Auteur/autrice : Info Cuba

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    Du jamais vu à Cuba depuis l’arrivée au pouvoir des frères Castro, en 1959 : un appel à la grève des transporteurs privés, les « boteros ». La consigne a circulé par messagerie électronique, sur les téléphones portables et par le bouche-à-oreille. Le motif ? La tentative des autorités de contrôler les tarifs. « A partir du lundi 27 février, nous, les transporteurs de tout Cuba, nous serons en grève, nous resterons tout simplement chez nous sans travailler, annonçait la convocation anonyme. Nous sommes quotidiennement harcelés par les agents de police, les inspecteurs de l’Etat et autres organismes. »

    Les chauffeurs de taxis collectifs demandent l’accès à un marché de gros pour l’essence et les pièces détachées, la réduction des impôts et la possibilité de créer un syndicat indépendant. Or, le régime castriste ne reconnaît ni le droit de grève ni la liberté syndicale. A La Havane et à Santa Clara (centre), des forces de sécurité ont été déployées et des véhicules des entreprises d’Etat ont été mobilisés, pour remplacer les taxis absents. Mercredi, la police antiémeute patrouillait encore à Santa Clara. Le week-end précédent, des coups de fil et des manœuvres d’intimidation ont répandu la peur de représailles parmi les grévistes potentiels.

    Sur le demi-million de Cubains qui travaillent à leur propre compte (« cuentapropistas »), 10 % d’entre eux font du transport en commun, soit dans les vieilles voitures américaines, soit en moto, voire en bicyclette. En province, une bonne partie du transport urbain utilise encore la traction animale. A La Havane, l’entreprise d’Etat dispose de 700 autobus pour 2 millions de voyageurs : le journal officiel Trabajadores reconnaît que le service public est « instable, insuffisant et de mauvaise qualité » et couvre à peine 50 % de la demande de la capitale.

    « L’Etat exploiteur qui paye des salaires de misère »

    Les transporteurs privés, eux, pratiquent un tarif plus élevé, qui oscille entre 10 et 20 pesos le déplacement,…

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    FMI-1

    Après le rétablissement des relations diplomatiques avec les Etats-Unis et la restructuration de la dette auprès du Club de Paris, assistera-t-on bientôt au retour de Cuba au Fonds monétaire international ? Une polémique sur le FMI, bête noire des altermondialistes, fait rage dans les espaces étriqués de la cybersphère cubaine, ce qui suppose des débats au sein des hautes sphères du régime de Raul Castro, traditionnellement opaques.

    Le sujet a été lancé par un jeune économiste, Pavel Vidal, rattaché au Centre d’études de l’économie cubaine de l’université de La Havane, qui a parfois l’oreille des officiels. Ce chercheur avait commencé par suggérer l’intérêt du FMI dans l’actuelle conjoncture cubaine, lors de discussions organisées par la revue Espacio Laical, publiée par l’archevêché de La Havane. Professeur invité à l’Université Javeriana, à Cali (Colombie), Pavel Vidal est allé jusqu’au bout de sa logique en fournissant un argumentaire favorable au retour au FMI, sous la forme d’un rapport diffusé par le think tank américain Atlantic Council en 2015. Il prône aussi la réintégration à d’autres institutions multilatérales, comme la Banque mondiale (BM), la Banque interaméricaine de développement (BID) ou encore la Banque de développement d’Amérique latine (CAF).

    Faute d’épargne interne, le gouvernement cubain reconnaît avoir besoin de 8 milliards de dollars (7,35 milliards d’euros) pour un décollage de l’économie. A cet effet, une nouvelle loi d’investissement direct étranger a été adoptée et un portfolio de propositions a été diffusé à l’intention des intéressés. Cela n’a pas été suffisant pour remporter leur décision. Le retour au FMI « réduirait la perception du risque que représentent les affaires avec Cuba », estime Pavel Vidal. La récente renégociation de la dette auprès des créanciers du Club de Paris n’a pas effacé le souvenir des comptes bloqués des compagnies étrangères, pour subvenir aux problèmes de trésorerie de La Havane.

    Le FMI…

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    François Hollande et le président péruvien Ollanta Humala, à Paris, en octobre 2013.

    François Hollande et le président péruvien Ollanta Humala, à Paris, en octobre 2013.

