La répression s’intensifie de nouveau à Cuba

Marta Beatriz Roque «a été arrêtée par des agents de la sécurité peu après avoir quitté son domicile» en se rendant à une manifestation devant l’ambassade de France, a déclaré Elizardo Sanchez, président de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN, illégale).

Agée de 60 ans, figure de proue de la dissidence, Marta Beatriz Roque, proche de Washington, était l’unique femme à avoir été condamnée en avril 2003 avec 74 autres dissidents. Le 22 juillet 2004, elle avait été libérée il y a un an jour pour jour pour raison de santé après une condamnation à 20 ans de prison.

Mme Roque est fondatrice et présidente de l’Assemblée pour la promotion de la société civile (APSC, illégale), un regroupement d’opposants qui revendique 360 organisations en son sein, dont le premier congrès s’est tenu le 20 mai dernier dans les environs de La Havane.

Les détentions ont été effectuées alors que différents mouvements pacifiques d’opposition avaient convoqué un rassemblement face à l’ambassade de France de la Havane en réaction à la reprise des relations diplomatiques et politiques entre la France et Cuba. Cette reprise avait culminé le 14 juillet avec la présence du ministre des affaires étrangères Félipe Perez Roque à la réception de l’ambassade de France à la Havane.

Une attitude en contradiction avec la position arrêtée en juin dernier par l’Union Européenne, qui avait recommandé de s’en tenir à une stricte neutralité.
Un an auparavant, la situation était inversée : les dissidents avaient été invités à l’ambassade de France entraînant le refus des autorités cubaines de participer aux festivités.

Selon le président de la CCDHRN, les interpellations ont été lancées «en relation avec la manifestation» tenue vendredi matin devant l’ambassade de France par une quinzaine de membres ou sympathisants de l’APSC pour demander la libération de prisonniers politiques.

Cette vague d’interpellations représente le plus important coup de filet contre les opposants depuis l’arrestation en mars de 75 opposants, suivie d’une série de procès sommaires marqués par des verdicts de six à 28 ans de prison.

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