Fidel Castro, et après ?

Après le décès de Fidel Castro, les termes du dilemme paraissent être simple :une succession dynastique du castrisme, comme en Corée du Nord, ou une transition vers la démocratie et l’économie de marché, comme il s’est produit en Europe de l’Est après la chute du mur de Berlin.

Raúl Castro; son gendre, le colonel Luis Alberto Rodriguez ; les généraux Julio Casas, Abelardo Colomé Ibarra, Ulises del Toro et Alvaro López Miera, et les politiciens et les fonctionnaires Carlos Lage, Felipe Pérez Roque, Ricardo Alarcón, Francisco Soberón, Fernando Remírez d’Estenoz, ont discrètement conçu leur feuille de route pour gouverner le pays après le décès du Commandant.

Il s’agit du plan de succession qui serait mené à bien après l’enterrement en grande pompe de Castro et de la déclaration publique d’adhésion inébranlable et éternelle à la mémoire et à l’idéologie du Lider Maximo.

Le projet est très simple, et, du point de vue de la classe dirigeante, viable. Une fois enterrés avec les honneurs le Commandant, on entame une ouverture économique à la chinoise ou à la vietnamienne, avec des relations étroites avec les nations développées d’Occident, en permettant timidement l’apparition progressive de la petite propriété privée, mais en maintenant simultanément un contrôle politique et économique strict, de sorte que la situation ne risque pas d’échapper au contrôle de cette nouvelle oligarchie.

Pour pouvoir mener à bien pacifiquement cette transformation, les nouveaux maitres de Cuba auront besoin de normaliser les relations avec les Etats-Unis et, dans une moindre mesure, avec l’Union Européenne. Pour atteindre cet objectif, qui inclue la levée de l’embargo, les héritiers de Castro, sont disposés à offrir trois récompenses à Washington : le contrôle de l’émigration clandestine, la surveillance sur le trafic de drogues, et une diminution du rôle de Cuba comme étendard de la lutte anticapitaliste et antiaméricaine.

Leur justification est facile à imaginer : il est nécessaire de maintenir le système de parti unique, sans ouvrir pour l’instant le jeu démocratique, pour éviter que les Etats-Unis annexent Cuba.
De même, il s’avére indispensable de maintenir le contrôle de l’économie dans les mains des révolutionnaires pour préserver les réalisations de la révolution dans le domaine de l’éducation et de la santé. En l’absence d’un travail historique sérieux et d’évaluation des fameux acquis de la Révolution, la future dictature post castriste, dispose d’ un alibi idéologique pour affronter sans faire de concession réelle l’étape cruciale qui suivra la mort inévitable de Fidel Castro.

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