Mois : novembre 2007

  • bodegaLa propagande est partout à Cuba, et parfois elle contraste avec la triste réalité de manière provocante et presque humoristique. Cette bodega (magasin où sont distribués les produits alimentaires rationnés depuis 1962) est un exemple avec ses rayons désespérément vides et son slogan remerciant Fidel pour 50 ans de pénurie…..

    « Vamos bien » clament aussi les affichent de propagande aux couleurs un peu délavées, mais aujourd’hui tout le monde sait qu’il y a au moins un Cubain qui ne va pas bien. L’heure des comptes a sonné pour la révolution cubaine et la réalité est bien loin du rêve utopique de Che Guevara : Cuba est maintenant largement considéré comme une dictature communiste presque comme les autres.

    (suite…)

  • A quelques jours du référendum du 2 décembre au Venezuela, Reporters sans frontières craint « un tournant dangereux pour la liberté de la presse ». RSF manifeste son inquiétude concernant deux articles du nouveau texte, jugés dangereux pour la liberté de la presse.

    (suite…)

  • Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le référendum qui doit être organisé au Venezuela le 2 décembre n’est pas gagné d’avance. Cette nouvelle étape visant à faire d’Hugo Chavez un président plénipotentiaire et sans limite de temps, pourrait bien provoquer un rejet. A force de vouloir donner à sa dictature les apparences d’une démocratie populaire en recourant au suffrage à tout bout de champ, Chavez prend le risque de lasser son électorat.

    La nouvelle constitution est un pas supplémentaire vers l’installation d’un régime bonapartiste et ne limiterait plus le nombre de mandats présidentiels, ce qui pourrait bien se retourner contre le président Hugo Chavez : pour la première fois, le résultat du plébiscite n’est pas connu d’avance puisqu’ un sondage donne le « non » aux réformes vainqueur, avec 49%, contre 39% en faveur du changement.

    Ce sondage a été réalisé par Datanalisis, un institut de Caracas. Ses précédentes enquêtes avaient toujours été à l’avantage du président vénézuélien.

    Les électeurs se prononceront le 2 décembre sur ce référendum, qui vise à faire approuver des réformes qui ne limiteraient plus le nombre de mandats présidentiels, prolongeraient les mandats de six à sept ans, et créeraient de nouveaux types de propriétés gérées notamment par des coopératives, parmi d’autres changements.

    Ce sondage, publié dans le journal vénézuélien El Universal, a été réalisé auprès de 1.854 Vénézuéliens, du 14 au 20 novembre. La marge d’erreur est de 2,5 points.

  • La visite d’Hugo Chavez à Paris s’est terminée sur un bilan conforme aux habitudes du président du Venezuela : beaucoup de bla bla et peu de résultats concrets.

    Le président Hugo Chávez est arrivé à Paris « les mains vides », c’est-à-dire sans la preuve qu’Ingrid Bétancourt et les autres otages sont encore vivants. Un échec qui montre bien les limites de du bouillant chef de l’Etat vénézuelien, qui a su tirer les bénéfices médiatiques de sa visite en France sans rien apporter en échange.

    La fréquentation des dictateurs, même lorsqu’elle a un but humanitaire
    (sans parler des éventuels contrats pétroliers avec Total) est toujours une expérience risquée. La France en a fait l’amère expérience avec Fidel Castro et Cuba par le passé, mais semble ne pas avoir appris grand chose sur ce point.

    Toujours est-il que la mission d’Hugo Chávez risque de se compliquer avec le délai butoir fixé au 31 décembre par la présidence colombienne  par négocier avec la guérilla des FARC un éventuel échange de prisonniers. Bogotá a de plus accepté le principe d’une rencontre entre le président du Venezuela et Manuel Marulanda, le chef de la guérilla marxiste.

    Hugo Chávez a débarqué à Paris les mains vides, après avoir déclaré que les FARC lui avaient juré qu’il aurait des preuves que les otages étaient toujours en vie. Il s’est retrouvé avec à peine un message promettant qu’il aura les fameuses preuves d’ici la fin de l’année.

    Après s’être dit persuadé qu’Ingrid Betancourt était toujours vivante et avoir insisté sur sa volonté de se réunir avec Manuel Marulanda, le chef des FARC, à Caguán, le président du Venezuela a révélé que son homologue colombien, Alvaro Uribe, était prêt à rencontrer Marulanda et même à négocier la paix avec la guérilla après la libération de tous les otages.

    En fait une libération des otages sera sans doute impossible dans le délai fixé car le gouvernement colombien et les FARC campant sur des positions inchangées : les FARC demandent un retrait de l’armée pour négocier et Uribe veut négocier sans bouger ses troupes.

