Mois : octobre 2007

  • La tempête tropicale Noël a quitté l’île d’Hispaniola et se situe entre le nord de Cuba et les Bahamas centrales.

    Le Nord d’Haïti restait sous la menace des pluies diluviennes engendrées par la tempête Noël dans la nuit de lundi 29 à mardi 30. Des avis de tempête sont en cours pour les Bahamas centrales et du sud-est, pour la côte nord d’Haïti, de Gonaïves à la frontière nord avec la République dominicaine ainsi que pour les îles Turks & Caicos et pour les provinces de Guantanamo, Holguin, Camagüey et Las Tunas à Cuba.

    En passant sur la République dominicaine, dimanche 28, la tempête a fait 11 morts et 13 disparus selon un bilan dévoilé lundi 29. En Haïti, la Protection civile a fait savoir qu’elle n’avait pas encore enregistré de pertes humaines. Toutefois, des maisons ont été détruites notamment dans le sud-est, le nord et le centre. L’alerte rouge a été déclenché et les aéroports ainsi que le trafic maritime a été suspendu au moins jusqu’à mardi 30.

    A Cuba, les autorités sont en train de préparer  des marchandises et des équipements médicaux en prévision d’une  éventuelle évacuation dans les provinces de l’est. Cuba a été frappée en 2005 par l’ouragan Dennis, provoquant 16 morts et des pertes de 1.400 millions de dollars et par Wilma, qui a provoqué des inondations graves à La Havane, avec 704.2 millions de dollars de dégâts; et a reçu l’influence indirecte Rita et de Katrina.

    Indirectement, Wilma a fait trois morts à Cuba, trois touristes tués dans l’accident de leur autobus qui a heurté une voiture alors qu’ils regagnaient La Havane dans le cadre des opérations d’évacuation.

    Un total de 560.000 personnes, dont 250.000 dans la province occidentale de Pinar del Rio, ont été évacuées avant le passage de Wilma.

    A chaque fois qu’un ouragan passe sur La Havane, des centaines d’immeubles et de maisons s’effondrent dans les quartiers populaires de Centro Havana et de la vieille Havane. Après 50 années de socialisme, la capitale cubaine est un champ de ruine, et les conséquence de la météo peuvent être très pénibles pour les Cubains qui subissent souvent des conditions de logement très précaires

  • Le président Bush envisage de délivrer un avertissement disant que les États-Unis ne veulent pas accepter une transition politique à Cuba, qui prendrait la forme d’un simple transfert d’un frère Castro à l’autre, plutôt que vers le peuple cubain.

    Bush devrait insister sur le fait que, même si la majeure partie du reste de l’Amérique latine est passée de la dictature à la démocratie, Cuba continue de recourir à la répression et à la terreur pour contrôler sa population.

    Visant directement Raúl Castro, M. Bush devrait indiquer clairement que les États-Unis s’opposent à un ancien système contrôlé par de nouveaux visages.

    Phil Peters, un spécialiste de Cuba du Lexington Institute cité par le New York Times, considère que les Américains se sont fait surprendre : ce qui n’était il y a un an qu’un remplacement provisoire à la tête de l’Etat cubain est en train de prendre la forme d’une transition de pouvoir « en douceur ». Raúl Castro établit désormais ses propres relations avec des dirigeants politiques étrangers, et a engagé un dialogue avec le peuple cubain sur leur vision du pays.

    Pour Peters, le discours de Bush tranche avec la stratégie des Etats-Unis, qui était fondée jusqu’à maintenant sur l’idée que le gouvernement communiste tomberait à la mort de Fidel Castro. « L’administration réalise qu’elle a manqué le bateau », explique Peters au quotidien. « La succession a déjà eu lieu. Ils ne peuvent plus suivre une stratégie selon laquelle il faut attendre que Castro meure alors que le reste du monde a déjà passé cette étape. »

    Un autre expert John Kavulich, conseiller principal en politique à l’US Trade and economic council, a déclaré le véritable destinataire du discours de M. Bush n’est pas Fidel Castro ni le peuple cubain, mais la très influente communauté cubaine en exil à Miami.

  • Comment qualifier les joutes oratoires qui opposent régulièrement le président des Etats Unis et Fidel Castro ? En 2007, la guerre froide est terminée depuis presque 20 ans, mais de chaque coté du détroit de Floride on rejoue inlassablement la même comédie à l’intention des médias et de l’opinion publique. Avec Georges W. Bush, Fidel Castro aura usé son 10e président des États-Unis : le moins que l’on puisse dire, c’est que l’embargo américain contre Cuba n’a pas provoqué les résultats escomptés.

