuba en 2007 : deux millions de soutiens à une dictature commmuniste ? La question mérite d’être posée même si la réponse n’est pas évidente car l’opacité du système cubain rend difficile un bilan financier des recettes touristiques.

    En 2007 Cuba a accueilli 2,15 millions de touristes étrangers qui ont généré un revenu de 2,38 millions de dollars soit la principale source de devises du pays (en dehors des recettes pétrolières offertes par le Venezuela). Un chiffre légèrement inférieur à celui de l’année précédente, tandis que l’occupation des hôtels a aussi diminué, avec une baisse de 45,7% en 2007 par rapport aux 46,6% de 2006. Mais le flux de touristes en direction de Cuba reste important : 2007 est la 4e année consécutive durant laquelle Cuba a reçu plus de 2 M de touristes étrangers. Une bonne ou une mauvaise nouvelle pour les Cubains ?

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  • Plages divines, culture chaleureuse et rhum à volonté… à prix d’aubaine! Pas étonnant que Cuba soit le paradis des vacanciers québécois, canadiens et européens : environ deux millions de visiteurs lézardent chaque année sur cette île des Caraïbes, au grand plaisir du régime de Fidel Castro, qui a fait du tourisme son nouveau cœur économique.
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  • Pour la deuxième année consécutive, Cuba se vante d’avoir atteint un taux de mortalité de 5,3 pour mille enfants nés vivants, soit le plus faible de son histoire. Cuba se classe en tête de liste des pays d’Amérique dans ce domaine avec le Canada. Un résultat qui se veut « l’expression authentique du plus sacré des droits de l’homme : la santé » selon le journal officiel Granma.

    À La Havane, comme autrefois dans l’Union soviétique en marche vers l’avenir de l’homme, on a le culte des chiffres : 1 médecin pour 160 habitants, un taux de mortalité infantile inférieur à 10 pour 1000 depuis 1990 (passé de 7%o en 1998 à 6,2%o en 2005), une espérance de vie à la naissance de 77 ans. Parmi ces statistiques, il en est une à laquelle le gouvernement cubain attache une importance considérable: le taux de mortalité infantile, régulièrement présenté comme une réussite emblématique du système de santé.

    En 2006, Cuba avait déjà annoncé avoir réduit son taux de mortalité infantile à 5,6%o, de loin le plus bas d’Amérique Latine, et proche des taux du Canada (5%o) et des Etats Unis (6%o)1 et cette année Cuba affiche triomphalement 5,3%o.

    Un chiffre qui suscite de plus en plus interrogations, d’une part sur la crédibilité de ces statistiques, et d’autre part sur les moyens employés pour parvenir à ces résultats hors norme. Ce chiffre a été annoncé le 2 janvier 2008 dans la presse officielle : Cuba met donc deux jours pour compiler une statistique que la plupart des autres pays mettent entre une et deux années à publier.

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  • bodegaLa propagande est partout à Cuba, et parfois elle contraste avec la triste réalité de manière provocante et presque humoristique. Cette bodega (magasin où sont distribués les produits alimentaires rationnés depuis 1962) est un exemple avec ses rayons désespérément vides et son slogan remerciant Fidel pour 50 ans de pénurie…..

    « Vamos bien » clament aussi les affichent de propagande aux couleurs un peu délavées, mais aujourd’hui tout le monde sait qu’il y a au moins un Cubain qui ne va pas bien. L’heure des comptes a sonné pour la révolution cubaine et la réalité est bien loin du rêve utopique de Che Guevara : Cuba est maintenant largement considéré comme une dictature communiste presque comme les autres.

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  • Quel autre pays du monde a un ministère du sucre (le MINAZ) ? Longtemps considéré comme une cause nationale, le sucre occupe une part toujours plus réduite dans l’économie cubaine.

    Pendant des décennies la presse cubaine a célébré à l’unisson « les glorieux combattants de la récolte sucrière ». La récolte de canne à sucre (zafra) était toujours un temps fort de mobilisation politique et patriotique, et son résultat, plus ou moins bon, considéré comme un indicateur important de la santé de l’économie cubaine. En 1970, une année lui est même consacrée : Fidel Castro se lance à l’assaut d’un chiffre mythique, en fixant comme objectif, jamais atteint, une récolte de 10 millions de tonnes. A l’époque le sucre servait aussi de garantie à de nombreux contrats entre Cuba et ses partenaires commerciaux et représentait de 75 à 85 % des exportations cubaines jusqu’au début des années 90.

    Avec la période spéciale, le sucre entame un déclin inexorable : à peine plus d’1 million de tonnes en 2005. Il faut remonter à 1903 pour trouver une aussi mauvaise récolte. Manque de main-d’œuvre qualifiée, anomalies climatiques et surtout état désastreux des équipements soviétiques : dès 1998 Carlos Lage déclare que « le sucre n’est plus le secteur le plus important de l’économie. Le tourisme est devenu l’élément principal dans l’effort national pour surpasser la crise ». En 2005, Fidel Castro se charge lui même du coup de grâce en évoquant le sucre à propos du «passé colonialiste et esclavagiste » de Cuba.

    Avec le passage de la tempête tropicale Noël, la récolte de cette année pourrait même passer en dessous du seuil des 1 million de tonnes.

    Des précipitations supérieures à la normale et de fortes chaleurs, combinées à des problèmes industriels et d’organisation vont sans doute conduire à l’une des pires récoltes de canne à sucre de Cuba pour 2007. La production a été estimée à près de 1,1 millions de tonnes de sucre, par rapport aux 1,5 voire 1,6 millions de tonnes qui étaient prévues.

    Sur les 152 centrales sucrières que comptait Cuba, il n’en reste plus qu’une cinquantaine en service. Une situation paradoxale : depuis 2004, Cuba est obligé d’importer du sucre du Brésil et de Colombie pour subvenir à sa propre consommation.