    De fait cette « mission » confiée à Hugo Chavez n’a servi qu’à lui donner une fausse image humanitaire, loin de la réalité d’un autocrate qui entraîne son pays à grand pas vers la dictature marxiste.

  • L’organisation de défense des journalistes et de la liberté de la presse s’adresse aujourd’hui à Nicolas Sarkosy à l’occasion de la visite à Paris d’Hugo Chavez. RSF se dit préoccupé par la situation des journalistes et la liberté d’expression au Venezuela.

    A la veille de la visite officielle, le 20 novembre 2007, du président vénézuélien Hugo Chávez à Paris, Reporters sans frontières a adressé une lettre au président de la République, Nicolas Sarkozy. Cette visite intervient alors que le chef de l’État bolivarien assume une importante médiation auprès des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui retiennent en otage Ingrid Betancourt depuis le 23 février 2002.

    « Je souhaite, bien entendu, que cette rencontre contribue aux efforts déployés pour obtenir la libération de la sénatrice franco-colombienne. En tant que secrétaire général de Reporters sans frontières, je me dois néanmoins de vous rappeler que la démarche assumée par le président Hugo Chávez ne saurait faire oublier ni certaines dérives graves de son régime ni son comportement sur la scène internationale », a écrit Robert Ménard au président de la République française.

    « Rarement chef d’État élu aura posé autant d’obstacles à la liberté d’expression sous son mandat. Du coup d’État manqué dont il a été victime en avril 2002 – que certains médias ont, il est vrai, soutenu -, le président Chávez a tiré argument, non seulement pour faire taire toute voix critique ou dissidente, mais aussi pour éliminer progressivement toute forme de contre-pouvoir, en particulier celui de la presse », a poursuivi l’organisation, dont une délégation était présente au Venezuela le 27 mai dernier, quand RCTV, la plus populaire et la plus ancienne des chaînes de télévision du pays, a été exclue du réseau hertzien sur ordre d’Hugo Chávez, « contre l’avis même d’une large partie de ses propres soutiens et au mépris de toute jurisprudence interaméricaine ».

    Cet épisode a suscité la désapprobation de nombre de dirigeants étrangers, en particulier latino-américains, qui n’ont reçu pour toute explication que des insultes et des accusations de « complot contre le Venezuela ».

    Reporters sans frontières a également souligné l’ampleur du « contrôle qu’exerce le chef de l’État vénézuélien sur le paysage médiatique, avec à sa main sept télévisions, une vingtaine de radios, l’opérateur téléphonique CANTV, le principal quotidien national Ultimas Noticias et une soixantaine de journaux locaux ».

    L’organisation a précisé : « Une loi taillée sur mesure l’autorise à réquisitionner tous les médias audiovisuels pour y discourir à sa convenance, sans délai imparti et sans interruption. Depuis 1999, le président Chávez a recouru plus de 1 500 fois à ce système dit des « cadenas », dépassant ainsi les 900 heures d’antenne, auxquelles s’ajoutent pour la même période environ 1 000 heures cumulées de sa propre émission dominicale Aló Presidente (record de temps de parole battu, le 5 août dernier, avec 7 heures et 43 minutes de monologue en une seule fois). Les rares critiques envers le régime émanent de quelques journaux et d’une chaîne à diffusion restreinte, Globovisión.

    Des procédures administratives ciblées pourraient bientôt condamner cette dernière à la fermeture. Enfin, la réforme de la Constitution que le président Chávez a fait adopter au début de son premier mandat – réforme qui sera soumise à référendum, le 2 décembre prochain, et qui suscite une très forte controverse – lui donnerait le pouvoir de décréter l’état d’urgence sans limitation de durée et de suspendre la liberté de la presse le cas échéant ».

    Sur toutes ces affaires, Reporters sans frontières rappelle que ses « offres de dialogue se sont heurtées à l’accusation, aussi grotesque qu’infondée, selon laquelle notre organisation travaillerait pour le compte du renseignement américain et chercherait à organiser un nouveau coup d’État ».

    « L’élimination de tout contre-pouvoir de la presse se double d’une véritable mise au pas de la société civile et de ses composantes (organisations professionnelles, syndicats ou ONG) », a poursuivi Robert Ménard, qui a rappelé qu’un projet de loi de coopération internationale, déjà approuvé en première lecture en juin 2006, entend limiter toute « influence étrangère » sur les associations locales à travers leur financement et l’exercice de leur mission.