    En vérité l’un comme l’autre ont renoncé depuis longtemps à un minimum de sérieux sur la question des relations entre deux pays séparés d’à peine 90 miles (150 kilomètres environ). Fidel Castro continue de parler de « blocus génocide » au sujet de l’embargo américain, alors que celui-ci n’est plus qu’un symbole dérisoire destiné à flatter l’électorat de la Floride.

    Peut-on encore parler d’embargo ou de « blocus » comme le font les Cubains, alors que les Etats-Unis sont devenus le premier fournisseur de Cuba en denrées agro alimentaires ? Les chiffres sont parlant : en 2006 le commerce avec les Etats-Unis devrait dépasser les 400 millions de $, soit plus de 50% de part de marché, devant La France et l’Espagne. Depuis la première brèche ouverte dans l’embargo par Bill Clinton en 2001, le montant total des importations américaines depasse le milliard de dollars.

    Récemment le président américain George W. Bush a annoncé la création d’ un Fonds international pour la liberté à Cuba et demandé au Congrès de maintenir l’embargo en vigueur contre l’île communiste.

    Ce Fonds aura pour but « de soutenir les Cubains et la reconstruction de leur pays quand il y aura (sur l’île) un gouvernement qui respectera les libertés fondamentales », a précisé le responsable américain.

    Fidel Castro a aussitôt saisi l’occasion pour répondre avec le talent et la modération qu’on lui connait depuis longtemps (trop longtemps pensent certains) en accusant Bush de préparer une nouvelle tentative de conquête de Cuba.

    Dans un bref essai, intitulé « Bush, la famine et la mort », Castro prédit que le président américain « adoptera de nouvelles mesures pour accélérer la ‘période de transition’ dans notre pays, équivalente à une nouvelle conquête de Cuba par la force ».

    Le président américain demande en outre aux membres du Congrès de « maintenir notre embargo jusqu’à ce qu’il y ait des changements fondamentaux à Cuba ». Toute cette gesticulation est parfaitement inutile puisque les conditions de levée de l’embargo sont déjà précisées avec force détails dans la fameuse loi Helms Burton de 1996.

    Pourtant celui-ci a démontré son manque total d’efficacité, et sert surtout d’excuse à Fidel Castro pour justifier les pénuries dont il est le premier responsable.

    L’embargo américain est toujours qualifié de « bloqueo » (blocus) par le gouvernement cubain, c’est à dire de blocus : les sanctions américaines restant son principal argument pour justifier les pénuries et la répression contre les dissidents. Pourtant il semble un peu excessif de qualifier de « blocus » une mesure qui permet de commercer librement avec plus de 120 pays et accueillir plus de 2 millions de touristes dont 120000 cubano-américains et près de 80 000 citoyens américains.

  • Les dictatures communistes ont toujours souhaité se donner des faux airs de démocraties, en organisant des simulacres d’élections dont le résultat est toujours connu à l’avance. Cuba ne fait pas exception, mais cela n’a pas toujours été le cas : jusqu’en 1976, république de Cuba n’avait pas de Constitution, et Fidel Castro avait en quelque sorte oublié le principe des élections.

    Dans sa forme originale la constitution cubaine est calquée sur celle de l’ex Union soviétique avec un système pyramidal d’élections où l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire (ANPP), unique assemblée représentative du peuple, est élue par les représentants des assemblées locales. Modifiée en 1992, la constitution a été « désoviétisée » pour lui donner un aspect plus conforme aux références de la société cubaine. La référence au « Parti communiste, force dirigeante de la société et de l’État » subsiste, mais le Parti n’est plus « l’avant-garde marxiste-léniniste de la classe ouvrière », mais « l’avant-garde de la Nation cubaine ». Les restrictions (notamment religieuses) à l’adhésion au Parti ont été supprimées. Les références à l’Union soviétique et aux pays de l’Est, au matérialisme historique et à l’internationalisme prolétarien ont aussi été éliminées. Bien entendu, le résultat des élections doit être connu à l’avance et il n’y a qu’un candidat par siège à pourvoir et le pouvoir a installé suffisamment de garde-fous pour ne rien laisser au hasard dans la désignation des 600 candidats renouvelés tous les cinq ans. Les candidats sont en effet choisis par une Commission électorale nationale constituée de membres désignés par la CTC 1, la FMC 2 et les CDR. Des organisations de masse étroitement contrôlées par le Parti : autant dire que cette commission ne laisse aucune chance à la nomination de candidats exprimant une opinion discordante.

