Étiquette : Venezuela

  • A quelques jours du référendum du 2 décembre au Venezuela, Reporters sans frontières craint « un tournant dangereux pour la liberté de la presse ». RSF manifeste son inquiétude concernant deux articles du nouveau texte, jugés dangereux pour la liberté de la presse.

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  • Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le référendum qui doit être organisé au Venezuela le 2 décembre n’est pas gagné d’avance. Cette nouvelle étape visant à faire d’Hugo Chavez un président plénipotentiaire et sans limite de temps, pourrait bien provoquer un rejet. A force de vouloir donner à sa dictature les apparences d’une démocratie populaire en recourant au suffrage à tout bout de champ, Chavez prend le risque de lasser son électorat.

    La nouvelle constitution est un pas supplémentaire vers l’installation d’un régime bonapartiste et ne limiterait plus le nombre de mandats présidentiels, ce qui pourrait bien se retourner contre le président Hugo Chavez : pour la première fois, le résultat du plébiscite n’est pas connu d’avance puisqu’ un sondage donne le « non » aux réformes vainqueur, avec 49%, contre 39% en faveur du changement.

    Ce sondage a été réalisé par Datanalisis, un institut de Caracas. Ses précédentes enquêtes avaient toujours été à l’avantage du président vénézuélien.

    Les électeurs se prononceront le 2 décembre sur ce référendum, qui vise à faire approuver des réformes qui ne limiteraient plus le nombre de mandats présidentiels, prolongeraient les mandats de six à sept ans, et créeraient de nouveaux types de propriétés gérées notamment par des coopératives, parmi d’autres changements.

    Ce sondage, publié dans le journal vénézuélien El Universal, a été réalisé auprès de 1.854 Vénézuéliens, du 14 au 20 novembre. La marge d’erreur est de 2,5 points.

  • L’organisation de défense des journalistes et de la liberté de la presse s’adresse aujourd’hui à Nicolas Sarkosy à l’occasion de la visite à Paris d’Hugo Chavez. RSF se dit préoccupé par la situation des journalistes et la liberté d’expression au Venezuela.

    A la veille de la visite officielle, le 20 novembre 2007, du président vénézuélien Hugo Chávez à Paris, Reporters sans frontières a adressé une lettre au président de la République, Nicolas Sarkozy. Cette visite intervient alors que le chef de l’État bolivarien assume une importante médiation auprès des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui retiennent en otage Ingrid Betancourt depuis le 23 février 2002.

    « Je souhaite, bien entendu, que cette rencontre contribue aux efforts déployés pour obtenir la libération de la sénatrice franco-colombienne. En tant que secrétaire général de Reporters sans frontières, je me dois néanmoins de vous rappeler que la démarche assumée par le président Hugo Chávez ne saurait faire oublier ni certaines dérives graves de son régime ni son comportement sur la scène internationale », a écrit Robert Ménard au président de la République française.

    « Rarement chef d’État élu aura posé autant d’obstacles à la liberté d’expression sous son mandat. Du coup d’État manqué dont il a été victime en avril 2002 – que certains médias ont, il est vrai, soutenu -, le président Chávez a tiré argument, non seulement pour faire taire toute voix critique ou dissidente, mais aussi pour éliminer progressivement toute forme de contre-pouvoir, en particulier celui de la presse », a poursuivi l’organisation, dont une délégation était présente au Venezuela le 27 mai dernier, quand RCTV, la plus populaire et la plus ancienne des chaînes de télévision du pays, a été exclue du réseau hertzien sur ordre d’Hugo Chávez, « contre l’avis même d’une large partie de ses propres soutiens et au mépris de toute jurisprudence interaméricaine ».

    Cet épisode a suscité la désapprobation de nombre de dirigeants étrangers, en particulier latino-américains, qui n’ont reçu pour toute explication que des insultes et des accusations de « complot contre le Venezuela ».

    Reporters sans frontières a également souligné l’ampleur du « contrôle qu’exerce le chef de l’État vénézuélien sur le paysage médiatique, avec à sa main sept télévisions, une vingtaine de radios, l’opérateur téléphonique CANTV, le principal quotidien national Ultimas Noticias et une soixantaine de journaux locaux ».

