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  • Dans un discours prononcé le vendredi 11 janvier devant l’Assemblée nationale du Venezuela, le président Hugo Chávez a déclaré que “les FARC et l’ELN ne sont pas des organisations terroristes, mais de véritables armées qui occupent un espace en Colombie”. Et il a demandé “aux gouvernements latino-américains et à l’Union européenne de retirer les FARC et l’ELN de la liste des groupes terroristes du monde”.
    On savait déjà que Chávez avait des affinités idéologique avec les FARC. Mais, désormais, il ne se contente plus de les afficher : il vient d’exiger du gouvernement colombien – et de nombreux autres gouvernements du monde – qu’ils reconnaissent le combat de la guérilla et cessent de le considérer comme du terrorisme.

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  • Hugo Chavez n’a pas beaucoup tardé pour présenter la facture de ses services rendus pour la libération des otages en Colombie.

    «Je demande aux gouvernements du continent (latino-américain) et à l’Europe qu’ils retirent les Farc et l’ELN de la liste des groupes terroristes du monde, parce que cette liste n’a qu’une raison d’être, la pression des États-Unis», a déclaré M. Chavez devant le parlement.

    Présentant son rapport pour 2007, Hugo Chavez a assuré que les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc – marxistes) et l’Armée de libération nationale (ELN – guévariste) «ne sont pas des organisations terroristes, mais de véritables armées qui occupent un espace en Colombie».

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  • Hugo ChavezNée de la volonté du président vénézuélien Hugo Chavez, la banque du Sud a dès le départ fixé des objectifs très politiques à son activité qui « permettra à l’Amérique latine de se libérer des chaînes de la dépendance financière », selon le discours du président équatorien. Mais c’est bien sur Hugo Chavez qui s’est montré le plus vindicatif en déclarant que
    « Le FMI est une malédiction avec ses politiques de choc qui ont apporté la faim, la misère et la violence à nos peuples ».

    La Banque, qui sera dotée au départ d’un capital de 7 milliards de dollars, rassemble pour le moment le Venezuela, le Brésil, la Bolivie, l’Equateur, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay. Elle aura vocation à financer des projets de développement dans la région. La Banque du Sud aura son siège à Caracas et les sept pays fondateurs espèrent obtenir l’adhésion des cinq autres pays sud-américains: le Chili, la Colombie, le Pérou, le Guyana et le Surinam. Statutairement, la Banque du Sud devra limiter ses activités à la seule Amérique du Sud.

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  • Le président Nicolas Sarkozy s’est adressé directement au chef de la guérilla colombienne Manuel Marulanda, pour réclamer la libération d’Ingrid Betancourt. Le président français a enregistré deux messages à l’Elysée : l’un, radiodiffusé, est adressé aux otages en Colombie, en particulier à Ingrid Betancourt la Franco-colombienne détenue depuis 2002. L’autre, télévisé, est adressé au chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Manuel Marulanda.

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  • Chavez a t-il été pris à son propre piège ? A force de vouloir faire plébisciter toutes les étapes de sa marche vers la dictature et le pouvoir d’un seul homme, le voilà obligé de reconnaitre sa première défaite.

    Cette possibilité, de pouvoir dire « Non » tout simplement, est une des caractéristiques essentielles de la démocratie : une possibilité que les Cubains n’ont pas eu depuis 1959. Ce refus des vénézueliens de signer un chèque en blanc à un caudillo, si populaire soit-il parmi les couches populaires, est sans doute une étape importante dans la « gauchisation » de l’Amérique latine. Car on ne peut pas s’empecher de noter les nombreuses similitudes entre l’évolution de Cuba dans les années 60 et celle du Venezuela d’Hugo Chavez.

    Autoritarisme rampant, censure des medias, collectivisation progressive, et hystérie anti américaine. Création d’un parti unique pour monopoliser l’Etat et la société. Course aux armements plutôt que pour résoudre les graves problèmes économiques et sociaux de la société vénézuélienne. Création d’ une milice de centaines de milliers de personnes pour contrôler la société. Utilisation de la menace et de la violence comme moyen ordinaire de faire de la politique.

