Tourisme à Cuba : sous la plage, les prisons.

Plutot ambigue, l’attitude de la France envers Cuba : après s’être tardivement émue des violations des droits des droits de l’homme à Cuba, la France était-elle vraiment obligée de se faire representer par un ministre pour inaugurer un banal salon commercial à Cuba ?

La semaine dernière encore, Elizardo Sanchez, le dissident historique et défenseur des droits de l’homme à Cuba, dénonçait les arrestations massives de jeunes (plus de 400) en majorité noirs, sans qu’aucun délit n’ait été retenu contre eux. En effet à Cuba la loi sur la « dangerosité sociale » permet d’interner sans jugement quiconque se comporte de façon contraire « à la morale socialiste ».

Le régime castriste s’est doté en 45 ans d’un véritable « goulag tropical », avec plus de 100.000 détenus aujourd’hui contre moins de 4.000 avant son arrivée au pouvoir.
Président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, interdite), Elizardo Sanchez Santa Cruz, lui-même ancien prisonnier politique, souligne l’hypertrophie du système carcéral cubain, passé de 14 prisons en 1958 à plus de 200 aujourd’hui.

Au total, entre 0,7 % et 0,9 % de la population cubaine est sous les verrous, le taux d’enfermement le plus élevé du monde.

Faut-il le rappeller : parmi les 75 dissidents et journalistes arretés en mars 2003, seulement une dizaine ont retouvé, provisoirement et pour raisons de santé, la liberté.

« Le modèle du tout balnéaire est partout à bout de souffle », a diagnostiqué Léon Bertrand. Mais est ce que ce n’est pas plutôt le « modèle » socialiste cubain qui est au bout du rouleau ?

Il faut une certaine dose de cynisme pour défendre le tourisme à Cuba, alors que les travailleurs qui servent les touristes y sont exploités comme nulle part ailleurs dans le monde : 210 pesos de salaires mensuels en moyenne, soit 8 euros environ, ou 5 centimes de l’heure.

Lorsqu’un touriste déjeune à Cuba, il dépense entre deux et trois mois de salaire de la personne qui tavaille pour le satisfaire.

En outre selon Reporters sans frontières,
« La soixantaine de dissidents, dont 21 journalistes, emprisonnés depuis la vague répressive de mars 2003, sont eux aussi à bout de souffle. Confinés dans des cellules sans fenêtre, soumis à des conditions sanitaires exécrables, maltraités, mal nourris et mal soignés, ces prisonniers d’opinion ont quelques raisons de soutenir que le soleil cubain n’est plus ce qu’il était…/… Dommage donc, que la France, « invitée d’honneur » à Cuba, n’ait pas rappelé que dans l’île, l’hôtellerie n’a pas le monopole du « service » et de l’ « efficacité » et que des sites tels que la prison du Combinado del Este à La Havane ou de Kilo 8 à Camagüey font hélas, eux aussi, partie du « patrimoine ». Quant à la culture cubaine, elle ne se limite pas à la salsa, à la langouste et au cigare, mais en l’absence de liberté d’expression, ses autres richesses échappent largement au chaland touristique. »

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