    L’organisation a précisé : « Une loi taillée sur mesure l’autorise à réquisitionner tous les médias audiovisuels pour y discourir à sa convenance, sans délai imparti et sans interruption. Depuis 1999, le président Chávez a recouru plus de 1 500 fois à ce système dit des « cadenas », dépassant ainsi les 900 heures d’antenne, auxquelles s’ajoutent pour la même période environ 1 000 heures cumulées de sa propre émission dominicale Aló Presidente (record de temps de parole battu, le 5 août dernier, avec 7 heures et 43 minutes de monologue en une seule fois). Les rares critiques envers le régime émanent de quelques journaux et d’une chaîne à diffusion restreinte, Globovisión.

    Des procédures administratives ciblées pourraient bientôt condamner cette dernière à la fermeture. Enfin, la réforme de la Constitution que le président Chávez a fait adopter au début de son premier mandat – réforme qui sera soumise à référendum, le 2 décembre prochain, et qui suscite une très forte controverse – lui donnerait le pouvoir de décréter l’état d’urgence sans limitation de durée et de suspendre la liberté de la presse le cas échéant ».

    Sur toutes ces affaires, Reporters sans frontières rappelle que ses « offres de dialogue se sont heurtées à l’accusation, aussi grotesque qu’infondée, selon laquelle notre organisation travaillerait pour le compte du renseignement américain et chercherait à organiser un nouveau coup d’État ».

    « L’élimination de tout contre-pouvoir de la presse se double d’une véritable mise au pas de la société civile et de ses composantes (organisations professionnelles, syndicats ou ONG) », a poursuivi Robert Ménard, qui a rappelé qu’un projet de loi de coopération internationale, déjà approuvé en première lecture en juin 2006, entend limiter toute « influence étrangère » sur les associations locales à travers leur financement et l’exercice de leur mission.

    « Certaines ONG vénézuéliennes vouées à la défense des droits de l’homme se sont plaintes auprès de nous de fortes pressions du pouvoir. Une trentaine de noms de personnes réputées sympathisantes de l’opposition – dont notre correspondant vénézuélien – figurent sur une liste noire, dressée le 25 mai dernier, par une avocate proche du Président, Eva Golinger », a souligné l’organisation
    En conclusion, Reporters sans frontières a formulé le voeu que le président français ait « l’occasion d’aborder ces sujets avec son homologue vénézuélien » et ainsi « de lui rappeler que tout chef d’État élu doit accepter d’entendre la voix de la communauté internationale ».

    Benoît Hervieu
    Despacho Américas / Americas desk
    Reporters sans frontières
    47, rue Vivienne
    75002 Paris – France

  • Inquiets de l’évolution de la situation politique au Venezuela, un groupe d’intellectuels français lance une pétition contre Chavez et demande à Nicolas Sarkozy de rester vigilant.

    Lettre ouverte au président Nicolas Sarkozy pour soutenir les démocrates vénézueliens

    Le Venezuela traverse la crise plus grave de son histoire récente. L’instabilité politique et sociale affecte des millions de Vénézuéliens, victimes d’un régime qui contrôle toutes les institutions du pays, muselle ou ferme les médias, crée des forces paramilitaires, agresse et poursuit tout citoyen ouvertement en désaccord avec sa politique et suscite la haine dans la société.
    La France, fidèle à sa tradition du pays des Droits de l’Homme, a invité le président vénézuélien dès lors qu’il se présente comme “médiateur humanitaire” dans l’affaire des otages des FARC. Nous saluons cette initiative, mais il serait triste que la France reste aveugle devant le vrai visage du Président vénézuélien et la nature du régime qu’il incarne désormais.
    Hugo ChavezLié aux FARC, Hugo Chavez n’est pourtant guère qualifié pour se présenter comme un “médiateur humanitaire”. La libération des otages détenus par les FARC sert ses objectifs politiques et surtout redorer son image de plus en plus dégradée dans le monde et dans son propre pays. Son objectif est d’imposer au Venezuela une nouvelle Constitution que les démocrates vénézuéliens refusent.