    Sans parler de l’exil massif des habitants : les Vénézueliens ont encore une chance que les Cubains ont perdu depuis longtemps, ils peuvent voter avec leurs pieds. Encore une des caractéristiques de ces « paradis » socialiste, ou en voie de le devenir : le désir d’un nombre sans cesse croissant de personnes de fuir, jusqu’à ce qu’il reste que ceux qui n’ont pas d’autres choix de rester et d’attendre.

    Les statistiques officielles sont muettes sur le sujet, mais selon des estimations, plus d’un million et demi de Vénézuéliens, sur une population de 27 millions, vivraient désormais à l’étranger.

    estime un article de Libération

    D’ailleurs que serait aujourd’hui Cuba sans l’avalanche de pétro dollars en provenance du Venezuela ? L’économie cubaine reste plus que jamais prisonnière d’un socialisme hyper-bureaucratisé et vivote toujours grâce aux dollars des touristes et des familles exilées aux Etats Unis. Le Venezuela et son pétrole ont remplacé le puissant allié soviétique pour maintenir sous perfusion une économie de pénurie.

    Le Venezuela fournit à Cuba 100.000 barils de pétrole par jour soit l’équivalent de près de 2 milliards de dollars par an à des conditions très préférentielles. Un quart de ce montant est payable avec un crédit sur 15 ans à un taux de 2%, et le reste par l’exportation de « services » cubains au Venezuela (environ 23600 médecins cubains seraient présents au Venezuela). Cette coopération économique comporte aussi un volet politique important et même policier : Cuba et le Vénézuela ont signé une convention autorisant les juges, et policiers de la sécurité de l’État cubain, à agir en territoire vénézuélien. La police cubaine pourra donc interroger, rechercher, et même arrêter des Cubains au Venezuela où résident plus de 30000 exilés cubains.

  • C’est finalement le seul véritable enjeu de ce référendum, qui institue sans le dire une dictature marxiste au Vénézuela. Hugo Chavez n’est pas le général de Gaulle, et a aucun moment il n’a dit qu’il démissionnerait si le « non » l’emportait au référendum qu’il a lui même organisé.

    Chavez a été élu en 2006 pour un  mandat de six ans, par conséquent il est assuré de rester au pouvoir jusqu’en 2012, et peut être 2013 puisque la nouvelle constitution prévoit de porter le mandat présidentiel à sept ans au lieu de six. Mais là n’est pas l’enjeu essentiel de cette réforme qui vise à concentrer tous les pouvoirs dans les mains d’un seul homme et d’un seul parti.  Ca vous rappelle quelques chose ?

    Le 2 décembre est décidément un jour favorable pour les dictateurs : ce même jour le président cubain Fidel Castro a été choisi comme candidat pour être député de Santiago de Cuba (c’est sa circonscription, même s’il n’y met plus les pieds depuis longtemps) , ce qui lui permettra de se présenter au scrutin présidentiel prévu au plus tard le 5 mars 2008.

    Sa désignation à l’unanimité (ça va de soi à Cuba, tous les votes sont toujours à l’unanimité, on va pas s’embêter avec les chicaneries de la démocratie « formelle ») et par acclamation, a été ovationnée aux cris de « Vive Fidel, Vive le Commandant en Chef » par les délégués de l’assemblée municipale de Santiago de Cuba, à 900 kms à l’est de La Havane.

    Le parallèle avec la situation au Vénézuela est frappant : au delà des ressemblances entre les deux personnages, il y a une volonté claire de la part de Chavez de copier le « modèle » cubain. Mais pour le moment Chavez se soucie encore des apparences un peu plus que Fidel Castro, et il veut que sa dictature soit formellement approuvé par les urnes, un risque que le dirigeant cubain n’a jamais accepté de prendre. Si les électeurs disent « oui » à sa réforme, Chavez pourra se représenter à la présidence en 2012,  et ensuite à vie, ce que la Constitution l’empêche de faire aujourd’hui.

    Les 69 amendements constitutionnels prévoient également des dispositions pour créer des formes de propriété collective, la suppression de l’indépendance de la Banque centrale, ou encore la nomination directe de responsables provinciaux et municipaux par le président.

