Auteur/autrice : France Info

  • Faire de longues queues pour faire ses courses à la Havane, des scènes quotidiennes (illustration du 13 décembre 2018). (YAMIL LAGE / AFP)

    Pour relativiser en temps de crise sanitaire liée au coronavirus, un petit tour à Cuba où depuis les années 1990 et le départ des Soviétiques, en fait après la chute de l’URSS, les Cubains se sont retrouvés du jour au lendemain livrés à eux-mêmes. On appelle cette décennie la « période spéciale en temps de paix ».

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    Quand l’île a perdu son principal allié, elle a dû subvenir à ses propres besoins. C’est à cette époque que sont apparus les « organoponicos », les potagers urbains bio qui fournissent encore aujourd’hui en légumes frais et en circuits courts les habitants des grandes villes. À cette époque, les Cubains ont appris à faire sans tout simplement. Comment fait-on sans papier toilette par exemple ? Beaucoup de Cubains vous répondront avec du papier journal tout simplement. Et comment fait-on sans fromage pour une Française à Cuba ? Et bien, on s’habitue tout simplement et surtout on consomme différemment. Et on demande conseil à un ami.

    Je peux sortir vouloir acheter du fromage, et en fait il n’y a pas de fromage, mais j’oublie le fromage parce que j’ai trouvé des clous ! Et je rentre chez moi content parce qu’enfin j’ai trouvé ces clous que je cherchais depuis si longtemps !

    Emilio Cruz Dumont, un Cubain de la Havaneà franceinfo

    Emilio Cruz Dumont explique, par exemple, que quand il doit « aller faire les courses ce n’est pas quelque chose qui est pensé ou réfléchi. Je vais tout simplement au magasin », dit-il.   

    Des groupes d’entraide sur les réseaux sociaux pour trouver les produits  

    Où y a-t-il des couches pour bébé de 2 ans ? Posez la question sur un de ces groupes d’entraide qui se sont créés sur WhatsApp ou Telegram et la réponse arrive en quelques minutes. Depuis 2018, avec l’arrivée de l’internet mobile, ces groupes intitulés « Donde hay ? » (où y a-t-il ?) permettent de localiser…

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  • Les paquebots de croisière Zaandam et Rotterdam doivent normalement arriver en vue des côtes de Floride, jeudi 2 avril. À leur bord près de 2 000 croisiéristes, dont 105 Français, mais aussi quatre morts et des personnes avec des symptômes du coronavirus. Partis d’Argentine le 7 mars, ils errent depuis 15 jours le long des côtes du continent américain. Du Chili à Panama en passant par l’Equateur et le Pérou tous les pays ont pour le moment refusé de les laisser débarquer.

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    Depuis le dimanche 22 mars, les croisiéristes du Zaandam sont dorénavant confinés à l’extrême. Nicole Avot, 65 ans, et son époux n’ont plus quitté les 12 m² de leur cabine : « Nous sommes totalement confinés. Les repas sont livrés au pied des portes, les poubelles ne sont pas vidées, les draps ne sont pas changés. »

    Le moral commence à se mettre en berne, sachant que l’on ne connaît pas le nombre de malades à bord.Nicole Avot, à bord du Zaandamà franceinfo

    Il y aurait à bord du Zaandam au moins neuf cas avérés de Covid-19, près de 190 personnels de bord ou passagers présentant des symptômes grippaux suspects et quatre personnes décédées.

    Incertitude sur les évacuations

    Florence Foyatier, 69 ans et en bonne santé apparente, a été transférée sur le paquebot de secours, le Rotterdam, mais mercredi les deux navires ont dû mettre en panne, au large de Cuba. « Un navire avec du matériel pour la respiration est parti du Rotterdam pour rejoindre le Zaandam, indique Florence Foyatier. Il y a deux personnes qui sont très très mal ».