    Pendant des années, M. Chavez a ignoré le sort des Vénézuéliens otages des FARC et ne s’est jamais préoccupé de leurs familles.
    Ne soyons pas dupes ! M. Chavez a tenté un coup d’Etat qui a fait des centaines des morts en 1992 contre un gouvernement élu démocratiquement. Le Tribunal Suprême de Justice lui est totalement dévoué, l’Assemblée Nationale est à son service, le Conseil national électoral, qui organise les élections, lui est soumis. Par la réforme constitutionnelle qu’il veut faire avaliser par référendum le 2 décembre prochain, M. Chavez vise à garder le pouvoir indéfiniment comme le stipule un des articles de cette nouvelle « Constitution bolivarienne ».
    En voulant exporter sa « révolution » appelée également « socialisme du XXIe siècle » M. Chavez intervient ouvertement dans les affaires intérieures de pays voisins souverains. Ce « Socialisme du XXIe » siècle comporte ouvertement des traits populistes et totalitaires :

    • M. Chavez tend à créer un parti unique pour monopoliser l’Etat et la société.
    • Il utilise les ressources du pétrole pour accélérer la course aux armements plutôt que pour résoudre les graves problèmes économiques et sociaux de la société vénézuélienne.
    • Il s’appuie sur une milice de centaines de milliers de personnes pour contrôler la société.

    Bref : les mesures qu’il prend pour imposer son « socialisme du XXIe siècle », violent les normes et les principes fondamentaux des droits de l’Homme.
    Nous vous appelons, Monsieur le Président à bien observer le processus politique vénézuélien et à soutenir un peuple qui a vécu en démocratie depuis 1958 . Cette démocratie se trouve aujourd’hui en danger.
    Nous demandons à l’ensemble des démocrates français qu’ils condamnent un régime qui, quoi qu’il en dise, suit le chemin qui mène au totalitarisme, un chemin déjà emprunté pour le plus grand malheur du peuple jadis en URSS, dans les pays de l’Est, en Chine et dans certains pays d’Asie ainsi qu’à Cuba.

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    Vous pouvez signer cette pétition en adressant votre nom, prénom, qualité (et/ou réactions) à [email protected]

  • Les insultes et les excès de langage sont une sorte de tradition chez les dirigeants marxistes : en la matière Hugo Chavez n’a rien à envier à ses prédécesseurs, même s’il est encore loin d’égaler son maître à penser Fidel Castro.

    Dernier exemple en date : le sommet ibéro-américain de Santiago qui a donné lieu à une vive altercation entre Hugo Chavez et la délégation espagnole. Dès le début de ce sommet, qui a réuni 22 chefs d’Etat et de gouvernements d’Amérique latine, d’Espagne et du Portugal, Hugo Chavez s’en est vivement pris à l’ancien président du gouvernement espagnol Jose Maria Aznar en le qualifiant de «fasciste». En 2004 lorsque l’Union européenne avait imposé des sanctions à Cuba pour protester contre les arrestations et condamnations de 75 dissidents et journalistes, Fidel Castro avait pour sa part surnommé Aznar le « furercito » (le petit fuhrer, ou le petit Hitler).

    L’assimilation des adversaires de Cuba avec des nazis fait d’ailleurs partie de l’arsenal habituel des dirigeants castristes qui qualifient régulièrement l’embargo américain de « blocus génocidaire » et le gouvernement Bush de « nazifascismo ».

    L’Amérique latine apparaît aujourd’hui divisée entre les pays du bloc antilibéral (néo marxiste) conduit par le président vénézuélien et ses alliés, le Bolivien Evo Morales, le Cubain Fidel Castro, le Nicaraguayen Daniel Ortega et dans une moindre mesure l’Equatorien Rafael Correa, et le reste de l’Amérique latine.

    La plupart des pays de la région mènent une politique économique libérale comme le Pérou, la Colombie ou le Mexique ou plus de centre gauche comme le Chili, l’Argentine et le Brésil.

    Le Roi Juan Carlos, visiblement énervé a demandé à Chavez «pourquoi tu ne te tais pas ?», et on serait tenté de se poser la même question. Mais en vérité l’agression verbale et son fait partie des travers de Fidel Castro et Hugo Chavez dont les « conquêtes » sont d’ailleurs le plus souvent verbales.

    Il a ajouté: «ce sommet ne sert à rien, le véritable sommet est le Sommet des peuples», le sommet alternatif qui a réuni quelque 5000 militants de gauche.

    Toutefois, le bilan de ce XVIIe sommet ibéro-américain, consacré à la question de la «cohésion sociale», n’apparaît pas trop sombre. Les résolutions adoptées par les participants ont insisté sur le renforcement de la protection sociale, l’éducation, la santé, l’augmentation des impôts et l’instauration d’un Etat fort.

    La «déclaration de Santiago» recommande aux pays membres de prendre en charge le développement social dans une région qui a enregistré en 2007 une croissance de plus de 5 % mais qui connaît aussi une pauvreté frappant 220 millions de personnes, soit 40 % de la population, selon la Banque Mondiale et la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL), organisme dépendant des Nations unies.