    La seule « inconnue » du scrutin est le taux de participation qui oscille dangereusement entre 99 et 99,5 % : en effet ne pas voter à Cuba est considéré comme un acte de désaveu du régime, et si on veut éviter d’être catalogué comme « problématique », il vaut mieux s’acquitter gentiment de son devoir d’électeur communiste (il n’y pas d’autres choix de toute façon).

    La tenue des listes électorales est en effet dirigée par les membres des CDR qui n’hésitent pas à parcourir les immeubles du quartier pour « encourager » les électeurs récalcitrants. S’abstenir c’est de toute façon prendre le risque d’être catalogué comme un « adversaire » et s’exposer à des sanctions ultérieures.

    De toute façon les assemblées élues à Cuba n’ont strictement aucun pouvoir, y compris l’Assemblée Nationale (ANPP). L’Assemblée nationale du Pouvoir populaire se réunit deux fois par an pour nommer le Conseil d’État (dont le président est, et a toujours été Fidel Castro) qui détient le pouvoir législatif entre les sessions. Concrètement, le pouvoir légifère sous forme de « décrets-lois » pris par le Conseil d’État, qui sont formellement entérinés a posteriori par l’ANPP. C’est donc une simple chambre d’enregistrement au service du pouvoir en place et du Parti communiste.

    Plus étonnant encore avec Cuba : même le Parti a renoncé à se donner les apparences d’un fonctionnement normal. Son fonctionnement est plutôt aléatoire : il tient son premier congrès en 1975, 10 ans après sa création et son dernier congrès remonte à près à 1997. Contrairement aux partis communistes de certains pays de l’Est, le PCC n’a jamais été une instance de débat ou d’exercice collectif du pouvoir.

    Entre-temps les décisions sont prises par Fidel Castro et son entourage issu du bureau politique : de temps en temps il se contente de faire approuver ses orientations « directement par le peuple » lors de grands rassemblements populaires de soutien au régime.

    Au total, plus de 8,3 millions d’électeurs, âgés de plus de 16 ans, étaient appelés à choisir, au scrutin direct et à bulletin secret, près de 15.000 délégués aux 169 Assemblées municipales du pays. Le scrutin, prévu sur deux tours les 21 et 28 octobre, sera suivi en avril 2008 par l’élection des délégués provinciaux et des députés qui désigneront les membres du Conseil d’Etat, présidé depuis son instauration par Fidel Castro.

    C’est se donner beaucoup de mal pour se donner un vernis démocratique auquel plus personne ne croit depuis longtemps. Mais c’est la logique des dictatures communistes : elles ont besoin d’avoir l’apparence de l’assentiment du peuple pour pouvoir gouverner.

    1 Centrale des travailleurs cubains, syndicat unique.

    2 Fédération des femmes cubaines.

  • Pour commencer le troisième millénaire, Cuba s’est trouvé un nouvel et providentiel allié, un autre « comandante » en la personne d’Hugo Chavez. La phraséologie tropicalo communiste laisse place à la rhétorique « bolivarienne » du nouveau bienfaiteur de Castro : le Venezuela, dont la manne pétrolière arrive à point nommé pour sortir Cuba de son ataxie.

    (suite…)

  • Cuba occupe la 165e position du classement de RSF, et un an et demi après l’investiture officielle de Raúl Castro à la tête de l’Etat, la situation des droits de l’homme sur l’île n’a pas évoluée.

    La violence perdure sur le continent américain, notamment au Pérou et au Mexique

    Cette année, l’Erythrée remplace la Corée du Nord en dernière position du classement mondial de Reporters sans frontières, publié aujourd’hui pour la sixième reprise, et qui mesure le degré de liberté de la presse dans 169 pays.

    « Cela n’a rien de surprenant. Même si toutes les violations de la liberté de la presse ne sont pas connues en Corée du Nord ou au Turkménistan, qui précèdent immédiatement l’Erythrée dans le classement, ce pays mérite sa dernière place. Nous savons que quatre journalistes sont morts en prison et nous avons toutes les raisons de croire que d’autres vont suivre », a déclaré Reporters sans frontières.