    Il y a vraiment beaucoup de malades potentiels Covid-19 mais il n’y a pas eu de tests pour tout le monde.Florence Foyatier, à bord du Rotterdamà franceinfo

    Le problème c’est de savoir où les deux navires pourront débarquer. Le gouvernement de Floride a annoncé que seuls les croisiéristes résidant en Floride pourraient débarquer. Le président américain, Donald Trump, a annoncé pour sa part que Canadiens et Britanniques pourront…

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  • Une mesure drastique. Face au coronavirus, Cuba placera à l’isolement tous les touristes encore présents sur l’île mardi, à l’entrée en vigueur de la fermeture partielle des frontières pour un mois, a annoncé lundi 23 mars le Premier ministre Manuel Marrero. « Tous les touristes encore présents dans les hôtels sont placés à l’isolement. (…) Ils ne peuvent pas sortir de l’hôtel » jusqu’à ce qu’ils trouvent un vol pour rentrer chez eux, a-t-il déclaré à la télévision.

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    Le Premier ministre cubain a ajouté que les excursions et locations de voitures vont être suspendues. Il a précisé que 32 500 touristes étrangers se trouvaient lundi à Cuba. Nombre d’entre eux se sont pressés lundi à l’aéroport de La Havane, angoissés à l’idée de ne pas trouver de vol alors que la plupart sont complets et que certaines compagnies ont commencé à suspendre leurs liaisons.  

    Fermeture des écoles

    Cuba a résisté jusqu’au dernier moment à appliquer des restrictions à ses frontières, car le tourisme est son moteur économique et sa deuxième source de devises (3,3 milliards de dollars en 2018). Le pays s’y est finalement résigné : à partir de mardi, seuls les Cubains et étrangers résidents sur l’île pourront y entrer, durant une période d’un mois.

    Autres mesures annoncées lundi : la fermeture des établissements scolaires pendant un mois, geste inédit depuis la révolution socialiste de 1959 qui a fait de l’éducation et de la santé ses deux piliers. De même, les Cubains ne pourront, sauf autorisation exceptionnelle, quitter le pays, afin de « protéger leur santé », selon le Premier ministre.

    L’île a enregistré jusqu’à présent 40 cas de coronavirus, dont un décès – un touriste italien de 61 ans –, tous venant de l’étranger ou du contact direct avec ces patients. Les autorités sanitaires cubaines assurent qu’il n’y a pas encore de contagion entre habitants sur l’île.

    La sélection de franceinfo sur le coronavirus
    • Eclairage. Quatre questions sur la chloroquine, présentée…

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  • Des médecins cubains s’apprêtent à partir en Italie pour aider le pays à lutter contre le coronavirus, le 21 mars 2020. (YAMIL LAGE / AFP)

    Il y a deux jours, 52 médecins cubains sont arrivés en Italie, posant fièrement à la sortie de leur avion. Image inattendue en Europe : mais les habitants des zones d’épidémies violentes sont habitués à voir arriver des médecins de La Havane. Cela a été le cas en Haïti au moment du choléra, d’une partie de l’Afrique de l’ouest au moment de la lutte contre Ebola… Les médecins cubains sont connus et reconnus pour leur savoir-faire en la matière et c’est à dessein que l’Italie a fait appel à eux. 

    On imaginait pourtant que Cuba, île pauvre, avait suffisamment à faire avec ses propres problèmes… Mais non, Cuba exporte sa médecine avec grand succès et il y a une raison historique à cela. Au moment de la Révolution cubaine, en 59, la moitié des 6 000 médecins quittent l’Ile pour fuir le castrisme. Immédiatement, Castro met en place un système de formation médicale, pour les remplacer. Cela fonctionne, et la médecine cubaine est vite réputée. C’est aussi une ressource pour l’Ile. Les médecins cubains s’exportent, et c’est le régime qui perçoit les salaires payés par les pays qui font appel à eux : une petite partie seulement est reversée aux médecins. L’essentiel finance un service médical gratuit pour tous, dans tout Cuba. Au fil des ans, l’exportation de la médecine est devenue la première ressource financière de l’Ile.  