    Pour l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch, basée aux Etats-Unis, ces réformes menacent les droits fondamentaux. L’ONG critique notamment une disposition permettant au chef de l’Etat de déclarer l’état d’urgence pour une durée illimitée, pendant laquelle des suspects pourront être détenus sans inculpation formelle et la presse sera censurée.

  • Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le référendum qui doit être organisé au Venezuela le 2 décembre n’est pas gagné d’avance. Cette nouvelle étape visant à faire d’Hugo Chavez un président plénipotentiaire et sans limite de temps, pourrait bien provoquer un rejet. A force de vouloir donner à sa dictature les apparences d’une démocratie populaire en recourant au suffrage à tout bout de champ, Chavez prend le risque de lasser son électorat.

    La nouvelle constitution est un pas supplémentaire vers l’installation d’un régime bonapartiste et ne limiterait plus le nombre de mandats présidentiels, ce qui pourrait bien se retourner contre le président Hugo Chavez : pour la première fois, le résultat du plébiscite n’est pas connu d’avance puisqu’ un sondage donne le « non » aux réformes vainqueur, avec 49%, contre 39% en faveur du changement.

    Ce sondage a été réalisé par Datanalisis, un institut de Caracas. Ses précédentes enquêtes avaient toujours été à l’avantage du président vénézuélien.

    Les électeurs se prononceront le 2 décembre sur ce référendum, qui vise à faire approuver des réformes qui ne limiteraient plus le nombre de mandats présidentiels, prolongeraient les mandats de six à sept ans, et créeraient de nouveaux types de propriétés gérées notamment par des coopératives, parmi d’autres changements.

    Ce sondage, publié dans le journal vénézuélien El Universal, a été réalisé auprès de 1.854 Vénézuéliens, du 14 au 20 novembre. La marge d’erreur est de 2,5 points.

  • La visite d’Hugo Chavez à Paris s’est terminée sur un bilan conforme aux habitudes du président du Venezuela : beaucoup de bla bla et peu de résultats concrets.

    Le président Hugo Chávez est arrivé à Paris « les mains vides », c’est-à-dire sans la preuve qu’Ingrid Bétancourt et les autres otages sont encore vivants. Un échec qui montre bien les limites de du bouillant chef de l’Etat vénézuelien, qui a su tirer les bénéfices médiatiques de sa visite en France sans rien apporter en échange.

    La fréquentation des dictateurs, même lorsqu’elle a un but humanitaire
    (sans parler des éventuels contrats pétroliers avec Total) est toujours une expérience risquée. La France en a fait l’amère expérience avec Fidel Castro et Cuba par le passé, mais semble ne pas avoir appris grand chose sur ce point.

    Toujours est-il que la mission d’Hugo Chávez risque de se compliquer avec le délai butoir fixé au 31 décembre par la présidence colombienne  par négocier avec la guérilla des FARC un éventuel échange de prisonniers. Bogotá a de plus accepté le principe d’une rencontre entre le président du Venezuela et Manuel Marulanda, le chef de la guérilla marxiste.

    Hugo Chávez a débarqué à Paris les mains vides, après avoir déclaré que les FARC lui avaient juré qu’il aurait des preuves que les otages étaient toujours en vie. Il s’est retrouvé avec à peine un message promettant qu’il aura les fameuses preuves d’ici la fin de l’année.

    Après s’être dit persuadé qu’Ingrid Betancourt était toujours vivante et avoir insisté sur sa volonté de se réunir avec Manuel Marulanda, le chef des FARC, à Caguán, le président du Venezuela a révélé que son homologue colombien, Alvaro Uribe, était prêt à rencontrer Marulanda et même à négocier la paix avec la guérilla après la libération de tous les otages.

    En fait une libération des otages sera sans doute impossible dans le délai fixé car le gouvernement colombien et les FARC campant sur des positions inchangées : les FARC demandent un retrait de l’armée pour négocier et Uribe veut négocier sans bouger ses troupes.

    De fait cette « mission » confiée à Hugo Chavez n’a servi qu’à lui donner une fausse image humanitaire, loin de la réalité d’un autocrate qui entraîne son pays à grand pas vers la dictature marxiste.