Cuba, la brutalité ordinaire contre les journalistes

rsf Pas beaucoup de changement à Cuba en ce qui concerne la liberté de la presse : Cuba reste la plus grande prison du continent avec 25 journalistes emprisonnés depuis mars 2003. L’état de santé de plusieurs d’entre eux s’est aussi sérieusement dégradé en 2007.

La transition amorcée à la tête de l’État avec Raúl Castro, n’a fait en rien progresser les droits de l’homme dans l’île. Seules les méthodes répressives ont changé, passant des grands procès politiques à une brutalité ordinaire, note Benoit Hervieu Responsable du bureau Amériques.


Cette année les autorités cubaines ont aussi fait pression sur les medias étrangers présents sur l’ile en expulsant deux journalistes accrédités : le correspondant à La Havane du quotidien américain Chicago Tribune, Gary Marx, et son collègue du quotidien mexicain El Universal, César Gonzáles-Calero, ont vu leur accréditation retirée et reçu l’ordre de quitter le pays, au prétexte que leurs articles véhiculaient une “image négative” de Cuba.

1794 jours se sont écoulés depuis le 18/03/2003, jour de l’arrestation de Ricardo Gonzalez à La Havane, soit 4 année(s), 11 mois, et 3 jours
Ricardo González Alfonso

La situation des trois journalistes dissidents parrainés à l’initiative de Reporters sans frontières s’est beaucoup dégradée au cours de l’année dernière. Emprisonné sur l’Île de la Jeunesse (Sud-Ouest) dont il est originaire, maintenu 23 heures sur 24 en cellule isolée, Fabio Prieto Llorente n’est pas soigné pour ses problèmes pulmonaires. Gravement malade, Miguel Galván Gutiérrez a été transféré, le 15 juin 2007, de la prison d’Agüica à celle de Guanajay, près de la capitale. Le correspondant de Reporters sans frontières et fondateur de la revue De Cuba, Ricardo González Alfonso, a été à nouveau admis,
le 13 septembre 2007, à l’hôpital de la prison du Combinado del Este (La Havane) pour des troubles circulatoires et digestifs. Selon la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN), les prisons cubaines abriteraient actuellement 246 prisonniers d’opinion.

Seules les méthodes répressives ont évolué avec le passage de Fidel à Raul Castro. Avec près de quatre-vingts agressions, menaces, interpellations et perquisitions sauvages contre des journalistes recensées en 2007, le régime ne donne plus dans les grands procès contre la dissidence mais dans la brutalité ordinaire. Le 27 septembre, à l’occasion d’une manifestation pacifique en faveur des prisonniers politiques à La Havane, six journalistes ont été arrêtés parmi une trentaine d’opposants, avant d’être relâchés le matin suivant.

Source :

Benoît Hervieu
Despacho Américas / Americas desk
Reporters sans frontières
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