    Une médecine réputée, même si ce système castriste fait grincerBien sûr, c’est un système autoritaire. Mais Cuba est même félicitée par l’OMS pour avoir le plus faible taux de transmission du Sida de la mère à l’enfant, par exemple, en 2015. En 2019, 50 000 médecins cubains travaillent à l’étranger, sans forcément en avoir le choix, et en voyant leur famille tous les deux ans au mieux. Cette internationale de la médecine cubaine est souvent dénoncée comme un esclavagisme médical. Mais à l’heure du Coronavirus, l’Italie, puis d’autres…

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  • File d’attente devant une station-service à La Havane le 19 septembre 2019 (YAMIL LAGE / AFP)
    Le prix des voitures reste prohibitif pour une grande majorité de la population à Cuba. Le gouvernement a bien promis une baisse des tarifs de 10%, mais cela ne sera pas suffisant. Les voitures américaines des années 50, les Lada et Moskovitch héritées de la période soviétique, ont sans doute encore de beaux jours devant elles.

    Ibrahim Manzanet est carrossier et ces vieilles voitures sont celles qu’il répare en majorité, mais lui ne peut même pas se permettre d’avoir son propre véhicule. « L’offre qu’ils proposent n’a rien à voir avec ce qu’on nous paye, nous les Cubains. Moi on me paye en monnaie cubaine et ces prix sont dans la monnaie de là-bas. »

    Je suis fou d’impatience d’avoir une voiture mais je ne peux pas. Les voitures sont dix fois plus chères ici qu’ailleurs !

    Ibrahim Manzanet, carrossierà franceinfo

    La majorité des Cubains s’en remettent donc au transport public, de vieux et rares bus que l’on appelle ici les guagua. Antonio, un jeune coursier, se déplace donc toute la journée, en bus, en taxi collectif, en vélo… Il ne rêve même plus de posséder une voiture : « Ici à Cuba, c’est presque un luxe d’avoir une voiture et je ne suis vraiment pas d’accord avec les prix qu’ils imposent. »

    L’État garde le monopole des prix

    Le gouvernement cubain se justifie en expliquant que les recettes de ces ventes seront destinées à améliorer le transport public. Mais si ces voitures sont désormais proposées en devises étrangères, c’est surtout parce que Cuba a besoin de liquidités. La vente de voitures en monnaies fortes fait partie d’un large plan de réformes économiques engagées il y a plusieurs mois, avec l’ouverture en octobre dernier de nouveaux magasins, en devises également, dans lesquels les Cubains peuvent désormais acquérir des climatiseurs, réfrigérateurs et autres appareils électroménagers. Autrement dit, c’est à travers le portefeuille des Cubains qui reçoivent des mandats d’argent ou qui parviennent à changer au…

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  • L’histoire se déroule en 1990 à La Havane (Cuba). René González embrasse sa femme et sa fille avant de partir travailler. Il sait déjà qu’il ne rentrera pas. Ce pilote a décidé de fuir le pays et son régime communiste. Il rejoint des exilés qui luttent contre l’autorité de Fidel Castro à Miami (États-Unis). Sa femme, interprétée par Penélope Cruz, tombe des nues et le prend pour un traître. « C’est vrai qu’elle n’avait aucune idée de ce que faisait son mari. Elle s’est sentie délaissée, abandonnée, trahie », explique l’actrice espagnole.

    Des espions infiltrés aux États-Unis

    En réalité, son mari appartient à un réseau chargé par le régime cubain d’infiltrer les organisations anticastristes aux États-Unis. Inspiré de personnes et de faits réels, Cuban Network revient sur un épisode méconnu de la guerre froide. Arrêtés par le FBI en 1998, les espions du réseau ont passé de longues années en prison. Après leur libération, ils ont été décorés par Raúl Castro, le frère de Fidel Castro.

    Cuban Network, réalisé par Olivier Assayas, sort en salles mercredi 29 janvier.

    JT de 12/13 du mercredi 29 janvier 2020 L’intégrale

    1 Coronavirus : les premiers expatriés évacués de Chine

    2 Coronavirus : les habitants de Pékin se confinent

    3 Coronavirus : la Chine aurait fait pression sur l’OMS

    4 Réforme des retraites : une nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle partout en France

    5 Réforme des retraites : les syndicats restent mobilisés

    6 Brexit : les Britanniques qui vivent en France privés d’élections municipales

    7 SNCF : le train Cévenol fait peau neuve

    8 Transports : dans les coulisses d’un convoi exceptionnel

    9
    Polynésie française : la médecine traditionnelle fait son entrée à l’hôpital

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  • Penélope Cruz dans « Cuban Network » d’Olivier Assayas (RONIN NOVOA WONG)
    Ce n’est pas la première fois que le réalisateur d’Après mai et de Carlos, dont il retrouve l’acteur principal, Edgar Ramirez, traite un sujet historique, mais là, il prend un plaisir évident à succomber au genre.