    En dehors de l’Europe – d’où sont issus les quatorze premiers pays du classement -, aucune région du monde n’est épargnée par la censure.

    Parmi les vingt pays les plus mal classés, on trouve 7 asiatiques (Pakistan, Sri Lanka, Laos, Viêt-nam, Chine, Birmanie, Corée du Nord), 5 africains (Ethiopie, Guinée équatoriale, Libye, Somalie, Erythrée), 4 du Moyen-Orient (Syrie, Irak, Territoires palestiniens, Iran), 3 de l’ancien espace soviétique (Bélarus, Ouzbékistan, Turkménistan) et 1 américain (Cuba).

    A Cuba (165e), un an et demi après l’investiture officielle de Raúl Castro, à la tête de l’Etat, la transition annoncée n’a rien changé à la situation des droits de l’homme sur l’île. Cuba reste la deuxième prison du monde pour la presse après la Chine avec 24 journalistes incarcérés et soumis à de très sévères conditions de détention.

    Violence et censure sur le continent américain

    Aucun journaliste n’a été tué en Colombie (126e) pendant la période étudiée pour l’établissement de ce classement. C’est une première. Pour autant, la pression des groupes armés et des paramilitaires reste forte. Des cas de violence contre des journalistes ont été relevés au Brésil (84e) et en Argentine (82e), mais le record en la matière revient au Pérou (117e) où près d’une centaine de journalistes ont été pris à partie physiquement. Le nombre de menaces est tout aussi élevé.

    Le Mexique (136e) est toujours le pays le plus dangereux du continent pour la presse. Huit professionnels de l’information ont été tués dans le pays entre septembre 2006 et septembre 2007. La justice ne parvient pas à sanctionner tous les responsables et l’impunité reste largement la règle.

    Au Venezuela (114e), l’exclusion de la chaine RCTV du reseau hertzien, le 27 mai 2007, à la demande d’Hugo Chavez, a mobilisé à elle seule toute l’attention. Contestée même parmi les partisans du président bolivarien, la mesure traduit une véritable mainmise du pouvoir sur l’espace audiovisuel. (suite…)

  • Pour commencer le troisième millénaire, Cuba s’est trouvé un nouvel et providentiel allié, un autre « comandante » en la personne d’Hugo Chavez. La phraséologie tropicalo communiste laisse place à la rhétorique « bolivarienne » du nouveau bienfaiteur de Castro : le Venezuela, dont la manne pétrolière arrive à point nommé pour sortir Cuba de son ataxie.

    Le président vénézuélien Hugo Chavez a proposé dimanche à Cuba la construction, pour 1400 millions de dollars, d’un complexe pétrochimique à Cienfuegos (centre de Cuba), où les deux pays modernisent ensemble une raffinerie de pétrole.

    Le complexe envisagé inclut une usine de fertilisants, une autre de produits pétrochimiques et une usine de traitement du gaz alimentée par bateau depuis le Venezuela.

    «C’est une grande raffinerie. Cuba et le Venezuela unis, nous pourrons acquérir la force nécessaire pour être indépendant pour toujours», a déclaré M. Chavez en se référant au projet d’agrandissement et de modernisation de la raffinerie dont la construction avec des technologies d’origine soviétiques s’est achevée en 1990. Le site industriel avait alors été presque immédiatement paralysé après la fin de l’URSS.

  • Fidel Castro, qui a délégué provisoirement le pouvoir à son frère Raul depuis le 31 juillet 2006 pour raisons de santé, a reçu samedi le président vénézuélien Hugo Chavez, a annoncé dimanche la télévision cubaine d’Etat.

    Chavez, qui se rend à Cuba pour la troisième fois depuis le début de l’année, est arrivé samedi à La Havane.

    Il devrait effectuer son rendez-vous radiophonique et télévisuel hebdomadaire, « Alo Presidente », depuis le mausolée où sont conservés les restes d’Ernesto « Che » Guevara, à Santa Clara, dans le centre de l’île.

    Cet hommage de Chavez au révolutionnaire argentin intervient quelques jours après la commémoration de la mort du « Che », exécuté en Bolivie il y a quarante ans.

    Le journal cubain Juventud Rebelde publie dimanche deux photos du « comandante », apparemment en assez bonne forme, en discussion avec Chavez. Castro porte son survêtement rouge, blanc et bleu, habituel depuis sa maladie.