Cuba : pourquoi l’économie ne décolle pas

Pavel Vidal

La Havane attend la visite historique du président Barack Obama, du dimanche 20 mars au mardi 22 mars. Les annonces de nouvelles affaires avec Cuba se multiplient depuis le rapprochement avec les Etats-Unis. A première vue, les opportunités sont nombreuses et la croissance de 4 % contraste avec le ralentissement ou la récession d’autres économies d’Amérique latine. Pourtant, à peine une dizaine d’investissements ont été confirmés depuis le dégel.

Certes, Cuba ne calcule pas son produit intérieur brut (PIB) de la même manière que les autres. La Havane modifie les chiffres pour inclure les services de santé et d’éducation gratuits offerts à la population. Malgré cette distorsion, Pavel Vidal, économiste cubain et jeune chercheur du Centre d’études de l’économie cubaine, à l’Université de La Havane, estime que le PIB est « cohérent » avec la situation. Il tient compte du poids de l’Etat, reflète l’augmentation du tourisme, des importations et des dépenses publiques, en dépit de l’ajustement qui s’est traduit par la réduction du nombre de fonctionnaires.

« L’agriculture reste décevante, car les changements introduits par Raul Castro ont commencé par la remise de terres en usufruit », confie Pavel Vidal.  Le phénomène climatique El Niño, la sécheresse et la demande de denrées alimentaires pour les touristes ont provoqué des pénuries et un début d’inflation. « Les agriculteurs n’ont pas de réponse à cette demande accrue », affirme le chercheur. Au gouvernement, certains reconnaissent l’échec et sont tentés par un retour à la centralisation, « ce qui constituerait une reculade ».

Pendant le XXe siècle, le sucre et ses dérivés ont été la principale ressource de l’île. Lors de l’effondrement provoqué par la fin des subsides soviétiques, dans les années 1990, ils ont été remplacés par les « remesas » (les envois de fonds des expatriés), le tourisme et le nickel, avec des investissements étrangers. Depuis une quinzaine d’années, l’exportation de services de…


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