SIDA : l’exception cubaine

Le rapport note que l’épidémie présente de grandes variations en étendue et en intensité aux Caraïbes.
On estime que la prévalence du VIH chez l’adulte au niveau du pays dépasse 1% à la Barbade, à la Jamaïque, en République dominicaine et au Suriname, 2% aux Bahamas, au Guyana et à Trinidad et Tobago, et 3% en Haïti. A Cuba, la prévalence serait encore inférieure à 0,2%.

L’épidémie de Cuba reste – et de loin – la plus discrète de toutes les Caraïbes, avec une prévalence du VIH chez l’adulte estimée à moins de 0,1%. Il y a néanmoins une augmentation du nombre de nouvelles infections au VIH et les mesures de prévention prises à Cuba semblent ne pas pouvoir rattraper les circonstances qui favorisent la propagation du VIH, notamment les inégalités croissantes en matière de revenus et une industrie du sexe en pleine expansion. Par ailleurs, le système cubain de prévention de la transmission mère-enfant reste remarquablement efficace.

Si l’accès universel au traitement est atteint à Cuba et si le niveau de couverture est assez élevé aux Bahamas et à la Barbade, dans trois des pays de la région parmi les plus gravement atteints, les personnes concernées ne jouissent que d’un accès médiocre à ces traitements : seul un tiers des personnes qui auraient dû recevoir un traitement antirétroviral à Trinidad-et-Tobago le recevaient en septembre 2005, proportion encore réduite à 12% en Haïti et à 10% en République Dominicaine.

Depuis 1986, seulement 6.782 Cubains ont été testés positifs pour le HIV et 2.784 ont développé le SIDA, avec 1.314 décès, selon le ministère de santé.
Dans les années 80 et jusqu’en 1993, les patients séropositifs étaient enfermés dans un sanatorium pour éviter la propagation de l’épidémie. C’est en grande partie cette mesure autoritaire qui explique les bons chiffres actuels de Cuba.

« la quarantaine était très efficace en arrêtant la première vague de l’épidémie qui est venue d’Afrique, étant donnée la quantité de personnes que nous avons eu là-bas, » a déclaré le Dr. Jorge Perez, directeur à l’institut tropical de médecine de Pedro Kouri de La Havane, en précisant que « naturellement, c’était douloureux pour les personnes internées. »

Mais aujourd’hui au sanatorium de « Los cocos »,dans une plantation de mangue et de noix de coco dans les environs de La Havane, les 300 patients résidents atteints du SIDA sont là parce qu’ils veulent y être.

Ils vivent dans des pavillons où sont autorisés les compagnons et les animaux de compagnie, et la nourriture fournie est meilleure que dans le ménage cubain moyen.

Sans compter l’apport des soins médicaux, « Los Cocos » donne aux patients homosexuels un refuge dans la société homophobe cubaine.

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