    « Certaines ONG vénézuéliennes vouées à la défense des droits de l’homme se sont plaintes auprès de nous de fortes pressions du pouvoir. Une trentaine de noms de personnes réputées sympathisantes de l’opposition – dont notre correspondant vénézuélien – figurent sur une liste noire, dressée le 25 mai dernier, par une avocate proche du Président, Eva Golinger », a souligné l’organisation
    En conclusion, Reporters sans frontières a formulé le voeu que le président français ait « l’occasion d’aborder ces sujets avec son homologue vénézuélien » et ainsi « de lui rappeler que tout chef d’État élu doit accepter d’entendre la voix de la communauté internationale ».

    Benoît Hervieu
    Despacho Américas / Americas desk
    Reporters sans frontières
    47, rue Vivienne
    75002 Paris – France

  • Inquiets de l’évolution de la situation politique au Venezuela, un groupe d’intellectuels français lance une pétition contre Chavez et demande à Nicolas Sarkozy de rester vigilant.

    Lettre ouverte au président Nicolas Sarkozy pour soutenir les démocrates vénézueliens

    Le Venezuela traverse la crise plus grave de son histoire récente. L’instabilité politique et sociale affecte des millions de Vénézuéliens, victimes d’un régime qui contrôle toutes les institutions du pays, muselle ou ferme les médias, crée des forces paramilitaires, agresse et poursuit tout citoyen ouvertement en désaccord avec sa politique et suscite la haine dans la société.
    La France, fidèle à sa tradition du pays des Droits de l’Homme, a invité le président vénézuélien dès lors qu’il se présente comme “médiateur humanitaire” dans l’affaire des otages des FARC. Nous saluons cette initiative, mais il serait triste que la France reste aveugle devant le vrai visage du Président vénézuélien et la nature du régime qu’il incarne désormais.
    Hugo ChavezLié aux FARC, Hugo Chavez n’est pourtant guère qualifié pour se présenter comme un “médiateur humanitaire”. La libération des otages détenus par les FARC sert ses objectifs politiques et surtout redorer son image de plus en plus dégradée dans le monde et dans son propre pays. Son objectif est d’imposer au Venezuela une nouvelle Constitution que les démocrates vénézuéliens refusent.

    Pendant des années, M. Chavez a ignoré le sort des Vénézuéliens otages des FARC et ne s’est jamais préoccupé de leurs familles.
    Ne soyons pas dupes ! M. Chavez a tenté un coup d’Etat qui a fait des centaines des morts en 1992 contre un gouvernement élu démocratiquement. Le Tribunal Suprême de Justice lui est totalement dévoué, l’Assemblée Nationale est à son service, le Conseil national électoral, qui organise les élections, lui est soumis. Par la réforme constitutionnelle qu’il veut faire avaliser par référendum le 2 décembre prochain, M. Chavez vise à garder le pouvoir indéfiniment comme le stipule un des articles de cette nouvelle « Constitution bolivarienne ».
    En voulant exporter sa « révolution » appelée également « socialisme du XXIe siècle » M. Chavez intervient ouvertement dans les affaires intérieures de pays voisins souverains. Ce « Socialisme du XXIe » siècle comporte ouvertement des traits populistes et totalitaires :

    • M. Chavez tend à créer un parti unique pour monopoliser l’Etat et la société.
    • Il utilise les ressources du pétrole pour accélérer la course aux armements plutôt que pour résoudre les graves problèmes économiques et sociaux de la société vénézuélienne.
    • Il s’appuie sur une milice de centaines de milliers de personnes pour contrôler la société.

    Bref : les mesures qu’il prend pour imposer son « socialisme du XXIe siècle », violent les normes et les principes fondamentaux des droits de l’Homme.
    Nous vous appelons, Monsieur le Président à bien observer le processus politique vénézuélien et à soutenir un peuple qui a vécu en démocratie depuis 1958 . Cette démocratie se trouve aujourd’hui en danger.
    Nous demandons à l’ensemble des démocrates français qu’ils condamnent un régime qui, quoi qu’il en dise, suit le chemin qui mène au totalitarisme, un chemin déjà emprunté pour le plus grand malheur du peuple jadis en URSS, dans les pays de l’Est, en Chine et dans certains pays d’Asie ainsi qu’à Cuba.

    _____________________________

    Vous pouvez signer cette pétition en adressant votre nom, prénom, qualité (et/ou réactions) à [email protected]

  • Les insultes et les excès de langage sont une sorte de tradition chez les dirigeants marxistes : en la matière Hugo Chavez n’a rien à envier à ses prédécesseurs, même s’il est encore loin d’égaler son maître à penser Fidel Castro.

