Cuba mange américain

En dépit du discours officiel du gouvernement cubain qui diabolise quotidiennement les États Unis, en les rendant responsable de l’échec du socialisme et des pénuries, l’alimentation de base des cubains (riz, haricots, soja et poulet) provient en majeure partie des États Unis.

Les 340 millions de dollars d’exportations vers Cuba en 2006 ont représenté une légère baisse d’ environ 3 pour cent par rapport à 2005 : un déclin provoqué principalement par des subventions et des crédits généreux du Venezuela et de la Chine pour favoriser leurs produits.

La plupart des Américains, et bon nombre d’Européens pensent que l’embargo américain sur Cuba bloque tout le commerce avec le gouvernement communiste de Cuba, mais les États-Unis sont le premier fournisseur de produits agricoles et alimentaires de Cuba depuis au moins trois ans. En fait, beaucoup de Cubains dépendent des récoltes cultivées en Arkansas dans le Dakota du Nord pour leur riz et leurs haricots, composantes essentielles de l’alimentation de base à Cuba.

Depuis décembre 1999, les gouverneurs, les sénateurs et les membres du Congrès d’au moins 28 états des États-Unis ont visité Cuba, la plupart pour parler commerce et exportations. Et ils continuent à venir : le gouverneur Dave Heineman du Nébraska était à La Havane la semaine dernière avec une délégation de fermiers. Le gouverneur de l’Idaho est attendu pour le mois prochain.

Le gouverneur de l’Etat du Nebraska, Dave Heineman, s’est prononcé à La Havane en faveur de la normalisation des relations entre les Etats-Unis et Cuba, qui permettrait l’établissement d’un commerce bilatéral bénéficiant aux deux partenaires.

En réalisant son troisième voyage à Cuba, l’homme politique étasunien a exprimé sa satisfaction et s’est déclaré optimiste concernant la signature prochaine de deux accords commerciaux -qualifiés de très importants- avec des cadres de l’entreprise d’importation d’aliments (ALIMPORT) .

Les sanctions de Washington empêchent la plupart du commerce avec Cuba, mais une loi passée par le Congrès en 2000 a autorisé les achats de nourriture et de produits agricoles en contrepartie d’un paiement comptant.

Cuba a finalement accepté de tirer profit de cette loi après que l’ouragan Michelle ait en novembre 2001 dévasté ses stocks de nourriture.

Depuis lors Cuba a payé aux États Unis plus de 1.5 milliards de dollars en achats de nourriture américaine et produits agricoles.

Les États-Unis exportent du poulet, blé, maïs, riz et le soja , délivrés au compte-gouttes aux Cubains avec le carnet de rationnement (libreta) du gouvernement cubain. Les Etats-Unis envoient également des colas de marque Cuba, de la mayonnaise, et des barres de sucrerie, aussi bien que des produits laitiers divers.

Kirby Jones, fondateur de « l’association commerciale Cuba États-Unis » à Washington, a indiqué que la compagnie d’importation de nourriture cubaine Alimport a un département entier consacré aux achats américains.

Jones était à Cuba ce mois avec des cultivateurs et des exportateurs de poulet de l’Arkansas, d’haricot du Nébraska et des fonctionnaires du port de Corpus Christi, Texas.

Les « centaines et les centaines de cadres américains sont venus ici, » a t-il dit.

Mais Ricardo Alarcon, président du parlement a dit que La Havane ne s’attendait pas à ce que l’embargo des États-Unis soit levé sous le Président Bush. L’administration Bush a resserré les restrictions en 2004, limitant davantage les voyages des États-Unis vers Cuba, et imposant des règles plus strictes pour les paiements cubains sur les marchandises en provenance des États-Unis.

N’importe quel changement important de la politique des États-Unis envers Cuba serait difficile en vertu de la loi de 1996 Helms-Burton, qui interdit la normalisation des relations avec Cuba tant que Fidel Castro ou son frère Raul sont au pouvoir.

En dépit des changements répétés dans le congrès, l’embargo a toujours des défenseurs dans les deux Partis et dans les deux assemblées (Sénat et Chambre des représentants)

Le représentant Jerry Moran, un républicain du Kansas, a présenté une loi en février cherchant à favoriser des ventes agricoles américaines vers l’île en autorisant Cuba à payer directement aux banques des États-Unis plutôt que de passer par des pays tiers. Mais une mesure semblable présentée en 2005 n’avait pas été approuvée.

Certains croient que l’intérêt américain pour les nouveaux espoirs d’exploration du pétrole à Cuba pourrait changer la donne politique.

Cuba projette le forage en eau profonde, recherchant des dépôts de pétrole brut à moins de 100 miles de la côte de la Floride. Les compagnies pétrolière de Chine, Inde, Espagne ont déjà investit, mais les sociétés américaines sont interdites en vertu de l’embargo.

Les sénateurs Larry Craig, un républicain de l’Idaho, et Byron Dorgan, un démocrate du Dakota du Nord, ont présenté une loi ce mois qui ouvrirait l’accès aux eaux cubaines pour les compagnies pétrolière des États-Unis et de gaz naturel.

« Si on ouvre un passage dans l’embargo sur le pétrole, » Jones a dit. « Nous ne parlons plus de mayonnaise maintenant. Nous parlons de million et de millions de dollars. »

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