    Début des années 90, alors que la guerre froide touche à sa fin, des Cubains fuient leur île natale pour Miami, où ils infiltrent les réseaux anticastristes. La dissimulation, le mensonge, les missions aériennes entre Cuba et la Floride, Assayas prend des accents hollywoodiens, le budget en moins. Mais c’est du Assayas qui évidemment ne se contente pas de relater ces faits qui ont marqué l’histoire tendue des relations entre Cuba et les États-Unis.

    Le malaise des Cubains face à mes questions me fendait le coeur.

    Penélope Cruz

    Ses personnages sont des soldats au service de Fidel Castro, prêts à tout pour accomplir leur mission, quitte à désespérer les femmes qui ne soupçonnent pas leur vraie identité.

    Penélope Cruz est l’une d’elles, épouse d’un des agents de ce réseau. Laissée dans l’ignorance, elle acceptera de subir toutes les conséquences de cette affaire par amour et patriotisme. C’est grâce à elle que le public entre dans la profondeur du film. 30 ans après les faits, Castro est mort, mais Cuba reste une prison à ciel ouvert sous les tropiques. Durant le tournage, Penélope Cruz n’a pas obtenu toutes les réponses aux questions qu’elle se posait sur ce pays.    

    Histoire d’un regard de Mariana Otero  

    Le sourire insolent de Daniel Cohn-Bendit face à un CRS en mai 68, l’entrée triomphale de Moshe Dayan à Jérusalem un an plus tôt, l’une des plus belles images du couple Gainsbourg-Birkin, c’est Gilles Caron. Considéré comme le meilleur photographe de sa génération, disparu à 30 ans à peine, au Cambodge, il laisse des dizaines de milliers de photographies qui témoignent d’une époque et d’un mystère que Mariana Otero tente de décrypter, après avoir découvert le destin de ce grand ami de Raymond Depardon par hasard.  

    J’utilise un dispositif qui…

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  • À La Havane, les slogans et images à l’effigie de Fidel Castro et du Che Guevara font office de publicité. Une vieille voiture américaine des années 50 passe derrière une Moskovitch, nous renvoyant subitement aux époques américaine puis soviétique qu’a connues La Havane du XXe siècle. Au-delà de son parc automobile réduit et vieillissant, La Havane offre un paysage architecturale éclectique. « L’architecture cubaine, c’est toutes les écoles et aucune école », explique Felix Julio Alfonso, du Bureau de l’historien de la ville. « Ici, on voit réunis le baroque, l’art nouveau, l’art déco, des styles qui se mélangent les uns aux autres. Cela nous offre une richesse et une diversité. »

    Ville légendaire, la capitale de Cuba fête ses 500 ans. La Havane se pare et se prépare à accueillir samedi 16 novembre de nombreuses personnalités et chefs d’Etat « amis » de Cuba, pour fêter cet anniversaire. Parmi les invités, le président venezuélien Nicolas Maduro, le chef d’Etat du Nicaragua Daniel Ortega, mais aussi Barack Obama, Jimmy Carter et François Hollande qui, lui, a confirmé sa visite à La Havane.

    Une ville qui sent encore la peinture fraîche

    Dans les rues de la vieille Havane, des façades décrépites côtoient des bâtiments coloniaux repeints en couleurs. Un charme unique au monde, selon la jeune Angelica, originaire de Santiago et fière d’habiter dans une capitale classée au patrimoine mondial de l’Unesco. « La ville, je la vois, comme on dit en cubain, comme une soupe », indique la jeune fille. « On peut y voir de tout, c’est comme un musée de toute les vies qu’a connues cette ville. »

    En péril jusque dans les années 80, un tiers de la vieille Havane a aujourd’hui été restauré. A la veille de son 500e anniversaire, la ville, que l’on dit arrêtée dans le temps, sent encore la peinture fraîche pour accueillir comme il se doit ses invités, amis de Cuba.

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