  • Ingrid BetancourtHugo Chavez affirme avoir la preuve que l’otage des FARC est toujours en vie. Une bonne nouvelle qui reste à confirmer. L’occasion aussi de se poser quelques questions sur le rôle assez ambigu du Venezuela et de son allié cubain dans la gestion de la crise des FARC

    Le dirigeant vénézuélien Hugo Chavez avait été mandaté il y a deux mois par Bogota pour permettre l’échange de 500 guérilleros incarcérés contre un groupe de 45 otages, dont les trois Américains et Mme Betancourt, ex-candidate à la présidentielle colombienne, enlevée en 2002. Aujourd’hui Hugo Chavez affirme à la presse pouvoir apporter, lors de sa visite à Paris le 20 novembre, une preuve de vie de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, otage de la guerilla des FARC depuis 2002.

    Or on sait maintenant que le régime de Fidel Castro a été un soutien et un allié de longue date de la guerilla marxiste en Colombie. Dans « Cuba Nostra » publié en 2005, Alain Ammar et Jacobo Machover écrivent :

    « Le chef d’Etat cubain, qui désire ouvrir un nouveau front antiaméricain en Amérique latine avec l’argent du Venezuela, arme et soutien les FARC de concert avec son homologue « bolivarien » (Hugo Chavez), d’une manière directe avec des armes légères mais également grâce à un appui financier et des hôpitaux de campagne installés, selon des médecins cubains exilés ayant fui le Venezuela, à la frontière entre la Colombie et le Venezuela, et consacrés spécialement aux blessés des FARC « .

    Quel peut être dans ces conditions le rôle d’Hugo Chavez, et de quelle crédibilité peut-il disposer alors qu’il est en train d’installer chez lui une dictature marxiste, que les FARC tentent désespérément d’imposer à la Colombie ?

    « Nous essayons de mettre tout en place » pour trouver un accord, a déclaré M. Chavez à la télévision publique après son entretien avec Luciano Marin Arango, plus connu sous son nom de guerre d’Ivan Marquez.

    Ivan Marquez a affirmé qu’une rencontre entre Hugo Chavez et le commandant des FARC Manuel Marulanda serait nécessaire pour surmonter les obstacles à un échange humanitaire de prisonniers.

    Le Comité de soutien à Ingrid Betancourt a déclaré dans un communiqué attendre ces éléments « avec la plus grande des impatiences » et espère que la famille de l’otage « pourra la visionner dans les plus brefs délais » s’il s’agit d’une cassette vidéo comme précédemment. Le Comité de soutien organise une marche à Paris le dimanche 18 novembre pour appeler « les FARC comme le gouvernement colombien à négocier au plus vite » et exprimer le « soutien le plus total » à la médiation internationale.

  • Pour commencer le troisième millénaire, Cuba s’est trouvé un nouvel et providentiel allié, un autre « comandante » en la personne d’Hugo Chavez. La phraséologie tropicalo communiste laisse place à la rhétorique « bolivarienne » du nouveau bienfaiteur de Castro : le Venezuela, dont la manne pétrolière arrive à point nommé pour sortir Cuba de son ataxie.

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  • Pour commencer le troisième millénaire, Cuba s’est trouvé un nouvel et providentiel allié, un autre « comandante » en la personne d’Hugo Chavez. La phraséologie tropicalo communiste laisse place à la rhétorique « bolivarienne » du nouveau bienfaiteur de Castro : le Venezuela, dont la manne pétrolière arrive à point nommé pour sortir Cuba de son ataxie.

    Le président vénézuélien Hugo Chavez a proposé dimanche à Cuba la construction, pour 1400 millions de dollars, d’un complexe pétrochimique à Cienfuegos (centre de Cuba), où les deux pays modernisent ensemble une raffinerie de pétrole.

    Le complexe envisagé inclut une usine de fertilisants, une autre de produits pétrochimiques et une usine de traitement du gaz alimentée par bateau depuis le Venezuela.

    «C’est une grande raffinerie. Cuba et le Venezuela unis, nous pourrons acquérir la force nécessaire pour être indépendant pour toujours», a déclaré M. Chavez en se référant au projet d’agrandissement et de modernisation de la raffinerie dont la construction avec des technologies d’origine soviétiques s’est achevée en 1990. Le site industriel avait alors été presque immédiatement paralysé après la fin de l’URSS.