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Cuba, contes et légendes

« Cuba a enregistré en 2006 le plus faible taux de mortalité infantile de son histoire et d’Amérique latine, avec seulement 5,3 décès pour 1.000 naissances, ce qui a placé l’île caraïbe au deuxième rang du continent derrière le Canada, a indiqué mercredi le ministère de la Santé. » Voilà pour les faits que rappelle l’AFP dans un dépêche anodine. Mais la dépêche se termine par un autre commentaire qui reproduit, sans le vouloir, la légende de Cuba avant la révolution, à savoir un pays sous développé et arriéré.

« Cuba, où les bébés de moins d’un an sont vaccinés systématiquement contre 13 maladies, avait un taux de mortalité infantile extrêmement élevé, 37,3 pour 1.000 en 1960, au début de la « révolution » menée par Fidel Castro. » écrit l’AFP.

En vérité la mortalité infantile était à Cuba en 1958 de 36,7 pour 1000, (source : http://www.hist.umontreal.ca/U/morin/pub/Cubdemo.htm ) soit un taux comparable à ceux des pays développés de l’époque ( la France se situait à la même année à 31,4), et ensuite ce taux a augmenté pendant les premières années de la révolution pour atteindre un maximum de 45,2 pour 1000 en 1962.
Par conséquent le taux de mortalité infantile était à Cuba, plutôt bas, puisque proche d’un pays développé, ce qui correspond d’ailleurs avec les autres indicateurs économiques de Cuba de l’époque qui plaçait Cuba dans le groupe de tête des pays les plus développés d’Amérique Latine.

Mais la situation de Cuba avant la révolution est devenue comme beaucoup d’autres sujets historiques, un leitmotiv de la propagande cubaine, qui est souvent reproduit sans le moindre recul par les médias occidentaux.
Or en 1958, Cuba n’est pas le pays arriéré que décrit systématiquement la propagande du régime cubain. Cuba se situe au troisième rang des pays d’Amérique latine pour le PIB par habitant, et au quatrième rang pour l’espérance de vie, mais aussi pour l’instruction, la santé et la protection sociale.

En 1957, Cuba comptait parmi les pays d’Amérique Latine en pointe pour l’élevage du bovin et la consommation de viande (0,9 tête de bétail par habitant). Aujourd’hui la viande de bœuf a disparu de l’assiette des Cubains : il ne reste que 4 millions de tête de bétail pour une population de 11 millions d’habitants.
Cuba comptait en 1958 une presse abondante : la troisième du continent latino américain en diffusion par habitant avec 58 quotidiens et 129 magazines.
La grande île affichait aussi un santé financière insolente : le peso cubain est aligné sur le dollar américain et avec des réserves de changes évaluées à 387 millions de dollars, Cuba dispose de la troisième cagnotte de la région, derrière le Vénézuela et le Brésil.

Même chose pour l’alphabétisation, qui est systématiquement présentée comme une grande conquête du socialisme. En vérité d’autres pays ont fait mieux que Cuba. En 1958 Cuba affiche un taux d’alphabétisation de 76%, en quatrième position des pays d’Amérique Latine (après l’Argentine, le Chili, et le Costa Rica), et il est aujourd’hui de 96%.
Lorsqu’on adopte une vision relative des progrès du système éducatif cubain, les performances n’ont rien d’exceptionnel : d’autres pays d’Amérique Latine qui affichait des taux comparables à ceux de Cuba en 1957, ont réalisés des progrès similaires. Durant la même période, le Paraguay a augmenté son taux d’alphabétisation de 68 à 93% et la Colombie de 62 à 92%. (SOURCE: UN STATISTICAL YEARBOOK 1957, pp. 600-602; UN STATISTICAL YEARBOOK 2000, pp. 76-82. )

Par conséquent ces évolutions positives ont eu lieu non pas grâce au socialisme, comme on le répète constamment, mais malgré le socialisme qui a appauvri considérablemeent Cuba et la population cubaine.

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