Bonjour, je suis Nicolas Sarkozy

Le président Nicolas Sarkozy s’est adressé directement au chef de la guérilla colombienne Manuel Marulanda, pour réclamer la libération d’Ingrid Betancourt. Le président français a enregistré deux messages à l’Elysée : l’un, radiodiffusé, est adressé aux otages en Colombie, en particulier à Ingrid Betancourt la Franco-colombienne détenue depuis 2002. L’autre, télévisé, est adressé au chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Manuel Marulanda.

L’initiative de Nicolas Sarkozy est intervenue au lendemain d’un appel lancé par le gouvernement colombien proposant aux FARC, l’ouverture de négociations directes sur la libération des otages, en associant la France. Cette nouvelle initiative intervient aussi après le piteux échec de la médiation de Chavez venu à Paris les mains vides alors qu’il avait été chargé par le gouvernement colombien de rentrer en contact avec les FARC.

Je m’adresse à vous qui êtes retenus en otages, je m’adresse à vous en mon nom personnel, mais surtout au nom des 62 millions de Français et, je crois pouvoir le dire, au nom de toutes les femmes et de tous les hommes de bonne volonté qui, partout dans le monde, à l’unisson, réclament votre liberté.

Avec eux, je refuse l’idée de vous laisser en perdition. Je me suis engagé pour vous. Je me suis engagé à vous arracher à un destin inhumain. Ceux qui vous détiennent font une erreur tragique. Ils s’égarent. Ils s’isolent. La communauté internationale est unanime à condamner leurs méthodes. Il est temps pour eux de le comprendre et de faire preuve d’initiative.

Les documents qui viennent d’être publiés nous ont bouleversés. Ils montrent le visage de la souffrance. Ils révèlent l’âme du désespoir.
C’est pourquoi, je veux m’adresser à vous tous pour vous apporter le message de solidarité de la France. Solidarité avec la Colombie, qui vit une tragédie quotidienne dont plus personne ne perçoit le sens ; solidarité avec vous, retenus injustement, cruellement, en otages ; solidarité avec vos familles, avec vos amis, qui mesurent le temps perdu sur le calendrier des souvenirs.

A tous, je veux le dire : la France ne vous oubliera pas. Elle ne vous oubliera jamais. En ce moment même la France recherche de nouveaux moyens pour vous rendre à la liberté, pour vous rendre aux vôtres et à la vie. L’urgence d’une solution est devenue encore plus évidente aux yeux de tous. J’aurai, avec la discrétion qui s’impose, tous les contacts nécessaires pour atteindre le seul objectif qui m’intéresse : votre liberté.

J’ai déjà eu de nombreux échanges personnels avec des dirigeants qui, à un titre ou à un autre, peuvent nous aider à avancer : en premier lieu, le président Alvaro Uribe, avec lequel j’entretiens un dialogue suivi ; le président Chavez, que j’ai reçu à Paris ; le président des Etats Unis, dont trois compatriotes figurent parmi vous. Je poursuivrai sans relâche cette action en m’assignant une obligation de résultat.

Pour terminer ce court message d’amitié, de solidarité et d’espoir, je veux m’adresser plus particulièrement à Ingrid Betancourt, ma compatriote. Je veux vous dire, chère Ingrid, mon admiration pour votre dignité, pour votre courage dans une situation où des êtres plus faibles auraient perdu jusqu’à leur humanité ; je veux vous dire l’affection des vôtres, avec lesquels j’entretiens une relation confiante et régulière ; je veux vous apporter le témoignage du refus de la France d’accepter l’inacceptable. Ingrid, nous ne vous laisserons jamais tomber. Je vous supplie d’avoir confiance. Nous y arriverons. Il faut que vous teniez parce que votre famille vous attend. »

A lire absolument : la très émouvante lettre d’Ingrid Bétancourt

« Ici, nous vivons comme des morts »
LE MONDE | 03.12.07

 

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