L’écrivain Leonardo Padura face à la mémoire de la guerre d’Angola à Cuba

Séries Mania a présenté au Forum des images, à Paris, en première mondiale, les deux premiers épisodes de la série Quatre saisons à La Havane, adaptée des polars de Leonardo Padura.

L’écrivain cubain fait paraître presque en même temps un recueil de récits, Ce qui désirait arriver, traduit par Elena Zayas, aux éditions Métailié (en librairie le 6 mai).

Leonardo Padura est attendu au Festival Étonnants voyageurs à Saint-Malo (14-16 mai). Nous l’avons rencontré à Séries Mania, le 21 avril. Les récits et la saga du détective Mario Conde ont un point commun : la participation des troupes cubaines à la guerre civile en Angola (1975-2002).

« L’Angola a été la guerre de ma génération, raconte Leonardo Padura. Il n’y a pas de guerre qui ne soit pas traumatisante. En 1989, lorsque je travaillais au quotidien Juventud Rebelde, on a rapporté à Cuba les cadavres de Cubains morts en Angola. J’étais surpris par le nombre réduit de victimes fatales au cours d’une guerre aussi longue [2.000 selon des chiffres officiels]. Beaucoup sont décédés à la suite de maladies ou d’accidents, mais très peu en combat.

« C’était une responsabilité pour des gens qui n’étaient pas préparés à cette épreuve. Moi-même je suis resté un an en Angola comme journaliste. Dans des conditions extrêmes, les gens révèlent leurs plus grandes bontés de caractère et aussi leur mesquinerie. Cette expérience a marqué ma génération et un personnage clé de la série, Carlos el Flaco, cloué à sa chaise roulante à cause d’une blessure. Face au pessimisme nostalgique de Mario Conde, il représente l’optimisme de celui qui est foutu. Il sert d’ailleurs d’appui à son ami.
Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.