    Dernier exemple en date : le sommet ibéro-américain de Santiago qui a donné lieu à une vive altercation entre Hugo Chavez et la délégation espagnole. Dès le début de ce sommet, qui a réuni 22 chefs d’Etat et de gouvernements d’Amérique latine, d’Espagne et du Portugal, Hugo Chavez s’en est vivement pris à l’ancien président du gouvernement espagnol Jose Maria Aznar en le qualifiant de «fasciste». En 2004 lorsque l’Union européenne avait imposé des sanctions à Cuba pour protester contre les arrestations et condamnations de 75 dissidents et journalistes, Fidel Castro avait pour sa part surnommé Aznar le « furercito » (le petit fuhrer, ou le petit Hitler).

    L’assimilation des adversaires de Cuba avec des nazis fait d’ailleurs partie de l’arsenal habituel des dirigeants castristes qui qualifient régulièrement l’embargo américain de « blocus génocidaire » et le gouvernement Bush de « nazifascismo ».

    L’Amérique latine apparaît aujourd’hui divisée entre les pays du bloc antilibéral (néo marxiste) conduit par le président vénézuélien et ses alliés, le Bolivien Evo Morales, le Cubain Fidel Castro, le Nicaraguayen Daniel Ortega et dans une moindre mesure l’Equatorien Rafael Correa, et le reste de l’Amérique latine.

    La plupart des pays de la région mènent une politique économique libérale comme le Pérou, la Colombie ou le Mexique ou plus de centre gauche comme le Chili, l’Argentine et le Brésil.

    Le Roi Juan Carlos, visiblement énervé a demandé à Chavez «pourquoi tu ne te tais pas ?», et on serait tenté de se poser la même question. Mais en vérité l’agression verbale et son fait partie des travers de Fidel Castro et Hugo Chavez dont les « conquêtes » sont d’ailleurs le plus souvent verbales.

    Il a ajouté: «ce sommet ne sert à rien, le véritable sommet est le Sommet des peuples», le sommet alternatif qui a réuni quelque 5000 militants de gauche.

    Toutefois, le bilan de ce XVIIe sommet ibéro-américain, consacré à la question de la «cohésion sociale», n’apparaît pas trop sombre. Les résolutions adoptées par les participants ont insisté sur le renforcement de la protection sociale, l’éducation, la santé, l’augmentation des impôts et l’instauration d’un Etat fort.

    La «déclaration de Santiago» recommande aux pays membres de prendre en charge le développement social dans une région qui a enregistré en 2007 une croissance de plus de 5 % mais qui connaît aussi une pauvreté frappant 220 millions de personnes, soit 40 % de la population, selon la Banque Mondiale et la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL), organisme dépendant des Nations unies.

  • Quel autre pays du monde a un ministère du sucre (le MINAZ) ? Longtemps considéré comme une cause nationale, le sucre occupe une part toujours plus réduite dans l’économie cubaine.

    Pendant des décennies la presse cubaine a célébré à l’unisson « les glorieux combattants de la récolte sucrière ». La récolte de canne à sucre (zafra) était toujours un temps fort de mobilisation politique et patriotique, et son résultat, plus ou moins bon, considéré comme un indicateur important de la santé de l’économie cubaine. En 1970, une année lui est même consacrée : Fidel Castro se lance à l’assaut d’un chiffre mythique, en fixant comme objectif, jamais atteint, une récolte de 10 millions de tonnes. A l’époque le sucre servait aussi de garantie à de nombreux contrats entre Cuba et ses partenaires commerciaux et représentait de 75 à 85 % des exportations cubaines jusqu’au début des années 90.

    Avec la période spéciale, le sucre entame un déclin inexorable : à peine plus d’1 million de tonnes en 2005. Il faut remonter à 1903 pour trouver une aussi mauvaise récolte. Manque de main-d’œuvre qualifiée, anomalies climatiques et surtout état désastreux des équipements soviétiques : dès 1998 Carlos Lage déclare que « le sucre n’est plus le secteur le plus important de l’économie. Le tourisme est devenu l’élément principal dans l’effort national pour surpasser la crise ». En 2005, Fidel Castro se charge lui même du coup de grâce en évoquant le sucre à propos du «passé colonialiste et esclavagiste » de Cuba.

    Avec le passage de la tempête tropicale Noël, la récolte de cette année pourrait même passer en dessous du seuil des 1 million de tonnes.

    Des précipitations supérieures à la normale et de fortes chaleurs, combinées à des problèmes industriels et d’organisation vont sans doute conduire à l’une des pires récoltes de canne à sucre de Cuba pour 2007. La production a été estimée à près de 1,1 millions de tonnes de sucre, par rapport aux 1,5 voire 1,6 millions de tonnes qui étaient prévues.

    Sur les 152 centrales sucrières que comptait Cuba, il n’en reste plus qu’une cinquantaine en service. Une situation paradoxale : depuis 2004, Cuba est obligé d’importer du sucre du Brésil et de Colombie pour subvenir à sa propre consommation.