    Après un déplacement en Polynésie, François Hollande se rend au Pérou, en Argentine et en Uruguay, du lundi 22 février au vendredi 26 février. Le président de la République poursuit ainsi la relance de la diplomatie française en Amérique latine, après les visites effectuées au Brésil (décembre 2013), au Mexique (avril 2014) et à Cuba (mai 2015).

    A Lima, le moment ne semble pas très propice : le Pérou est en pleine campagne électorale et le président sortant, Ollanta Humala, ne peut plus grand-chose, en particulier sur les dossiers qui intéressent des entreprises françaises. Cependant, les diplomates français sont reconnaissants envers leurs homologues de Lima, car le succès de la COP 21, la conférence de Paris sur le climat, est en partie redevable des efforts de la présidence péruvienne de la COP 20. Ce sera la première visite d’un chef d’Etat français à Lima depuis le voyage historique du général De Gaulle en Amérique latine (1964) : difficile de parler de constance avec un tel décalage.

    Au Pérou, l’économie se porte plutôt bien et les échanges avec la France sont en hausse. En revanche, l’Argentine tente de surmonter les dégâts économiques et la diplomatie erratique des années Kirchner (2003-2015). François Hollande a été précédé de peu par le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, premier dirigeant européen à se rendre à Buenos Aires depuis l’alternance de décembre 2015. En outre, sa venue aura été quelque peu éclipsée par l’annonce de la visite de Barack Obama, les 23 et 24 mars, dans la foulée de son voyage historique à Cuba. En tout cas, l’Europe et les Etats-Unis sont ravis de voir l’Argentine revenir sur la scène internationale.

    L’Argentine et l’Uruguay sont membres fondateurs du Mercosur, l’union douanière sud-américaine, en panne depuis des années, alors que l’Alliance du Pacifique, dont le Pérou et le Mexique font partie, montre davantage de dynamisme. L’accord…

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    Pavel Vidal

    Pavel Vidal

    La Havane attend la visite historique du président Barack Obama, du dimanche 20 mars au mardi 22 mars. Les annonces de nouvelles affaires avec Cuba se multiplient depuis le rapprochement avec les Etats-Unis. A première vue, les opportunités sont nombreuses et la croissance de 4 % contraste avec le ralentissement ou la récession d’autres économies d’Amérique latine. Pourtant, à peine une dizaine d’investissements ont été confirmés depuis le dégel.

    Certes, Cuba ne calcule pas son produit intérieur brut (PIB) de la même manière que les autres. La Havane modifie les chiffres pour inclure les services de santé et d’éducation gratuits offerts à la population. Malgré cette distorsion, Pavel Vidal, économiste cubain et jeune chercheur du Centre d’études de l’économie cubaine, à l’Université de La Havane, estime que le PIB est « cohérent » avec la situation. Il tient compte du poids de l’Etat, reflète l’augmentation du tourisme, des importations et des dépenses publiques, en dépit de l’ajustement qui s’est traduit par la réduction du nombre de fonctionnaires.

    « L’agriculture reste décevante, car les changements introduits par Raul Castro ont commencé par la remise de terres en usufruit », confie Pavel Vidal.  Le phénomène climatique El Niño, la sécheresse et la demande de denrées alimentaires pour les touristes ont provoqué des pénuries et un début d’inflation. « Les agriculteurs n’ont pas de réponse à cette demande accrue », affirme le chercheur. Au gouvernement, certains reconnaissent l’échec et sont tentés par un retour à la centralisation, « ce qui constituerait une reculade ».

    Pendant le XXe siècle, le sucre et ses dérivés ont été la principale ressource de l’île. Lors de l’effondrement provoqué par la fin des subsides soviétiques, dans les années 1990, ils ont été remplacés par les « remesas » (les envois de fonds des expatriés), le tourisme et le nickel, avec des investissements étrangers. Depuis une quinzaine d’années, l’exportation de services de…

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    Barack Obama entre Miriam Celaya et Manuel Cuesta Morua

    Barack Obama entre Miriam Celaya et Manuel Cuesta Morua

    Contrairement à François Hollande, au pape et à tant d’autres dirigeants politiques et religieux qui ont fait le déplacement à La Havane, Barack Obama n’a pas serré la main de Fidel Castro, ni cédé à la tentation de se faire un selfie avec le « Lider Maximo ». En revanche, le président américain a reçu des opposants pendant sa visite historique à Cuba, ce qu’ont soigneusement évité de faire François et l’hôte de l’Elysée. La diplomatie présidentielle a ses limites, certes, mais on peut l’exercer avec plus ou moins de dignité.

