Cuba annonce son bilan contre le trafic de drogue

Sous le titre « La bataille contre la drogue avance », le quotidien officiel Granma et l’hebdomadaire Trabajadores, citant les chiffres du ministère de l’Intérieur, ont annoncé qu’environ 400 personnes avaient été jugées à Cuba pour trafic de drogue entre janvier 2003 et le 31 juillet 2004, dans le cadre d’une grande opération contre l’apparition « d’un marché intérieur en phase initiale » et l’accroissement du trafic international autour de l’île.

La publication de ces chiffres intervient à la veille de l’assemblée générale annuelle d’Interpol, qui débute mardi à Cancun, dans le sud-est du Mexique, et sera consacrée à la lutte contre le terrorisme, le trafic de drogue et des êtres humains, ainsi qu’à la sûreté publique et la criminalité financière.

Sur la période considérée, les forces de police ont saisi 7,8 tonnes de drogue, surtout de la marijuana et dans une moindre mesure de la cocaïne, en général dans des chargements « lancés » en mer à partir d’avions et destinés à être récupérés ensuite par des vedettes rapides venues de la région, ou abandonnés sur les côtes cubaines par des trafiquants repérés.

« Par la voie maritime, quatre opérations de trafic de drogue international ont été déjouées, au cours desquelles 13 personnes ont été détenues », selon l’article, qui précise que les informations communiquées par les pays voisins, dont les Etats-Unis, ont permis la saisie de cinq bateaux, d’un avion et l’arrestation de 20 narcotrafiquants.

Dans les ports et les aéroports cubains, 14 opérations de trafic de stupéfiants ont été déjouées avec l’arrestation de 24 personnes et la saisie de 30 kgs de drogue.

L’arrestation la plus spectaculaire a été celle, le 2 juillet dernier à La Havane, du Colombien Luis Hernando Gomez Bustamante, alias « Rasguno », chef du cartel « Norte del Valle », responsable de 30 à 50% du trafic de cocaïne sur les Etats-Unis.

Tête de liste des trafiquants dont l’extradition est demandée aux Etats-Unis, « Rasguno », entré à Cuba avec un faux passport mexicain, est également demandé par les autorités de son pays.

316 étrangers ont été trouvés en possession de petites quantités de drogues pour leur usage personnel, selon les mêmes sources, laissant entendre qu’ils n’avaient pas été détenus.

« 65,2% des condamnés ont écopé de peines de prison égales ou supérieures à six ans de prison », selon Granma et Trabajadores.

L’opération, baptisée « Cuirasse populaire » à l’intérieur et « Aché III » pour les interventions douanières et dans les eaux autour de l’île, « a permis d’éloigner les actions des trafiquants de drogue de nos eaux territoriales », estiment les deux publications.

A preuve, « les six premier mois de cette annnée ont vu une tendance à la baisse des quantités de drogue saisies (1.314,1 kg), soit un peu moins de la moitié » que durant la même période en 2003.

Le trafic de drogue est un thème particulièrement sensible à Cuba, traumatisé il y a 15 ans par « l’affaire Ochoa », du nom du général Arnaldo Ochoa, héros de la guerre d’Angola, fusillé en juillet 1989 avec trois autres compagnons sous l’accusation de trafic de drogue, au terme d’un procès qualifié par la presse internationale de « dernier procès stalinien » du siècle.

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