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Cuba reste la deuxième prison du monde pour la presse

En présence de la presse française et étrangère, et de personnalités cubaines exilées, dont des journalistes dissidents, l’organisation a installé, sur la place du Trocadéro, vingt-trois cages, abritant chacune un détenu volontaire, masqué et vêtu d’un costume de prisonnier. Sur chaque cage figurait le nom, le média d’appartenance, la durée de la peine et les motifs d’incarcération de chaque journaliste emprisonné.

« Le cinquantenaire de l’accostage du bateau Granma, le 2 décembre 2006, vient clôturer cinq jours de célébration des 80 ans de Fidel Castro, obligé de céder sa charge à son frère Raúl le 31 juillet dernier pour raisons de santé. Cette célébration devait coïncider avec son retour au pouvoir, compromis par l’évolution de son état. Que le Líder Máximo reprenne ou non ses fonctions de chef de l’Etat, Cuba reste la deuxième prison du monde pour la presse. Vingt-trois journalistes, pour avoir voulu informer hors du contrôle de l’Etat, le payent de leur liberté », a déclaré Reporters sans frontières.

« Le gouvernement cubain s’honorerait en les libérant, comme il l’a fait le 20 novembre pour l’un de leurs collègues. Nous espérons que les personnalités étrangères, et notamment européennes, invitées aux cérémonies à La Havane, relaieront cette demande. Assumant depuis le 11 septembre 2006 la présidence tournante du Mouvement des non-alignés, Cuba se doit de remplir les engagements qu’elle a pris ce jour-là en matière de respect des droits de l’homme », a ajouté l’organisation.

Vingt des vingt-sept journalistes arrêtés et condamnés lors de la vague répressive de mars 2003 sont toujours détenus, dont le correspondant de Reporters sans frontières, Ricardo González Alfonso. Accusés pour la plupart d’être des « mercenaires au service d’une puissance étrangère », ils ont écopé de peines allant de 14 à 27 ans de prison. Enfermés dans des cellules insalubres, parfois mêlés aux détenus de droit commun, ils subissent au quotidien les mauvais traitements de leurs gardiens, les privations de contact avec leur famille et le rationnement des médicaments qu’impose leur état de santé, de plus en plus dégradé. La médecine carcérale a elle-même estimé l’état de santé de ces prisonniers incompatible avec la détention dans la plupart des cas. L’un d’eux, Juan Carlos Herrera Acosta a régulièrement refusé de s’alimenter depuis huit mois pour protester contre son sort.

Trois journalistes sont venus s’ajouter en 2005 et 2006 à cette longue liste : Alberto Gil Triay Casales, Roberto de Jesús Guerra Pérez et, en mai dernier, Armando Betancourt. Le premier est officiellement inculpé de « trouble à l’ordre public » mais attend toujours sa condamnation. Les deux autres sont détenus sans la moindre charge précise par la Sécurité de l’Etat (police politique). Un quatrième journaliste, Oscar Mario González Pérez, arrêté le 22 juillet 2005 sans motif, a été libéré le 20 novembre 2006 sans plus d’explication. Il aura purgé pour rien un an et quatre mois de prison.

Enfin, le harcèlement, les intimidations et les violences envers la presse indépendante n’ont pas davantage cessé pendant les quatre mois de pouvoir intérimaire de Raúl Castro. A Cuba, un journaliste n’est en liberté que surveillée.

Le 2 décembre 1956, le bateau Granma, en provenance du Mexique, accostait à Cuba, avec à son bord les frères Fidel et Raúl Castro, Ernesto « Che » Guevara et leurs principaux compagnons de lutte. L’épisode marqua le début de la Révolution castriste et le renversement, trois ans plus tard, de la dictature de Fulgencio Batista. A la veille du cinquantenaire de l’événement, Reporters sans frontières tient à rappeler que, depuis, une dictature a succédé à une autre et manifeste publiquement son soutien aux vingt-trois journalistes détenus dans les geôles cubaines pour avoir voulu informer librement.

Toutes les informations actualisées sur les vingt-trois journalistes détenus figurent sur le site de Reporters sans frontières.
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