    Mardi 22 mars, le président Obama a reçu à l’ambassade américaine à La Havane treize opposants cubains : l’ancien prisonnier politique José Daniel Ferrer, fondateur de l’Union patriotique de Cuba (Unpacu), l’organisation qui progresse en province, à en juger par le nombre d’activistes interpellés ; le dirigeant du parti social-démocrate Arc progressiste, Manuel Cuesta Morua ; la porte-parole des Dames en blanc, l’association d’épouses de détenus politiques, Berta Soler ; la journaliste indépendante Miriam Leiva, veuve du regretté économiste Oscar Espinosa Chepe ; l’avocate du cabinet indépendant Cubalex, Laritza Diversent ; le président de la Commission pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale, Elizardo Sanchez ; le directeur de la revue Convivencia, le catholique Dagoberto Valdés ; le prix Sakharov du Parlement européen 2010, Guillermo Fariñas, réputé pour ses grèves de la faim ; le créateur du forum de débats Estado de Sats, Antonio G. Rodiles ; la blogueuse Miriam Celaya ; les militants pour les droits des communautés LGBT Juana Mora et Nelson Alvarez Matute ; et le rappeur Angel Yunier Remon, dit « El Critico ».

    « Violence et répression »

    M. Obama leur a dit « qu’il faut beaucoup de courage pour être un activiste à Cuba ». Tous les présents n’étaient pas sur une même longueur d’onde. « Certains ont exposé des opinions contraires à la politique…

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    castrofuneral

    Dilma Rousseff, Lula, Raul Castro, Nicolas Maduro, aux funérailles de Fidel (photo Instituto Lula).

    Depuis la fin 2015, on assiste à un tournant politique en Amérique du Sud : le reflux de la gauche et du populisme, qui ont marqué la région après l’élection du lieutenant-colonel Hugo Chavez à la présidence du Venezuela (1999-2013). En Argentine, la défaite du péronisme à la présidentielle de novembre 2015, a été aussitôt suivie par la victoire de l’opposition vénézuélienne aux législatives de décembre. Au Brésil, après la destitution controversée de la présidente Dilma Rousseff, le 31 août 2016, son Parti des travailleurs (PT, gauche) a subi une débâcle sans précédent aux municipales d’octobre. Au même moment, au Chili, la victoire de l’opposition aux municipales est un mauvais augure pour la coalition gouvernementale de centre gauche, avant la présidentielle de 2017.

    Ces événements ne constituent pas le retour du balancier vers une droite conservatrice, mais plutôt un recentrage au profit du centre droit (en Argentine, au Brésil, au Pérou), voire du centre gauche (la coalition majoritaire à l’Assemblée nationale du Venezuela). En Colombie le centre droit fait la paix avec la guérilla d’extrême gauche, contre l’avis de la droite dure. Et la gauche est toujours au pouvoir au Salvador et au Nicaragua, en Bolivie et en Equateur, sans oublier le centre gauche en Uruguay.

    Certains observateurs expliquent le renversement de tendance en Amérique du Sud par la fin du super-cycle de hausse des prix des matières premières (hydrocarbures, soja ou minerais). La réduction des recettes fiscales entraînerait une crise des politiques redistributives. Outre un déterminisme mécanique, l’inconvénient de cette explication est d’être contredite par la diversité de situation des vingt républiques d’Amérique latine. La récession au Venezuela, au Brésil, en Argentine ou en Equateur contraste avec la croissance molle du Chili, du Mexique ou de Cuba, et avec la bonne conjoncture en République dominicaine,…

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  • Causeur: Même si l’on considère Fidel Castro comme le pire des tyrans, il semble être resté assez populaire à Cuba jusqu’à sa mort. Comment pouvez-vous expliquer cela ? (suite…)

  • Séries Mania a présenté au Forum des images, à Paris, en première mondiale, les deux premiers épisodes de la série Quatre saisons à La Havane, adaptée des polars de Leonardo Padura. (suite…)